‹ AristoteChapitre 159 sur 304 · Id., De an., T, 10, 433^ 29-30; Ibid · texte numérisé non relu

Id., De an., T, 10, 433^ 29-30; Ibid

comme elles devraient être : c'est ce qui permet d'idéaliser la nature. Les images, en effet, sont d'une malléabilité indéfinie : il en va comme des ondes qui se produisent dans Teau sous le choc d'une pierre, et qui se diversifient de plu en plus au fur et à mesure qu'elles s'éloignent de leur centre. Non seulement les images peuvent prendre d'autres coordinations et d'autres proportions que celles de la réalité, mais encore elles se brisent ou se fondent de manière à produire des formes absolument nouvelles ^

La mémoire s'étaie, comme l'imagination, sur la persistance des formes sensibles.

La chose ne souffre pas de doute, lorsqu'il s'agit de souvenirs qui portent sur des faits. Pour se rappeler tel événement ou la physionomie de telle personne, il faut bien que l'on en ait gardé dans les sens comme une peinture qui revit au moment où on se les rappelle- : autrement, il n'y aurait aucune raison pour rapporter le phénomène présent au passé; il n'y en aurait même aucune pour qu'il se produisît. Et, si le souvenir des faits suppose la persistance des sensations, il en doit aller de même pour celui des idées. L'intelligible, en effet, n'a pas une existence « séparée », comme le voulait Platon; l'intelligible est immanent aux objets et ne se manifeste à nous que dans le sensible. C'est dans un triangle donné que nous concevons le triangle^, dans Callias que nous

1. Arist., De insomn., 3, 461«, 8-11. — Consulter sur l'imaginalion d'apu s Aristotfi FuEUDENTiiAL, Ueber den begriff des Wortes (f>a.vxu(yicf. Oei Arisfolelesy Goetlingon, 18G3.

2. Arist., De mem,, 1, 'i50», 27-30 : ArjXov yàp ôxi cet voYjoai toioOtov to y.v6(ji.cvov ûià T^; dtta0ifi<Tea)(; èv Ti(i 4'^/.^ v.at T(j) p.opiti) toO crtojxaTo; tû exovti aÙTr.v, oïov !Io)Ypa'frj[xà Ti xb 7cd0o;, ou çaji-èv irjv ë;iv [;,vTQ[i,Y]v eîvai.

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