Id., Met.,Z
lument indéterminé; au moins, par im de ses côtés, c^est une simple aptitude à devenir toutes choses ^ : il existe un intellect passif.
L'intelligence, envisagée comme purement réceptive, ne se réduit pas toute seule de la puissance à l'acte ; il faut qu'il y ait en dehors d'elle des moteurs qui la meuvent, à la manière dont les sensibles meuvent les sens ^. Et ces moteurs ne sont pas les objets eux-mêmes. Car les objets ne pourraient se mettre en contact avec l'intelligence qu'autant qu'elle aurait un organe ; or elle n'en a pas. Si elle se trouvait emprisonnée dans un organe, elle ne dépasserait point la perception du concret; elle ne s'élèverait jamais jusqu'à la « quiddité » des choses^. Reste donc qu'elle soit déterminée par les images sensibles que laisse en nous l'action des corps et qui sont déjà dans l'àme \
Ces images elles-mêmes ne sont pas encore assez pures pour entrer dans l'intelligence. Elles ne contiennent plus, il est vrai, la matière des objets qui les ont produites; mais elles ont encore celle des organes qu'elles déterminent : ce ne sont que des formes en puissance ^. Par
1. AniST., De au., F, 4, 429'', 15-27 : ... 7iapf[j.çpaivô(A£vov yàp x(o)vU*i to cùXô- Tpiov xal àvTiçpâxTei, tîiaTe |Ari8' aOxoù eïvai qsOa'.v ij,y]ûe(xîav, àXX' ^ Taûtriv, oti ôuvaxôv... — V. plus haut, p. 195; v. aussi S. Thomas d'Aquin, Conwient. De an., p. 157*-157".
2. Akist., De an., T, 4, 429', 15-18 : àrraôèç àpa ôeî eîvat, oexTtxov ôè xou eiîôou; xal ûuvà|xetToioùTOv àXXà|X7)ToOTO, *xai ôfxotta; ë^eiv, oxTTtep t6 aiaOyjxixôv Ttpô; xà al«jGv]xa, ouxto xôv voOv npo; xàvorjxà.
3. Id.,Ibid., r, 4, 429% 21-21 \lbid., 5, 430% 14-15 : xal ëaxiv ô (xèv xoiouxoç voO; [TtaO'oxixoç] xw Tiâvxa YÎveaOai.
4. Id., Ibid., r, 7, 431", 14-15 ; x^ 8è ôiavoyixixîQ «J'^X^ '^* (pavxàff[i.axa olov a'.(j6ri[xaTa uirâpxEt.
5. Id., Ibid,. r, 4, 430", G-7 : év 6à xot<; îfo\j(s\.^ uXyjv 5uvà(xet ëxaaxov èffxi
l'amiî. 211
suite, elles postulent un principe qui joue à leur égard le rôle que joue la lumière à l'égard du diaphane ; il faut un « acte » qui les actualise ^ : il y a un intellect actif.
Opposées l'une à l'autre par leurs fonctions, ces deux: « parties » de l'intelligence dillerent aussi plus ou moins par leurs caractères : elles en ont de communs qui ne se ressemblent pas de tous points; et chacune d'elles en a qui lui sont propres.
L'intellect passif est pur de tout alliage matériel : c'est à cette condition seulement qu'il acquiert l'indépendance voulue pour revêtir les formes intelligibles; autrement, il n'aurait que la portée d'un organe, tout au plus celle de l'organe central ^. Et cette pureté d'être, l'intellect actif la possède aussi, vu que u l'agent ne peut le céder en dignité au patient, ni le principe à la matière » 3.
1. Arist.jDô an.,r, 5, 'iSO*, 10-17 : èuet ô'wffirep èv àniaxi vTj ipuijei isii Tt tô fxèv u)>r] ixà(7Tio yé^ti (toOto 8è b 7ïâv:a ôuvàjxei èxsïva), ereçov 6è 10 aîxiov xat TïoiYiTixov, Toi iioi£tv TiàvTa, oîov r) Te'xv/i iipo; t/jv u).y)v Ttsuovôev, àvàyxTQ xai èv Tïi 4'^X^ uTtâp/eiv Taûxa; xàç ôiaçopâ;. Kat êaxtv ô [xèv toioùtoç voOç tû Ttàvxa y^vscrôai, ô Ôè tô) Tcàvxa Ttoteïv, w; ëçt; ti;, oîov tô çw;* xpoTïOv yiç xiva xal to çôi; tzo'.zI xà ôu./à[xet ôvxa ;(pa)u.axa èvEpveîa -/pu)(jLaxa. — V. S. TfiOM., Comment. De an., p. 166'-166''.
2. AiuST., Dean., F, 4, 429", 15-20 : àîraOèçàpa Seï eivat, cexxixôv 6è xoù eïôou; xai ouvâ^J-t'. xoioûxov àX).à \i.y) xoOxo... 'Avày-tv) àpa, êtieI Tràvxa vosï, à[j.iYiî sîvat, oxTTrep 9-/i(jiv 'Ava^ayopa;, tva xpaxÎQ, xoOxo ô' èffxlv ïva yvcopiZ^Y]^
3. /f/., IbUL, r, 5, 430', 17-19 : Kal oùxoç ô voù; ycopicîxô; xat àiraô-^; xal à[jLiY>'i?< "^Xi oy<î'a wv £vepY£Îa. 'Aei y*P xifxtcôxepov xo TiotoOv xoO 7ràG}(ovxo; xai ^ àpx'î t^/i^ ^^^'n;- V. s. ïhom., ouvr. cit., p. 166»^. — Brentano {Pych. d'Arist., p. 175, Mainz, 1867) et Baron de Hertling {Mat. u. Form., p. 173, Bonn, 1871) traduisent le commencement de ce passage, comme s'il y avait xai ouxo; (ôè) ô voùç, « et cet intellect lui aussi ». Zeller proleste contre cette interprétation (oMvr. cii.,11, 2, p. 571, 2). Quelle que soit la traduction que l'on admette, la pensée d'Aristole demeure claire. Dans le chapitre précédent, il s'agit purement du voO; TraOrixixô;; et comme on vient de le voir, Aristote l'y donne pour impassible : àTcaOè; dcpx ôîïsivai, ôe/.xtxov ôè xoO etoov»; (v. Ro- DiBR, ouvr. cit., t. il, p. 460-462).
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Mais il ne la possède point de la même façon : elle est en lui beaucoup plus complète. Bien que l'intellect passif n'admette aucun mélange, il n'en plonge pas moins ses racines dans les organes. Suffisamment en relief pour avoir un mode d'opération spécial, il ne laisse pas de se rattacher à la sensibilité qui est son substrat : il en émerge pour ainsi dire comme une fleur de sa tige. On sait, en effet, que l'intelligible en puissance réside dans l'imagination; par suite, il faut aussi que la pensée en puissance s'y trouve de quelque manière : car ces deux choses n'en font qu'une \ Au contraire, l'intellect actif arrive « par la porte «^ ; il se soude à l'âme sensible au lieu d'en sortir, et s'en distingue radicalement : il est spirituel au sens absolu du mot.
L'intellect passif est u impassible », comme l'intellect actif. Mais ici encore il y a des différences à signaler. L'intellect actif ne naît pas, ne se produit pas non plus tout d'un coup, il « est essentiellement en acte » ; et, comme tel, il est impassible, parce qu'il ne peut rien devenir ^. L'intellect passif est « impassible » par la manière dont il devient. Il on va du changement qu'il subit comme de la sensation : ce changement n'est pas privatif, il ne tend pas à la diminution de la puissance où il a lieu; il en est l'achèvement. Et, par suite, on ne peut dire d'une manière rigoureuse qu'il soit une passion *. On