‹ AristoteChapitre 18 sur 304 · Id., Met., A £>, 994», 18-19; B · texte numérisé non relu

Id., Met., A £>, 994», 18-19; B

«t qui par là même soit essentiellement immuable *. L'école ionique a donc exagéré la part qui revient au mouvement dans l'univers 2. De plus, elle a eu le tort de se borner à la considération des êtres sensibles : elle a ignoré le ciel qui est la portion la plus vaste et la plus belle du monde ^ . Encore l'aurait-elle découvert, si elle avait épuisé les données qui lui servent de point de départ : le mobile mène à l'immuable. Mais sa logique s'est arrêtée en chemin ; et la théorie qu'elle a construite demeure incomplète et contradictoire ^.

La philosophie de l'être est donc manquée ; et la cause principale de cet échec, c'est sans doute que l'on a mal posé Je problème dont elle doit fournir la solution. Les ^ns se sont enfermés dans leur raison, et sont arrivés à des résultats qui ne tiennent aucun compte des données de l'expérience; les autres, au contraire, ont fait de l'expérience un usage trop exclusif et se sont bornés à des théories qui ne tiennent aucun compte des principes fondamentaux de la raison. La nature du sujet demande une méthode plus compréhensive : il faut, pour le traiter avec succès, commencer par l'observation de la réalité concrète elle-même et en faire ensuite une analyse rationnelle plus précise et plus profonde ^. Continuer le procédé des ioniens par celui des éléates : voilà Je moyen d'aboutir.

1. Arist,, Phys., ©, 5, 256'», 12-27; ici nous préférons pour la ligne 22 la variante ûti' àXXou ôé, àXX' oùx uç'

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