Id., Ibid
change ou non. A ces questions correspond une autre file de six catégories : où(':uou), quand (tucts), le repos (y.£t(TOat)y la possession que donne ou enlève le changement (è'xetv)^ l'action et la passion qu'il suppose (^oieiv y.al Tràjystv)*. Les catégories sont donc au nombre de dix; et cette somme n'est pas fixée au hasard, elle résulte d'une déduction systématique de la réalité concrète. Si l'on avait quelque doute sur ce point, il serait facile d'en sortir à l'aide des paroles mêmes d'Aristote. Non seulement il affirme avec persistance qu'il y a un nombre déterminé de catégories 2; mais encore, dans deux endroits où il s'agit d'en dresser un catalogue rigoureux, ii en énumère dix : je veux parler du chapitre IV des Catégories^ et du premier livre des Topiques'^. Bien plus y dans ce dernier passage, il donne formellement le chiffre en question, Séxa^. Mais, chose assez curieuse, cette pré-
1. Que les catégories désignées par les termes xeïffQai, îx^\y, Tto.eTv xal TtàaxÊiv se rapportent au mouvement, c'est une interprétation qui est assez bien fondée sur le texte suivant de la Métaphysique : laii yip xi ÛTroxeifievov éxâdTO), olov T(ô 7toi(«) xai tô 7co(T((> xal t(^ ïc6t6 xal t(J) wou xat ttq xtvyjaet ; ici le mot xivTQffEi est à peu près sûrement une réduction à l'unité des quatre dernières catégories.
2. AmST. , Anal. post.. A, 22, S3^, 15-16 :xaî ta Yév»]TûvxaTy]Yopi(«)V7te7i£pavTat; Psych., A, 1, 402*, 23-25 : ... Xéyw oï Tiotepov toSe Tixai oùaia. ^ tioiov îjTtoaov 9i xa( Tiç àXXri tûv StaipeOeiaûv xaTyiYopiôiv...; Met., F, 2, 1003", 5-6.
3. l*", 25-27 : Twv xaxà [XTQSejxlav <xu|i.7rXoxriv ).eYO[Ji.éva>/ ëxaffTov rixoi oùffiav GyifjLat\ei v^ itoaàv v^ tioiôv fi Ttpo; ti ^ uoO î) tiotè ^ xeîcrôai 9] 'é^^i^ ri uoietv r[
4. 9, 103**, 21-23 : ëait ôà taûta xov àpi6(xov 5éxa; et vient ensuite la même liste que plus haut : ti èazi, Tcoaôv, etc..
5. Adolf Trendelenburc , dans son Histoire des catégories (p. 21-24, Betge, Berlin, 1846), pense que la déduction des catégories est d'ordre grammatical. La substance représenterait le sujet de la proposition, le Ttoiàv et le Tioffov l'adjectif, ttoO et noxt les adverbes de lieu et de temps, etc.. C'est aussi l'opinion de G. Grote {Aristotle, t. I, p. 142-144, London, 1872). Mais on ne voit nulle part qu'Arislote ait suivi un tel procédé.
l'être. 17
cision ne se maintient pas partout. On trouve d'autres textes où Aristote se propose également de donner une liste complète des catégories et qui en contiennent un nombre moindre. Au chapitre XXII'^ des Secondes analyûguesy on ne rencontre plus les termes xsTaôai et ex^tv^; il en est de même au chapitre VII® du livre A de la Métaphysique-, ainsi qu'au chapitre XII* du livre K du même ouvrage 2. Et le chapitre IP du livre N de ce traité ne donne plus que trois catégories : la substance, le mode, et la relation^. Or il est difficile de nier que ces différents passages visent à l'intégralité^.
Comment résoudre l'antinomie qui résulte de ces textes? Dexippus parle de Traités hypomnématzques , où Aristote se serait exprimé d'une manière plus nette sur les catégories^. Diogène de Laërce fait aussi mention d'ouvrages du même genre et relatifs au même sujet ^; et Aristote, dans son traité de la Mémoire , renvoie à des exercices logiques où reparaissait peut-être l'analyse de l'être^. Mais ces dissertations sont perdues; et la question de-
3. 1068*, 8-10. Uâxe manque également ici; mais il est probable que cette absence n'est due qu'à une inexactitude du texte.
4. 1089'', 23-24 : xà {isv yàp oùcriai, ta oe. iràÔY], rà oï upo; tc.
5. On ne peut se fonder ici sur les autres endroits, où Aristote ne songe évidemment pas à une énumération parfaite. V. par ex. : Phys.^ A, 7, 190% 34 et sqq.; Met. y E, 2, 1026% 35 et sqq.; Ihid., E, 4, 1027% 31-33; Ihid., Z, 1, 1028*, 11-13; Ibid., Z, 5, 1030*, 18-20; Ihid., Z, 7, 1032*, 15; Ihid., e, 1, 1045», 30-31; Ibid., K, 3, 1061*, 5-10; Ibid., N, 2, 1089*, 7-9.
6. Sch.f 48*, 46 et sqq. : nept 09) toutwv ^éXtiov aÙTÔç ô 'AptffToxéXYiç èv toî; {»7ïO{xviQ[xa<7iv àvsôioa^e- Tcpoôec; yàp Tàç xauriyopia; aùv Taî; TCTcîxTefftv aÙTôv xal xaTç à7rocpà(T£(Ti xat TaT; cTTepT^dedi xal toï; àopcCTXoiç 6[xoO duvéxaçevaùxtov n^v ôiSacxaXîav, Tixtiffeiç xà; ÈYxXîaetç ovojxàÇcov.