Voir plus haut, pp
ARISTOTB. 17
terminée pour être définie ; elle ne peut l'être qu'indirectement, /.axa au[kSe6'riv.bq ^.
Et ce point soulève de grandes difficultés, dont Aristote semble bien avoir eu le sentiment. On en peut juger par le chapitre 11 du VP livre de la Métaphysique : l'effort qui s'y révèle et les hésitations qu'il contient sont suffisamment significatifs. Si la matière n'est pas objet de définition, l'on n'en peut affirmer qu'une seule chose, c'est qu'elle n'est pas déterminée ; et cependant Aristote, comme on l'a vu dans la première partie de cet ouvrage , distingue toute une hiérarchie de matières qui se rapportent les unes aux autres comme le genre à ses espèces. Si la définition exclut la matière, comment peut-on définir les êtres qui en ont? Lorsque je dis de l'âme que c'est « l'acte d'un corps qui a la vie en puissance », le terme de « corps » n'est pas moins nécessaire que les trois autres à faire entendre ce que je veux dire; et pourtant ce qu'il désigne est de la matière. Ainsi de toutes les substances qui ne sont pas des actes purs : de telle sorte qu'il ne reste de strictement définissable que Dieu et « l'intelligence active ».
Quoi qu'il en soit de ces objections, Aristote passe outre et poursuit l'exposé de sa théorie.
Si la définition ne porte ni sur les accidents, ni sur les propres, ni sur la matière elle-même, on voit facilement
1. AuiST., Met., Z, 11, 1037», 2{-S0 \ Ibid.,Z, 10, 1035», 1-9; De an., A, 1, 403", 1-7 ; Ibid., B, 1, 412»>, 10-11 : oùaia yàp ^ xaxà tov )v6yov. Toùto ôà x6 xi ^v eTvai T(7) toiwSi awfxaTi; De cœl., A, 9, 277", 30-33, 278«, 1-4. La pensée qui se dégage de ces textes est celle-ci : La définition ne comprend que la forme; mais, par la forme, elle atteint le tout (duvoXv; oOata), et dans le tout la nv,ïlière qu'il contient. La définition de l'âme, par exemple , est aussi celle de l'homme («ruvoXou) ; et, comme telle, elle désigne la matière sans la contenir : elle la signifie indirectement.
l'ame. 259
à quoi se réduit son objet : elle ne renferme que la forme ; et, dans la forme, le genre et la différence '. Mais ce résultat demande un peu plus de précision.
Une chose peut dépendre à la fois de plusieurs genre» superposés en forme de pyramide, et dont l'extension va croissant à mesure que leur compréhension diminue : par exemple, au-dessus de l'homme il y a l'animal, au-dessus de l'animal le vivant, au-dessus du vivant l'être brut. La définition se fait par le genre prochain-. De plus, la différence spécifique peut être simple, comme dans cette définition : « l'homme est un animal raisonnable » ; elle peut être complexe, comme dans cette autre définition : « La triade est le premier nombre impair ». Et, dans ce dernier cas, chacun des termes dont elle se compose dépasse l'objet à définir; leur ensemble seul lui est égal en extension et le fixe dans son espèce 3.
Il y a plusieurs sortes de définitions.
On distingue d'abord des définitions de mots ^. Et celleslà n'ont pas besoin d'une si grande rigueur; il suffît qu'on y fasse bien entendre la question que l'on va traiter.
On distingue ensuite des définitions de choses, c'est-àdire des définitions dont le but est de révéler l'essence
1. Arist., Top., A, 8, 103", 15-16 : ... ô ôpicr^i-oi; ex ^évou; xai Siaçopûv èdxtv; Ibid., Z, 4, 141", 25-29.
2. Id., Met., Z, 12, 103"", 29-30 : oOOev yàp ëfeçiov èativ èv Ttp ôpi(7(i.(ô wX^jv t6 te Ttptôxov XeyéiJLevov yévo; xai al ôiaçopaî.
3. /(/., Anal, post., B, 13, 9G», 24-39, 96", 1 : ... xà 8ri xoiaOta XriTcxéov jX£-/pi xo'jxou, ew; xodaùra Xr,^()ri npûxov, cbv sxafjxov fxàv im, TtXeïov uuàp^ei, écTîavxa ôè \i.r, èrd ■jtXéov xaCxYiv yàp àvâ^XY) oOdtav etvai xoO 7ipdY[Jiaxo;... ; Met.^ Z, 12, 1038% 8-9, 15-16, 28-30.