‹ AristoteChapitre 215 sur 304 · Id., Ibid., Z · texte numérisé non relu

Id., Ibid., Z

l'ame. 267

de la famille et la troisième celui de la cité. Considérées du côté de leur objet, ces sciences ne se disposent pas sur le même plan; elles diffèrent en excellence et se subordonnent les unes aux autres. L'individu vaut moins que la famille et la famille moins que FÉtat où se trouve la garantie suprême de tout ordre. La politique prime donc d'une certaine manière et l'économie et la morale * : former l'homme et le père de famille revient à former le citoyen. Ainsi s'expliquent ces paroles d'Aristote : « Selon moi, le vrai nom de toute la science pratique n'est pas le nom de morale, mais celui de politique » -, Ce point de vue était aussi celui de Platon ; c'est le point de vue dominant, presque exclusif, de toute l'antiquité grecque.

Différentes par leur objet ^, la poétique et la pratique diffèrent aussi par leur fin. La fin de la poétique est dans un objet placé en dehors de l'agent; celle de la pratique est intérieure à la volonté de l'agent lui-même*. Au contraire, ces deux sciences se ressemblent par le principe de mouvement qu'elles supposent : pour l'une comme pour l'autre, il se trouve dans le sujet qui les applique^.

Mais la poétique et la pratique sont loin d'avoir une rigueur parfaite ; c'est à peine si elles méritent le nom de science. Elles portent l'une et l'autre sur des actions

1. Arist., Eth. Nie, 9, 1142', 9-10 : xatToi ïcrw; oOx êcrti to aûxoO eu aveu otxovo[JLÎa; oùô' àvevi TroXixeîa;; Polit., A, 2, 1253», 19 : îipôispov ôr) t^ çyaei Tto/.i; Y) olxia y; exaaTOç r^\^(ii•i èffTi'v.

2. Eth. mag.,A, 1, 1181»>, 27-28. — On ne donne qu'à titre de commentaires les références tirées soit de la Grande morale soit de la Morale d'Eudème.

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