‹ AristoteChapitre 216 sur 304 · Id.y Eth. Nie, Z · texte numérisé non relu

Id.y Eth. Nie, Z

4. Id., Ibid., Z, 5, 1140'', 6-7 : tyj; jjlèv yàp TîoiTQffew; §Tepov tô téXo;, tïjç £à TipàÇeto; oùx àv t\r\' êcrxi "jàp aux-/) r, eÙTxpa^ta xe'Xo;.

5. 7^;., Met., E, 1, 102-J^18-24; cf. Eth. Nie, Z, 4, 1140% 13-14; Met, K, 7, 1064», 10-16.

qui procèdent du désir ou de la liberté ' ; et la multiplicité de tels phénomènes ne se laisse pas réduire à des formules absolues. L'accident s'y mêle à tout propos, et produit une infinité de coïncidences et de combinaisons que nul ne saurait prévoir. Les lois de la poétique et celles de la pratique ne conviennent qu'à la majorité des cas; encore ne s'y appliquent-elles le plus souvent que d'une manière approximative-. Si elles suffisent, c'est parce que l'habitude fait de l'art et de la vertu comme une seconde nature où l'instinct vient au secours de la science 3.

A la différence de la poétique et de la pratique qui sont des moyens, la spéculation trouve en elle-même sa propre fin : on s'y adonne pour savoir, non pour agir. De plus, elle ne concerne pas, comme les deux sciences précédentes, ce qui peut être et ne pas être ou être autrement qu'il n'est, elle a pour objet le nécessaire*. Par contre, l'on y découvre la même division que tout à l'heure ; elle se partage aussi en trois branches principales : physique, mathématique et philosophie première^.

La physique est la science de la nature, c'est-à-dire de ce « genre de l'être qui porte en soi le principe de son

1. AuiST., Eih. Nie. y Z, 4, 1140% 1-2 : toO 5' èyozyo\i.i^Q^ àllto^ lyeiv zaxi xi xaiTïoiYixàv xal TipaxTov; /i>i^., 1140», 10-13; Ibid., 5, 1140% 31-35, 1140^ 1-4.

2. Id., Ibid., A, 1, 1094% 11-25; Ibid., B, 2, 1103% 34, 1104% 1-11; Eth. mag.. A, 3i, 119i% 30-3'J, 1195% 1-4; Eth. Nie, E, 14, 1137% 11-32.

3. Jd., Eth. Nie, A, 1, 1094»», 27 cl sqq. : evcaaTo; ôà xpcvsi xaXwç à yivwcrxst, xat TOUTwv èdTlv aYaOô; xpixi^ç. Ka6' êxaaxov àpaô 7ieT:ai5eu[JLsvo;, àrcXûçS'ô Tiepî Tràv 7i£7tai5EU|j.£voç...; Jbid., Z, 9, 1142% 10-lG.

4. Id., Met.,k eX., 1, 993% 20-31; Eth. Nie, Z, 3, 1139% 19-35; 4, 1140% 1-2.

5. Jd., Met., E,l, 1025»>, 18-34, 1026% 1-19 : ... w(TT£Tp£Ï;àv eîev çiXooro^Cai 6eojp-/)Tixa(, {jLaOri(jLaTtK;Q, çudixin, OEoXoYtxyj ; Ibid., 29-31 : el 8' iaxi xi; où(T'!a àxî^rixo;, auxri Tirpoxépa xal çiXo'jO'fva irptôxy].

l'ame. 2G9

mouvement » ^. Les mathématiques sont la science de la quantité, logiquement isolée du mouvement qui l'accompagne et de la matière qui lui sert de support 2. Et, comme la quantité est discontinue ou continue, nombre ou figure, elles comprennent elles-mêmes deux parties qui sont l'arithmétique et la géométrie 3. La philosophie première est la science du principe suprême du monde, de la cause immobile du mouvement, c'est-à-dire de Dieu : ce qui permet de l'appeler aussi du nom de théologie*. Si l'on se place au point de vue de l'exactitude , les mathématiques et la philosophie première l'emportent sur la physique. Elles se composent uniquement l'une et l'autre de propositions nécessaires : elles n'ont rien qui échappe à la démonstration^. La physique, au contraire, garde encore un reste de contingence. La nature, dont elleiraite, contient un fond plus ou moins considérable de puissance, un principe matériel : l'accident y prend place ^; et l'accident est imprévisible. Mais si l'on se met au point de vue de l'excellence, les rôles changent. Les mathématiques, qui portent sur de simples abstractions, occupent alors le rang le moins élevé '^; ensuite vient la physique où l'on traite des substances qui se meuvent; au sommet, se situe la phi-

1. Arist., Met., E, 1, 1025^ 18-21; Ihid., K, 7, 1064*, 15-16, 30-32.

2. Id., Ibid., E, 1, 1026», 7-15; Ibid., K, 7, 1064% 30-33; Ibid., K, 3, 1061», 28-36, 106P, 1-4, 19-25; Phys., B, 2, 193^, 22-36, 194*, 1-12; Met., A, 8, 1073^, 5-8.

3. Comme on peut le voir par les textes précédents, Aristote ne fait pas toujours nettement cette distinction.

4. Id., Met., E, 1, 1026», 15-16, 20-31 ; Ibid.^K, 7, 1064», 33-37, 1064*, 1-3.

5. Id., Ibid., A, 2, 982*, 25-32, 982^ 1-4 ; Anal, post.. A, 27, 87% 31-b7.

6. Id.j Met.,E,\,l025 , 25-34, 1026», 1-6; v.plushauti)eraccicZen«(p.81).

7. Id., Anal, post., A, 13, 79*, 7-8 : ta yàp jxaOïQjjLaTa itepl eîSTj ÈffTÎv* où Yàp xa8' ÛTTOxeijjiévou itvo;; Phys., B, 2, 193% 31-35; Met., K, 3, 1061», 28 et sqq.

losophie première dont l'objet est la substance qui, sans se mouvoir elle-même, meut tout le reste i.

Ainsi les sciences se subdivisent d'après leurs fins pour se subdiviser encore d'après leurs objets; et il y a peutêtre une certaine incohérence dans cette façon de procéder. Mais là n'est pas l'unique imperfection que présente la classification aristotélicienne. La poétique est une espèce qui a pour genre la pratique 2. Savoir pour savoir et savoir pour agir : tels sont les deux modes dominants de la science. La division devient binaire de trinaire qu'elle était. La dialectique, de son côté, ne se rattache à la poétique que par homonymie : induire et démontrer, ce n'est point « créer » ; c'est seulement découvrir. En outre, et de l'aveu d'Aristote lui-même, la dialectique est un tout dont la rhétorique n'est qu'une partie^. Et l'on en peut dire autant de la politique à l'égard de l'économ e et de la morale : c'est encore « le maître » qui le concède*. Mais ces défectuosités n'ont rien de surprenant, puisqu'il s'agit de classification : c'est la pierre d'achoppement du philosophe.

Les sciences ne se ramènent à l'unité ni par leurs fins ni parleurs objets : leurs fins, qui sont la contemplation et l'action, demeurent irréductibles l'une à l'autre; et leurs objets ne peuvent dépasser les catégories, qui, pour être multiples, n'en sont pas moins les genres suprêmes de l'être. Pourtant, les sciences ne restent pas isolées chacune dans sa sphère; elles se relient et se compénètrent

1. Akist., Met., A, 2, m:V\ 4 et sqq. ; Ibid., K, 17, 1064", 3-4.

2. /rZ.,£^/l.iVic.,Z, 2, ll.'Jy, 35-30, 1139", 1-3; v.SyLV. MAUR.,t. H, p. 153», 3.

3. Id., Rhet., A, 2, 1356', 30-31 : êcrxi yàp {Jidpidv xi T>i; Sta>yixTtTïi; xai

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