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4. I(L, Ibid., A, 5, 1097", 10-17 : ÊuôèîuàvTwv alpeTWTaTYiv (x-?i ouvapiO(xou-
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éprouver des plaisirs ; ils sont incapables de bonheur ^ .
Si le bonheur est raison et par la même vertu, il implique aussi le désintéressement. Qu'est-ce, en effet, pour le sage, que chercher son propre bonheur? C'est faire effort pour discipliner d'aveugles tendances, c'est faire effort pour pratiquer la tempérance, le courage, la justice et la philanthropie : c'est travailler au règne de l'ordre en soi, et par suite autour de soi ^. A la différence du méchant qui se ramasse tout entier sur luimême, le sage donne de sa plénitude et se répand sous forme de bonté. Il s'aime dans la mesure où il aime la raison qui est le fond de son être; et, de la sorte, il vit pour le bien des autres dans la mesure où il vit pour son propre bien : par le vouç, qui est la faculté de l'universel, se concilient en lui l'égoïsme et l'altruisme ^.
Le bonheur a donc une excellence que rien n'égale ici-bas : il comprend tout et domine tout ce qu'il comprend. Il est infiniment au-dessus des richesses et des plaisirs corporels; il est au-dessus de la vertu morale elle-même : car, bien que la vertu morale ait une valeur interne et si grande qu'il faut savoir au besoin la préférer à la vie, elle ne trouve pas moins en lui sa fin suprême. Aussi n'est-ce pas assez de le louer, comme on fait les belles et bonnes actions^; l'hommage qui lui convient, c'est celui qu'on rend aux immortels, c'est l'honneur, -rifj.T^. On vénère les dieux, on les félicite, on les proclame bienheureux, dans la persuasion que de simples éloges
1. Arist., Eth. Nie, A, 10, lOOO»», 32-33, 1100», 1-5; Ibid., K, 2, 1174», 1-4; Ibid.,6, 117G^ 24 et sqq.