Jd.,Ibid., K, 7, 1I77^ 31 et sqq
Il y a lutte, dans ces cas; il y a opposition, et par là même dissemblance ^ Au contraire, si l'on prend un plaisir à part, on observe qu'il accroît et du dedans l'énergie dont il émane; c'est donc qu'il fait une même chose avec elle : il faut compter autant d'espèces de plaisirs qu'il y a d'espèces d'activités ^. On a vu d'ailleurs un peu plus haut que tous les plaisirs sont des achèvements d'actes; et, dès lors, n'est-il pas de rigueur métaphysique qu'ils diffèrent entre eux comme ces actes eux-mêmes, c'est-à-dire qualitativement ^ ?
On ne peut soutenir non plus que le bonheur soit une hiérarchie de plaisirs. Au gré d'Aristote, cette seconde définition n'est pas moins inexacte que la première. Si le bonheur ne se compose point de parties homogènes, il ne se compose pas davantage de parties spécifiquement distinctes et superposées : il est supérieur au nombre, comme Dieu \ Les biens du corps et ceux du dehors une fois donnés, il se produit chez le juste un harmonieux développement de sa nature. A ce développement, qui est tout entier raison ou l'œuvre de la raison, s'ajoute un plaisir également suprasensiblc, une joie exquise, profonde et durable, qui est aussi d'ordre purement rationnel. Et cela, voilà le bonheur^ Le reste y aide; ce n'est pas lui : ce n'en est que la matière ou la condition. Aussi l'animal et l'enfant ne sauraient-ils être heureux, puisque Tun n'a pas la raison et que l'autre l'a seulement en puissance : ils peuvent