‹ AristoteChapitre 250 sur 304 · V. plus haut, p · texte numérisé non relu

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3. Ar.isT., Elh. Nie, A, 1, 109 'i«>, 23-28, 1005*, 1-2 : TreTraiSeupiévou yap ÈcTTiv iTt Toa'.ÙTovTàxp'.os; èr.i^yi'.cîv xa6' SKaoTov y^''^;, è<p' ôffov ii toù T^pây^J^aToç

suite, celui qui en juge bien, c'est le sage; et dans la mesure où il est davantage lui-même ^

C'est aussi le sage qui sent comme il faut, d'une manière conforme à la réalité, le plaisir exquis dont la vertu morale est le principe : ses joies, ainsi que ses jugements, traduisent la valeur des choses. A chaque énergie s'ajoute un plaisir qui lui est propre ; et, quand cette énergie se trouve en son état normal, ce plaisir lui-même n'a plus ni excès ni manque, il se règle sur la nature des objets. Si l'œil malade souffre de la lumière, l'œil sain en jouit et comme il convient, dans le degré qui convient. Ainsi de l'ouïe à l'égard du son et du goût à l'égard des mets ; ainsi de toutes nos autres puissances. C'est une loi d'harmonie qui se fonde sur l'idée du meilleur 2. Et dès lors, les jouissances du juste ne sont pas seulement les plus douces, elles sont aussi les seules vraies, les seules qui se proportionnent à leurs causes.

Le sage est la mesure du bien, à deux titres très distincts : il l'est par sa raison; il l'est également par sa sensibilité. Et ces deux principes ne s'exercent pas à part. Ils s'expriment, en chaque cas, par une seule et môme perception qui tient de l'un et de l'autre : le sage sent le bien et le mal, comme le musicien sent les accords et les dissonances musicales; c'est l'artiste de la vertu •'.

1. Akist., ^M.iN'ic, r, G, 1113*, 22-33: ... ô<J7Tou8aîo;Yàp£xacrTaxpîv£iô,6<I)ç, •/ai èv éxàiTOtc xàXr/Jè; oùtô) çaîvsrai. Kaô' éxâ(TTyiv yyç ë$tv îStà icii xa)à xai rfiia., xai Siaçépei it).siffTov ïdwç 6 (ntouSato; to) Tà).y,Oèç èv éxoco-cotç 6pàv, ôWTri-p xavo>v xai ixérpov aOxojv wv; Ihid ., 1,4,1 100% \'1-V.\ : ëoixe y°'?> xaOcxTcep eipy,Tai, (jLÉTpov éxâaTti) f, àpcT/i xai ô aiioucaïo; itvxi.

'}.. 1(1., Ihid., K, 5, 1175^ 26-3G, 1l7fi', 1-19; Ihid., II, 13, 1153», 2U- 3."..

3. /(/., Ihid., I, 9, 1170', 8-11 ; *0 yàp (iKOuoatoç, Xi «TTîouÔaTo;, rat; xat' àpeTy)v Tipà^eTi /aîpet, Taï; o' aTrô xaxia; oao-/coatvet, xaOaTcep ô [j-oudixo;

Mais cette explication ne forme-t-elle pas un cercle? Plusieurs historiens l'ont soutenu; et tel est, si je ne me trompe, l'avis d'Ed. Zeller K Ce sont les bonnes actions, disent-ils, qui développent l'idéal moral; et cependant les bonnes actions ne se peuvent produire que si cet idéal e xiste déjà; car il est à la fois leur règle et la lin qui les sollicite.

Cette antinomie disparaît, lorsqu'on passe des formules parfois indécises d'Aristote à l'idée qu'il poursuit. .

Généralement, l'homme naît avec un fond de bonté qui le dispose à la vertu - ; et voilà le germe qu'il s'agit de développer. Chez quelques individus privilégiés de la nature, il a de quoi s'épanouir par lui-même, en vertu de la loi directrice qu'il enveloppe et dont la conscience, d'abord crépusculaire, devient de plus en plus lumineuse. Mais. la plupart du temps, soit à cause de sa faiblesse interne, soit à cause de la perversité du milieu, il ne peut évoluer que sous l'influence d'un concours extérieur ; et alors, la question reçoit une solution un peu différente, mais qui relève du même principe. C'est à la société de venir en aide à l'individu, c'est à la société de faire avancer l'homme sur la voie du bien 3. Or le moyen

Toï; xaAûï; {xéXeffiv T^osTai, èizl èï toc; çaûXotç /uneiTat. Comme on peut le voir par les références qui précèdent, Aristote compare également le sage à l'arcliitecte, au sculpteur, au pilote, au médecin, dort les procédés sont faits de science et d'expérience : ce qui fortilie notre conclusion. — Eth. JVic., B, 9, llOO", 20-23 : ... Ivttô aloeYJffei -^ xGÎdi;.

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