d., Ibid
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donc renoncer à la prétention d'emprisonner dans des formules leur infinie variété. Considérée du point de vue objectif, la vertu est un art et le plus difficile de tous : on ne peut en avoir qu'une science approximative, une connaissance où Texpérience se met de moitié et supplée à l'imprécision de la loi^. Mais où trouver cette science mixte, cette sorte de sens du bien moral? chez l'homme vertueux : c'est le sage qui en a le secret et comme le monopole.
L'universel, en morale, est l'idéal de l'homme. Cet idéal, chacun le porte en soi, partout le môme, bien que sans cesse diversifié par toute espèce de circonstances. Et, comme c'est par la pratique qu'il se développe en vertu même de la loi générale qui préside à l'accroissement de nos énergies-, c'est aussi par la pratique qu'il se révèle. Nous en prenons une conscience de plus en plus vive et de plus en plus juste, à mesure que nous le réalisons mieux et plus longtemps. Car, à mesure que nous le réalisons de la sorte, il nous devient de plus en plus familier, de plus en plus intime, jusqu'à ce qu'il s'identifie avec nous-mêmes; et c'est dans cette communion croissante qu'il se manifeste aux regards de l'âme, vu que chacun sait dans la proportion où il reçoit en son esprit la nature de l'objet 3. La pratique parfaite de la vertu donne la connaissance parfaite de la vertu. Par
1. Arist., Elh. Me, A, 1, 1094b, 11-23; Ibid., B, 2, llOi», 1-10; cf. Ibid., E,10, 1134'*, 30 etsqq.; Eth. mcuj.. A, 34, 1194", 30 etsqq. Il y a dans la morale d'Aristote une part de relalivisme assez curieuse; et l'auteur de la Grande morale le reproduit plus au long.