Id., Ibid., r, 11, 1117% 4-5; Rhet., B
du même principe que dépendent la libéralité, la grandeur d'âme, la douceur ^ et l'amitié 2. Ainsi de la justice elle-même, bien qu'Aristote ne semble pas formel sur ce point : la justice, envisagée du point de vue subjectif, n'est qu'une purification de notre égoïsme ; et l'égoïsme, à son tour, est un manque de générosité que nous poussons assez loin pour attenter aux droits de nos semblables. La prudence, qui est le principe architectonique de la conduite humaine, a de ce chef une origine plus haute ; elle s'élève au-dessus de la sensibilité et se ramène à la raison : elle n'est que le perfectionnement de sa fonction pratique ^. Quant à la pudeur et même à la force ou maîtrise de soi (èyxpaTsia), elles ne sont pas des Vertus. La pudeur n'est qu'une passion corporelle ^. La force suppose la lutte ; elle peut encore subir des défaites : elle n'a ni la sérénité ni la fixité voulues pour faire partie de l'idéal du sage 5.
On obtient une troisième division des vertus, en les rapportant à leurs objets. Et, d'après Hacker, cette troisième division se dégagerait également des œuvres d'A-
1. Arist., Eth. Nie, A, 11, ll2(i'', 1<.)-21 : ... xaTé/ouai yàp xèv ôujjlov; RheL, B, 5, IGaS*», 7 : 0appa),£ov yàp •/) ôpyri : La colère est quelque chose de courageux -, <t la colère est un des extrrnies entre lesquels se situe la douceur; cette vertu se rattache donc également au co'ur,
2. fd., Polit.,]], 7, 1327", 'iO-4.1 : 'O Oufj.^; é<7Tiv ô noitôv to <pt).r,Ttx6v.
3. Id., Eik. Nie, A, 13, 1103", 4-6 : ... aoçiav {J.èv xat ouveatv xai (ppôvYiaiv oiavo-^Tixâç ; llnd., Z, 5, 1140", 4- 6; lOid., 8, 1141", 8-1); Ihid., 0, 1141", 3-7; 12, 1143', 32-36, 11 i3", 1-5.
4. Id., lhid.,B,l, 1108% 31-32; Ibid., A, 15, 1128", 10-15 ; S. Thom., ouï;;-. cit., lec. XVll, p. 428'-428".
5. Akist., Eth. Nie, H, 1, 1145», 15-35; llnd., 9, 1150"-1151»; Jhid., H, 3, 1105', 28-33 . ... xè ôè xpîxov xai èàv peSaîo); xal àixexaxivi^Tto; ë/wv TipaTTY); cette stabilité est une condition de la vertu, comme la connaissance et le désintéressement de l'intention.
LES ACTIONS IIOIAINES. 319
ristote ^ A son gré, le Stagirito aurait classé les vertus en trois groupes. Le premier de ces groupes se rapporterait à la conservation du corps et comprendrait le courage et la tempérance. Le second aurait pour sphère la vie politique; il faudrait y rattacher la libéralité, la grandeur d'âme, la douceur et la justice. Au troisième reviendraient les vertus qui concourent à l'agrément de la vie. Mais le malheur veut que l'on ne trouve dans les traités d'Aristote aucune preuve décisive à l'appui de cette ingénieuse hypothèse : c'est ce qu'Ed. Zeller a démontré d'une manière concluante ^. Lorsque Aristote parle de l'objet des vertus, il ne le définit pas toujours d'une manière précise ^ et ne semble avoir aucun souci de suivre ou môme de chercher un principe de classification.
Parmi les qualités de 1 ame qui sont des vertus ou supposent du moins la vertu, il en est deux, qui, au point de vue politique surtout, ont une importance spéciale : Je veux parler de la justice et de l'amitié^.
La justice^ a pour objet le droit; et le droit, de son côté, prend sa source dans l'idée de bonheur
1. Das eintheilungs und anordnungsprincip der mora\ischen tugendreilic in der Nie. Eth., Berlin, 18G3, 4°.