‹ AristoteChapitre 264 sur 304 · Id., Ibid., 0, 3, 1156^-1156"; Ibid · texte numérisé non relu

Id., Ibid., 0, 3, 1156^-1156"; Ibid

4. Id., ibid., 0, 4, ll56^ 7-12; Ibid., 5, 1157% 20-21 ; Ibid., 8, 1158, G-11; Ibid., 9, 1159% 33-35, 1159% 1-12.

5. Id., Ibid., I, 9, 1170% 25-33, ino*», 1-19 : ce passage est la psychologie de celte parole de M™" de Sévigné : •« J'ai mal à votre poitrine »; Ibid., 0,4, 1156% 14-18; Ibid., 5, 1156% 33-35, 1157% 1-6.

son objet et s'y fixe comme en son but. Par suite, il ne souffre ni calcul ni limite : il est absolu ^. Le plaisir et l'intérêt tendent à dégrader les êtres qui en font la fin de leurs relations quotidiennes. La vertu ennoblit ceux qu'elle rassemble. Il s'éveille en leurs cœurs une généreuse émulation qui se traduit par une amélioration croissante; le spectacle qu'ils se donnent les uns aux autres suffît d'ailleurs à produire cet effet : leurs âmes s'y ajustent comme l'oreille du musicien aux sons que rend un bel instrument 2.

Grand serait donc le bonheur des hommes, si l'amitié que fonde la vertu venait à les unir tous les uns aux autres. Mais c'est un bien très rare, précisément parce qu'il est d'un grand prix 3. Le vieillard ne la comprend plus : il est d'humeur chagrine et se ramasse sur luimême. Le jeune homme en est encore incapable, vu rivresse du plaisir qui l'absorbe. L'heureux cherche des divertissements et celui qui est au pouvoir veut des bouffons et des flatteurs. L'amitié véritable est le privilège de quelques sages ^. Encore leurs heureuses dispositions ne suffisent-elles ni à la faire éclore ni à la conserver. Elle ne se produit pas tout d'un coup; elle se forme peu à peu, sous l'influence d'une longue et mutuelle épreuve^. Et,

1. Arist., Eth. Nie, 0,10, 1159^ 6-12 ; Ibid., 5, 1157*, 25-30; IbiiL, 11,1 159\ 29-32; Ibid., I, 9, 1170", 5-8 : ... 'ÉTepoç yàp aù-rà; ô çiXo; èaTt'v...; Ibid., 4, 1100% 12-33; Ibid., 8, 1109*-1109^; lire le chapitre entier : c'estl'un des plus beaux qu'Arislote ait écrits.

7. Id., Ibid., 1, 9, 1109», 28-35, 1170", 1-13; Ibid., 0, 1, 1155*, 1159^, ri-16; Ibid., I, 12, 1171" (v. tout le chapitre).

3. Id., Ibid., 0, 4, 1156", 24-25 • CTiavta; ô' elxè; xà; TotayTaçetvai'ôXÎYoi yàp

Ol TOIOÛTOI.

4. Id., Ibid., 0, 7, 1158», \-Vt;Ibid., 0, 3, 1150", 24-35. 6. Id.,Ibid., 0, 4, 1150", 25-32; Ibid., 7, 1158", 14-15.

quand elle s'est formée, la séparation tend à l'afl'aiblir ; elle peut même la ruiner avec le temps ^ Infimes sont d'ailleurs les groupes qu'elle constitue : forte, comme l'amour, elle a, comme lui, la dualité pour idéal -.

Quelle que soit la nature de l'amitié, elle suppose toujours, aussi bien que la justice, une certaine égalité mathématique 3; et cette égalité revêt les deux formes que Ton connaît déjà. Elle se traduit par une proportion arithmétique, quand il s'agit de personnes qui ont à peu près le même degré de vertu, la même fortune et le même rang. Elle se traduit par une proportion géométrique, lorsqu'il existe ou qu'il se produit une diii'érence appréciable sur l'un quelconque de ces points^. Dans ce cas, l'inférieur rétablit l'équilibre par l'intensité de son afï'cction, l'estime et la gratitude ^; mais parfois l'intervalle est si grand que toute analogie devient impossible, et par là même toute amitié : ainsi des dieux à l'égard de l'homme, ainsi des rois à l'égard de leurs plus infimes sujets, des sages à l'égard du vulgaire ^ et du maitre à l'endroit de l'esclave '^.

Toutefois, les extrêmes entre lesquels se meut l'amitié gardent quelque chose d'un peu flottant. « L'isarithmie »

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