V. plus haut, p
3. Arist., Polit., T, 1, 1274", 38 : rj 6è TtoXiteia tc5v xi^v TtdXtv oîxouvtwv taxi xà^iîTi;; Und., 1273^ 18-21.
4. C'est ce qu'a observé Montesquieu {De l'esprit des lois, p. 154, éd. Garnier, Paris) : a L'embarras d'Aristote paraît visiblement quand il traite de la monarchie. Il en établit cinq espèces : il ne les distingue pas par la forme de la constitution, mais par des choses d'accident, comme les vertus ou les vices du prince; ou par des choses étrangères, comme l'usurpation de la tyrannie ou la succession de la tyrannie. »
politiques où l'on se propose au contraire la poursuite de l'intérêt privé, à savoir: la tyrannie, l'oligarchie, la démocratie. Gomme tout vaut et se définit par satin, il n'y a de ces six espèces de gouvernements que les trois premières qui soient légitimes; on ne peut voir dans les autres que des déviations plus ou moins graves.
La même théorie est reproduite au chapitre 2 du livre IV du même traité ; on la retrouve également, bien qu'avec quelques nuances, au livre VIJI, chapitre 12 de V Ethique à Nicomaque ^ : ce qui prouve qu'elle n'était pas, pour Aristote, une manière de voir passagère. Il essaie même, en certains endroits, d'en donner une explication plus approfondie. Ce qui devient alors la note caractéristique de la monarchie, c'est une sorte de bonté paternelle mûrie par les ans 2. Ce qui fait le trait essentiel de l'aristocratie, c'est la vertu longtemps cultivée par l'éducation dans une race d'élite ^. Le petit et le grand nombre des gouvernants ne sont plus que des différences accidentelles de l'oligarchie et de la démocratie; ces deux formes politiques se distinguent avant tout par la richesse et la pauvreté ^.
1. 1160', 33-35 : TpuYi ù\r\ ànô Tijji,7i{jL(XTa)v, y;v tifjLoxçaxixYiv /éysiv oIxeîov çaîveTat, TioXiTetav ô' aÙTy)v eia)0a<Tïv ol iiXeiaTot y.a>.£tv. La république, on vv: passage, est une tirnocralie. Mais il n'y a là qu'une apparence de variante. Lorsque Aristote, au chapitre 0 du livre IV de la Politique^ explique ce qu'il faut entendre par la république, lien fait une timocratie. On n'est donc pas fondé à conclure de cette différence de langage que ses idées se sont modifiées de la composition de V Ethique à celle de la Politique.
2. Arist., Polit. ^ A, 12, 1259", 10-17 : i] Se twv téxvwv àp/"^ PacrùtXT^- tô yàp yevv^aav %cà xaxà çiXtav âpyov xal xaxà Tipeoêeiav èoriv, ôrcep ècil paaiXixr;:, £i8o;àpx»3;...; Eth. Me, 0, 12, 11G0^ 22-27; Ibid., 13, 1161% 10-22.
3. Id., Polit., A, 7, 1293^ 1-G ; Ibid., \\ 15, 128G", 3-7; Ibid., 17, 1288^;, 9-12.
4. /c/., Ibid.j r, 8, 1279'', IG-'iO: ... w Sa ûiaifépouaiv vi xe 5y)|xoxpaxia xat :\
LES ACTIONS IIUMALVES. 353
Ailleurs, Aristote raisonne d'une autre façon. Aux chapitres 3 et 4 du livre IV de la Politique^ il se demande d'où peut provenir la diversité des gouvernements. Or, d'après son analyse, elle a pour cause la prédominance de telle classe sociale sur les autres. Et, parmi ces classes, il en est deux dont l'influence décide ordinairement de tout : celle des riches et celle des pauvres. Par suite, c'est à l'oligarchie ou bien à la démocratie que l'on aboutit fatalement dans les États qui se composent d'hommes libres ou seulement en train de le devenir : il n'y a pas d'autre issue possible au combat qui s'y soutient pour la conquête du pouvoir *. De là deux régimes naturels, qui sortent tout vivants de la spontanéité sociale. Mais ces deux régimes, Aristote préfère ne point les regarder comme primitifs ; il aime mieux y voir des déviations pratiques de ce qu'il appelle « le régime idéal ou parfait » '^. De plus, il faut tenir compte de la monarchie, cette forme politique des peuples qui n'ont pas encore pris conscience d'eux-mêmes. Et l'on obtient de la sorte une division quaternaire.
Au chapitre 7 du même livre, on trouve une troisième variante. Il ne s'agit plus, en ce passage, de classifications ternaires ou quaternaires. Aristote y énumère, avec Platon, quatre formes politiques : la monarchie.
ôXiYap-/(a à».-^Xwv, Trevta xat iï),oOto; è^tiv ; Ibid., 1280*, 1-6; Ibid., A, 4, 1290% 40 et sqq., 1290^ 17-20.
1. Arist., Polit., A, 3, 1291", 5-13 :... 6ià TaOra (xs'pyî {j.à).i(7ta eivai SoxsT TzàXztii:, ol eÛTiopoi xai ot ânopot. sti oï 6ià to wç èni tô 7Io)vÙ toùç {jlÈv ôXîyoy; EÎvat Toù; Se itoXXou;, TaOïa èvavTÎa [t-içfi (paivetai tûv Tfi; nôltoaç (xopitov. cii<7T£ xal Tàç TxoXiTEtaç xaxà xà; uTispo/àç totjtwv xaÔKrxâc-i, xai oûo TioXiTeïai Soxoùatv eîvai, SrijjLOxpaTia xat ôîiyapyîa; cf. Ibid., 3, 1289*'-1290*.