Id., Ibid., Z
procédé n'a rien d'illicite ; le respect commence où commence la sensibilité ^
Malgré ses lacunes qui d'ailleurs ne sont peut-être pas primitives, et les altérations qu'elle a subies au cours du temps, malgré les quelques erreurs dont elle est entachée et qui choquent notre sens chrétien, Idi Politique à' Arisioie demeure une œuvre incomparable, la plus puissante que Ton ait jamais écrite sur la science de l'État. Sa méthode n'est ni purement positive ni purement spéculative ; elle est l'un et l'autre à la fois et dans une mesure dont la justesse a de quoi satisfaire les plus difficiles. Convaincu que les lois des faits sont dans les faits, l'idée ne lui vient pas de les tirer d'une autre source : il a étudié le plus grand nombre des constitutions grecques, il en a fait une analyse minutieuse , il les a comparées avec patience ; et c'est sur cette somme considérable de données qu'il édifie ses inductions et ses déductions ^ dont la plupart sont entrées pour toujours dans le trésor de la pensée humaine. Il est vrai que Platon lui a servi plus qu'on ne le croit d'ordinaire : nous avons essayé de le faire observer à l'occasion; nul génie d'ailleurs n'est un déraciné. Mais du maitre au disciple il y a de la distance : c'est dans Aristote seulement que l'on arrive à la rigueur scicntiiique.
1. AuiST., Polit., H, IG, 1335", 19-2G; Ibid., B, (5, 12r)ry', 38-41, 1265\ i-l2;Ibi(L, 9, 1270", 39-40, 1270", 1-G; cf. IbicL, II, 4, 1326% 5-7