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DÉFINITION DE LA PHILOSOPHIE PREMIERE

La « philosophie première » ^ a pour ob^et Têtre consi-

1. Aristote ne s'est pas servi de l'expression Mexà Ta «puaixdt, au cours de ses ouvrages ; il emploie le mot de philosophie première {Met. y E, 1, 1026», 15-31), ou celui de théologie (Met., K, 7, 1064»», 3).

Il est vrai que l'on a mis en doute Tauthenticité du livre K (XI). D'après Ed. Zeller (Die Philos, der Griechen, II, 1, p. 447, n. 2), la V partie de ce livre (c. 9 fin) est sûrement apocryphe. Au sens de Rose {Arist. libr. ordn..., 156, Berlin, 1854, 8«), la V partie le serait également. Et cette dernière opinion se fonde principalement sur une remarque philologique. La formule yè (xyiv revient sept fois dans cette première partie (Eucken, De Ar. dicendi ratione, I, 10 et sq., Gôttingen, 1866, 8°; Ind. Arist.j 147», 44-45); or on ne la trouve pas dans les autres ouvrages d' Aristote : elle serait étrangère à son style. "o

Mais cette preuve ne paraît pas décisive. Comme l'observe Ed. Zeller (ouvr. /^^ S cit.f II, 2, p. 81), il y a des singularités analogues dans les autres traités d'A- -T) <- <S ristote : Tè... xï, par ex., ne se rencontre à peu près que dans VÉthique et ' '^ la Politique ;Vt ^à, que dans la Physique^ la Métaphysique et Idi Politique / 9 ^ (EucREN, 16, 33). Et ces singularités ne sont pas toutes primitives ; il en est

déré comme tel*. Chacune des autres sciences n'embrasse qu'une portion définie de la réalité; chacune des autres sciences se choisit dans l'immensité des choses un point de vue spécial où elle se confine 2. La physique, par exemple, considère les corps en tant qu'ils contiennent le principe de leur mouvement; la mathématique les envisage, au contraire, en tant qu'ils sont immobiles^; l'art et la morale portent sur les règles de l'action. Seule, la métaphysique s'occupe de ce qui constitue le fond commun de tout individu possible ou donné : seule, elle dépasse les, espèces d'être pour ne plus s'intéresser qu'à l'être.

Étudier l'être comme tel, c'est d'abord se demander s'il présente diverses déterminations et quels en sont les principes constitutifs *. La science se compose de définitions^. Or on ne définit une chose donnée qu'à condi-

qui sont sans nul doute dues aux copistes. Elles ne donnent donc rien de bien probant. Pour résoudre la question, il faut regarder à la teneur générale du texte; or, pris de cet autre point de vue, il porte nettement la marque d'Aristote : il en exprime les idées, il en a la facture (v. Ed. Zeller, ouvr. cit., II, 2, p. 81; Brandis, Ahh. der Berl. Akad., 1834; Bonitz, Ar. Met., II, 15, Bonnae, 1848-9; Schwegler, Ar. Met., IV, 209, Tiibingen, 1847-8). Et l'on en peut dire autant de la 2* partie.

Ce qu'il y a de fondé, c'est que le livre XI n'est peut-être pas à sa place dans la Métaphysique (Ravaisson, Essai sur la Met. d'Ar., t. I, p. 96-98).

1. Arist., Met., T, 2, 1003*, 21-26; T, 2, 1005% 13 et sqq.; K, 3, 1060^ 31- 33; K, 3, 1061b, g.H; K, 7, 1064', 2-4.

2. Id., Ibid.,T, 1, 1003», 23-32; E, 1, 1025S 7-10 : àXXà Tcàffai aÛTai nepl gv xt xal YÉvo; ti TceptYpat|;à(i£vat irept toutou 7rpaY(xaTeûovTat, àXX* oO/i nepl ôvtoç àTrXûç oùSè t§ 6v, oùSè toO tî èdxtv oùOéva Xdyov uoioOvTat; K, 1, 1069'*, 16-21; K, 7, 1064», 2-10.

3. Id., Phys., B, 2, 193^ 22-35; Met., E, 1, 1025^ 18-21; E, 1,1026», 11- 16; K, 4, 106l^ 6-11; A, 3, 1070», 7-8.

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