Id., Ibid., A
Si le temps ne s'identifie pas avec le mouvement, il n'en est cependant pas tout à fait distinct. Dès que nous avons conscience d'un mouvement quelconque, nous avons par le fait même conscience d'une certaine durée : il y a du temps, et il n'y en a que dans ce cas. Les pèlerins, qui se rendent à Sardes près du tombeau d'Hercule, s'endorment la nuit autour de la couche funèbre du demi-dieu : ils y perdent le sentiment du devenir; et la conséquence de ce sommeil profond, c'est que le dernier instant de leur veille et le premier de leur réveil ne font plus qu'un ^. On peut dire que la perception du temps nait et disparaît avec la perception du mouvement. Par là même, le temps et le mouvement sont essentiellement inhérents l'un à l'autre : si le premier n'est pas le second, il faut au moins qu'il en fasse partie -.
Mais de quelle manière le temps fait-il partie du mouvement?
Soit une ligne droite :
Elle se décompose en intervalles d'ordre statique, dont chacun a deux limites 3.
Soit un mouvement qui s'opère d'un bout à l'autre de cette ligne; il se décompose de la même manière. Mais, dans ce dernier cas, les intervalles sont des parties d'un seul et même déploiement d'énergie, des éléments d'ordre dynamique. De plus, et par suite, les limites ne coexistent