Id., Ibid., A
l'être. 71
Il semble également malaisé de soutenir que le temps est une sorte de synthèse des trois éléments qui entrent dans sa notion. Car Ton ne fait des synthèses qu'avec du simultané. Et le propre des éléments du temps, c'est de se succéder les uns aux autres : le passé n'est plus quand parait le présent; le présent n'est plus quand paraît l'avenir^. C'est donc une chose « étrange » que le temps; on se demande, à l'examen, si les raisonnements de Zenon sur la « pluralité » sont bien des paralogismes. Aussi les anciens n'ont-ils fait qu'effleurer un tel sujet; et ce qu'ils en ont dit n'éclaircit rien 2. Les uns ont identifié le temps avec la sphère, d'autres avec le mouvement de la sphère ^ ; Platon soutenait qu'il a commencé * : autant de simples aperçus, et qui sont inexacts.
Il importe donc de faire pour le temps ce que l'on a fait pour l'espace : il faut entreprendre une analyse rationnelle qui nous conduise de degré en degré jusqu'à sa nature véritable.
Le temps n'est pas le mouvement. Supposez plusieurs mobiles qui traversent le même espace avec une vitesse égale : chacun d'eux a son mouvement en propre; il n'y a qu'un temps pour tous^. Le mouvement peut d'ailleurs devenir ou plus rapide ou plus lent; le cours du temps, au contraire, demeure toujours égal à lui-même : il en est comme d'un fleuve dont la pente ne varie nulle part^.