‹ AristoteChapitre 86 sur 304 · Ap.ist., Phys., \\ 2, 201b · texte numérisé non relu

Ap.ist., Phys., \\ 2, 201b

pris sur la définition de ce phénomène. Les uns en ont fait une « différence », les autres une '.( iné,^alité », les autres un « non-être ». Et ce sont là autant de solutions inexactes : il n'est pas essentiel aux objets de se mouvoir, par là même qu'ils diffèrent entre eux ou sont inégaux; et ce qui n'est pas ne se meut pas^

Il importe donc de faire l'analyse rationnelle du mouvement, comme on a déjà fait celle du temps et celle de l'espace. C'est l'unique moyen de lever l'une après l'autre toutes les équivoques et d'aboutir à des notions précises.

Le mouvement a lieu, au moment où le mobile agit, et rien qu'à ce moment. Car, auparavant, le mobile n'est encore qu'à l'état de puissance; après, il a déjà trouvé son terme. Cet acte en devenir, voilà le mouvement 2. Par exemple, c'est lorsque le combustible est en acte que la combustion a lieu; et cet acte est la combustion même. C'est lorsque le constructible est en acte que la construction se fait ; et cet acte est précisément ce qui s'appelle construction 3. Ainsi de la rotation, du saut, de la traction, de la caléfaction, de la maturaison : ainsi de tous les mouvements, quels qu'en soient le mobile ou la nature^*. Le mouvement est donc l'acte du possible. Mais cette définition n'est qu'une première approximation. Le mobile présente toujours deux aspects très dilférents : c'est d'abord

1. AkIST., Pays., T, 2, 201», ll)-22 : ôfjXov ôè ffy.OTtoù'jtv w; iiOlacriv aùxYiv elvat evtot, éTâpotriTa xal àviT6irr)Ta y.al -va {xr; ôv çâdXOvTs; eivat Tr,v xivYjdiv... ; Met., K, 9, l066^ 7-20.

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