Id., Phys., r, 1, 201«, 18-19; Met., K
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un sujet de telle espèce, de plus ce sujet enferme la possibilité de revêtir diverses déterminations. Or ce n'est pas en tant que sujet que le mobile se meut; c'est en tant que possible. Soit un bloc d'airain. Il ne se meut pas comme tel, lorsqu'il devient statue ; il garde son essence sous la transformation qu'il subit : après comme avant, l'on a toujours de l'airain. Ce qui s'actualise en lui, c'est seulement la statue en puissance ^ Et de là une formule plus rigoureuse, qui supprime toute équivoque : le mouvement est l'acte du possible en tant que possible'^.
On a donc raison de dire, en réalité, que le mouvement n'est ni « acte complet », ni « puissance pure », qu'il n'est ni fini ni infini. Il a quelque chose d'hybride qui tient de l'un et de l'autre : c'est un acte qui se fait, considéré au moment où il se fait ; c'est un « acte inachevé » ^. Mais on aurait tort de conclure de là que le mouvement ne se situe nulle part dans les déterminations génériques de Fctre ; il y a sa place marquée. Si l'on ne peut le regarder comme une catégorie , si l'on ne peut en faire non plus le résultat auquel aboutit une catégorie en se modifiant, il est du moins cette modification ellemême : le mouvement, par exemple, c'est la caléfaction, non la cbalcur; la guérison, non la santé; l'instruction, non la science ^.
1. Arist., Phys., r, 1, 201», 27-34; Met., K, 9, 1005», 22-28.
2. /(/., Phys., r, 1, 201'', 4-5 : t?i toO Suvaxoij, -^ ouvaxdv, évreXs/sia cpavepov ÔTi xîvYiaî; èaxi; Met. y K, 0, 1065'', 33.
3. PL, Phys., r, 2, 201", 31-32 : f\Te x'Ivrjcrt; Èvipyeia pév tiç eivai Soxet, àTe>9i; Se; Met., K, 9, 10G6*, 20-21; Phys., Y, 1, 20l\ 5-15; Met., K, 9, 1065'-, 33-35, lOGG*, 1-G.
4. 1(L, Met., K, 11, 1067\ 9-12 : Ta S' tilr\ xat Ta TràOr) xal 6 tôtto;, etç â ^ivoûvTai Ta xivoû(;.eva, àxîvT]Tà èdTtv, olov ÈTtiTTrjixr; xal ôepii-ôrriç' ëom ô' oùx 'h OcpjxOTY); xivy;ffiç à)),' r, 6É(>[;,avcnç.
Il y a plusieurs sortes de mouvements ; et, pour en déterminer le nombre, il faut remonter à une idée plus générale, qui est celle de changement.
Tout changement se fait d'un terme à un autre terme et présente de ce chef une certaine opposition *. Il n'y a donc pas de changement du non-être au non-être ; vu que le rien ne s'oppose pas au rien ^. Il y en a seulement du non-ètre à l'être, de l'être au non-être, et de l'être à l'être. Or la première espèce de changement, qui s'appelle la génération, n'est pas un mouvement. Car, avant de se mouvoir, il faut que l'être soit; et il s'agit ici de sa naissance ^. De plus, le propre du mouvement est d'admettre des intermédiaires. Et la génération n'en admet point; elle ne donne lieu qu'à la contradiction : on est ou l'on n'est pas. Ce n'est pas un mouvement non plus, que la seconde espèce de changement qui s'appelle la mort. Car le passage de l'être au non-être s'opère brusquement, comme celui du non-être à l'être : il n'y a pas plus d'intermédiaires dans un cas que dans l'autre ^.
Le mouvement proprement dit, le mouvement, au sens rigoureux du mot, se cantonne donc dans la troisième espèce de changement. Il se fait de l'être à l'être, et par suite dans un même sujet qu'il suppose et dont il n'est qu'un mode plus ou moins profond : c'est tou-
1. Arist., Met.. K, 11, 1067'', 12-14 : y) 6è {jlyj xa-cà <ru[Ji,êeêrixô; tietaêoXri oùx èv àitadiv ÛTidtpyîi, àXX' èv toÏ; evavTtoiç xal (lexa^ù xat èv àvTipâcrci.
2. Id., P/tys., E, 1, 225*, 3-12 : ... Oute yàp èvavrîa oOre àvTcçaaîç éffxtv ; Met., K, 11, 10G7^ 14-21.
3. Jd., P/njs., E, 1, 225*, 25-27 : àôuvaTov yàp tô (xr; ôv y.ivet(T8at, el ôà xoOxo, xal TTjv YÉvec-tv x{vyi(tiv etvai- yivexai yàp tô (xt?) ôv ; Met., K, 11, 1067'*, 25-32.
4. Id., P/iys., E, 1, 225», 32-33; Ibid., 225", 1 : ayxat [yéveffiçxat opOopà] ô' eîffiv al xax' àvitçaciv; Met., K, 11, 1067", 36 et sqq.
jours un mobile qui se meut ^. Mais un mobile quelconque peut se mouvoir de différentes manières; et c'est là que se pose d'une façon précise le problàne de la division des mouvements.
Puisque la substance n'est susceptible que de naissance et de mort, puisqu'elle ne se meut pas, il ne peut y avoir du mouvement que dans les catégories qui en dérivent. De plus, ces catégories elles-mêmes ne sont pas toutes sujettes au mouvement. Il ne s'en produit pas dans la relation qui, n'existant que par ses deux termes, ne varie que par eux-. H ne s'en produit pas non plus dans l'action et la passion; autrement, il y aurait devenir du devenir : ce qui est contradictoire ^. Et l'on peut dire aussi qu'il ne se produit pas du mouvement dans le temps, au sens où l'on prend ici la chose : le temps est la mesure du mouvement, non ce qui se meut. Reste que le mouvement se confine en trois catégories, qui sont la qualité, la quantité, le lieu^. Et, parla même, il n'y a que trois espèces de mouvements qu'on peut appeler : qualification, accroissement et diminution, déplacement ^.
1. AiiiST., Phys.y r, 1, 200'», 32-33 : oOx iari 3è x{vy](Tiç Trapà xà r>Çixy[t.(x'zoi^
2. Id., Ibid., E, 2, 225^ 11 : oùSè S^ xq> 7tp6; xi; Met., K, 12, 1068», 11. L'affirmation d'Aristole est claire: il n'y a pas de mouvement dans la relation ; mais la raison qu'il en donne est difficile à saisir, le texte n'étant pas nettement établi. Que l'on compare les lignes 11-13 de la paj^e 225" de la Physique avec les lignes 11-13 de la page 10G8* de la Métaphysique, et l'on se rendra compte du fait. La preuve que nous donnons ici est donc moins tirée des paroles d'Arlstote que de sa théorie de la relation. — V. Sylv. Maur. {ouvr. cit., l. 111, pp. ISSi^-lSG*; t. IV, pp. .53G"-537^); mais son interprétation ne lient nul compte des difTicultés que présente le texte.