‹ Arlequin-Pluton; comédie inédite en trois actes [par] Thomas-Simon Gueullette, 1719. Précédée d'une préfChapitre 19 sur 51 · SILVIA, ROSETTE · texte numérisé non relu

SILVIA, ROSETTE

SlLVIA.

0 Cielî peut-on voir une pareille trahison? Le perfide! Enlever Violette presque en ma présence! Ah! Cinthio, que vous êtes bien vengé de mes mépris !

Rosette.

Qu'avez-vous donc, ma cousine, pour être si

fâchée?

Silvia.

Mon Dieu !

Rosette.

Vous aviez tout à l'heure la larme à l'œil et vous nommiez Cinthio. Je gage que c'est luy qui vous a encore querellée. Il n'a qu'à revenir, je luy fermeray la porte au nez.

3 2 Arlequin-Platon.

Silvia.

Ce n'est point là ce qui m'afflige: c'est l'enlèvement de votre sœur.

Rosette.

Vous êtes bien bonne de vous affliger de si peu de chose! Pour moy, j'en suis bien aise.

Silvia.

Et pourquoy?

Rosette.

Parce qu'elle me querelloit sans cesse. Elle disoit que je serois bientôt une petite coquette, parce que je me regardois à son miroir, qu'à votre exemple je me rengorgeois à tout moment, et que je disois que je voudrois bien avoir des amans.

Silvia.

Et sçavez-vous ce que c'est?

Rosette.

Oh que oùy ! Je vous ay entendue plusieurs fois jaser avec le vôtre. Jay retenu surtout une conversation que vous eûtes avec luy il y a quinze jours.

Silvia.

Je n'en ay pas la moindre idée.

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