‹ Arlequin-Pluton; comédie inédite en trois actes [par] Thomas-Simon Gueullette, 1719. Précédée d'une préfChapitre 20 sur 51 · Acte II, Scène I · texte numérisé non relu

Acte II, Scène I

Rosette.

Tenez, c'étoit le jour de votre fête. Cinthio vous apporta un bouquet que vous ne vouliez pas recevoir. « Belle Silvia, vous dit-il, qu'ay-je fait pour tant de rigueur? » A cela vous ne répondiez rien. Il ne se rebuta point, vous prit la main, qu'il baisa plus de vingt fois. Sa soumission vous attendrit; vous reçûtes son bouquet, et vous passâtes dans le petit cabinet pour achever de vous coiffer. Je ne pus entendre le reste; mais je vis... hum !...

Silvia.

Que vîtes-vous? Vous me feriez presque rougir. Rosette.

Vous pouvez rougir en sûreté : personne ne nous écoute, et je suis discrète. Je vis Cinthio attacher le bouquet à côté de votre sein, ensuite se payer de ses peines par un baiser qui vous rendit toute interdite.

Silvia.

Vous avez dû voir aussi que je le gronday. Rosette.

■Oùy, mais vous n'étiez pas en colère.

34 Aricquin-Pluton.

SlLVIA.

Taisez-vous.

Rosette.

Ne vous fâchez pas, car je dirois tout à mon oncle. Baisez-moy plutôt, pour me marquer que vous ne m'en voulez plus.

SlLVIA.

Je le veux bien, mais aux conditions que vous ne direz rien, quoyqu'au fond je n'aye point fait de mal.

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