‹ Arlequin-Pluton; comédie inédite en trois actes [par] Thomas-Simon Gueullette, 1719. Précédée d'une préfChapitre 31 sur 51 · Acte II, Scène VIII · texte numérisé non relu

Acte II, Scène VIII

Pluton.

Fy donc! Vous faites l'enfant. Que cela est

vilain!

Mercure.

Cela ne doit pas vous étonner, Seigneur, c'est l'usage de toutes les nouvelles mariées. Elles pleurent pour la forme, et rient au fond.

Pluton.

Allons, mon aimable, éloignez les chagrins puérils.

Mercure.

Ce divertissement vous servira mieux que toutes les caresses. Messieurs, faites votre devoir. Et vous, Mademoiselle, chantez-nous quelque air italien qui dissipe cette mélancolie.

Air :

La gioja e il rizo Ti brillino in vizo Che la giovinezza Di sola allegrezza Die pascere il cor.

D'amante perduto Un novo venuto Indonna sagace Riporta la pace E plaça il dolor.

$2 Arleauin-Pluton.

Pluton.

Dites-moy, la belle, quel est le sujet de votre inquiétude?

Violette.

Tout ce que vous m'avez donné est fort beau ; mais, malgré cela, je me rappelle sans cesse l'infidélité que je fais à ce pauvre Arlequin. Il est toujours présent à ma pensée. Tant de magnificence m'épouvante; je sens que je ne suis pas née pour les grandeurs, et que vous êtes trop grand seigneur pour moy. De grâce, ramenez-moy chez mon père. Que je vous aye cette obligation-là.

Pluton.

En vérité, Violette, vous n'y pensez pas. Vos scrupules sont hors de place. Pouvez-vous faire un moment comparaison entre Arlequin et moy?

Violette.

Oui. Et je la fais à son avantage. Il m'inspire toujours la joye et la bonne humeur, et depuis que je suis avec vous j'ai le cœur rempli de tristesse. Il y a là-dessous quelque chose qui me passe.

Mercure, bas.

Devinerait-elle que vous êtes Pluton?

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