‹ Arlequin-Pluton; comédie inédite en trois actes [par] Thomas-Simon Gueullette, 1719. Précédée d'une préfChapitre 41 sur 51 · Acte III, Scène IV · texte numérisé non relu

Acte III, Scène IV

L'HOTELIER.

Quand il creva, il avoit bu vingt-quatre bouteilles de vin. Il a eu la malice de crever pour ne pas me payer, et, depuis cette aventure, mon cabaret a été si fort décrié que j'en suis mort de chagrin.

Dans quelle ville demeurois-tu?

L'HOTELIER.

A Bergame. J'avois pour enseigne : « Le Croissant. »

Eh ! je te connois; ta femme t' avoit fait prendre cette enseigne. Ne t'appelles-tu pas messire Cornuto?

L'Hôtelier.

Oûy, Seigneur.

Tu es un fripon... Tu m'as refusé crédit plus de dix fois.

L'Hôtelier.

Moy! avoir refusé crédit au seigneur Pluton?

Quand j'allois chez toy, je n'avois pas cet habit. J'ay été tenté plus d'une fois de t'assommer, mais je t'ay épargné jusqu'à ce que tu fusses icy. Je veux faire un exemple terrible de ces fripons qui refusent crédit aux honnêtes gens.

Le Suisse.

Point de quartier à sti friponne !

L'Hôtelier.

Pardonnez -moy, je vous en conjure par ces mets que j'apprêtois si délicatement.

Sçais-tu encore bien faire la cuisine?

L'Hôtelier.

Je m'en flatte.

Caron.

Il n'a pas encore bu de l'eau du fleuve d'Oubly. Arlequin.

Garde-toy bien de luy en donner. {A l'hôtelier.) Je te pardonne et te retiens pour mon cuisinier.

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