‹ Arlequin-Pluton; comédie inédite en trois actes [par] Thomas-Simon Gueullette, 1719. Précédée d'une préfChapitre 5 sur 51 · Acte I, Scène III · texte numérisé non relu

Acte I, Scène III

Mercure.

Quelle vivacité ! Vous n'avez pas affaire à une déesse, pour en espérer si bonne composition. J'ay trouvé le secret de tromper Pantalon, le père de Violette, et d'expliquer à celle-cy votre tendresse.

Que dois-je espérer?

Mercure.

Violette n'est pas pour vous.

Pluton.

Que m'apprends-tu?

Mercure.

Nos soupçons sont justes : elle aime Arlequin et n'est pas d'avis de négliger un établissement solide pour un amour de passage. A moins d'un mariage dans les formes...

Pluton.

Il faudroit donc pour cela répudier Proserpiner'

Mercure.

Gardez-vous-en bien ! Elle feroit un vacarme de

io Arlequin-Platon.

tous les diables. Mais faites mieux... Silvia, cousine

de Violette, ne seroit pas si difficile. Elle a pris

pour elle les douceurs que vous disiez à l'autre, et

je suis chargé de vous apprendre qu'elle vous

aime.

Pluton.

Un bonheur précipité me dégoûte. D'ailleurs la

résistance de Violette irrite mes désirs : je veux

vaincre sa fierté.

Mercure.

Cela ne sera pas aisé. Mais, sans répudier Proserpine, prenez Violette pour femme d'été ; peutêtre en amènerez-vous la mode, comme de changer de meubles aux quatre saisons.

Pluton.

Le remède seroit plus que le mal.

Mercure.

Faites-luy du moins espérer qu'elle deviendra votre femme. Elle vous croit un seigneur voisin de son père : cette fortune apparente l'ébloùira et la fera répondre à vos désirs.

Pluton.

Tu me rends la vie. Ne m'abandonne point et compte sur ma reconnoissance.

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