‹ Armand Durand ou La promesse accomplie [microforme]Chapitre 3 sur 26 · EE · texte numérisé non relu

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languissant encore que d’habitude répandu sur ses pelits traits réguliers. Les voix perçante des enfants engagés dans un jeu turbulent re. tentissaient tout près de là; mais elle ne pa: raissait pas les entendre, non plus qe Durand, car il l’aborda doucement. Il tut obligé de "». péter sa salutation d’uve voix un peu plushaute cette fois, elle leva la tête.

—Je présume, dit-il alors, que je ne dois p:

demander à mademoiselle Audet ce à quoi ellé

songeait ? ses pensées paraissaient être bie loin d'ici ?

—Oui, elles étaient en France.

—Oh ! sans doute, c’est parce que mademoi selle Geneviève y a beaucoup d'amis qu’ell aime tendrement ? ne —Non, répondit-elle avec douceur, je n’en :

plus maintenant.

IL n’y avait rien de sentimental ni d’affect dans le calme accent dont elle faisait cette ré ponse, et Paul se mit à la considérer ca silenc Les rayons dorés du soleil perçant à travers le

branches des arbres illuminaïent son visag

oval et délicat, ses grands yeux empreints i douceur, et quoique de sa vie il n’eût jamais! de romans, il sentit le charme magique de scène et de la situation aussi vivement ques

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büt parcouru une demi-douzaine de volumes Dar semaine,

Son examen fut long et minutieux, enveloppant chaque trait, chaque détail, même les etits doigts effilés qui retournaient machinalemunt les feuilles du livre qu’elle tenait encore intre ses mains ct sur lequel ses yeux étaient estés attachés ; puis il se dit à lui-même:

—Comment! une telle jeune fille incapable e se marier faute de doti Ah! madame Lubois, nous verrons bien, | | Avec la courtoisie et l’aisance de manières jue possède généralement le cultivateur canalien, quelque pauvre et illettré qu'il soit, il Passit à ses côtés sur le banc du jardin.

Et maintenant, si le lecteur a anticipé ou reouté une scène d'amour, nous nous hâlons de assurer qu’il a eu tort, et nous nous contentepns de dire que lorsque Paul Durand et Geneève revinrent lentement à la maison, une ‘ni-beure après, ils étaient fiancés. La vive bugeur répandue sur le visage de fa jeune fille

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Ar je n’en !

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aorsbnt | l'éclat de ses yeux disaient son bonheur et eût jamais D émolion : dais l'attitude de Paul. il y avait magique de mélange de triomphe honnête tempéré par ernent que e tendresse qui donnait les augures les plus

vorables de leur bo: heur futur,

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C'étaient cependant des amoureux très calm très peu démonstralifs, si bièn que lorsque de Courval les rejoignit soudainement, il ne

vint pas à l’idée le plus léger soupçon de l'é

réel des choses; remarquant seulement, « Geneviève paraissait plus joyeuse que d'or naire, il invita instamment Durand à l'acco pagner à la maison. Celui-ci accepta l’invitati ‘ et Geneviève, devenue tout à fait inquiète sujet de ses élèves, retourna au berceau d partaient leurs voix, élevés en ce moment au d pason d’une vive dispute.

Assis dans l'étude de M. de Courval, DÈ

rand, sans employer de circonlocutions, inf ma son hôte, qui en fut enchanté, de ce venait d’avoir lieu, le priant en même te de remplir le devoir d'écrire à madame Lut pour la mettre au courant de la situation.

— Veuillez lui demander, ajouta-t-il en tent nant, de permettre que le mariage ait lieu

plus tôt possible, et surtout n'oubliez pas à

lui dire que je ne veux pas de dot.

M. de Courval fit ee qu'on lui. demand:

Une froide réponse ne tarda pas à arriver; n dame Lubois se contentait de dire ‘‘que Ge “viève était bien libre de faire comme bon semblait, mais que le parTI qu'elle pret

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upçon de l'é Les intéressés, surtout Durand, furent d’un eulement, ivis contraire, et deux semaines ap: ès, de bonne

eure le matin, l’heureux couple fut marié dans église du village. M. de Courval servait de ère à la mariée, M. Lubois s'étant convaincu u’il lui était impossible d'aller à Alonville our la circonstance. Le déjeuner donné par excellent seigneur fut somptueux, quoiqu'il "y eût que neu de monde pour le partager ; et Courval, Bu moment du départ, donnant une chaleureuse cutions, intiioignée de main à Durand:

nté, de ce di —N'est-ce pas, lui dit-il, qu'après tout nous ous sommes bien passés de nos nobles cousins!

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adame Lubl !! est probable que c'était la crain:e de voir Ltuation: tte parenté réclamée par les nouveaux mariés at-il en ter Mi avait déterminé l'injustifiable indifférence

ntles Lubais avaient fait preuve, ‘‘Nous n’irons ps, s'élaient-ils dit avec aigreur, nous exposer x incursions de ces campagnards, M. de ourval peut faire toutes les politesses qu’il lui jaira au fermier Durand, parce qu'il demeure

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à arriver; 0 " re ‘‘que Gels Une campagne où la société n’est pas seuomme bon ment limitée, mais encore très peu choisie ;

nu’elle pre: ant à nous, nous ne pouvons pas songer à

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admettre dars notre salon aristocratique vi paysan aux boltes ferrées et aux rustiques m: rières.”

Une assez vive jalousie avait éclaté à Alor ville à cause de la manière prompte et inatte due dont le meilleur pARTI de la paroisse av: ‘été pour ainsi dire enlevé par une étrangère, les langues des mères aussi bien que celles d

jeunes filles étaient également actives et sa miséricorde à dénoncer ce mariage.

—Qu'a-t-il donc découvert en elle? disai on ; qu'a-t-il vu dans cette créature au visa de poupée, sans vie et sans guieté, qui l'ait duit à ce point? Qu'est-ce qui a pu l’induire prendre en mariage une étrangère, quand il avait dans son village tant de. jeunes et joli filles qu’il connaissait depuis la plus tendre e fance ? Elle a de très petits pieds et des mai très mignonnes, c’est vrai; mais tout cela est bon à quelque chose? Ces mains peuvent-ell boulanger, filer, traire et faire quoi que ce 48

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