‹ Armée d'AlgérieChapitre 10 sur 66 · Il a été décidé qu'on ne construirait pWa de ces bâts · texte numérisé non relu

Il a été décidé qu'on ne construirait pWa de ces bâts

•vu que l'équipement en usage chez les Arabes, légèrement modifié, peut suffire. J'eusse dû, dès le principe, reconnaître la justesse et la portée de cette observation.

Voici une description sdccincte de notre bât : un saucisson en laine ou en poil de dromadaire, de m. 3S c. sur 2 m, 20 c, est bourré fortement de 10 kilogrammes de paille ; il est replié en deux, cousu à l'extrémité et placé autour de la bosse, qui le consolide sur l'animal. L'Arabe se place sur le derrière de ce saucisson, qui est maintenu par deux cordes, l'une sur le devant et l'autre sur le derrière de la bosse; la corde de devant peut être très-avantageusement remplacée par une sangle; celle du derrière doit être en. laine ou en poil de dromadaire , sous peine de blesser la partie très-délicate sur laquelle elle frotte.

Le dromadaire étant un animal de somme, sur le saucisson en avant de la bosse on place deux demi-chevalets, larges de m. 06 c. au moins, reliés l'un à l'autre par deux traverses horizontales et attachés au saucisson avec de la ficelle ; c'est sur cet assemblage que porte le poids de la charge. Il n'entre donc dans cette confection, dont la solidité est réellement remarquable, ni cuir ni fer.

Le tarif de ce bât est celui-ci :

Toile 4fr. 00 c.

Paille ...••.. » 50

Bois , 2 00

Cordes 3 00

Façon » 60

Total .... lOfr.OOc.

Si Ton ajoute le prix de deux sacs à vivres et de deux peaux de bouc^ la dépense pour équiper complètement un dromadaire

£era de 1^ francs, et pour les 6S0 bêles de 9,7S0 francs au plus.

Modifications adoptées.

78. Ce bât , auquel les Arabes ti'attacheÀt que 8 mètres de cordes en guîse de sangles, peut servir au soldat pour les plus grandes courses; il suffit de lui délivrer ai mètres de cordés, dont 14 pour îè chargetùent et lï) pour le hamadhetoent Le soldat placera d'abord sa côuVerture sur la corde de 'âerrière, pour ne pas se hlcs^er; ensuite il se confectîonuerà im siège rembourré qu'il adaptera au bât ; ïl se stervîra de deux morceaux de bois pour élîriers^ en fixant les cordes ^ui îes Soutiennent aux travepsés hcfrisontalès ; l'étrier de gauche descendra à trois pieds de terre, pour pouvoir faciliter de monter à dromadaire, si Tanimal tarde à s'accroupir, ou si, s'étant accroupi, il se lève trop Vite ; il mettra ensuite cet étrier à la hauteur voulue par le moyen d'un ou de plusieurs tours faits autour des bois ; il attachera à Soti bât iTn poitrail, un avalôîr, ûhe entrave de jambes et deux de genoux ; if)ilis ces prépâèràtife étant faits dans une heure au plûfe> il jsera prêt à paiUlr»

Avantages de ce bât

79. Le bois, les tissus en laîne, la corde et la paillé lïeTOanquant pas chez les Arabes, on peut, en tout pays, acheter, réparer, corriger ou confectionner ce bât : c'est un immense avan-

tage, qu'il est impossible de ne pas reconnaître, et qui est d'une utilité incontestable.

Du licou.

80. Plusieurs genres de licou ont été essayés, et l'un d'eux formant, un noôud c(>ulant à pression sur le nez a réussi à mettra l'animal à la disposition du soldat à>pied au à (froniadaire. Il a été déjà dit que, ^av cp moyen, la bêle «'artêt^

lourae à droite ou à ^uche et obéit «omme à la voix. La<ïorâe doit avoir S mètres de long environ^ pour former deux rênes.

Du percement des narines.

81. Bien des expérteaces ont eu liw pdur k percement >des narmes et le plaoemeot 4e i'annea^ «u weiyen duquel ob conduira, comm6 on le laitea Egypte^ les^éfeç^ans avoir besoin de licou, ce qui sera plus simple ; ce procédé n'a jamais élé employé en Algérie: aussi les Arabes ne l'approuvent-ils pas et disent-ils que cette sévérité doit être réservée pour les taureaux : il est convenable de faire usage d'«n»eaux brii^és, lesquels peuvent être plus facilement placés et enlevés en cas de besoin ; le fil de fer à employer doit avoir sept millimètres de diamètre, pour ne pas déchirer la peau, et lêtre long de vingt centimètres environ. Les annefiux ont été placés de bien des manières; on attend, avant d'adopter une rigle générale, guc les bêtes opérées sotesnt guéries : je m'arrêterai probablement au percement de la narine droite.

L'opération a lieu en dèfalc minutes, ratîftttai n- étant qu'entravé aux deux genoux, et sa tête étant solidement tirée en avant et tenue eontre terre par le moyen de la t»rdc.

OoH-on m(^ter 4 ou ^ hoipme^ sur le droàiadaire?

82. La possibilité de monter l'irifanlcric â dromadaire étant bien reconnue, î! a été nécessaire d'adopter les basés d'une organisation: deux dispositions de principe ont été proposées; l'une consiste à monter deux soldais ^t leur» sacs sur 'chaque dromadaire, en faisant porter les livres ^ ces deux soldats par d'autres dromadaires^ et l'autre, à faire porter les-^àts et les vivres pcfr 4mi dromadaire,- smr lequel tes detfx IjiofttYnes ne monteraiefeit ^e Fun après l'être : le^prÉftttîer moyeft, 'évidemment le «raUeWy ne peut^e adopté à cause du manque

— Sa-

de pâturages nécessaires à un si grand troupeau dans beaucoup de localités : il a donc fallu se décider pour le second.

Or; les dromadaires de moyenne force^ même ceux que nous avons en ce moment^ pouvant porter en plaine deux quintaux^ avec le poids de cent soixante-douze kilogrammes^ pourront quelquefois recevoir en surcharge le soldat à pied pendant les heures de la plus forte chaleur^ sans en être sensiblement fatigués.

Poids porté par un dromadaire.

Page 1