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Sergent-major, caporal
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Caporal, soldat p , , , , , , ,"J T"
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 défaut d'uD régiment, deux bataillons peuvent être chargés des dromadaires.
93. S'il ne se présente pas un colonel de bonne "volonté pour entreprendre cette tâche, il y aurait lieu alors de réunir deux bataillons d'infanterie, par exemple, deux bataillons de chasseurs d'Orléans, ou de créer un corps nouveau composé d'officiers et de soldats de bonne volonté.
Il faut le dire franchement : c'est dans le choix du corps, c'est dans la question du personnel, que git toute la difficulté de cette entreprise. L'expérience du dressage, la possibilité de faire conduire ces bètes par des Français, n'ont jamais embarrassé ; mais on a à craindre une force d'inertie qui pourrait ruiner de légitimes espérances. Du reste, si j^ai donné la préférence à un régiment d'infanterie, pour l'accomplissement de cette mission, c'est pour obéir à ma conviction ; et j'ajoute qu'il y aurait encore des chances de réussite, si la nécessité faisait avoir recours aux autres modes d'organisation ci-dessus désignés.
Les bataillons de phasseurs d'Orléans sont composés d'officiers qui, jeunes encore, saisiront toujours avec empressement les occasions pour se placer dans une position spéciale, afin d'acquérir par leurs services plus de droits à la. bienveillance du Gouvernement; quant aux officiers de bopti^ volonté, il n'en a jamais manqué pour aucune organisation pénible ou difficile.
Les sous-officiers et caporaux sont toujours ce que sont leurs chefs.
Le soldat a pris goût à cette organisation. '
94. Les soldats ont déjà prédit depuis longtemps que l'affaire des dromadaires réussirait, et, en celle circonstance, leur voix
a été la voix de Dieu. Ils considèrent comme un avantage de ne pas porter un sac des plus pesants^ qui mine leur santé; ils seraient heureux de servir dans ce corps, quand même les dromadaires ne porteraient que le havresac et les vivres. D'après les médecins, la mortalité d'un millier d'hommes annuellement provient de la fatigue; aussi la réalisation de notre projet serait-il un bonheur pour l'humanité J'ajoute que le soldat est ami du merveilleux, qu'il préfère une vie errante et vagabonde à la vie de garnison, et que la seule espérance de visiter Sétif ou Tlenicen, de livrer quelques combats de plus et de faire des razzias, déterminerait plus de bons soldats qu'on n'en voudrait à quitter leurs corps pour passer dans celui des dromadaires.
n D*y a pas lieu de proposer de projet d'orgaDisation. •— Annonce d'une théorie sur le dromadaire.
95. Il ne doit pas entrer dans les cadres de ce rapport de présenter le projet d'organisation d'une troupe d'infanterie montée sur les dromadaires, car j'ignore la base de laquelle on voudra partir; mais il est un point dont je dois parler et dont je vais m'occuper immédiatement ; c'est de faire connaître le résultat de mes études : l"" sur la nature, les dimensions et la forme du bât à adopter; 2" sur les modes de chargement; 3« sur les modes à employer pour le dressage en peu de temps; 4o sur les manœuvres qu'on peut exécuter à la guerre; 5" sur le paquetage ; &* sur la manière de camper, etc. Un grand nombre d'observations faites dans le corps ont été recueillies avec soin par MM. les offîders et elles trouveront place dans une théorie du dromadaire dont la lecture intéressera^ je l'espère, tous les officiers.
Oii powrrti-t-TJû placer tes dromadaires ?
96. Où pourrait-on placer le dépôt des dromadaires ? Sous la teDte> à douze lieues eu avant de Bogbar. Tous les mois^ ce corps s'approvisionnerait à trente jours de vivres^^ dans la place de riûtérieur près, de laqoeHe il camperait. De Seneg> de Ta^guin^ on peut en dix joors arriver facilement soiU à Sétif^ soit i TIemcen.
Colonnes mobiles.
97. Trois corps de 1,200 hommes placés à Sétif, à Tagum et à TIemcen, pourraient croiser à soixante lieues en arrière du littoral; lorsijue ces trois cotoferiès taobilés se réuniraient, elles seraient assez fortes pour pénétrer même dans le désert de Sahara, dont les pieuplades n'o&t jamais été guerrières. Prenant à revers la chaîne de montagnes du Tell, ces colonnes assureraient la tranquille possession de tous les points occupés jusqu^à ce jour ; elles forceraient à Tobéissance lés nombreuses tribus nomades du petit désert, dont la soumission est importante, car. les grandes insurrections que Ton doit craindre doivent jpartir de là.
Dû *mode I eiD'jiloyer jiour totifi'ët îes hVomadaîrès au corps "qui en S^fa '(ihcrrfeé.
98. De quelle manière confiera-t-on, provisoirement dumoinse^ les dromadaires à un oorips?
Je ne suis pas d'avis que oe soM; au même titre <que les «cher vaux soi^t confiés aux régicoeats de cavalerie et le^ mulets aui^ 4Cj[>rps des équj|>ages càUitairea. H fauè'ait éyit^sr f^e Tlnfanteri^ ,eep94til'ôKe ce.|w'«elle.:^,:ùim bçiniîeiofcnterje^poiir <le.venir une mauvaise cavalerie. Je désirerais que les dromadaires fïiST sent donnés en dépôt à un corps, sans que l'Etat intervint dans cette affaire, afin que celui-ci ne fût soumis à aucune chance
de perte; qu'il ne prît part ni aux frais d'achat de matériel, ni aux frais d'entretien ; que le conseil «['administration du corps pourvût à ses dépeisses par le moyen des ressources indiquées plus haut, et qu'il fit, tous les six mois, la répartition des excédants de boDfis entre tous les militaires du corps, d'£q)rës les 4*ègles prescrites par l'ordonnance du 3 mai 1832, modifiée en -Algérie par les décisions ministéiielles d^ 1841 et 184S. Ikao 4iprès, il y aurait lieu de profiter des leçws de rexpérience jH)iir ca'éer un corps relier.
Les dromadaires ne coûteront rien à l'État.
, 99. Soit ftSO dromadaires : si la dépense pour 1^000 droma^daires en un en a été de 80,000 fr.^ eHe sera, pour 660> de '82^000 francs;
. Lecort)sde dromadaires de 1,220 hommes Ventfnt prjendre luknême les vivres à Médéab, par exemifle, pour les transpor- 'ter en avant de Bogbar, sur le point qui serait choisi, aurait donc ^roit, en un an, au paîetolent de 32,665 quintaux métrirques, que l'administration serait très-aise de ne payer qu'^à raiv •sonide 16 fr. le quintal. 'Le produit s'élèverait, par conséquent, pour cette seule raison, à plus de 52,000 fr., et il suffirait à lui «seul pour assurer l'Etat cont!*e touftesiiortestie pertes.
Conclusion.
100. Me voîcS, Monsieur le Maréchal, arrivé à la fin ^é ma HâcJiè> etjsïteàîs je n'ai eei, pins que daus ce jour, le sen!in*tefift -dè'iriafaîblèSse. Dû paréïl Sujet, Irailépar une j>lume haKile, *éfuraft grandi encore, sî cela étîSt péséible, et/après avdSt lêlê •èdnéîâêré 'longtemps ëclnifuie ^itfictrks, îl serait presque ^4ëVériii iSiïblime.
Elle est «en gmndè, en effet, l'idée tjfié vous kvézigtdcipftéfe lâfe ^ttdtffer 'l'iriftWtetTc suc deè «éffh«(feifes ! % -isoh^iêcMion
doit apporter de nombreux changements à Tétàt actuel du pays^ et surtout à son état futur.
Après la paix, qui sera prochainement affermie, la France voudra diminuer ses dépenses en Algérie; elle réduirait même volontiers aujourd'hui Teffectif des troupes, si elle ne trouvait aucun autre moyen d'opérer des économies, quelque insensée que serait cette mesure. Mais l'organisation des dromadaires permettra d'augmenter rapidement les revenus du budget colonial, en diminuant d'autant celui du ministère de la guerre.
En effet, les contributions arabes pourront rentrer aussi exactement que sous Abd-el-Khader. Le zekkat, par exemple, sera perçu au mois de mars prochain, jusque dans le Djebel- Amour. Et malheur aux tribus lointaines qui n'obéiront pas comme celles du Tell ! Pour échapper à un juste châtiment, il ne leur suffirait plus de s'éloigner à trente lieues de nous.
Le dromadaire, employé par l'adm'mistration, produira une économie annuelle de 2,000,000 de fr., et, mis au service des fantassins, il sauvera chaque année la vie à mille de vos soldats.
Les chances de la guerre vont immédiatement tourner de notre côté.
En effet, à nous la mobilité, et aux Arabes les embarras de la conduite des femmes, des enfants et des troupeaux.
Les dromadaires répondront immédiatement de la jouissance de l'Algérie, jusqu'au petit désert inclusivement. Cette jouissance ne sera pas illusoire. On s'en convaincra par l'impôt et le recrutement; deux preuves de soumission du peuple vaincu au peuple vainqueur. Les tribus récalcitrantes devront donc ou combattre dans leur propre pays les colonnes françaises, ou tomber, pendant leur fuite, dans la main des troupes montées h dromadaire, auxquelles elles ne sauraient échapper.
Ce sont encore les dromadaires qui assureront la tranquil*
lité intérieure du pays : par leur action, la France régnera sur les tribus les plus lointaines, qui maintenant échappent à tout contrôle ; ainsi se continuera ToBuvre de civilisation si glorieusement commencée en 1830.
Il est bien prouvé maintenant que l'intérieur de l'Afrique est très-peuplé; que le mot désert est vide de sens, et que ce que l'on appelle Sahara est plus peuplé que le Tell. Notre commerce nous attachera cette immfense population, et prendra dans quelques années un essor prodigieux.
La France commence à se convaincre qu'il lui serait plus . facile d'abandonner sa conquête que de n'en conserver qu'une partie; elle doit régner sur l'Algérie tout entière. Eh bien! c'est le dromadaire qui' lui permettra de faire acte de possession la première, sur la zone de pays profonde de 130 lieues environ qui sépare Alger du commencement des sables, et qui soumettra à sa domination les millions d'âmes qui Thabitent.
Lorsque le Gouvernement croira qu'il en est temps, il pourra intercepter plusieurs des caravanes qui parcourent et traversent habituellement le désert, dans neuf directions différentes, et à des époques invariables. On peut espérer qu'un jour, au lieu de se diriger sur Tripoli, sur l'Egypte ou sur le Maroc, les caravanes viendront à Alger, attirées par la justice de nos lois et surtout par la sécurité et la bonté de nos routes. Pourquoi la France ne rêverait-elle pas le monopole de tout le commerce de ce pays ? Qui peut prévoir au juste l'influence qu'exercera la première reconnaissance à force armée, exécutée par le moyen des dromadaires, dans les régions centrales du vaste continent de l'Afrique ?
Tous ces avantages présents ou futurs vous seront dus, Monsieur le Maréchal; et, après avoir eu là gloire de terminer eu si peu de temps ui^ guerre qui paraissait interminable, vous aurez acquis celle bien plus grande encore d'avoir deviné le
1)rillanl avenir de la t'rttftoe feû A!g6rie> et de lui en avoir préparé les voies.
Je suis avec respect,
Monsieur le Maréchal,
Votre très-humble serviteur,
L$ chef de bataillon du SS' de ligAe^
J.-L. CARBUCCIA
Nota. Le 28 janvier 1844, M. le maréchal gouVerneilr âjrant passé en revue la compagnie de dromadaires orgahisèe à la Maison-Carrée, reconnut que notre essai avait parfaitement réussi. — Le journal officiel de rAlgérie rendit compte de ce résultat (pièce justificative C), et, le 31 janvier 1844^ Torgaiiisation provisoire fut décidée (pièce justificative D).
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