‹ Armée d'AlgérieChapitre 17 sur 66 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

DU GOURÀGB DU DROMADAIMS.

Le dromadaire est courageux.

117. On se plait à représenter^ parmi nous^ le dromadaire comme lâche et craignant la fatigue; chez les Arabes^ il a une tout autre réputation. En effet^ cet animal marche jusqu'à ce qu'il soit (5) épuisé, et alors il tombe pour ne plus se relever. Dans l'expédition du mois d'avril dernier, on a été étonné d'en voir qui, réduits à l'état de vrais squelettes, faisaient néanmoins des marches forcées avec leurs charges. D est certain que des mulets, dans le même état, n'auraient pu même porter leur bât.

Du dromadaire dans les mauvais passages.

118. Il arrive souvent qu'en gravissant une pente rapide ou un chemin détrempé, le dromadaire glisse sur les pieds de devant, qui sont dépourvus de pinces, et qu'il tombe sur les genoux; il n'essaie pas de se relever alors, mais il continue de marcher dans cette position, et il ne se redresse que lorsqu'il est sorti du mauvais pas.

Conduite à tenir par le chamelier dans ces mauvais passages.

119. Si l'animal tombe, surtout par suite de fatigue, il faut bien se garder, pour le faire lever, d'employer les coups, car un moment de répit, un léger sifQement, suffisent d'habitude. Au commencement de nos expériences, des soldats venaient à chaque instant se plaindre de ce que l'on ne pouvait faire avancer leurs bêtes; alors un instructeur suivait et montrait la ma-

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nière de s'y prendre. Pendant la dernière Xîourse, nos hommes avaient été si bien mis au courant de h façon de conduire leurs dromadaires^ que les officiers n'avaient plus à s'occuper de ce détail.

Preuve de l'instruction acquise par nos soldats.

120. Dans le principe, lorsqu'un dromadaire tombait, on croyait devoir le frapper jusqu'à ce qu'il se relevât, et souvent Ton ne réussissait pas; aujourd'hui, on laisse l'animal respirer, et on lui donne un chardon ou quelque autre plante de son goût. Après quoi, à un léger sifflement, il se lève et continue sa marche. Enfin^ s'il est nécessaire, on le frappe fortement deux ou trois fois, mais seulement sur les cuisses ; on doit éviter soigneusement de le battre sur la tète, le ventre et le dos. .

Si le dromadaire n'a jamais réussi entre les mains des Français, c'est que les Français n'ont jamais su les conduire; si, pendant longtemps, nos essais n'ont point été couronnés de succès, c'était un effet de la mêïpe ignorance. La question n'est résolue, aujourd'hui, que parce que notre instruction a consi-» dérablement gagné, Ainsi, il ne faut point accuser le droniadairg de np§ premières déceptions.

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