‹ Armée d'AlgérieChapitre 27 sur 66 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

dl^ DB LA GALB CHBZ LB DROHADAIRB.

Cas oii la gale est mortelle.

162. La (20) gale constitue la troisième maladie; elle n'est mortelle que lorsque la bête n'est pas encore guérie à l'arrivée des fix)ids de l'hiver; alors son corps, privé de poil, ne peut résister aux rigueurs de la saison.

Précaution contre la gale.

163. Tout dromadaire, atteint de cette affection, doit être mis à part : car, en peu de jours, il aurait infecté un troupeau tout entier. Les grara (besaces), son aouïa (bât) et ses cordes doivent être soigneusement lavés à l'eau claire, avant d'être remis en usage. On frotte de goudron la partie malade, en ayant, si la chaleur le permet, soin de couper d'abord le poil qui l'environne ; en hiver, cette dernière mesure serait funeste.

Il est rare qu'une seule friction suffise. Au bout de quinze joursy la peau étant sèche^ on peut reconnaître si la gale est passée ; dans ce cas seulement^ le poil commencée repousser.

Surreillance spéciale du chef de corps.

164. Le chef du corps des dromadaires ne saurait apporter trop d'attention à empêcher la gale d'entrer dans le troupeau, et trop de soin à faire mettre à part l'animal atteint. Chaque jour, il doit faire passer une revue dans ce but, et tenir toujours du goudron prêt, pour faire frictionner les parties atteintes ou même suspectes.

Cas où la friction doit être générale.

t65. Si la gale est ancienne et invétérée, ce qui aura lieu souvent après les expéditions d'un mois de durée, il est nécessaire de faire goudronner tous les dromadaires, même dans les parties de leur corps qui paraissent en avoir le moins besoin , telles que les dents , la bouche et les ongles des pieds. Pour cette opération, on passe une corde à leur mâchoire inférieure, et on les abat sur le flanc, la tête attachée à la naissance de la queue ; dans cette position, on n'a pas besoin d'appliquer beaucoup de goudron. Cette substance, employée en trop grande abondance, les étourdirait et pourrait amener souvent leur mort.

La qualité du goudron est, à raison de l'utilité hygiénique de cette matière, un des points sur lesquels il faut porter le plus d'attention. De sa bonne composition dépend la santé du dromadaire.

Hauvaise volonté des Arabes h l'égard de notre équipage.

166^ A ce sujet, il est à remarquer que les Arabes, soit

dans la plaine de lalUitidja et des Ar%b$, soit à Rogkar et âani le SersQu, n'ont vu qu'avec la plus grande peine eommencer ces expérienees ; que toujours ils ont essayé de nous en dé* goûter par les pertes qu'ils nous causaient, soit par la mauvaise qualité du goudron que nous étions obligés de leur acheter, soit par le mauvais usage (qu'ils en faisaient en l'employant h trop fortes doses, A la Maison-Carrée^ ils nous ont d'abord livré du goudron de pin ^ qui n'a aucune vertu contre la gale ; puis ils nous ont vendu du goudron de marine composé de poix noire^ d'huile de poisson, de suif et d'étoupes^ qui a littéralement brûlé nos bêtes, et c'est à cette cause que nous devons attribuer la mortalité qui régna alors. Depuis cette époque, les Arabes continuant à profiter de notre ignorance, ont toiûours mêlé du goudron de pin à celui qui provient des arbres qu'ils appellent arar ou iâga. De cette manière, ils ont épargné plus de la moitié de la main-d'œuvre et ont empêché toute espèce de guérison. Enfin, en ce moment, ils viennent de surprendre notre confiance dans une livraison de goudron qui avait été cependant reconnu bon par des experts arabes; ils l'ont ensuite employé sous nos yeux avec tant de profusion sur deux cents dromadaires, qu'une grande partie de ces animaux a péri.

Prix et qualité du goudron.

167. Le goudron se vend par peaux de bouc de vingt litres environ, au prix de 4 à 5 francs. Soixante litres, en trois jours , peuvent être faits par deux ouvriers. Le meilleur goudron provient de la tribu des Ow/crf-iln^ewr, de celle des Ou^ led-Ibrahim, dans le Djebel-Sahari, et de celle des Saharij dan» les environs de Beroua^uia; il se conserve longtemps dans les tonneaux, dans les jarres, et même dans les peaux de bouc, si toutefois, eellçs-tci sout bien fermées» et mi^es m w li^u îrmi

On peut reconnaître, dans un récipient, si le goudron contient du mélange : en le l^îsaapt^ rw^®''» l'urine et l'eau remontent.

Le goudron durci doit être jeté; en hiver, on peut se servir du goudron épais; en été, on ne peut l'employer que liquide; du reste, il ne faut aucun mélange d'eau ni de lait.

De ronguent sulfurai sul^titué au goudron ^^ \d( gQ#s^ de la giiki.

468. Nous avons eu l'idée de faire essayer l'onguent soufré sur les dromadaires. Cet essai paraît avoir réussi; au reste, les expériences se poursuivent encore. Dans le cas où l'onguent ne pourrait remplacer le goudron, on a déjà décidé que quatre ouvriers du magasin seraient employés toute Tannée, aux environs de Boghar, à faire du goudron. J^es Turcs et Abd-el-Khader avaient aussi un certain nombre d'ouvriers, exempts de tout impdt, qui faisaient constamment o^ métier. De cette manière, une peau do bouc de 20 litres ne coûterait que 5 francs; il en faudrait deu% par tête et par an. Cette quantité est néce^sçiire, nonrseulement pour guérir la gale, mais eftcor^ pour entr^ tenir la ^anté; on saU déj^ que les dromadaires doivent êtrf^ gi^udronnés entièremeiit cipq foi^ par ap, Çturloiit sHIs doivepV travailler.

Précautions des Arabes contre la gale dans leurs bivouacs.

169. Il est bon de faire ici une remarque assez importante. La gale provient souvent de la malpropreté. Aussi les Arabes changent-ils souvent de bivouacs, tous les deux ou troi& jours au moins, afin que leurs dromadaires ne couchent pas dans des endroits remplis d'ordures. Ils regardent ce changement contipuel de .ljiYQ^ac comme la prçcautioA bygliéaiqn^ h f\\xs ipupox^te poflr ou^ et leurs b^tes,

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