CHAPITRE VU
DlFFICOLTtS QUI OHT ÉTt TAINCOBS.
Lé dromadaire était si pea connu que l'expérience aenie pouTait nous réféler ses qualités et ses défauts.
336. On doit comparer les études faites sur les dromadaires à celles qui auraient pu être faites sur les chevaux en Afrique, si l'on eût ignoré en France Tusage de ces animaux.
Faisons un appel aux hommes de bonne foi ! cette deuxième expérience n'aurait-elle pas présenté des difficultés bien plus grandes que la première? Ces chevaux, que les Arabes auraient vendu de mauvaise espèce, n'auraient pas duré six mois; l'inexpérience^ après elle la mauvaise volonté qui suit toutes les déceptions, tous les échecs, auraient amené la mortalité ; une prompte désorganisation aurait atteint le corps d'infanterie que l'on aurait voulu monter ainsi ; d'un autre côté , les morsures, les coups de pieds des chevaux, les chutes auraient envoyé un dixième des hommes à l'hôpital; et si, dans ces conditions, ce corps eût été engagé contre les Arabes, les pertes eussent été bien plus considérables encore; le dégoût aurait été universel, et on eût abandonné les essais en couvrant de ridicule le malheureux novateur.
N'aurait-on pas eu tort, cependant, de s'arrêter là, et de sacrifier les immenses avantages de l'avenir aux difficultés inévitables du présent?
On n'improvise pas plus un chamelier qu'un cavalier; et il faut, pour ces deux services, une aptitude qui n'est pas commune à tous, car la patience en est la base.
On a pris des soldats et on leur a confié des dromadaires : M. le maréchal s'attendait aux pertes qui ont eu lieu. Ces per-
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tes ont ensuite diminué^ et maintenant elles sont presque nulles, comme le prouvent les quati'e-vingts jours de l'expédition que Ton vient de terminer.
On a commis bien des fautes ; déjà, on en commet moins, et, dans un temps peu éloigné, les fautes seront plus rares encore.
Le dromadaire a été étudié dans les grands convois de 4844.
237. Il fallait observer les habitudes des Arabes; les grands convois auxquels nous avons été, mêlés, ont initié nos soldats aux secrets dé ces bons instructeurs dans ufle partie aussi difficile. Noué pouvons déjà constater que les divers services dé f armée préfèrent les dromadaires de l'État conduits par des Français, aux droïnâdaires dé réquisition conduits par des Arabes.
. H est juste de teoir compte à l'équipage de Tittery des difiicaUés qu'il a m vatoerf et de ses sacrifices personnels.
238% Il ne suit pas de ce qui précède que notre instruetion ioii parfaite^ que nous n'ayons plus besoin des Arabes ; non^ i^ans doute ; mais les hommes qui se sont dévoués à cette causer croient avoir droit à une grande indulgence, 1^ parce qu'ils ont réparé, à la sueur da Uuv front^ les pertes provenant de leur inexpérience; 2<> parce qu'ils ont déjà fait obtenir à l'État un bénéfice certain, au lieu de lui être à charge; ^'^ parce qu'ils sont persuadés qulls économiseront plus d'un ntillion par mi en frais généraux de transports. N'estrce pas un fait curieux à enregistrer, que celui d'un essai qui parait avoir été onéreax^ el qiLii, en dé&iitive^ n'aura cependant rien coûté à TËtat? Quel est l'essai d'organisation dont on a pu dire ta même chose ? ; Ënfiuy si les éohecs passé» doivent être attribués à l'ignorance des mœurs du dromadaire, notre réussite estévidemmenl la conséquence des études sérieuses q/à ont été faites > et on a droit d'en conclure q|ue notre corps est, aujourd'hui,! im^ pépinière de bons instructeurs.
Proposition d'organÎMliMl def eompogn» de ebniiéliere.
259. Aiïssi, désirons-nous roir l'État profitéf d'iïfte expérience acquise si faborieu^emenf, en organisailt déânitl?ement des compagnies àtïXiliglires do corps du traîft des éqtiipages militaires. L'utilité de Ces compagnies ne tarderait pa^ â èifé prouvée par les services nombreux qû^elle^ rsefidraîefftt à Yûâministration de la gnefre. Cette organisation tû d'airtânt plUi facile qu'elle se ferait avec un matériel déjà payé, et aveé tin personnel expérimenté et plein de bonne volonté?