‹ Armée d'AlgérieChapitre 37 sur 66 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

DBS OBSERVATIONS fttfLATIYÈS AUX DROMADAIRES.

240. Il est probable, d'après une lettre de Si. le Gouverneur général, que l'organisation des équipages aura lieu ; âùssf croyons-nous devoir entrer dans quelques détails d'exécUtioiî.

Uieii et pris do dromadaire.

â41.' Le dromadaire peut être choisi indistinctement dans Id» ti'oi» provinces de l'Algérie; les razzias en fourniraient eficore longtemps, dont le prix ne serait pas fort élevé, surtout si l'on en }iige d'après la vente, des 50,000 qui a eu lieu après \e» razzias de MM. les lieutenants généraux duc d^Âumale, de

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Lamoricière^ Ghangarnier^ Baraguey-d'Hilliers. Ed effet^ dans la Métidja, le dromadaire a été donné gratuitement; dans le Tittery> il a été vendu 50 fr.^ à Mascara^ 2S fr.^ et à Constantine^ 70 fr. De plus, Thabitude étant de payer le zekkat en nature, rËtat pourrait entretenir ses équipages à bon marché pendant de longues années, au prix moyeu de 105 fr. environ. Il n'y a presque plus de chevaux, presque plus de mulets en Algérie, comparativement à ce qui existait en 1830, et même en 1839 ; mais il y a un nombre incalculable de dromadairjes.

242. Dans les troupeaux des Arabes, vingt jours après la rentrée d'une colonne, il n'y a pas 8 pour 100 de dromadaires indisponibles. L'État ne pouvant laisser reposer les siens aussi longtemps, on pourra élever le chiffre des indisponibles à 15 pour 100. Heureusement que les fraisde nourriture sont toujours nuls ; tandis que le mulet et le cheval coûtent d'autant plus qu'ils sont à l'infirmerie.

Des réformés.

243. La vente des dromadaires incapables de faire un service actif n'est pas, chez les Arabes, annuellement de plus de 9 poui^lOQ. Par les mêmes raisons, il sera nécessaire de porter le chiffre à 16 pour 100, pour l'équipage de l'État, annuelle* ment.

On ne doit compter, pour une organisation définitive, qae sur une remonte nouvelle.

244. Dans les troupeaux des Arabes, un dromadaire sert jusqu'à 17 ans ; pourquoi n'obtiendrions-nous pas le même service de l'animal ? Dans les commencements, il est certain que nous serons loin d'y arriver, et il y a bien des raisons pour le (aire craindre. N'ayant jamais eu un avenir assuré, nous

nous sommes contentés de vivre au jour le jour^ nous n'avons été difficiles ni sur le choix des bêtes, ni sur le sexe, ni sur rage, noug n'avons pas même encore songé à faire châtrer les mâles ; aussi devons-nous nous attendre à un déchet considérable, égal au moins aux deux tiers de notre effectif, et ne compter, pour une organisation régulière et durable, que sur une remonte nouvelle.

Perte annuelle de bestiaux en Algérie.

245. Il ne faut pas manquer de noter ici que le mulet, en Algérie, n'a pas duré un an en 1840 et 1841, qu'en 1844, malgré tous les soins pris, sa durée moyenne n'a été que de 3 ans et demi environ. Ajoutons que, dans certains corps de cavalerie d'Afrique, la perte des chevaux a été de moitié dans les mauvaises années, et, enfin, que la perte sur les bestiaux de l'administration est annuellement de deux millions , terme moyen.

Idées à consulter lors de l'organisation définitive.

246. Dès qu'une organisation sera définitive, on devra agir en prévision de l'avenir. Les dromadaires bien choisis n'auront que 4 à 5 ans ; ils seront châtrés ; il y sera attaché un artiste vétérinaire et, en outre, un tebib arabe ; on choisira un caïdel-bel (chef) très-entendu, ayant quelque avoir, qui, suivant l'usage, sera responsable des bêtes égarées, volées ou crevées par la faute des gardiens, et qui sera investi du burnous rouge, comme les autres caïds ; alors l'État pourra se féliciter de son organisation, car il ne perdra pas six dromadaires pour un mulet, qui représente la même valeur.

- lao — cHAPiTPç n.

DES OBSERVATIONS RELATITBS AD HARNACHBHBIIT.

Du bât. — le bQDrxelet («wlki).

247. Le bât du dromadaire se compose de trois parties : un bourrelet en toile, le bois et ses cordes.

Le bourrelet (aouïa) doit avoir de 2 mètres à 2",55 de longueur, sur 0",28 à 0«»,35 de largeur. Lorsque l'étoffe a été coupée en forme de cylindre, on la bourre avec de la paille, et encore mieux avec des plantes du pays, appelées alpha et sennag, ce qui rend le bât moins pesant ; le bourrelet, sans le bois, pèse 7 kilogr., avec le bois et les cordes, 12 kilogr. Tous les Arabes confectionnent dans ^eurs douairs des aouïas ; ils les vendent au prix de 1 fr. 50 à 2 fr. : la tribu des Larbah, du Djebel-Amour, se chargerait de cette fabrication à 1 fr. 50. Le magasin du corps est riche en aouïas neufs qu'il a payés à ce prix d'après une commande faite avant notre départ pour Lagouath. La durée du bourrelet est d'un an au moins ; il est liait en laine de mouton à chaîne et à trame non serrées.

\iè bois du ^\ [ktfih).

248. Le bois du bât (kteh\ change de forme suivant les pays; ceux de l'équipage ont été confectionnés dans les montagnes des Beni-Moussa et chez les Oiiled-Anter, tribu près de Boghar. Ils reviennent de 1 fr. 50 à 2 fr. l'assemblage : du reste, tous les montagnards en fabriquent avec des racines de bois dur.

Lorsque le dromadaire sert à porter des femmes, des enfants ou des malades en palanquin, la manière de placer le kteb ou bois est la même en Algérie qu'en Egypte; le bois, composé de

deux pièces^ formant dfeux F renversés réunis prèi de leur sommet pa^ deux traverses horiisontaleid^ porte à cheval sur le bourrelet, les deux Y étant l'un en avant et l'autre en arrière de la bosse. En Egypte, dit-on, cette position du kteb est invariable. En Algérie, au contraire, lorsque le dromadaire porte la charge, les deux V so^it, placés en avant de la bosse qui est toujours encadrée par le bourrelet, le premier V étant séparé du dernier par un intervalle de 0'*»,20 à 0«,2S ; les traverses horizontales doivent être éloignées l'une de l'autre de 0"%10 à 0°',1S; les bois qui portent sur les flancs doivent avoir 0",05 à 0«08 d'éqdarrissage; enfin, le kteb ne peut pas dépasser la toile du bât, et son sommet inférieur doit toujours s'élever à O^OS au-dessus du garrot : son poids n'excède pas 3 kilogrammes. Le modèle de kteb a été perfectionné par l'équipage , qui en a même imaginé un nouveau plus solide et moins sujet à blesser. Nous possédons 320 kteb qui auront une durée de deux ans au moins.

D^ cordes.

249. Le bât est attaché au corps par une corde pliée en deux et fixée par le milieu à la traverse droite du bât ; la première moitié de la corde (corde du devant du bât), sanglant en arrière du sternum, peut être avantageusement remplacée par une bande en cuir, large de 4 à 5 centimètres, bordée de toile ou de peau de mouton du côté du sternum : la deuxième moitié (corde de derrière du bât) se place suivant le sexe, soit en avant des mamelles, soit entre les testicules et la verge ; cette dernière corde blessant facilement les dromadaires aux parties génitales ou à l'aide, doit être tenue avec soiti, souvent lavée, et être faite de laine de mouton : on doit cesser de la placer lorsqu'elle blesse et la remplacer par une croupière en corde attachée au derrière du bât, garni d'un gros bourrelet pour éviter de blesser la queue : tous les Arabes font des cordes qui ont habituelle-

ment 10 mètres de long et coûtent 1 fr. 50 c. : elles se composent de laine de mouton et de poil de chèvre ou de laine de mouton seulement; la corde en poil de dromadaire est plus chère : elle ne sert qu'à orner les turbans à l'usage des hommes de ce pays.

Des graras (besaces).

250. Le corps du train des équipages se sert, pour charger, de deux cordes en chanvre, de 7 mètres, qui ne durent qu'un an et coûtent 2 fr. 40 c. chacune. Les Arabes, au contraire, ne se servent de cordes que lorsqu'ils n'ont point de grara (grandes besaces), lesquelles coûtent chacune 5 francs, et durent deux à trois ans.

Les graras sont faites d'un tissu dont la chaîne est en poil de chèvre blanc, mélangé de poil de dromadaire, tramé avec de la laine de mouton. Cette étoffe fabriquée par les femmes arabes est d'une solidité à toute épreuve ; elle sert indistinctement pour charger les mulets ou les dromadaires; mais lorsqu'on l'emploie pour les premiers, elle porte le nom de tellis.

Les graras doivent avoir de 2"» à 2", 40 de long, sur 0"',70à 0°*,80 de large. Il en faut deux pour un chargement ; le poids des deux est environ de 8 kilog : on en fabrique beaucoup dans la tribu des Larbah et dans l'aghalik de l'est de Médéah ; le magasin en contient 800 pour 400 chargements.

Du licou.

251. Le licou n'est pas usité chez les Arabes ; il a été employé par réquipage pour dresser les dromadaires, et cet emploi a réussi complètement : en effet, le licou met la bête dans la dépendance absolue de l'homme, le familiarise avec lui, et cela en peu de jours. Un licou en cuir sorti des ateliers du parc de réparations coûte 1 fr. 50 c. Le licou peut être avanta-

geusement remplacé par Tanneau placé dans Taile d'une des narines. C'est ce que font, pour leurs méharis, les Arabes de Tugurt : c'est aussi ce qui se pratique en Egyte. Par le moyen de l'anneau placé dans la narine, le dromadaire est l'esclave de l'homme, absolument comme le cheval lorsqu'il est bridé.

Il n'entre point dans le cadre de cette notice, de faire ici le manuel du chamelier ; cette tâche mènerait trop loin : les officiers des compagnies qui seraient organisées sont déjà instruits ; nous nous bornons donc à rapporter ici les faits principaux.

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