‹ Armée d'AlgérieChapitre 41 sur 66 · Pendant que nous perfectionnions Tinstruction des eha · texte numérisé non relu

Pendant que nous perfectionnions Tinstruction des eha

meliers^ M. le général Marey-Monge prescrivait de temps en tempS; pour l'étude de la question des corps montés, des expériences publiques qui ont été faites en présence de toute la colonne, et dpnt les résultats étaient constatés par des procèsverbaux du sous-intendant militaire; ces expériences ne pouvaient manquer de produire leur effet sur les hommes de bonne foi; celles qui ont eu lieu les 6, 11 et 26 juin, let auxquelles ont pris part les armes de l'infanterie et de la cavalerie, ont établi que le dromadaire est doué de facultés de guerre que les Arabes eux-mêmes ne leur supposaient pas, quoiqu'ils en eussent profité bien souvent (pièce F).

Utilité du dromadaire chez les Arabes pour éviter nos razzias.

265. Une razzia est-elle dirigée par une colonne contre les tribus de la plaine? Celle-ci, si elle est aveitie deux heures avant notre arrivée, prend la fuite et on la poursuit inutilement quelquefois pendant deux jours; hommes, femmes, enfants, tout a disparu sur des dromadaires que chassent, devant eux, des cavaliers à une allure très-pressée, au trot même, jusqu'à ce qu'en peu de temps une distance de vingt lieues au moins les sépare de nous.

La conduite des Arabes, dans ces circonstances de guerre, et avec des bêtes chargées, ne prouve-t-elle pas, plus que toutes les expériences de la dernière expédition, l'utilité que nous pouvous tirer du dromadaire pour combattre nos ennemis avec leurs propres armes?

Qualités du dromadaire comme animal de guerre.

266. Il est donc prouvé, depuis longtemps, 1^ que le dromadaire, surtout lorsqu'il ne porte qu'un soldat et son havresac, peut trotter et galoper longtemps en plaine, s'il est poursuivi par des cavaliers ;

2° Que, dans les courses rapides, il deviendrait un puissant auxiliaire pour la cavalerie qui n'hésiterait pas à se lancer plus au loin à la poursuite de Tennemi, si elle se savait appuyée par une infanterie faisant une lieue et demie, sans halte, et arrivant toute fraîche à Tendroit du combat ;

Z^ Qu'il remplacerait avec avantage la cavalerie, dans le cas où le but serait éloigné de trois à quatre jours de distance, car, alors, il y arriverait certainement avant elle ;

4° Que le maximum de vitesse du dromadaire, poursuivi par un cavalier, est de deux lieues et quart par heure, à l'allure du grand pas et du trot, pendant cinq lieues de suite : notre course du 26 juin le prouve;

8" Que si l'on faisait, dans le nombre immense de dromadaires qui peuplent le sud d'Alger, un triage convenable, on aurait un corps composé de bons coureurs, et que, si on achetait des élèves de deux à trois ans, châtrés et non encore usés, abâtardis par la charge, on aurait- des bêtes plus légères encore, et plus aptes à monter de Tinfanterie ;

6o Que ces derniers moyens employés par le général Bonaparte, en Egypte, pour l'organisation du corps qui fit un si grand honneur au général Pierre Boyer, et qu'il recruta parmi les hussards et les matelots de la flotte d'Aboukir, pourraient §ervir de base à M. le gouverneur général, s'il voulait organiser les dromadaires; ce qui lui serait bien plus facile encore qu'à Napoléon, par les raisons citées â la première partie de cette note ;

7^ Que, depuis l'occupation de Biskara, le pays de Tugurt n'étant plus si loin de nous, on pourrait en faire venir des méharis en quantité suffisante pour monter le corps de nouvelle formation.

Le cheval et le dromadaire sont utiles chacun dans la contrée qui lui est propre.

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