H. Guiroy« iii(6iMla9t
M. Guiroye a vu 800 à 1^000 ohamaatti au jpâtOIege; le bruit des caisses de biscuit ou des tambours, la vue du pantalon rouge, n'ont point effrayé oea animauft.
Les essais de transports ont été répétés, et ont complètement réussi; les chameaux chargés ont bit une marche de nuit, au milieu de nos troupes, et ils sont revenus sans que les caisses ou les biscuits aient été le moins du monde endommagés.
5« H. Rothé, sous-iotendant (4837).
On n'a besoin de oes animaux qu'à des époques éloigoéas ; il est plus éooQomique de les louer et de les faire conduire par leurs propriétaires, piutât que de les garder et de les nourrir indéfiniment. Il serait d'ailleurs très-difftoile de dresser nos soldats à ce genre de service.
60 M. Berlié, sous-Keutenant (4336).
Cet animal est indocile ; il obéit avec peine à la voix des conducteurs arabes; il trouble Teau, et le soldat haletant, arrivant près de l'eau pour étancher sa soif, ne trouve plus que de la boue plus ou moins liquide. Si une colonne est attaquée ayant beaucoup de chameaux, ces animaux s'efflraient, ainsi que leurs conducteurs, et forcent à s'occuper d'eux, lorsqu'on n'a pas trop de tout son monde pour repousser une attaque souvent impréttie. Mais ce n'est pas tout.
Les Arabes seuls peuvent condoife les chameaux ; seuls ils savent les feire obéir et souvent les charger.
Les inconvénients de la route d'une part et, de l'autre, la Mauvaise M des chameliers font qu'en général on ne peut aompter sur les deux tiers de l'approvisionnement porté»
Pour porter des malades, il faut peu compter sur ce moyen
de transport : les Européens ne sont pas habitués à l'allure des chameaux^ que l'Arabe de mauvaise volonté rend plus irrégulière encore. Ils coûtent par |oiir 6 fr. de loyer, et 1 fr. pour le conducteur; total, 7 fr.
Leur force n'est pas plus grancje que pell^ de nos chevaux et mulets : pour une longue route, on ne peut les charger de plus de 150 à 180 kilog.
Acheter des chameaux, les donner à cpnduire à des soldats du train, qui recevraient une organisation pçirliculière, est une mesure, sinon impraticable, du moins tellement difficile, qu'on ne pourrait en espérer de bons résultats que dans un avenir très-éloigné* Ces animaux sont indociles. Les Arabes les conduisent à la voix : il faudrait faire l'instruction de chaque chameau en particulier, l'habituer h souffrir un frein. Je plier à nos usages et à notre langage. Pour cela, il faudrait prendre de jeunes chameaux, les donner à conduire à des hommes qui eussent assez d'intelligence pour étudier leurs mœurs, qui nous sont inconnues. Ce ne serait qu'à la longue qu'on pourrait organiser un service à ce sujet.
y aurail-îl économie à organiser des compagnies de chameliers?
Le chameau coûte de 160 à 240 fr.; c'est à peu près le prix d'achat d'un cheval ou mulet ordinaire ; donc il n'y ^ pas av^n- Jlige i^ys ce rapport. Il ne porte pas plus qu'un mulet. Pour lui, il faut 4 kilog. d'orge et 4 kijog. de foin; pour ce dernier, il faudrait presque le double.
Au résumé, ce njoyen de transport ne peut être qu'auxiliaire et instantané ; il ne pourrait servir pour une expédition.
àim Biirw i jn i ini i m i pi i UJJJWJ
Pièce B.
En réponse à la pièce À.
293. Parmi les réponses faites à la pièce A communiquée par M. l'intendant aux divers sous-intendants en Algérie, nous sommes heureux de pouvoir faire connaître la suivante :
Oran, le 25 mars 4840
Monsieur l'intendant.
Après Texamen de toutes les questions contenues dans la lettre du 1*'' février de M. l'intendant de l'Algérie, ayant pour objet l'organisation de moyens de transport dans la division d'Oran, et après to'être éclairé auprès de quelques chefs arabes qui, employant les chameaux, en connaissent les habitudes, je m'empresse de porter à votre appréciation le résultat de mon expérience et de mes informations.
Je procède par ordre de questions :
1° Combien de chameaux existe-t-il dans la province d'Oran?
Les Douairs et les Smalas, seules tribus avec lesquelles nous soyons en rapport aujourd'hui, en possèdent à peu près 300.
2» Combien r administration pourrait-elle s* en procurer à loyer, et combien faudrait-il pour cela par jour et par mois, y compris les gages d'un chamelier arabe P
Sur les 300 dont ces alliés sont en possession, on peut compter environ sur 200 qui pourraient être loués à l'administration ; le reste leur est indispensable pour leurs transports particuliers. Leur loyer est de 6 fr. par jour, 1 fr. par conducteur.
Bien que les Arabes se soient engagés, en 1837, à les mettre à la disposition de l'administration pendant plusieurs mois^ ils ne veulent les louer qu'au jour, et par jour de travail; ils
tiennent le nombre de bétes pour lequel ils se sont engagés à la' disposition de Tadministration, et ne marchent que sur réquisition. Le transport effectué, ils rentrent dans leurs tribus ; ils ne veulent jamais, du reste, s'engager pour un laps de temps plus considérable : ils croient plus de leur intérêt de louer au jour le jour, un engagement d'un mois devant nécessairement leur être payé moins cher.
3** Serait-il possible de tirer ces animaux des points limi^ trophes de la province d'Oran P
Les tribus qui sont hors de notre territoire possèdent des chameaux en plus grand nombre; mais, dans l'état actuel des choses, on ne peut traiter avec aucune d'elles; jl aurait été à désirer qu'on profitât des deux années de paix qui viennent de s'écouler pour se créer ces inoyens de transport, afin de connaître par l'usage jusqu'à quel point ils peuvent servir.
40 Quel serait le prix d'achat du chameau suivant sa force et son âge P
A quel âge les Arabes commencent-ils à s'en servir?
Les Arabes entre eux vendent les chameaux 100 boudjoux, c'est-à-dire un peu moins de 200 fr. Si on en achetait un grand nombre, ce prix serait la moyenne, disent les chefs arabes; mais j'ai tout lieu de croire que si le Gouvernement faisait cette opération; il les paierait au moins 250 fr., si ce n'est 300 fr.
Avant trois ans, on habitue le jeune chameau à porter de légers fardeaux; à cet âge, les Arabes disent qu'ils l'emploient comme celui de sept à huit ans; il est dans sa force comme le cheval est dans la sienne à cinq ans. Il est susceptible d'Un bon service jusqu'à vingt ans.
5"* Combien de chameaux un ehamelier peut-il conduire et
Lorsque ces animaux sont chargés et qu'ils marchent en caravane, IS à 20 hommes suffisent pour conduire 50 chameaux. En petit nombre, un conducteur peut servir à deux chameaux ; deux chameaux seuls exigent deux chameliers
6° Quels sont les soins d lui donner de jour et de nuit?
Le chameau n'est jamais pâtisé par les Arabefi; iH se dispensent de soins. Dans le cas où il esl atteint de gate^ on se contente de recouvrir de goudron les parties attaquées.
On doit {>réserver les cbameau^L^ autant que possible^ de TIiumidité^ et^ en hiver^ ils y sont plus spécialement sensibles ; le& soins des Arabes se bornent à les mener paître chaque jour dans les pâturages les plus convenables pour eut et à les mener boite journellement^ quoiqu'ils puissent se passer d'eau pendant plusieurs jours sans dépérir.
7<> Quelle charge peut pùrier cet mimai dans «h sertieejùurnalier ou dan$ une tnareke Umgue et goutenueP
Quelle dans un service de peu de durée?
Dans une caravane, le poids moyen à être réparti peut être estimé à 180 kilog., si le service peut être de longue durée.
Dans les marches de trois à quatre jours, on peut compter sur âOO kilog. ou 390 kilog. pour les chameaux de choix : ces poids sont ceux qu'ils portent en orge et en blé, au dire des chefs Arabes.
8"* Quel est le harnachement propre d cet animal^ sous k rapport de la composition et de la dépense?
Le genre de bât dont se servent les Arabes pamtt parfaitement adapté â la structure du chamedu et ne semble pas ûeyok être changé; Texpérience, du reste, pourrait seule faire proposer des modifications. Chez les Arabes, un bât coàtait autrefois 4 fr., mais aujourd'hui, il faut compter iO francs tout compris.
9^ Quelle est sa nourriture habituelle ?
Quelle dépense cette nourriture occasionne^ quand VûMmat ts cessé de paître dans la campagne?
t'our les Arabes qui sont nomades, les chameauï sont faciles à nourrir : ils mangent les chardons, l'herbe , le palmielr, les cactus, etc.
Leur ôônsomfnattô^ en orge él en foin, si oi^ (es gàrt^t ^ ville, ou si on leà parquait, «ei^it le dèuble ée celte d>iti cheval, c'est-à-dire 8 kÙogfraiâbx^ d*dr{ge et 8 kilegràlûiiieis ^ foin.
. Il est rare qgae les Arabes donnent de Forge à leurs chameaux;^ ce n'est guère que dans les longues journées de marche du dé- .sert.
Dans tous les endroits où il y a quelque peu de végétation, ils les font paitre, et il en est de même dans leur marche pour venir à Oran, et, pendant tout le temps que dura l'expédition de M* le général Bugeaud (mai 1857), on a rémarqué qu'ils ne leur en ont pas donné ; néanmoins , les chefs arabes qui ont soin de leurs animaux domestiques leur en donnent quelque* fois.
i&* De quelle manière doit-il être abrité?
Où conviendrait-H de placer un détachement de chameaux qui pourrait être organisé dans la province d*Oran ?
Les chameaux sont laissés en plein air par les Arabes^ cotome presque tous leurs animaux domestiques; cependant, comme ces animaux craignent l'humidité, il faut, en général, les parquer dâiis un endroit sec ; sous de Vastes hangars, seulelnent couverts, ils s'entretiendraient en meilleur état que dehots. Un parc serait très-bien placé dans les environs de la mosquée ou du ira vin Ëlanc (Est d'Oran).
Jlo Doit-^m avoir des brigades ou des détachements de chor meliers auxiliaires destinés à un service éventuel , et les licidncier lorsque les besoins auraient cessé ^ ou bien des détachements de chameliers réguliers?
Je crois qu'il est préférable d'avoir des brigades de chameliers avec un nombre permanent de chameaux , auxquels on adjoindrait des brigades auxiliaires plus ou moins nombreuses, suivant les éventualités.
Il âiihiit été bien utile, depuis dix ans, de suivre ôe système (ou un abalogue), et je suis à concevoir que Ton ne l'ait pas encore ihis en pfàtique.
IS^" Quelle serait l'organisation la plus convenable à ces brigades dam la province d'Oran P
Serait-^l préftrable de Us adjoindre aux compagnies du train,
- 18fc~
ou bien d*en former un détachement séparé s'administrant par luimémeP
Les premières années au moins, il conviendrait, en organisant les brigades, d'y admettre environ moitié d'Arabes, afin d'apprendre aux Européens les habitudes du chameau.
Ces brigades, quant à l'administration, rcssortiraient de la compagnie régulière du train ; elles seraient spécialement commandées par un lieutenant qui serait, du reste, sous les ordres supérieurs du capitaine commandant.
IS"" Quels sont les inconvénients auxquels les chameaux sont sujets, dans un service de plaine , pendant l'été et pendant V hiver? Sont4ls propres à un service de montagne?
Il n'y a aucun inconvénient à les faire marcher dans les plaines ou les petites montagnes en été.
En hiver, lorsque les terrains sont mouillés, ils ont une allure plus ralentie, et , lorsqu'ils cheminent dans les montagnes, on doit prendre beaucoup de précautions, car ils glissent très-facilement, et, quand ils s'abattent, on ne peut que difficilement les relever; il n'y a que les chameaux vigoureux qui résistent, soit à leur chute, soit aux moyens que l'on emploie pour les remettre sur pied ; dans cette saison surtout, on doit éviter de les faire marcher trop près les uns des autres, parce qu'ils se poussent et peuvent se faire tomber.
14' Peuvent-ils être utilisés pour le service des ambulances, et principalement pour le service des amputés et des hommes gravement blessés ?
Les chameaux ne peuvent convenir pour les blessés que lorsqu'on les fait marcher très-doucement; autrement, leurs réactions sont trop rudes, conséquemment douloureuses ; quand ils vont doucement, ils valent mieux que les mulets, et cependant les chefs arabes disent qu'ils préfèrent et se servent plus volontiers des mulets pour leurs blessés.
J'ajouterai qu'en général les femelles ne sont pas d'un aussi bon service que les mâles; lorsqu'elles sont pleines, ce qui ar-
rive en hiver, on ne doit pas s'en servir, parce que si elles glissent, elles se blessent facilement. Les Arabes ne les emploient pas en décembre , janvier et février, c'est-à-dire un mois avant de mettre bas, et deux mois après.
Il n'y a aucun inconvénient de laisser ensemble les mâles avec les femelles, et il serait de l'intérêt de Tadministration d'avoir des femelles à cause de la reproduction.
Veuillez agréer, etc.,
Le sous^intendant militaire, Signé : THOMAS.
Pièce C-
294. Le Moniteur algérien, journal officiel de la colonie, contenait, dans son n' B91, à la date du 30 janvier 1844, l'article suivant sur la revue passée par M. le maréchal Bugeaud, le 28 janvier 1844 (cet article a été repi'oduit dans tous les journaux français et étrangers).
« Dimanche, 28 janvier, M . le maréchal gouverneur général, accompagné de son état-major, de MM. les généraux de Bar, Gentil et Korte, et d'un très-grand nombre d'officiers, s'est rendu à deux heures de l'après-midi, sur le champ de manœuvres de Mustapha-Pacha, pour y passer en revue les corps réunis de la gendarmerie, de l'artillerie et du génie, sous les ordres du général Lechesne, commandant Tartillerie de l'armée ; une foule considérable de spectateurs, de brillants équipages et de gracieuses amazones formaient une haie parallèle à la ligne de nos troupes : sa mobilité, son excessive variété contrastaient singulièrement avec l'attitude sévère de nos soldats. Mais Tattention des curieux était particulièrement fixée sur un
groupe de cavaliers d'une espèce toute nouvelle^ rangés à l'extrémité de la plaine^ dominant toute la scène du haut de leurs montures africaines et élevant dans les airs leurs long^ fusils ; cette imposante cavalerie n'était autre chose que notre brave infanterie montée sur des chameaux. M. le maréchal avait désiré connaître les résultats des expériences confiées à M. le commandant Garbuccia^ tendant à exercer de3 hommes à monter et à conduire ces animaux^ afin d'arriver à instituer des équipages pour mobiliser nos bataillons.
c( M. le maréchal^ après avoir passé en revue les corps spéciaux de Tarméè d'Afrique^ dont la tenue était irréprochable^ s'est dirigé vers l'infanterie montée pour examiner tous les détails de cette liouveDe organisation. Il y avait là 100 chameaux montés par 100 hommes du Zo" de ligne et du S"* bataillon de chasseurs d'Orléans. A la demande de M. le maréchal^ ils ont exécuté diverses manœuvres avec une extrême précision, marchant tantôt en colonne, tantôt en bataille, tantôt au pas, tantôt au trot ; bientôt, au coUilhandement de M. le chef de bataillon Garbuccia, tous ces hommes sautèrent lestement à terre et se portèrent en avant avec une réserve, exécutant des feux de tirailleurs ; tandis qu'une part d'entre eux suivaient ce mouvement offensif, chaque homme conduisait quatre cha* nieaux par les rênes.
« La promptitude de tous ces mouvements, la facilité avec laquelle nos braves ûmtassins ont appris à mander leurs chameaux, mettant pied & terre et remontant tour à tqur^ soit directement à l'aide d'étriers à deux échelons, soi^ en faisant accroupir ces animaux à la manière des Arabesj ont yivmnent frappé toute l^essistance; chacun a pu jug^ que Von pouvait tirer de eette institution un très-grand avantage pour atteindre et frapper au loin les tribus nomades du petit désert^ si elles se montraient récalcitrantes ; on peut étouffer dans la belle saison, par des marches extraordinaires^ les insurrections qui pourraient éclater dans le Tell.
« En effets quelles populations assez rapides pourront désormais trouver leur salut dans l'émigration toulQUts retiordé^
pot tes émbarms itiévitftble» de la eonduite des troupeau)^ > des femmes^ des enfants et des vieillards, lorsqu'elles seront poursuivies à outrance par notre cavalerie, soutenue par une leolona^ ainsi constituée, pouvant faire de là à 15 lieues par jour, transportant pour un mois de vivres et munie de tous leis accessoires nécessaires pour supporter une longue campagne, h
Pièce D.
idS. DdeisûMi ieltM maréehal, en date du 51 jdulner 184éi ftH' orifsmi$ô âmàù éfuipûgeê de drùmadairei, i'Un û Médské^ Vautre d JfUMhflini.
L'olrgaûisation ph)vi80il^ d'un corps de transport par le moyen des dromadaires ayatit parfaitement i*éussi, et Ui le commandant Garbuccia, que J'avais chargé de cette organisaticm, a^nt obtèhu les i^ultats léë plus satisfaisants^ j'ai décidé, après une revue que je viens de i^sser^ qu'il y serait donné plus d'extension.
En conséquence^ }'ai arrêté les dispositions suivantes, savoir : i*" il sera organisé, dans les provinces de Tittery et dlsMaséara, deux détachen^eMS de dromadaires ; ir le déladhmneill de diaqUe province se composera de tous les ehamcAUJi existants et dé èeUx que paf la suite les circonstances perméUrool d'y inôôi*pDrar ; 5^ le détachement de Titt^ sera placé sous la directloil et là sUrvèillande spéciale de M» Gittiiueoiaj dief de bataillon au SS"*; 4"" les of&ciers, sous-officieM et sUldats dn nombre stifBsÀht s^oht placés sous ses drdVM, pour coneotirir à l'organisation et au sei^viee du âétàchemeht ; 8* si toda les officiera ou ëoldats u'âppattidunent pa& au 389^ em» d'autrus corps seront placés en subsistance au 35"".
Poalr MBbiài% le but qOB je me propg»^ «I re^far 4l 9ette
organisation tous les avantages qu'elle offre^ j'ai décidé qu'un emprunt de 20,000 fr. serait fait aux fonds coloniaux sur le crédit que M. le ministre de la guerre m'a ouvert au titre du transport de troupes : 10,000 fr. seront affectés à la division d'Alger, et je donne des ordres pour qu'une délégation soit faite par M. le directeur de l'intérieur à M. l'intendant de cette division ; ces 10,000 fr. seront employés à Tachât des bâts licols, longes, etc. ; en un mot, à pourvoir les dromadaires d'un harnachement complet adopté dans le détachement de la Maison-Carrée, et dont un modèle sera envoyé, par l'officier qui le commande, à Mascara : on ajoutera à ce harnachement une peau de bouc arabe de la contenance d'environ 10 litres par dromadaire; le prix en sera prélevé sur les 10,000 fr. énoncés ci-dessus ; je pense qu'une peau de bouc de 5 à 6 litres pour chaque homme serait préférable pour diviser le poids des deux côtés ; il y en aurait ainsi deux par dromadaire.
Aussitôt l'organisation terminée et les conducteurs mis au fait du service, les dromadaires seront employés au transport des denrées de l'administration, sur tous les points de ia division où les besoins le nécessiteront.
Les 10,000 francs empruntés à la caisse coloniale seront remboursés sur le produit des transports : pour eflfectuer ce remboursement dans le plus bref délai, l'administration paiera les premiers transports qui seront faits à son service, avec un sixième de rabais seulement sur le prix qu'elle paie maintenant aux Arabes ; c'est-à-dire, que ce qui coûte 18 francs en ce moment, sera payé IS francs aux dromadaires; à la suite du règlement de compte des frais de transport de chaque convoi, la somme revenant au détachement sera immédiatement reversée dans la caisse du trésor, et récépissé en sera donné au chef de détachement.
La caisse coloniale sera remboursée par reversement; le remboursement des 10,000 francs une fois complet, les frais de transport ne seront plus payés que sur le prix ci-après :
D'Alger à Médéah. . . . S fr. par quintal métrique.
D'Alger à Blidah. . . . 4 fr. par quintal métrique.
De Milianab à Teniet-el-Had. 5 id.
De Médéab à Boghar. . . 3 id.
De Milianah à Orléansville.. 4 id.
D'Orléansville à Tenès. . . 2 id.
Les fonds provenant de ces transports seront immédiate-* ment versés (après que les comptes de chaque convoi auront été réglés et soldés), dans la caisse du 35' de ligne qui en tiendra un compte spécial tout à fait séparé de ses écritures intérieures.
Ces fonds seront inscrits sur un registre à part qui sera ouvert, à cet effet, et qui sera coté et parafé par le sous-intendant militaire; ils formeront une masse dite d'entretien de harnachement; ils seront employés à Tachât et aux réparations des bâts et harnais, ainsi qu'à l'achat des dromadaires destinés à augmenter le détachement et à remplacer ceux qu'on perdra.
Récépissé de chaque versement sera délivré au chef de détachement, et une copie m'en sera envoyée avec un bordereau des sommes versées pendant le mois écoulé; ce bordereau énoncera sommairement la dépense du mois en deux articles {Harnachement et achat de dromadaires); ainsi que le restant en caisse au l*"" de chaque mois ; toutes opérations administratives seront soumises au visa du sous-intendant, de même que le bordereau qui me sera envoyé.
Afin d'exciter le zèle et l'émulation de chacun, et indemniser les conducteurs des fatigues et de la détérioration de leurs effets qu'un service extraordinaire leur occasionne, j'ai décidé, jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, que les allocations suivantes auront lieu du jour de l'organisation
Savoir :
Pour les officiers :
Indemnité extraordinaire de rassemblement, telle qu'elle est fixée au tarif n^ 44, du 8 décembre 1840.
Googjir*
60 fr. par mois pour rafficier Mpérieur ;
40 pour les capitainoB. . .
50 pour les lieutenants el floiii4ieiiteiiaaUi*
Pendant le temps qu'elle restera en station avec les dromadaires^ 0U en mardie daqs une colonne expéditionnaire^
SûOi^oCfteien 15 cent* {tar îmf.
GapenuE. , , , • . 10 h(*
Soldats. ...... OS id.
Pondant la durée daa canvoia, y eoiApris le Jaur de départ atderarrîYée^
6ûiia*effieiera Sûeenttmea,
GaporauK. ..... SQ ttf.
Soldats 15 id.
Ces indenmiiéa ne seront point imputées sur les fonda de la solde, afin de pe pas augmenter les dépenses du départeinant de la guaiTei mais elles seront prélovées, après chaque (convoi, sur le produit des frais de transport, et la somme qui restera nette apr^ le prélèvement, sera seule versée dans les ealssas du trésor, ou déposée dans celle du S5% selon que l'une ou l'autre devra recevoir cette destination, d'après œ qui a été di|
L'organisation du détachement sera constatée par un pro? cto- verbal que dressera le sous-intendant inîUtaû^s, et dont vous m'adresserez expédition. — Un contrôle partîeuUer des chameaux sera dressé, et portera les indiçationa des nnms et numéros devant servir à les reconnaître en cas de perte.
Vous me ferez connaître, aussitôt qu'il vous sera possible, la formation de ce service auxiliaire de transport^^ et vous me apumfîttrçz l^^ observations que l'expérience pourra vous suggérer.
Toutes tes fois que le service du génie rédamera le ooneours &m dromadaires pour ses transports^ vous donnerez l'ordre de déférer k ses demandes; les prix seront ceux fixéa par Tadministration.
Signé : BUGKAUD.
iVoN. Par décision du 22 juin 1844, le ministre de la guerre a approuvé rorganisalion provisoire de M. le maréchal gouverneur, et a décidé que les dromadaires seraient considérés en totalité comme propriété de la caisse ooloniale qui : 1» supporterait les frais d'entretien des corps organisés ; 2o bénéfixerait des transports effectués par ces oorps hors le temps des expéditions. Les indemnités et hautes paies accordées aux offlders et à la troupe sont confirmées.
Pl«£!6 fi.
OfMûoM diverses 4u «Mrtl Virfty-^MûBge m ta question des chameaux.
â96« i^ ^Oiir^U du rof^ri oiresMépur M» le général Marey- 4fo«V#i de Tioret^ U %^juin 1844, eur son expédition de La-foifoli, n"* 130. (Cet extrait n'a pas été inséré en entier dans le Mmiimr ymi^^ersel du IS août 1844^)
QtJEStlON DÈS CfiAMBAinç.
Peu après mon arrivée à Mèdèah^ }e fus chargé d'organiser une colonne à rînstar de celle qu'avait dirigée M. le colonel lussuf.
Je fus frappé des inconvénients de remploi du mulet dans le
Googk-
désert pour une expédition de trente jours ; car la simple ration d'orge de 4 kilog. constituait, pour chaque mulet, une charge de 120 kilog., qui le rendait impropre à rien porter d'ail-> leurs.
Je pensai que le chameau était préférable, dès que Ton pou-* vait opérer dans le désert ; la bète de somme du désert devait être utilisée, parce qu'elle n'a pas besoin d'orge, parce que l'herbe du désert lui suffit, parce que le prix en est le quart de celui du mulet, et parce que les mulets commencent à devenir rares, tandis qu'il y a un nombre immense de chameaux. Je fus autorisé à tenter des essais.
On pouvait désirer se servir du chameau comme bète de somme, ou pour transporter rapidement de l'infanterie ; mais la base indispensable était de connaître le chameau, ses mœurs, son hygiène, la manière de le bâter et de le charger. C'était par là qu'il fallait commencer, d'autant plus que les essais devaient coûter cher, et qu'il fallait mettre ce service à même de se défrayer lui-même par la seule ressource des transports. Par suite, une seule des deux questions a été résolue, celle des transports ; l'autre question reste entière, mais ne présente aucune difficulté.
Si la cavalerie eût été inconnue en France, et que, voyant le parti qu'en tirent les Arabes, nous eussions voulu ici faire ' de la cavalerie, on aurait eu mille difficultés à vaincre : les coups de pied, les morsures, le mauvais choix des selles et des brides; on aurait mal sellé; les chevaux auraient été blessés; le plus grand nombre seraient devenus malades par mauvaise hygiène ; il y aurait eu de grandes pertes. Dans les premiers engagements, nos cavaliers eussent été emportés ou jetés à terre; ils se seraient mal servis de leurs armes,- ils eussent probablement été maltraités par les cavaliers arabes. Les partis se seraient formés contre les novateurs ; le dégoût aumit pris. Peut-être aurait-on renoncé à faire de la cavalerie; mais certainement, si on eût persévéré, après des pertes, des défaites et un très-mauvais service dû à l'inexpérience, on aurait fini par avoir jiotre excellente cavalerie d'Afrique.
Toutes ces vicissitudes devaient se présenter à Tégard des chameaux.
La question, assez compliquée par elle-même, Test devenue encore davantage par les passions de ceux qui n'en étaient pas chargés : il y a eu autant d'ardeur pour nuire à ce service, que parmi ceux qui l'avaient embrassé pour le faire réussir. On peut dire que le succès a eu lieu malgré une opposition presque générale, qui serait à peine croyable, si on ne savait que pareille chose a lieu à chaque uovation : par exemple, dans l'artillerie, lors de l'établissement du système Gribeauval et de l'organisation du maréchal Vallée, en 1827; lors de la formation des chasseurs d'Orléans ; lors de l'introduction de la vapeur dans la marine royale, etc. Il fallait donc, pour réussir, ne pas céder^ devant des attaques inévitables, compter, non sur un succès immédiat, mais sur l'effet de la ténacité et de la persévérance, ne pas se décourager d'insuccès très-probables dans l'origine, commencer en petit et grandir successivement la proportion des essais, enfin, charger de cette affaire quelqu'un qui la prît fortement à cœur; c'est ce qui a eu lieu.
Je choisis, pour remplir cette mission, M. le commandant Carbuccia, qui la prit fortement à cœur. Il aurait subi un échec très-grave, s'il eût échoué; en réussissant, après huit mois seulement d'essais, il s'est constitué un mérite réel, car il a combattu des difficultés sans nombre, et il a rendu un service important.
Dans l'expédition du Djebel-Derah, j'employai 40 chameaux conduits par nos soldats, qui, à la fin, étaient devenus des chameliers médiocres. Les essais continuèrent à Médéah, puis à la Maison-Carrée, avec deux compagnies, qui, en peu de temps, étaient devenues passables. Quand nous allâmes au Djebel-Sâhari, cette année, un bataillon entier fut affecté à ce service, quelques jours seulement avant le départ. Il allait passablement aussi à la fin, mais les chameaux avaient été malades. La course fut longue et rapide; des tempêtes très-fortes, la neige, la pluie, la glace, sévirent continuellement. Il y eut une assez grande perte.
- ta^ r-
En parlant pour Lagouath^ novis eûmes 277 chap^eavix employés par des soldats exercés précédemment^ qui déjà ms^i^t^. nant sont as^sez bons chameliers. Si l'on continue^ ils seront bans dans çix mo^s^ et très-bons dans un an. Dans deux ans^ i^s feront tput ce q\\t l'on peut attendre des Arabes.
Les résultats obtenus dans cette expédition 3ont ceux-ci :
1^" Nos chameaux étaient mieux chargés et çn m^ille):^ éts^t que ceux des Arab'ps ;
29 Notre équipage a perdu moins de chameaux qvie 1^ fé^misition (2 chameaux)^;
^o Chaque dromadwe a éconocpis^ Vl^tat vffie fçi^ç ^l ^ç^\e sa valeur ;
4° Le convoi 4e^ (àamea^ux, j^an^ 1^ i^wal\e l^^^^^e^ ^ ^l^e allure moii^s vive que celle ^e riçfant^«> p,^?<» ^'ijs, mangent chemia faisant ; mais i^ ne font p^ 4e'^^^Hç§^ ^l j^ Arrivent aussitôt qu'elle au biyo^^^ç : s\ on veut les p^pss^r ^\ ne pflta, les laisser «lapger e^ rputçi, il§ feront;» dçjp^ ie lïiêwft temjps, ^^ tiçrs plus de chemin q^e Vinf8i^terie ;
ppur^u^ ^viç^ c^ transports ;
Ço JRp^yç q^'il i;\'x ^^t p^g çle rçtarçl aij ^piart Ip çft^tin^ ^l faut u^ ^loinçfte pouç p^^rgçr deijx p^?\mm^ j pi^ V^ ^QfliTO, siifflt ppi^r çq GÇjÇ|duire pj\u^ de dp^jze. Par guite^^ p^os^e tpu§
les soldais ^e VégHipftgç, h^^^\ W^MWJf^ ^% W ^sÀH en dehors du convoi, et le protégeant ; cet avantage est tjp^T pçéqe^x ;
7° Il est tçès-façijlç de se ^nk sijr \es çhs^ea^i^x ; çe^x.Ç^ft é\g^i^\ déch^r^s ^eçvaiei;^^ mp^ter Iq^ siP^<^ts (^^tij^^és ;
W Y; ^ H ^iftsi jusqu'à 6^ spW^I^^ tfïQ^^ qu j s'e^^ tr^m^^ assez bien.
^ h 4W^^ RP. *fflû? à ce^^Ji îjui 1^ i^ndff^it^ x^i J^\}^^^
D'£jpç^j çjBJa, jjftGrpis : H g[u'il jr a ^ieu çle faire çonstatçjC ce^ éljit de pl^pses ; 3?. çwie, $'i\ es^ f^çppnu reel;^ on devra se déçiçlpf on ||i çgwjq^çf f^i^x ^ajcneaux;i mèçc^e b^eç^ employés par nps soldats, ou à faire une organisation qui ôte aux ofâc(^s ej^^u:^
— tftB -
soUats employés à pe service^ la posUioa faus&e o(| \\» S€^ Irouvent comme détachés d'autres corps qui (le peuvent qu'^p être mécoutents.
Je crois devoir ajouter que si l'organiaatioii à fair^ o'e^t pas confiée au commaudant Garbuccia^ il y a de grandoA (^miw ces pour qM'eUe no ressasse pas : mais ^v^ cet officier supérieur^ çlle doit tfyjmf • j'eu prendrais h (Q^M^s^bilité f^m aucune crainte.
R^um^. ^otre énpiipa^e de dromadaires a complètement et notoirement réussi dans cette course. Il a mieux fait le service que la réquisition ; ses chameaux étaient en meilleur état. Il peut, dès à présent, assurer un service régulier de transport ; une organisation ne présenterait plus de chances d'insuccès ; je
2*» La lettre suivante, non destinée â la publicité, fait connaître, encore mieux que le rapport officiel, la nature des difficultés que M, le généraj Mvey a dû vaincre pour accomplir sa mission.
Wxtffrii â^une hUrt aêi^êêsêe par Jf . le génèml Marey, le ^Ijuin 1844, n** 127, à M. le gén^at de Bair, eommandant h division et Alger.
Pa^H^i les pfDpûailk)BS foe j'ai rhonpeur die vous soumettre, y e& est une do&t je crois devoir vous efttretenjf : c^est eelte de M. le commandant Ëaplmoeia (pôUf le grade de lieutenantcolonel).
€!et ^eier s«f êrieur a dipfeyé dane le serviee des dromadaires le zèle, l'activité, l'énergie^ PmUelligeiiQQ, te ténacité les plus^ F^Mbfquabljfô. : FmsounAm wuétcdtfaiare^ ce fu'ila fait. Le travail JHumnse qd^ a eu, te& diiii6Giiillés sanas imnkve qa'il » eonbattiwsa^veG peiaâvéiiflaiia \m ûwqtrtitest wi droit réet à
votre bienveillance. Mais ce qui lui en donne un plus grancK^ncore, c'est qu'il a fini par réussir : sur mon âme et ma conscience, il est très-méritant par les services qu'il a rendus depuis huit mois^ et en outre il est le plus ancien chef de bataillon de ma colonne.
Je regarde comme un devoir de vous prier de vous intéresser à lui, et je vous le recommande avec la plus vive instance.
Je suis, etc., etc.
Signé : MAREY-MONGE.
3* Preuve que M. le général Marey-Monge a prévu et annoncé les malheurs résultant du licenciement du personnel.
Lettre de M. le général Marey-Monge à M. le lieuUenani général de Bar^ commandant la division d'Alger et gouverneur général par intérim.
Médéah, le 27 juiUet4844,
J'ai l'honneur de faire à votre lettre du 23 juillet une réponse spéciale quant aux chameaux.
Par ma lettre du 20 juillet, je vous mandais que j'avais maintenu provisoirement le personnel de l'équipage en attendant vos ordres : d'après votre réponse, je dois licencier ledit équipage, si telles sont les instructions du gouverneur. Je crois alors devoir vous soumettre les renseignements, observations et propositions suivantes :
1* M. le gouverneur ne m'a jamais écrit, ni dit que l'équipage serait licencié après l'expédition;
2*» Au contraire, par sa lettre du 17 avril, il me mande qu'il veut faire un nouvel essai dans l'expédition de Lagouath, et qu'il ne fera pas de proposition au Ministre avant d'avoir connu
le résultat de notre expérience^ et de celle de M. le lieutenant général de Lamoricière ;
S"" Il m'a écrit de la province d'Oran pour me demander avec intérêt comment s'étaient comportés nos chameaux ;
4* n est évident que l'expérience des chameaux a réussi dans cette expédition ;
S'' Nous avons dans ce moment 350 chameaux en bon état; les attirails seront incessamment réparés et en bon état : d'ici à quelques jours vous aurez là 380 chameaux prêts à fonctionner ; les hommes étant prêts au premier ordre, l'équipage pourrait se mettre en route : c'est une ressource qui peut ne pas être à dédaigner, si, après la récolte, les tribus remuent; il y a de quoi porter les vivres de 200 hommes pendant douze jours,-
6"" Les hommes de l'équipage font leurs réparations et reçoivent leur instruction comme les autres ;
T Si vous licenciez l'équipage, je vous prie de vouloir bien me dire ce qui devra être fait des chameaux et du matériel considérable qui s'y rattache, le tout représentant au moins cent miUe francs. On ne peut laisser cette valeur sans la surveillance d'officiers qui en répondent : le licenciement me semble entraîner la vente des chameaux et du matériel qui autrement péricliteraient évidemment, personne n'en étant plus responsable;
8"" En maintenant l'équipage, rien ne périclite : vous conservez une ressource de transports qui peut être précieuse; vous ne préjugez rien des intentions du gouverneur : en le licenciant, au contraire, vous tranchez la question des chameaux ; vous annulez la ressource des transports existants^ vous entraînez la vente des chameaux et du matériel ;
9* Mon opinion personnelle très-prononcée est qu'il y a avantage à conserver l'équipage qui peut fonctionner au premier ordre et que le licenciement ne doit être ordonné que dans le cas où Ton voudrait renoncer définitivement d ce système, même après qu'il a réussi.
En résumé, je n'ai reçu aucun ordre de dissolution : le gouverneur paraissait vouloir proposer une organisation si notre dernier essai réussissait : l'essai a réussi. Vous avez un équi-
tjage provisoire tout prêt ^tll, au premier joiir, peut porter dëS vivres pour douze jours. Le personnel de l'équipage n*est ëil souffrance ni pour rhabiiiement, ni pouf rinstniclion. Le lieenciemcnt de l'équipage entraîne la vente des chameauâi et du tnatériel.
Mon opinion personnelle est qu'il y a lieu de màinteùlr tinë organisation existante qui peut être utile d'un jour â l'autre, dont la destruction pourra donner des regrets, qui existe dV près les ordres du gouverneur, et dont le succès évident peut amener une organisation définitive.
Je suis, etc.
Signé : MAREY-M0N6B.
-iô^-
Pièce F.
297. Opinions di?erses de MM. les chefs de service de la colonne de Lagouath sur là qaesUon des dromadaires.
hé bapitaiiie^ faisant fotictions de sous-intendant militaire dàhs la colbtine dd M. le général Marey, certifie Véritables les différentes réponses ci-dessous à des questions posées à des chefs de service de la colonne, par U. le commandant Carbuccin.
sc^ss^s
Demandes.
Lechameanj da Beylik at-il renda des serTices à la colonne ; y^ esi-il préféré^ à celai pro- Tenant de la i?
Officiers auxquels elles ont été adressées.
Sous-înlendant.
M. Âu-
|bac, capitaine d'artill.
M. de Si-
gny,çhef
d'escad,
[de càvàl.
M. La-
motte^
Henten.
da train.
M. Beaucamp,
chirurg.major.
Réponses des chefs de service.
À servi aa transpdrt des malades, des éclopés, d'une partie du matériel de Tambulance, de la réserve d'artillerie et d'une partie du convoi de vïvres. Lés divers services le préj'èrent évideinment dans les circonstances signalées. Les chameaux de là réquisition de titiery marchent du reste très-i>ien et ne font épfobVèr aucune perte au convoi.
Il y a avantage à faire iK)rter tes cartouches par les bêtes dit beylik, les chameliers français comprenant mieux les consignes de prudence, et les exécutant âtec plus de soin.
Odî, beaucoup même à la cavalerie. On les préfère génératleïnéht à ceux de la réquisition, quelque bons qde soient ces derniers.
Oui ; on les préfère, parce qiië la cak>ntie a voyagé dans un palys où le chattifdad êâft appelé à rendre de grahds service^.
Les chameaux du beylik sok mieux bâtés que ceux de la réquisition.
Demaodes.
{Suite).
Le chameau du beyiik a-tîl rendu des services à la colonne ? Y osi-i! préféré àreluiprove nantdelaréquisilion ?
Officienanx-
•dreMées.
Les chameliers français pnraissent-ils (tcjh habiles i d:ins ce service?
Dans les journées des 6 et 11 juin, qu'elle a été la vitesse du chameau, comparée à coiic de l'in* faulerie ?
Réponses des chefs de service.
Sous-intendant.
[Artillerie
M. Frey, Je préfère les chameaux de la réquisition,
compta- Il ne m'appartient pas d'émettre mon avis sur
hle d'am- les services rendus à la colonne par les cha- . bnlance. I meaux.
\ M. Fou- Les conducteurs de chameaux de réquisi-
I cbé, tion remboursent les denrées perdues ou vo-
I (omp. de 'ées parleur faute. Ils ont cet avantage que
\ subsist. ceux du beyiik ne pourraient donner.
Plusieurs chameliers sont déjà très-adroits.
Je crois cependant que se priver du secours j des Arabes serait une faute ; ils seront encore ( longtemps d'une grande utilité.
Les chameliers avaient été choisis parmi lès premiers et les plus adroits.
SOuij ils ne paraissent pas embarrassés, même dans les circonstances difficiles. La ca- Valérie ayant été souvent à l'arrière-garde,
j'ai vu plus de chameaux de la réquisition se décharger que ceux du beyiik.
Je me déclare incompétent, n'ayant pu surveiller ces hommes.
Oui, et pleins de bonne volonté.
I Oui.
I Je ne puis apprécier leurs services.
La première dislance était de 30,000 mètres, la deuxième était de 28,000 mètres. Les chameaux ont gagné, le 6, quatre heures un quart, le 11, trois heures seulement. La troupe était fatiguée , la journée chaude ; les chameliers se trouvaient dans le même élat que les jours précédents, quoique n'ayant fait que trois petites haltes et point de grande balte. Ils ne paraissaient pas fatigués de l'allure de leurs bêtes, quoique ayant trotté et même galopé.
Train.
Chirurgien. Ambulances.
Subsistances.
'Sous-intendant.
DemaDdes.
(Smle).
Dans les journées des 6 et 11 juin, quelle a été la vitesse du chameau, comparée à celle de Tinfanterie ?
Dans les courses des 6 et 11 juin, les chameaux chargés ont- i ils pu trotter { et même galoper ? Pourraient-ils , donc transporter rapi-l dément une ' troupe d'infanterie au besoin ?
La question de l'organisation des équi« pages est-elle enfin mûre?
OCBden ««• quels ellM ont
Cavalerie
Réponses des chefs de service.
Subsistances.
ISouS'in tendant.
yCavalerîeS
Subsistances.
! Sous-in •
Les chameaux ont gagnée le 6, quatre heures un quart, et, le 11, seulement trois heures. L'infanterie, à cause de la chaleur, n'aurait pas pu doubler l'étape. Les chameliers ne paraissaient pas fatigués et auraient pu la doubler. Les chameaux du convoi étaient chargés, dans ces deux courses rapides, de deux sacs d'orge pesant 120 kilos, d'un havre-sac, d'un fagot de bois et môme d'une peau de bouc 1 remplie d'eau.
Le chameau^ étant pressé, peut gagner un quart d'heure sur une marche d'une heure.
Il peut, en marchant librement, voyager longtemps , au moins dix heures par jour, sans faire de séjour.
Les chameaux ont souvent pris le trot et même le galop, ce qui, du reste, occasionnait un peu de désordre. Ils pourront transporter rapidement Tinfanterie en pays de plaine et avec un corps de chameliers bien organisé.
Les chameaux déchargés suivaient de près i la cavalerie.
Le chameau peut trotter en cas de razzia et même galoper s'il en est besoin , mais il ne pourrait supporter cette allure s'il est chargé pendant deux jours de suite. C'est un animal fort à la fatigue. •
Cavalerie
Train.
tendant I Q"'» P^"^ ^^ service en pays de plaine.
Oui ; les expériences qui durent depuis le mois de septembre éclairassent tous les points. Le pour et le contre sont connus.
I L'organisation d'un corps de chameaux ) pourrait être avantageuse pour l'Etat, si cet i animal était utilisable dans tous les pays et ! dans toutes les saisons.
Goo
-âw
DemandeflTt
(Suite).
La question de l'organisaiion des équipages estelle enfin mûre?
La possibilité de faire, conduire les chameauxpar des frabçais est-elle démontrée?
OflBeienaux-
Béponses des chefs de sei'vice.
Est-Il vrai quesiTadministratlofidût acheté les six cents dromadaires dont elle avait besoin , elle n'aurait pas plus dépensé que le prix de louage.
Subsistances.
Cavalerie
train.
Non. L'Etat ne retirerait pas un grand avantage de l'organisation d'un bataillon de dromadaireâ , si la mesure proposée ci-dessous /pouvait Recevoir application (Système âÉtàet-
(îtë lei tfaLfUBaux du beylik en subsistance éûH8 les trièUs, en payant tes Arabes pour efmduire les bêtes en convoi).
bu moment que Tautorité militaire le tott~ dra et le voudra bien, elle lèvera touted leè difficultés ^ ce sujet. Un Français peut fiib*8 tout ce que fait un Arabe.
Oui.
tendant " I ^^^* ^^ raison de la durée de l'expédition.
[S'il est vrai, comme le porte la note du comptable ^ui tn^a été communtqttée, l** ^u'il y a en 783 cham^ui employés à ià cotoiine $ %^ qo'il y âj ce jour, 22,703 journées k payer au prix de3 fr. 59 ô.; 3<* que le prix itioyeiÉ Cavalerie < des efaftmeaux employés n'est ^tie de 90 ff. seulement. Dans ce cas, l'administfation aurait mieux fait d'acheter les ?83 bôteSi priis^ que déjh elles sont payées. Au mfoiftS^ lies Cbsmeaux sersuent aujourd'hui la p'i^dt^Hétô âè l'Eut.
I II en serait de même dé ioiit^ les bêles dé '^*'°' I somme, muleu, chevaux et ânes.
Cette question est subordonnée à la valeur des chameaux, qui varie selon les ressources, les besoins, les éventualités, et d'après le prix de location de la réquisition. Dans cette eo- Snbsis- J lonne, on chameau, après nû mois et demi, tane^. \ â gagné 150 fr. à son maître.
Le chiffre maximum des bêtès de la réquisition s'est élevé à 723. Le prix moyen des bétes k l'estimation a été de 50 boudjous (90 fr.) ; le nombre des journées de chameaux
~IOg-
Demandes.
Officiers auxquels elleâ ont I été
adressées.
(Suite),
Est-il vrai que si l'administration eût acheté les six cents,droma« daires dont elle avait besoin , elle n'aurait pas plus dépensé que le prix de louage?
Subsistances.
BépoDses des chefs dé Service.
Le chameau
Artillerie
de réquisition est de 22,703, et de chameaux /du beylik de 13,711) à Tépoque du 34 juin 1844. Le comptable pense que l'Etat ne reli* rerait pas un grand avantage dé l'organisation d'un bataillon de dromadaires, si la mesure portée ci-dessous pouvait recevoir application.
Gomme moyen dé traiispdrt^ l'été, et dans un pays de plaine^ le chameau est excellent ; l'hiver, il est incapable de rendre le moindre service; d'où 11 résulte qu'en cas de mouvements militaires pendant cette saison, on serrait obligé d'avoir recours aux mulets de réquisition. Que cette organisation qui occupe- Vait bon nombre d'hommes des plus valider et des plus intelligents pendant la guerre, indépendamment des Arabes qu'il faut conserver pour garder les chameaux adx pâturages, t ne serait utile qde pendant un certain temps de l'année et toujours en pays de plaint. Le systènfe le plus convenable serait peut-être dé mettre en subsistance dans les tribus, sous la responsabilité des caïds, tous les chameaux du beylik qui, lorsqu'on aurait besoin de leurs ^ services, seraient amenés par les Arabes de t ees tribus pour les conduire et les chargei^ pendant qu'il serait utile. Ces Arabes qui seraient pris dans la proportion d'un pour trois chameaux, seraient payés 1 fr. 50 c. et même 2 fr. par jour de marche. Celte mesure ne donnerait lieu à aucune dépense d'entretien ^ si on autorisait les tribus à s'en servir pour i leurs besoins. La dépense serait donc exces- \sivement faible et n'enlèverait pas on seul homme au service militaire.
Le petit convoi de chameaux, portant des cartouches, marchait sur le flanc de la colonne, à hauteur de l'artillerie ; il arrivait avec elle au bivouac.
Googté
Demandes.
a-t-il toujours suivi le convoi des mulets de l'administration?
été
Le chameau même chargé par * Tadministration, a- { t-il porté un homme en surcharge ?
Le chameau peut-il monter et descendre les pentes rapides?
Le chameau entravé peutil disparaître facilement?
Les chameaux ont-il bu pendant les 4 mois d'expédilioD?
Le chameau a-t-il reçu de l'orge en route?
Train.
Ambulance.
Subsistances.
Sous-in tendant.
Artillerie
Subsistances.
Subsistances.
Subsistances.
Réponses des chefs de service.
Oui, dans les pays plats, mais dans les défilés ils laissent à désirer; les chameaux, dans les défilés, ont plus embarrassé la colonne que ne l'auraient fait les mulets, vu leur manière de marcher en troupeau.
Oui, mais toutefois à une distance qui ne lui permettait pas d'avoir les yeux sur le matériel porté par les chameaux, et sur celui porté par les mulets.
( Il n'a jamais obligé la colonne k s'arrêter
I pour l'attendre.
iOui, le chameau peut servir k porter les éclopés.
iOui, un grand nombre de chameliers profilent de la possibilité de monter sur les bêtes. Oui, il pourrait le porter longtemps dans les conditions d'un terrain plat; le chameau n'est chargé par l'administration que de 1^ kilog.
et il peut porter 200 kilog. sur un terrain plat et sablonneux. En le hissant aller librement il peut marcher toute la journée et pendant plusieurs jours de suite.
Il monte difficilement et lentement les pentes
ordinaires lorsque le sol est sec; il descend
plus facilement. Dans les deux cas, lorsque le
[ terrain est humide, il ne peut se tenir debout.
Non, si la corde qui l'entrave aux deux genoux passe sifr le cou ; le dromadaire ne pour^ rait s'échapper, ni par suite d'une terreur panique, ni par suite d'une attaque véritable.
Subsis- j Non, même par les plus fortes chaleurs (detanccs. } puis février jusqu'au mois de mai).
Subsistances.
r Non, même lorsque l'herbe a manqué sur I place presque complètement et pendant plu- (sieurs jours de suite.
Demandes.
L'allare du chameau donne- 1- elle le mal de mer et les nausées?
L'allure du chameau peut- elle devenir dangereuse pour la santé des ma- ^ lades qu'il transporte?
Offlcienauz-
qnels dlesont
été
Chirurgien,
Chirurgien.
Réponses des chefs de service.
Beaucoup de chirurgiens ont été témoins de ces phénomènes produits par l'allure des chameaux ; moi-même, dans l'expédition de Constantine, j'ai pu les observer. Dans cette expédition, 200 hommes ont été placés sur les chameaux, beaucoup interrogés ont répondu :
ni vomUsemenlSy ni nausées. Je dois ajouter que ces hommes n'étaient que fatigués.
Oui, dans la plupart des maladies et pour toutes les blessures. Installés comme ils le sont à cette heure, les chameaux ne pourront rendre aucun service aux malades en les transportant; si on peut les instruire et organiser un b&t, la réponse pourra changer. Ce ne sera jamais un bon moyen de transport, surtout pour les blessés, mais il a été et sera encore utile pour les hommes fatigués.
Tiaret, le 24 juin 1841.
Le capitaine y faisant fonction de soiM-iniendant militaire,
Signé : Aubac.
Gooofe
•il