IB UON ET L AGNEAU
caresses du soleil sans que son admirable blan-' clieur en soit ternie, et qu'encadrent de grands cheyeux roulés naturellement en larges boucles qui tombent comme de la soie blonde sur ses faibles épaules. Sa yolx enfantine, riche de ces Intonations moelleuses et profondes qui sont comme l'édio des cœurs dont l'amour sera le ressort et la vie, s'élève suppliante. Hélas! c'est en vain.
— Je vais l'attacher en haut du mât de misaine, dit Ounstan, et Je lui enverrai du plomb dans la tête.
— Tu ne feras pas cela?
— Je le ferai ; elle a avalé mes poissons, il est Juste qu'elle soit punie de sa gloutonnerie. Je te dis, Nola, que je lui clouerai les pattes au haut du mât et que je lui traverserai la tête du premier coup*
A cette image sanglante, Owennola s'affîdssa sur le rocher, ce qui mit son joli visage au niveau du bec entr'ouvert delà malheureuse mouette à moitié étranglée par la pression du pied de Gunstan.
L'enfant et l'animal échangèrent un regard douloureux, et Nola, n'y tenant plus, insinua délicatement son doigt blanc sous le pied de son frère, ce qui permit à l'oiseau de respirer un peu.
— Yan* m'a dit que tu as tué une hirondelle de
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mer au vol, reprit-elle, entrant par finesse diplomatique dans les idées chères à Gunstan.
— Deux. Yan assure qu'avant peu je serai le premier tireur du pays. C'est bien amusant de tirer : je t'apprendrai quand tu voudras, Nola.
— Je veux bien tirer, Gunstan, mais pas tueries oiseaux. %
Gunstan éclata de rire, puis jeta un cri strident*
Le doigt de Nola avait tout doucement fait son chemin, la main avait suivi le doigt, et la mouette, retirant vivement son col, s'enfuyait vers la mer. Gunstan bondit à sa poursuite. L'animal engourdi voletait avec peine, et lui échappa en s'élançantsur la Chaise-de-César, Gunstan s'y élança après lui ; mais, comme sa main s'abattait sur sa victime, celle-ci s'enleva par un coup d'aile énergique et alla plonger dans l'Océan.
Le petit garçon demeura un instant dans l'ébahissement de tout chasseur qui voit sa proie lui échapper ; puis, se détournant tout à coup avec fureur, il chercha Nola des yeux.
Nola s'enfuyait comme la mouette et courait légèrement vers la maison. Elle y pénétra par une petite porte bâtarde, entra dans une salle voûtée dont les parois étaient tapissées de livres et d'étagères supportant des échantillons minéralogiques, et toute haletante alla se jeter au cou d'un