ARMOIRIES EN GÉNÉRAL
Les armoiries sont des emblèmes qui servent de signe distinctif à une famille, à une personnalité civile ou ecclésiastique, au titulaire d’une dignité. De ce qu'elles sont un signe de convention, servant le plus souvent à désigner la noblesse, il ne faut certes pas en conclure qu’elles soient l’indice exclusif d’une personne noble. Si tous les nobles ont des armoiries, toutes les armoiries ne sont pas portées par des nobles. Cela est si vrai que des bourgeois, des marchands, de modestes magistrats, des prêtres, prirent de tout temps des armoiries, sans parler des communautés, des corporations, des villes. Il est des pays où, de nos jours encore, les chanoines d’un chapitre (Lorette, par exemple) se parent tous d’écussons.
Les armoiries « dans Tordre ecclésiastique ne sont donc, pas même accidentellement, un signe de noblesse. Elles n'indiquent qu'une dignité ou charge ecclésiastique, en sorte que tout dignitaire, noble ou non, par cela seul qu’il est en charge, a le droit et le devoir de s’en constituer de personnelles pour servir au besoin »(i). S’il en a de famille ou autrement il les conservera, sinon il s’en composera, conformément aux règles qui régissent cette matière. € Les armoiries se substituant au clergé, qu’elles nomment et désignent, acquièrent par là une importance journalière que personne ne peut contester » {Barbier). — « Elles sont l’expression toute personnelle, tout individuelle de celui qui se les a choisies, car elles ne lui ont été octroyées ou imposées par personne » (2).
Les armoiries « ayant pour but immédiat de faire reconnaître les personnages dont elles précisent les dignités, ont par cela même une désignation éminemment utile et pratique » (Barbier). Elles dérivent des sceaux, c'est àdire — comme on le verra dans le chapitre suivant — qu’elles prennent leur origine dans les sceaux, très usités par les ecclésiastiques à l’aurore du moyen âge. Chez eux, — et plus tard que chez les laïques, — les marques des sceaux se sont transformées en emblèmes héraldiques.
Nous ne pouvons résister à emprunter encore quelques lignes à l’étude de Mgr Barbier. « Les armoiries ecclésiastiques, dit-il, se placent en tête de tous les documents officiels, manuscrits ou imprimés, afin de faire voir du premier coup d’œil de qui ils émanent. Elles se gravent (pas toujours) sur le sceau..., reparaissent sur les panonceaux qu’on dresse aux portes des églises, monastères..., sur les vases sacrés, ornements d’église et les tentures dont on pare le lieu saint..., sur la chasuble..., la chape..., la tunique. .., la dalmatique..., la mitre aux extrémités des fanons ». (Il sera bon, pour qui désire des détails là-dessus, de consulter ce travail du prélat poitevin.) Le Pontifical nous apprend que sur les petits pains et sur les barillets, offerts tant au sacre d’un évêque qu’à la bénédiction d’un Abbé, doivent figurer les « insignia consecratoris et electi habentia . . . Insignia... monasterii seu electi habentia ».