‹ Armorial des prélats français du XIXe siècleChapitre 8 sur 217 · EMBLÈMES DE L^CU · texte numérisé non relu

EMBLÈMES DE L^CU

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Cardinal Lefèvre de Cheverus et son neveu Mgr George, Mgr Guynemer de La Hailandière). La modestie ou l’ignorance qu’ils en avaient peut expliquer cette anomalie.

Il en est qui modifient légèrement l’écu paternel, surtout par des variantes de métaux ou d’émaux (v. g . Mgr Gérault de Langalerie). D’autres en changeant de siège transforment absolument leurs armoiries (v. g. le Cardinal de Cheverus, Mgr Ginouilhac), ou bien y apportent certaines modifications (u. g . le Cardinal Lecot, Mgr Balaïn). Tout cela sera expliqué au cours de l’ouvrage. / '

La Révolution ayant supprimé les emblèmes héraldiques, les évêques nommés au moment du Concordat ne pouvaient prendre aucun blason. Leur cachet ou leur sceau, comme on voudra l’appeler, portait leurs initiales dans un cartouche, affectant souvent la forme de l’écu suisse et entouré des ornements habituels : croix, crosse, mitre, chapeau. Mgr Morel de Mons fait seul exception à cette règle, car il mit en chef, au-dessus de ses initiales, les trois molettes d’éperon de ses armes originelles.

Napoléon, dans son statut du i** mars 1808 créant des titres impériaux, décréta par l'article 4 que les archevêques seraient comtes, et par le 8 e les évêques, barons. Des règlements d’armoiries (voir plus loin, aux Explications héraldiques , les quartiers marquant leurs dignités) suivirent la promulgation de ce statut, et voilà comment la plupart (pourquoi pas tous ? Mgr Jacoupy est une de ces exceptions) des archevêques et évêques de France et des pays annexés reçurent des titres et des armoiries Plusieurs d’entre eux, soit pour ne pas payer les droits de chancellerie afférents aux lettres de noblesse, soit pour d’autres motifs, continuèrent à timbrer leurs mandements de leur sceau à initiales. A la Restauration, plusieurs modifièrent leurs armoiries, surtout en faisant disparaître le franc-quartier de comte-archevêque ou de baron-évêque.

Les emblèmes religieux dominent dans nos écussons prélatices, c’est naturel. Quelques-uns font allusion au nom du dignitaire qui les porte (v, g . Mgr Lion a un lion, Mgr Fuzet des fusées, Dom Colomban Legros une colombe, Mgr Hautcœur un cœur, Mgr Chevalier une armure de chevalier). Bien des armoiries du moyen âge furent composées de cette façon ; on les appelle parlantes .

11 serait trop long d’expliquer, même sommairement, plusieurs de ces emblèmes, tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament, ou de sujets religieux, comme par exemple le Jéhovah (œil dans un triangle), le Saint Esprit (colombe dans une gloire ou planant la tête en bas), la gloire elle-même, Yagnus occisus 9 le livre aux Sept-Sceaux, l’agneau pascal (il tient un oriflamme), le Bon Pasteur, l’immaculée Conception, laVierge de la Médaille-Miraculeuse, le Saint Cœur de Marie, etc.

Par un usage assez rationnel, un grand nombre de nos vicaires apostoliques ajoutent à leur écusson soit en parti, en coupé ou en écartelé, soit en chef ou sur un meuble de l'écu, voire même directement sur le champ, les armoiries, les emblèmes ou les insignes (qui peuvent n'être que des lettres, comme pour les Missions-Etrangères) de l’ordre, de la congrégation ou de la société dont

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ils sont membres. Des évêques résidentiels de France, comme Mgr Nouvel, des papes, comme Grégoire XVI, agissent de même. Nous aimerions voir toutefois les évêques lazaristes, pour la raison exposée ci-dessus, ne pas représenter Notre-Seigneur en personne, posé sur un demi-monde ou un tertre, tel qu’il est sur le sceau de la Congrégation de la Mission.

Quand un prélat palatin (titre d’une des grandes charges du Vatican, spécialement le majordome et le maître de chambre depuis Pie VII) devient cardinal, il divise son écu, mettant dans le a* parti les armes du pape qui l’a nommé (v. g . S. Em. le cardinal Macéhi, qui daigne nous honorer de sa bienveillance; S. Em. le cardinal délia Volpe). Mais ce n’est pas le cas des cardinaux français.

On voit quelquefois le prélat ajouter sur son écu un des emblèmes soit de celui qui l’a consacré, soit d’un prédécesseur (v.g. la marguerite de Mgr Perraud, rappelant Mgr de Màrguerye, évêque d’Autun avant lui), ou bien même prendre celui complet de ce dernier (spécialement dans les missions). La plupart de ces particularités seront expliquées au cours de ce livre.

Nous sollicitons l'indulgence de nos bienveillants lecteurs pour les variantes qu’ils trouveront quelquefois entre notre description et la reproduction de certaines armoiries. Elles proviennent de plusieurs causes : d’abord des modifications mentionnées ci-dessus, — autant que possible notre texte les relate, — puis de blasons relevés dans des recueils spéciaux, que nous n’avions aucune raison de ne pas admettre, et d’après lesquels nous fîmes faire- des dessins ; lorsque, ayant obtenu plus tard une empreinte, nous avons constaté des divergences. Ces variantes proviennent aussi d’erreurs, parfois grossières, émanant des graveurs. Nous fiant à la qualité des empreintes reçues nous en avions déjà fait faire des reproductions, quand, mais trop tardivement; nous avons connu les armoiries exactes.

De nos jours encore on agit quelquefois avec une légèreté incroyable. Dernièrement, dans une église où nous possédons une chapelle, on a mis sur le blason de l’évêque du diocèse, figuré dans un vitrail, un Saint Cœur de sable (au lieu d’argent) sur un fond d’azur.

Comme conclusion : Que les emblèmes des armoiries prélatices soient simples et conformes aux règles héraldiques.

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