DUTILLET
Cette famille, illustrée par unelonguesériedc magistrats, a fourni encore des savants et des bibliophiles. L'un d'eux, Jean (1) du Tillet, seigneur de la Bussière, greffier au Parlement de Paris, protonotaire royal, fut le premier qui étudia les annales de notre pays d'après les documents originaux.
C'est lui qui ouvrit la route que l'on a suivie depuis avec tant de succès. Il avait réuni un grand nombre de livres imprimés ou manuscrits, la plupart très-importants au point de vue histo-
(i) Mort Je i octobre 1570.
rique. A sa mort, ces livres passèrent entre lesmainsdeson frire (2),révéque de Saint-Bricuc, qui les légua, avec les siens propres, au fils (3) du greffier.
Ce dernier succéda à son père et dans sa charge et dans ses goûts bibliographiques; mais , a comme il faut que toute chose périsse, » ces richesses littéraires, amassées par les deux frères et conservées par le fils, furent vendues et dispersées au milieu du xviii* siècle.
A la suite de cette dispersion, beaucoup de volumes de cette provenance entrèrent ù la Bibliothèque du Roi.
Nous avons trouvé trois marques différentes des Du Tillet, frappées sur des livres de leur provenance.
La première
appartient à l'évéque de Saint-Brieuc.
E carte lé : au i 4, d'azur, au chevron d'or accompagné de 3 molettes d'éperon de même ; au 2 et 3, d'or, à 3 chabots de gueules; sur le tout, d'or à la croix pattée et alésée de gueules, qui est Du Tillet.
(a) Jean Du Tillet, mort le 19 novembre iSyo. —(3) Jean Du Tillet, mort le 29 décembre 1646, âgé de 78 ans.
Scévole de Sainte-Marthe a fait l'élose des livres relaiir« à l'histoire de France, laissés par Jean Du Tillet. Pnrmi Us bons et curieux manuscrits qu'il possédait on cite : Canones Apostolorum et ConcUiorum,grcece, imprimé in-4*, par Conrad Néokwrius, en ibSg.
Quant à ccllc-ci,
et à celle-là.
il nous a ctc impossible de déterminer les bîbliuphilcâ ic^pecliis qu'elles représentent. La dcrnici c figurait sur les plats d'un exemplaire du Journal de Verdun, de Richelieu, i652, in- 12, faisant partie du cabinet de M. Arthur de Boislisle.
DU VAIR (Guillaume), garde des sceaux de France sous Louis XIII, évéqucdc Lisicux. 11 naquit à Pans le 7 mars 1 556, et mourut à Tonneins le 3 août 1 62 1 . Son corps fut porté à Paris, et inhumé dans l'église des Bernardins.
D'a\ur, à la Jasce d'or accompa~
gnée de trois croissants d'argent, 1 en chef, 1 en pointe, les 2 du chef
brisés d'un lambel à trois pendants de gueules.
Ce prélat s'était composé une riche collection de livres et de médailles, qui devint par héritage la propriété de sa sœur , Antoinette Du Vair.
Celle-ci la laissa à son neveu, Guillaume Akaumc, cvéque de Riez, mort en 1621, qui la transmit à Jacques Ribier, conseiller d'État, l'un des plus ardents bibliophiles de son époque.
Du Vair légua à Peirsec sa jolie collection de médailles.
DU VACHE (Edmond), conseiller au Parlement de Grenoble. i658.
D'or, à la bande de gueules^ chargée d'un lion d argent.
ARMORIAL DU RIBMOPHILE.
PUVAL D'ESERTENNE, conseiller au Parlement de Bourgogne.
D'a\ur, à la bande d'argent.
Devise : En tout candeur.
ELBENE(AIphonse d'), évéque d'Orléans, 1647; mort le 20 mai i665.
D'azur, à ï bâtons d argent fleurdelisés passés en sautoir.
Ce lut lui qui publia en latin l'excellent recueil des Statuts synodaux du diocèse d'Orléans, in-4*, 1664.
ENFRENEL (le chevalier d').
D açwr, à la fasce d 'or accompagné en chef d'une étoile aussi d'or, et en pointe de deux glands de chêne du même.
ESCHAUX (Bertrand d*), archevêque de Tours. 1618.
D'azur, à trois fasces d or.
ESCOUBLEAU (Charles d'), marquis de Sourdes et d'Alluye, chevalierdes ordres du roi en i638, gouverneur de l'Orléanais et du pays
ARMOUIAL Dl) BIBLIOPHILF:.
chartrain ; mort à Paris le 21 décembre 1666, âgé de 78 ans.
Parti d'azur et de gueules à la bande d'or brochant sur le tout.
Charles d'Escoubleau, maréchal de camp des années du Roi, soignait, dit le P. Jacob , les « exercices de Mars et d'Apollon. « 11 avait une trèsriche Bibliothèque dans son château
de Jouy, à quatre lieues de Paris, qui contenait les livres les plus rares et les plus recherchés sur toutes les sciences, et qui le a fît alors estimer pour un des plus savants seigneurs de la France. »
ESPERNON (Jean-Louis duc, d'), créé pair de France en i582 . Mort le i3 janvier 1642 , âgé de 88 ans.
Parti: au 1 d'argent^à un noyer
de sinople, qui est de Nogaret ; au 2, de gueulesy à la croix clochée, vidée et potnmettée, qui est de Tou-
LousK ; au chef de gueules chargé d'une croix poteniéè d'argent; sur le tout, d'a:{ur , à la cloche d'argent bataillée de sable.
C'est à ce présomptueux et orgueilleux favori que Henri III avait promis « de le rendre si puissant, qu'il ne pourrait plus lui ôter ce qu'il lui aurait donné.» Il fut le premier seigneur qui mit six chevaux à son carrosse.
ESPIARD (François- Bernard), jurisconsulte, président â mortier à Besançon, né à Dijon en iSôp, mort en 1743.
D'azur, à trois épis de froment d'or, ardents de gueules, 2 en chef, I en pointe.
ARMORIAL DU BIBLIOPHILF..
ESPINAC (Pierre), archevêque de Lyon en 1574, après Antoine d'Albon, son oncle. Mort le 9 janvier 1 599.
D'argent, à un lion de{;tieules, à la bordure de sable chargée de 8 besant^ d'or, qui est d'Espinac; écartelé de table, à la croix d'or, qui est d'Albon.
Ce prélat, qui était très-éloquent et très-spirituel, publia en 1577 des ordonnances synodales, et présida diverses assemblées du clergé de France, oti ses discours charmaient ses auditeurs. Il souhaitait avec passion d'être cardinal, et Henri III lui avait même promis le chapeau j le roi ayant manqué à sa promesse, d'Espinac se jeta dans le parti du duc de Guise, et demeura dès lors un ligueur opiniâtre.
ESPIN AY (marquis d ) de Saint-Luc.
Cette maison, des plus illustres de Normandie , est très-ancienne et a produit de grands hommes , entre autres :
ESPINAY-COSSÉ (François d'), dit le brave Saint-Luc, chevalier des Ordres du Roi, gouverneur de Saintonge et de Brouage, tué au siège d'Amiens, le 8 septembre 1597.
D'argent, au che\>rond'a\ur chargé de on\e besants d 'or.
Ecartelé : au 1 e/ 4, «TEspinay- Saint-Luc; au 2, de gueules, ài/asces rf*or,^«»e.ï/GROL'CHER-GRiBOUAL;flu3, de gueules à 3 chevrons d'or, qui est de UxELLEs; sur le tout, de sable à 3 fasces denchées d'or du côté de la pointe, qui est de Cossé.
Les auteurs de son temps lui donnent de grands éloges. Brantôme dit de lui «qu'il était très-gentil et accompli cavalier en tout, s'il en fut un à la cour, et en réputation d'un très-grave, vaillant et bon capitaine ( i ) »
. (1) François d'Espinay n'était pas scuL-mcni brave et bien fait de sa personne; il avait aussi un esprit brillnnt, aise, délicat et que rien ne rebaiait. En butte à la jalousie et à l'envie, il se retira dans son gouvernement de Brouage, et ce fut dans cette solitude qu'il composa divers discours, des vers trèsingénieux, et qu'iV amassa celte magnifique collection de livres dont Scévole de Sainte- Marthe fait mention dans t éloge qu'il dressa pour le seigneur de Saint-Luc.
a06 ARMORIAL DU
ESPINOY (Philippe), vicomte de Térouanne et seigneur de La Chapelle, commandant d'une compagnie de gardes walloncs, né à Gand, en 1 552, mort en t633.
D 'a{ur, à 3 besants d'or mis en bande.
Cet amateur se livrait avec succès à l'étude de l'histoire et des antiquités de son pays. Outre plusieurs manuscrits historiques qu'il laissa, il fît imprimer en i63i : Recherches d'antiquités et de noblesse de la Flandre, avec une description curieuse dudît pays, — Douai, in-l". Ouvrage estimé.
ESTA ING (François, comte d'), lieutenant général des Armées du Roi en 1704, chevalier des Ordres du Roi en 1724.
D'azur, à trois fleurs de Ijrs d" or, et i,au chef d'or pour brisure.
ESTAING(Joachim-Joseph d'), comte de Saint-Jean de Lyon, prieur de Saint-Irénée, et évéque de Saint- Flour en 1693.
Comme ci-dessus.
Son père s'occupa beaucoup de rechercher les antiquités de la maison de d'Estaing, dont il dressa d'amples mémoires. C'est à lui que Boileau fait allusion dans sa 5* Satyre sur la noblesse, quand il dit :
Je veux que la valeur de tet aïeux antiques Ait fourni de matière aux plus vieilles chronique». Et que l'un des Capets, pour honorer leur nom, Ait de trois fleurs de lys doté leur ccusson.
Philippe-Auguste avait autrefois autorisé un de ses .'l'ieux, Dieudonné d'Estaing, à porteries armcsde France, avec un chef d'or pour brisure, parce qu'il avait sauvé la vie au roi à la bataille de Bouvines (1214).
ESTRÉES (César d'), cardinal, né en 1628; fut évcque de Laon et abbé de Saint-Germain-des-Prés , où il mourut le 18 décembre 1714.
Ecartelé-.au 1 et^,d' argent, fretté de sable de 6 pièces, au chef d'or chargé de 3 merlettes de sable, qui est </'EsTRKKs; au 2 et Z,d'or, au lion d'à'
AKMORIAL DU BIBLIOPHILE.
{ur couronne et ïampassé de gueules, |
qui est de la C*i:chil en Boulonnais.
ESTRÉES(Vicior-Maric, maréchal de France etducd"), 1 65 0-1737, membre de TAcadémic des Inscriptions.
Comme ci- dessus.
Monogr. V. M. D. entrelacés. (Vic-
tor-Marie d'Estrées.)
Catalogue de la bibliothèque de M. le maréchal d'Eslrées. — Paris^ 1740, in-8, 2 vol. Bibliothèque renfermant plus de 20,000 numéros.
ESTRÉES (François-Annibal d'), iimbassadeur de France, abbé de Saint-Gcrmain-des-Prés et membre Je l'Académie française.
Comme ci-dessus.
ESTREES (Jean D'). abbé de Saint- Claude, puis archevêque de Cambrai. 1666-1718.
Comme ci-dessus. ■ .
Ce prélat fit don, en 171S, de toute s«j Bibliothèque à l'abbaye de Saint- Germain-dcs-Prcs.
2o8 AHMORUt.
ESTRÉES (Lucie-Félicité de Noailles, duchesse d'), morte en 1745.
Comme ct-dessus.
ESTAMPES (Leonor), de Valençay, d'abord abbc de Bourgucil-en-Anjou , puis évéque de Chartres et archevêque de Reims; mort en i65 1, le 8 avril, à l'âge de 63 ans.
D'azur , à deux girons d" or appointés en chei'ron; au chef d'argent chargé de trois couronnes ducales de gueules mises en fasce.
Ce bibliophile, dont le P. Jacob et Claude Robert, dans la Gaule chrétienne, parlent avec éloges, eut deux fers, l'un quand il était abbé (n^ i)^ l'autre quand il fut archevêque (n<» a).
Ce fut à cette époque, d'après le P Jacob, qu'il perfectionna « ce thrésor des Muses qu'on tient pour estre le plus accompli de la France. »
ESTAMPES (Jacques), seigneur de Valençay, conseiller d'Etat. i633. '
Z)'açur, à 2 girons d'or^ appointés en chevron f chargés sur lapointc dun croissant, montant de gueules, au chef d'argent chargé de trois couronnes ducales de gueules.
ARMOIUAL DU BfBLTOnOU.
EXPILLY (Claude), président au Parlement de Grenoble, né à Voiron (Draplijiié),ea i56i^elmoit AGre* nobkca t636.
dragon étor ailé de même, qui est de
De sable, au coq d'or crctè et barbé de gueules^ au chej d'or chargé de trois molettes de sable.
• Feu Claude d'Expilly, dit le P.
Jacob, estmt homme sayant, comme te tesmoignent scsœUvres; et curieux sur la recherche des bons livres, desquels il avoît faât sa bibliothèque, qui cet a pftent oonaervée par Madame ta Présiîdcate dé Brion, sa fille. »
Le président d*Èxpilly était à ta £ms, dit Chorîcr, orateur, historien, poète et jurisconsulte.
FAGNIER DE VIENNE (Jean-
Thierri), prêtre-chanoine et grandvicaire du diocèse de ChAlons, puis conseiller -clerc au. Parlement de Paris. 1733.
D'optr, au chevron d'or chargé de a tioHsde gueules affront et accompagnés de 3 mt^etus tTéperon dor^ deux en chef, une en pointe, qui est de Fagmibr; écartelé de gueules » à un
BitAmt.
FAÇON (GujF-GresGeot), médecin de
Louis XIV, membre honoraire de l'Académie des Sciences, né A Paris
en i638, mort en 1718.
D'azur ^ au soleil d'or en chef^ au lUm rêgarémit te ssieil, en pobUe d*utt mouton paissant; le tout de
Catalogue des livres de M. Fagpn.
Paris, Bauche, 1744, in-8.
Cette Bibliothèque passa en grande partie à son fils Louis, intendant des finances, mort te 8 mai 1744.
c Outre un profond savoir dans ta
profession, Fagon avait une érudition très-variée, embellie par l'iieureuse facilité de bien parler. >
FALCOZ, en Dauphiné. FAUCHER (Paul de).
D'argent, au lion de gueules, PASSION, en Dauphiné. ^
D'azur ^ au faucon d'avL^cnt.
FARCES DE CHAUVEAU , en Bourbonnais.'
De gueules^ a la croix d'or cantonnée en chef de 2 étoiles de même, et de 2 roses d'argent en pointe.
D'a:{ur, à 3 bandes d'or, au chef d'hermine.
FAUCHET (Claude), l'historien, président de la Cour des Monnaies, né en 1 5 3o, mort vers 1 60 1 , au momentoU il faisait imprimer son livre ayant pour titre : Déclin de la maison de Charlemagne»
D'a:(ur, à 3 chevrons bretessésd'or.
Fauchet rechercha avec beaucoup de soins et de succès les Antiquités gauloises et françaises, depuis fan 3yg jusqu'à Clovis. — iSjg, in-4».
Dans la préface curieuse de cet ouvrage, remarquable à plus d*un titre, il prévient le lecteur que son livre est incomplet, € parce qu'à son c retour à Paris il a trouvé sa Librairie
ARNOIliAL DU
c dissipée, en laquelle étaient ses orî- « ginaux et plus de deux mille volu- C mesde toales toiles, prindpileaient < dliittoifcs écrites A I« main, en tfêic grand nombre. »
Indépendamment d'un grand nombred'ouvragcs rares et curieux, il avait fscudlli les manuscrits de nos vieux poftesfirançais.dcatOaécritl'Iûstmre.
Cette belle Biblioâièqtte fut acquise
en grande partie par Paul Peteau.
Aujourd'hui encore on recherche avec une grande avidité c les ouvrages de ce Jhme-gauhis, qui traita de mille choses très-curieuses en s^le inoofrect. s
FAULCONNIER (Pierre), écuycr , giand bailli bécéditaiiede la ville et
du territoire de Dunkerque. Il était fils de rhistorien de Dunkerque, Pierre Faulconnier, qui avait ét£ également grand bailli et, de plus, londateur de la Bibliothèque communale de cette ville.
D'or, à 3 roses de gueules boutonnées du champ , mises en bande entre % catHeêt d'açur, et accompagnées de tfaueons au naturel, ckofenmié* ée gUÊUiee
BIBUOPHn.B. 311
FAULTRIER (Joachim) . abbé de Notre - Dame d'Ardaine , près de Csen, et de Saint-Loup de Troycs, né à Auxerre, en 1626, avocat au Parlement de Paris ; il mourut en cette ville, le 1 1 mars 1709, dans le logement que lui avait donné Louis XIV A r Arsenal.
D*atgenty au lion degueuleschargé
Sunefasce de sable, surchargée d'une étoile du champ posée à sénestre, à la bordure componnée de gueules et d'or.
Doué de beaucoup d'esprit et d'un grand talent pour la conduite des affaires, Louis XIV le chargea de plusieurs négociations importantes, dont il s'acquitta toujours avec beaucoup de snccis, et où il s'acquit une graiide réputation de sagesse, d'int^rité et de prudence. Ami des lettres, il les cultiva avec succès, et se forma une Bibliothèque très-nombreuse €t fort biendioisie. Les savants se plaisaient danssa société, et Louis XIV ne refusait pas ses conseils.
Catalogus librorum Bibiiothecae D.
Joach. Faultrier, abbatis Beatae Virginia Arduennensis et Sancti Lupi Tricassini...... Digcstus a Prospcro
Marchand.— Porisïi*, P. Marchand^ 1709, in-8.
Ce Catalogue est très<urieux au