‹ Armorial du BibliophileChapitre 25 sur 97 · AR MO RI AL DU · texte numérisé non relu

AR MO RI AL DU

AU M ALE (Henri d'Orléans, duc d*).

.îfHHfcfe composée des lettres H et O entrelacées, accostées de deux fleurs de lys, traversées d'une épée,la pointe en haut, et surmontées d'une couronne ducale.

Au-dessous de la garde de l'épée, on lit : J'attendrai.

Les armes de France figurent au bas de la première page de chaq ue volume . LabibliothèquedeM.ieducd'Aumale est aujourd'hui l'une des plus splendkks de l'Europe. Littérateur de goût autant qui; bibliophile éclairé, ceprince *réunî à Orléans-House (Middlesex) non-seulement les ouvrages les plus remarquables en tout genre et en toute langues, mais encore les éditions les plus recherchées , les exemplaires lés plus rares, et aux reliures les plus élégantes comme les plus riches. Ce .qui domine surtout, ce sont les livres .français : chaque jour il augmente ses .trésors artistiques et littéraires des productions de sa patrie. En 1862, M. Reisct lui céda une suite précieuse de dessins de maîtres, et M. Silvestre une collection de dessins originaux

qu'il avait formée pour l'exécution de son travail — resté inachevé — si connu parmi les savants sous le titre de Paléographie universelle. La collection de M. Silvestre se composait de 36o feuilles, dont 60 inédites, correspondant aux types persans, grecs, latins, portugais , français', anglo-saxons , allemands et slaves.

M. leducd'Aumale a rassemblé encore un grand nombre de manuscrits rares et précieux, dont le plus remar . quàble est un Romand" Alexandre, du xv* siècle, écrit sur vélin. Ce livre, orné de 84 miniatures de la meilleure école, et relié aux armes du prince Eugène, fi gu rai td a n s 1 a Bi b liot hecaHeb er iana , puis fit partie de la merveilleuse collection Cigohgne, que M . lé duc acheta toute entière.

ROTHELIN ( Charles d'Orléans , abbé de), né le 5 août 1691, moitié 17 juillet 1744. Il était fils de Henri d'Orléans, marquis de Rothelin,

issu du célèbre Dunois, et de Gabriel le- El éonore de Montault de Navailles, seconde fille du maréchal duc de Navailles.

ÈcarteU.i au i et 4, d'or, A la bande de gueules; au 2 et 3, d'argent, au pal de gueules chargé de trois chevrons d'argent , et sur le tout if Orléans, au bâton péri de gueules en bande.

L'abbé Rothelin fut un des plus savants bibliophiles qui aient existé.

Dès son enfance, il aimait les livres et les recherchait avec ardeur.. Lorsqu'il put satisfaire sa passion dominante, il commença par ceux qui avaient trait à son état. Il rassembla les Bibles et les Liturgies en toutes sortes de langues, les ouvragesldes Pères grecs, et latins, ceux des Scholastiques et Canonistes, enfin ceux des Controvefsistes et des Hétérodoxes. Le tout formait un corps de théologie le plus complet et le plus nombreux qu'un particulier posséda jamais. Là se trouvait : l'édition originale de la Missa latinay de Flaccus Illyricus ; la Liturgie suédoise; l'ancien Missel anglican; le Mombritius de 1480; l'ouvrage de Servet, De Trinitate; tous les livres de Bernardin Ochin; la suite complète des écrits de Guillaume Postel ; celle des ouvrages de Giordano Bruno ; en un mot, tout ce que l'on pouvait rencontrer de plus rare, de plus curieux et de plus singulier dans toutes les sciences théologiques.

Selon le témoignage du P. Lelong, une grande partie des manuscrits qui composaient la célèbre collection de Nicolas-Joseph Foucault passèrent dans celle de l'abbé Rothelin. En effet, dans son catalogue nous trouvons, comme ayant appartenu à l'ancien conseiller d'Etat, un recueil de pièces sur l'histoire, le droit public et l'administration de la France, formé d'environ 180 volumes in-folio, dont plus de 120 reliés en maroquin rouge; 1 3 volumes in-40 des « Chartes, titres et états concernant les bénéfices, abbayes et prieurés, etc., du Cotantin et autres lieux de Normandie » : les Mémoires sur Vire ; l'Histoire latine

ARMORUL DU BIBLIOPHILE.

«de Toustain Billy ; les titres de la terre de Guillaume de Vernon; un Diogène; un Saint-Jérôme ; un Josephe orné de splbndides miniatures; la Bible de Charles V; le Missel de Sherbourne, qui remportait encore sur le Josephe, par la richesse et l'élégance des ornements, et que lui avait donné, en 1703, François Goyon de Matignon, évéque de Lisieux; les Cartulaires des abbayes d'Acey et de la Trinité de Caen. Enfin, les Heures si riches et si curieuses de René d'Anjou , que Foucault avait eues en don du duc de la Trémoille, et qui appartinrent ensuite à Cangé, à l'abbé de Rothelin, au duc de La Vallière, aujourd'hui à la Bibliothèque Impériale, où elles figurent sous le n° 17,332 du fonds latin.

Quoique recherchant les bons ouvrages, les compositions rares et curieuses, manuscrites où imprimées, l'abbé Rothelin ne négligeait ni les belles éditions, ni les belles reliures : chez lui le beau marchait de pair avec l'utile et le singulier. Il avait réuni dans sa Bibliothèque un grand nombre de livres en grand papier, réglés çt lavés, et habillés soit en veau, soit en maroquin, par des artistes tels que Boyer, Duseuil, Padeloup, Anguerran, etc.

Ceuxqu'ilavaitfaitrelierlui-méme portaient sur les plats les armes ci-dessus.

Cet amateur s'était en outre composé un cabinet dont la splendeur le disputait à celle de sa Bibliothèque.

On y voyait une suite non interrompue de médailles impériales en argent, au nombre de 2,000 environ , depuis Pompée jusqu'aux derniers empereurs de Constantinople, plus de 3oo médaillons impériaux, 400 médaillons de rois et de villes grecques, et près de 900 quinaires, dont quelques-uns en or. Il avait encore une série de 9,000 médailles impériales, petit- bronze , qu'il donna quelques mois avant sa mort.

L'abbé Rothelin possédait aux environs de Paris une maison de cam-

ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE.

pagne, dans laquelle il avait fait transporter une grande partie de ses richesses numisma tiques et littéraires. C'est là, pour la plupart du temps, qu'il recevait les savants, que sa réputation d'antiquaire et de bibliophile attirait de tous les points de l' Europe. Cette résidence est décrite avec tant de charme et d'esprit dans les Lettres dune jeune Veuve, 1769, p. i35, que nous ne pouvons résister au plaisir d'en faire part su lecteur. :

« ...Je ne la donnerais pas, cette

■ maison, pour Versailles, Trianon,

* etc.; c'est le plus joli champêtre, le « séjour le plus délicieux ; point de ces

* jardins plats tirés a quatre épingles < et de ces sottes figures qui vous

■ offrent des fleurs sèches comme des « pierres qu'elles sont; de ces petits

* enfants mal élevés... qui montrent « leur cul croyant parer un parterre.

1 Mais des allées sans savoir ou, elles » vont, de la vue, point de- vue, des t recoins à cent lieues de l'univers, de

■ l'ombre, du murmure, de toutes ces c beautés qui font tant de bien à

■ l'âme... »

A lamort de cet illustre bibliophile, sa Bibliothèque fut vendue et dispersée. Presque tous ses manuscrits et un grand nombre de ses livres imprimés entrèrent à la Bibliothèque Impériale.

Quant au médailler, — excepté les' petits-bronzes,— il passa tout entier dans le musée de l'Escurial.

Catalogue des livres de feu M.

l'abbé d'Orléans de Rothelin, par G.

Martin. Parts, G. Martin, 1746, in-8. Ce catalogue est un des plus estimes des 148 que G. Martin avait dressés d'après la méthode de P. Jean Garnier.— Léopold Dblisle, Cabinet des Manuscrits de là Bibliothèque Impériale.— Mém. de F Académie des Inscript, et Belles-Lettres 1 1. XVIU.

LORRAINE (Léopold duc de) et Elisabeth-Charlotte d'Orléans, prfsentsausacredeLoutsXV, en 1722.

Grands quartiers de Lorraine, accolés à tècu de la maison <f Orléans.

BERRY (Charles- Ferdinand d'Artois,duc de), mort le 1 3 février 1 8so,

De France, à la bordure engrélée de gueules.

I BIBLIOPHILE

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