‹ Armorial du BibliophileChapitre 26 sur 97 · PRINCESSES · texte numérisé non relu

PRINCESSES

ANNE de BEAUJEU , régente de France, morte au château de Chantelle, en'i522.

Parti: au i de Fuance, à la entité de gueules ; oui de Francs.

ANTOINETTE DE VENDOME, grande-tante d'Henri IV, femme de

Claude de Lorraine, premier duede Guise, née en 1494, morte au château de JoinviUe, le i8janvier i583.

Cette princesse possédait une fort belle bibliothèque, dont les volumes, pour la plupart, avaient été reliés par Nicolas Eve. Quelques-uns portaient sur les plats son chiffre formé d'un V et d'un A entrelacés (Antoinette de Vendôme), cantonné d'un autre chiffre composé de deux Xi (Lorraine).

Les livres â cette charmante reliure sont excessivement rares aujourd'hui, et par conséquent fort recherchés des amateurs. Le. seul exemplaire que nous ayons vu nous a été communiqué par M. Alfred Simonise, un des plus délicats bibliophiles de notre temps.

Voy. Claude de Lorraine.

BOURBON {Catherine de), duchesse d'Albret, sœur de Henri IV , née le 7 février 1 558, mariée le 3o janvier 1 59g à Henri de Lorraine, duc de Bar ; morte à Nancy le 1 3 février

Catherine de Bourbon avait une bibliothèque considérable. On y remarquait une belle collection de classiques grecs et latins, ce qui était assez

rare pour cette époque. Elle avait en outre réuni plusieurs manuscrits de la plus grande rareté, avec une grande quantité de lettres autographes des principaux personnages de son temps.

La plupart de ses livres étaient reliés â la manière de Clovis Eve qui, bien certaincmen t , a dû travailler pour elle. Beaucoup d'entre eux portaient sur les plats six doubles C entrelacés formant croix, avec une flamme au centre, le tout dans un ovale feuille.

LONGUEVILLE (Anne-Geneviève de Bourbon, dite la duchesse de), née le 27 août 1619, mariée le 2 juin 1642 avec Henri II d'Orléans , duc de Longucville. Elle mourut à Paris Je 1 3 avril 167g. Elle était fille de Henri II de Bourbon, prince de Condc, et de Charlotte Marguerite de Montmorency , petite-fille du connétable, et, selon d'unanimes témoignages, la plus belle femme de son temps.

MAILLÉ (Claire-Clémence de), du-

chesse de Fronsac, fille du maréchal de Brézé, première femme du grand Condé. Elle mourut à Châteauroux le 16 avril 1694.

Nous ne savons si cette princesse avait une bibliothèque noihbreuse.

Tout ce que nous pouvons dire, c'est qu'elle devait aimer les belles reliures, si nous en jugeons par le spécimen que nous avons vu dans la collection Yemeniz (ns 3764 du cat.). C'est un manuscrit sur vélin, dû à la plume élégante de Jarry et relié par Le Gascon. Il est intitulé : Temple de ta gloire, poème composé, à l'occasion de la victoire de Nordlingen, par un nommé Bruc de Montplaisir. La reliure est en maroquin rouge, doublé de même et semé, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des plats, du chiffre formé des lettres C. M. entrelacées, initiales des noms de la princesse.

CHARLOTTE- ELISABETH DE BAVIÈRE, femme de Monsieur, frère de Louis XIV, née au château

De France, au bâton péri en bande d'Heidelberg , le 7 juillet

de gueules, au lambel d'argent à morte à Saint-Cloud, le 8 décem-

troîs yendants. bre 1712.

ARHOHIAL DU BIBLIOPHILE.

De France, accolé de Bavière, qui est losange d'argent et d'a\ur de 21 pièces en bande.

Sa bibliothèque était nombreuse et de bon goût. La majeure partie de ses livres sont aujourd'hui à la Bibliothèque Impériale.

M ARI&-ANNE-CHRISTI NE- VIC- TOIRE DE BAVIÈRE, morte en 1690. Elle avait épousé Louis-Dauphin,ditMontpensier, mort en 1742.

couronne delphinale, formé des lettres

Parti de trots et coupé d'un, ce qui fait 8 quartiers. Au 1 et 6, de France; au 2 et 5, de Dauphiné, qui est d'or, au dauphin d'azur; au 3 et 8, losange d'argent et d'azur de 21 pièces en bande, qui est de Bavière; au 4 et y, de sable,au lion d'or couronné de gueules, qui est du Palàtinat du Rhin. L'écu, soutenu de deux rinceaux croisés, est surmonté de la couronne des Dauphins (N« 1}. Ces armes figurent presque toujours sur les livres appartenant a cette princesse Quelquefois aussi on y voyait seulement son chiffre, sousla

initiales ae ses prénoms

MARI E-JOSÉPHE DE SAXE, mère de Louis XVI , fille de Frédéric- Auguste II, roi de Pologne, deuxième femme de Louis-Dauphin,

fils de Louis XV, morte en 1767.

licarlelé au 1 et 4., de gueules

ARMORIAI. SU

l'aigle d'argent couronnée, membre* et becquéedor,qui estdePoLOGNE; au 3 et 3, de gueules ; au cavalier armé d'argent, tenant une épée nue à la main dextre, et en F autre un écu d'azur, à une double croix patriarcale; le cheval bandé d'argent ^ housse d'azur et cloué d'or ; sur le tout de Saxe, qui est burelé de sable et dor de dix pièces; un crancelin de simple brochant sur le tout. L'écu accolé de celui de France écartelé de Dauphiné. Le chiffre formé dei lettres M. J. , initiales de ses prénoms, figure ordinairement aux angles des volumes.

CONDÉ (Louise- Françoise de Bourbon, dite M"» de Nantes, princesse de),fille de Louis XIV et de la Montespan. Elle avait épousé, en 1 685, Louis III, duc de Bourbon, prince de Coudé. Elle mourut en 1743.

Deux écus accolés : Le premier, de France, au bdton péri en barre de gueules, signe de bâtardise. Le second, aussi de France, au bâton péri enbande de gueules, qui estde Condé.

Dans le magnifique palais appelé

bibliophile. a-

Palais-Bourbon, qu'elle s'était fait bâtir, et où siège aujourd'hui le Corps Législatif, cette princesse s'était com.

posé une bibliothèque des plus curieuses. Elle avait du reste un goût profond pour les lettres, les arts et les sciences, lisait beaucoup et annotait ses livres. Sa collection se distinguait par la splendeur des reliures, dont la plupart avaient été exécutées par Derome et Padeloup.

BOURGOGNE (Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de) . Morte le 1 2 février 1711, âgée de 26 ans.

De France, accolé de Savoie.

MAINE (Anne-Louise-Bénédicte de Bourbon, duchesse du), petite-fille du grand Condé, née le 8 novembre 1676, mariée le 19 mars 1692 a Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine. Morte le a3 janvier 1753.

La duchesse du Maine avait fait mettre sur les livres de sa bibliothèque de Sceaux des Abeilles dor, Avec cette devise autour de leur ruche :

ARHORIAL DU BIBLIOPHILE.

Picco!a,Si. Ma. Fa. Pur. Gravi. La.

ferite. (Je suis petite, mais je fais pourtant de graves blessures.)

Cet emblème et cette devise faisaient allusion a l'Ordre galant de la Mouche à miel, que la duchesse avait fondé à Sceaux le n juin 1703,

BERRY ( Marie- Louise -Elisabeth d'Orléans, duchesse de ) , Mlle du régent, née le 20 août 1695, morte au château de la Muette, en 171g.

Elle avait épousé en 1710 Charles duc de Berry, 3e fils de Louis, dauphin de France, appelé le grand Dauphin, et de Marie-Christine de Bavière.

De Franck, à ta bordure engrêlée de gueules, qui est de Berry, accolé d' Orléans.

Le dos des volumes porte, en outre, le chiffre de cette princesse, formé des lettres M. L. entrelacées. ,

La duchesse de Berry, si connue par ses goûts singuliers et l'excentricité de son caractère, aimait beaucoup les livres; mais elle n'eut guère le temps de les lire, tant, si l'on en croit les Mé-

•■ de la princesse Palatine, sa grand'mère, elle avait besoin de di-

vertissements. Quoiqu'il en 'soif, ses livres étaient nombreux, choisis et bien reliés,

ARTOIS (Louise-Marie-Thérèse d*).

dite Mademoiselle, née à Paris, le

21 septembre itJiy. lilfe était lille du duc de Berry, mort assassiné le 1 3 février 1 820.

De France, à la bordure crénelée trouvaitpasdecessortesdeproductions de gueules. sj communes à cette époque, et dont

ORLÉANS (Philippe-Elisabeth d'), dite Mademoiselle de Beaujolais.

Morte en 1734.

De France, au tambel d'argent à trois pendants.

L'ecu en losange, surmonté de la couronne ducale.

MESDAMES DE FRANCE, à Bellevue, ADÉLAÏDE, SOPHIE et "VICTOIRE, filles de Louis XV.

La première est morte le 2 5 février ■800; La seconde, le 3 mars 1782, et la troisième, le7Juin 1799.

Chacune d'elles avait sa bibliothèque, aux mêmes armes, c'est-àdire de France, tantôt en or, tantôt en argent, et l'éeu en losange surmonté d'une couronne ducale. Seulement, leurs livres différaient par l'habit ; ainsi, ceux de M™ Adélaïde étaient couverts en maroquin rouge ; ceux de M"* Sophie en maroquin citron, et ceux de Mm* Victoire en maroquin vert ou olive.

Ces trois bibliothèques contenaient des ouvrages d'un goût sévère. On n'y

les pi us grandes dames, voire desreines, composaient leurs collections intimes.

Un grand nombre de volumes ayant appartenu a Mesdames, se trouvent aujourd'hui à la Bibl. Impériale.

ARTOIS (Marie-Thérèse de Savoie, comtesse d'). fille de Victor-Amé-

dée III, roi de Sardaigne; épouse

50 ARXORIAL DU BIBLIOPHILE.

de Charles-Philippe d'Artois, qui fut plus tard Charles X. Elle mourut le 2 juin i8o5.

De France, à la bordure crénelée de gueules, accolé de Sardaigne.

PROVENCE (Marie-Joséphine- Louise de Savoie, comtesse de), tille de Victor-Amédée III, roi de Sardaigne, épouse de Louis -Stanislas- Xavier, comte de Provence, qui fut ensuite Louis XVIII. Elle mourut le i3 novembre i8ro.

marquables par la beauté des éditions et le luxe de la reliure.

D' Artois, accolé de Sardaigne.

B E R R Y ( Caroline - Ferdinande -

Louise de Bourbon, duchesse de),

fille du roi de Sicile. Apres la mort

du duc de Berry, elle se remaria au

prince Luchesi-Palli.

De France , à ta bordure crénelée

de gueules, accolé des Deux-Siciles.

Dans sa charmante résidence de

Rosny, en l'Ile-de-France, la duchesse

de Berry avait fondé une splendide

bibliothèque, composée d'ouvrages re<

Elle renfermait une collection unique de manuscrits, dont la plupart provenaient des Pithou, de Marguerite de Valois.de Henri II, Louis XI II, Marie Leczinska, etc. Quelques-uns remontaient au vnr* siècle, c'est-à-dire a une époque plus reculée que les monuments les plus anciens de Paris.

On y trouvait aussi un grand nombre de kttres autographes de Henri IV, de Fénelon, de Bourdaloue, et d'autres personnages illustres.

Aucune collection, depuis longues années, n'avait offert aux amateurs un ensemble de livres plus recommandables par la provenance et la richesse de l'ornementation, et qui présentât, en même temps, plus d'intérêt au point de vuedel'art. Parmi eux figurait l'incomparable Livre d'Heures d'Henri II et de Catherine de Médicis. C'est un petit volume en maroquin rouge, enrichi d'écoincons fleurdelisés, d'attaches et de médaillons en or finement ciselés.

Chacun de cesécoincons porte en relief

les lettres H et CC entrelacées, monogramme du roi et de la reine. Il contient cinquante-cinq miniatures d'une véritable valeur artistique, représentant les portraits des principaux membres de la famile royale. Vingt-un de ces portraits, — au grand détriment de la reliure, — furent intercalés vers le milieu du xvn* siècle ; mais les autres ont bien certainement été exécutés pour le manuscrit même.

Catalogue dt la riche bibliothèque de Rosny...Parw(i837), in-8.

Catalogue des manuscrits très-précieux du xm* au xvn* siècle... composant la collection de Madame la du-

I BIBLIOPHILE. 5l

chesse de B*"* (Berry), [par M. Paul Meyer]... dont la vente aura lieu...

le mardi 22 mars 1864... — (Paris, 1864}, in-&°, 36 pp.

Ce Catalogue, tiré à très-petit nombre , est rendu excessivement curieux par les savantes notices que l'habile rédacteur a faites sur chaque manuscrit. La collection qu'il représente avait été distraite de la première. Elle ne renfermait que trente-cinq articles, et pourtant la vente produisitg8,o75fr.

Il est vrai que 1g Livre d'Heures seul s'éleva à la somme de 60,000 francs.

M. Barbet de Jouy s'en rendit adjudi cataire pour le Musée des Souverains, où il figure aujourd'hui.

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