Rue Saint-Fiacre, à Dijon
2. La Bibliothèque Impériale conserve 12 vol. in-fb mss , formés exclusivement de la correspondance de Bouhier et des remarques qu'il avait faites sur ses livres.
ARMORUL DU BIBLIOPHILE.
lieu de ses nombreuse! exigences sociales, de ses travaux littéraires, des devoirs impérieux de sa charge et de la correspondance .qu'il entretenait, active, avec tous les savants de son époque , il ait pu trouver encore le temps d'écrire ce gigantesque in-folio contenant deux mille quarante-huit colonnes! Son biographe et son ami, le P. Odin, en parle comme d'une œuvre cyclopéenne, et dans son étonnement il s'écrie : Stupent exantlati operis molem, qui tôt aiia eodem exarata calamo vùlumina non inspexerunt.
Cet inventaire, actuellement conservé à la Bibliothèque publique de Montpellier , contient en outre les additions faites par son gendre Chartraire de Bourbonne, quand celui-ci eut hérité de la Bibliothèque de son beau-père. Elles y forment, avec le fonds principal, un singulier contraste.
Dans celui-ci, graves et majestueux, viennent les théologiens, les jurisconsultes, les mathématiciens, les philo* sophes audacieux, les penseurs en révolte : deux siècles géants, le xvie et le xvn«, se donnant la main. Dans celleslà, c'est le xviue siècle, non ces Titans qui escaladèrent le ciel, mais des auteurs en jabots, des poètes parfumés, des muses en falbalas, des prosateurs faisandés; des bouquets à Chloris,des bouts rimes, des opéras-comiques, des chants quintessenciés : toute cette littérature de boudoir qu'une société en décadence lisait, insoucieuse, en attendant le réveil de 89 !
Cette opposition de goût entre l'illustre magistrat et son successeur semble faire pressentir une dissolution prochaine : c'est ce qui arriva. A sa mort, Chartraire de Bourbonne laissa la Bibliothèque à son fils, président au Parlement de Bourgogne, qui,
sans l'augmenter , la transmit au comted'Avaux, son gendre. Ce dernier, si l'on en croit la chronique du temps, était loin de partager 1& passion de ses ancêtres pour les livres. En effet, dès qu'il fut propriétaire de cette Bibliothèque , sans rivale peut-être , qui avait été successivement possédée et augmentée par plusieurs générations de la même famille, il chercha à s'en débarrasser. Trois ans après la mort de son beau-père, en 1784, il la vendit à l'abbaye de Clair vaux, moyennant la somme de 1 35, 000 livres, prix bien au-dessous de ce qu'elle valait réellement.
La vente de la collection Bouhier, qui semblait être le patrimoine naturel des compatriotes de l'illustre président, fit une impression pénible sur la partie éclairée de la population dijonnaise. On protesta tout haut et violemment.
Bernard Piron, neveu d'Alexis, exprima son mécontentement par Fépigramme suivante :
Adieu, riche Bibliothèque, Dépôt du génie et de l'art ; Du grand prophète de la Mecque Va trouver les fils chez Bernard.
Sur tes ballots je veux qu'on dise, N'en déplaise au fripier d' A vaux:
Trésor livré par la sottise A l'ignorance de Clairvaux.
Cette épigramme n'est pas un modèle du genre, tant s'en faut, mais elle peint assez fidèlement l'indignation facile à comprendre des habitants de Dijon, quand ils virent s'éloigner de leur ville une collection de livres qu'ils considéraient, non sans raison , comme une des gloires de l'ancienne capitale de la Bourgogne.
En 1792, la collection du président Bouhier dut être transférée de Clairvaux à Troyes, mais elle n'y arriva pas intacte. Le pillage commença à Bar-sur-Aube, et, d'après nos rensei-
gnements, elle laissait dans chaque ville une partie de ses trésors. Arrivée au lieu de sa destination , elle se trouva considérablement diminuée.
Plus tard, en 1804, les commissaires du gouvernement impérial , Prunelle et Chardon de la Rochette , en enlevèrent encore chacun une grande partie , qu'ils envoyèrent dans les diverses Bibliothèques des départements. Prunelle., lui, s'empara de presque tous les manuscrits, avec le catalogue de ceux-ci, pour la Bibliothèque de Montpellier. Outre un grand nombre d'imprimés, la Bibliothèque Impériale reçut plusieurs manuscrits précieux, entre autres les douze volumes in-folîo dont nous avons parlé (p. m, note 2), contenant toute la correspondance de Bouhier et les remarquesqu'il avait faites sur les ouvrages composant sa Bibliothèque. De son coté, Chardon de la Rochette prit la plupart des éditions rares que son tact de bibliophile lui fit aisément découvrir. Mais ce qui fut plus grave et irréparable en même temps, c'est que vers 1820 la Bibliothèque de Troyes se dépouilla elle-même. En vertu nous ne savons de quel droit ou de quel ordre, et sous quel prétexte, on vendit • comme inutiles* des livres inappréciables, tant parla beauté de l'impression que par l'élégance de la reliure : ■ des incunables même furent vendus au poids 1 » Néanmoins, malgré toutes ces dilapidations, ce qui resta forme encore aujourd'hui l'une des principales richesses de la Bibliothèque de la ville de Troyes.
Franciscus Odinus, Commentarius de vita et scriptis Johannis Buherii, 1746, in-4. — Des Guerrois, Leprésident Bouhier, sa Vie, ses Ouvrages et sa Bibliothèque. Paris, i855, in 8.
— Gabriel Peignot, Souvenirs rela-
tifs à quelques Bibliothèques particulières des temps passés. Paris, i836, ïn-8. — Abel Jeandet , Pontus de Tyard. Paris, 1860, in-S.' — Renseignements particuliers.
BOULANGER (Auguste-Macé, le) baron de Maf Bières, seigneur de Viarmes, maître des requêtes, reçu en 1 658 , et président au Grand Conseil, en 1675. Il mourut le 16 août 1712, âgé de 81 ans.
D'azur, à la/asce d'or accompagnée de 3 étoiles de même en chef, et de 3 roses d'argent en pointe.
BOULIN (François-Bernard), conseiller de la Cour des Aides, mort le 3 sept. 1755, âgé de 78 ans. Il avait épousé, le 1 1 septembre 1727, Anne- Radegonde Hénin, fille de Nicolas Hénin, conseiller au Grand Conseil.
&#{ur, au chevron d'or accompa
14 ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE.
gné de trois roses d'argent en chef, et d'une fleur de lys de jardin de même en pointe.
La collection Boulin renfermait beaucoup de manuscrits, dont quelques-uns sont conservés à la Bibliothèque de l'Arsenal.
BOULLONGNE (Jean de}, comte de Nogent, conseiller au Parlement de Metz, et conseiller d'État, né le 1 3 octobre 1690, mort le 21 févr. 1769.
D'argent, à la cotice de sable accompagnée de trois lions de sinople, 2 en chef, 1 en pointe dans le sens de la bande, armés, lampassés et couronnés de gueules.
Jean de Boullongne avait été commandeur des ordres du roi, contrôleur général des finances et membre honoraire amateur de l'Académie royale de peinture. « L'application, l'intégrité « et le zèle avec lesquels il a rempli Les a* emplois et les places qui lui avaient ■ été confiés, et son amour pour les u lettres et les arts, firent naître de « justes regrets de sa perte. » [Mercure de France, avril 1769, p. 2i2.]C'étaît en outre un bibliophile distingué. La plupart de ses livres, frappés à ses armes, sont aujourd'hui très-recherchés à cause du choix des éditions et de la richesse des ornements. Il avait aussi réuni quelques manuscrits d'un grand intérêt.
BOULON (Jean), seigneur de Velbeuf, conseiller laïc au Parlement de Bourgogne. Il fut pourvu et reçu au mois d'août 1 584.
D'azur, à une fasce ondée dor, chargée en cœur d'une étoile de gueules, et accompagnée en chef dun lambel d'argent.
Nous n'avons pu découvrir aucuns renseignements sur la Bibliothèque de cet amateur. Ce que nous pouvons dire, c'est que ses armes figuraient sur un Horace richement orné.
BOURDIN (lacques), seigneur de Villaines, secrétaire d'Etat sous les règnes de Henri II, François II et Charles IX. Il mourut le 6 juillet 1 567. Jacques Bourdîn avait épousé Marte Bochetel, fille de Guillaume, sous lequel il s'était formé aux affaires politiques.
D'azur, à trois têtes de daim d'or,
1 et 1.
ARKORLU. DU BIBLIOPHILE.
La Bibliothèque de l'ancien secrétaire d'Etat n'était pas nombreuse.
Toutefois, d'après sa marque, elle devait renfermer de beaux et bons livres. '
BOURGEOIS (Claude), seigneur de Moleron et conseiller laïc au Parlement de Bourgogne. Il fut pourvu le 21 avril i56i.
D'azur , à trois annelets mis en triangle, enlacés Fun en { autre.
BOURGEOIS (Philippe), échevinde la ville de Reims, en 1722.
D'azur, au chevron d'or accompagné de trois cœurs d'or, 2 en chef, 1 en pointe.
Bibliothèque peu importante, mais dont les livres étaientassez bien reliés, surtout ceux à la marque de l'auteur.
"BOURGEOIS DE BOYNES, ministre de la marine, mort en 1783.
D'azur, à la bande d'argent chargée de trois merlettes de sable.
Bourgeois de Boynes, aujourd'hui complètement oublié comme ministre, mérite néanmoins une place dans l'histoire de la bibliophilie. Il avait amassé un nombre considérable de livres imprimés et manuscrits, où figuraient les meilleurs ouvrages, et dont la plupart étaient splendidement ornés et reliés.
Notice des principaux articles de la Bibliothèque de feu M. de Boynes, ancien ministre de la marine. — Paris, le Boucher (1784), in-8».
BOURGEVIN DE MOLIGNY.
D'a^ur.à lof asce d'hermine accompagnée de 3 coquilles d'or.
Catalogue des livres rares et précieux du citoyen *** (Bourgevin de Moligny), dont la vente se fera le i3 floréal. — Paris, G. Debure l'aîné, l'an IIIe de la République, in-8», 32 pages.
BOURLAMAQUE (Claude-Charles de), seigneur du Vivier et de Courtevron, ancien capitaine de cavalerie au régiment de Saluzy, mort en 1770.
D'or, à ta croix d'azur.
M. de Bourlamaque passait, de son vivant, pour un homme de savoir et de goût. Il avait embrassé la carrière militaire, qu'il fut obligé d'abandonner à cause du mauvais état de sa santé.
C'est à partir de ce moment qu'il composa sa Bibliothèque, ou il avait rassemblé tout ce que les bibliophiles recherchent avec tant d'ardeur. A sa mort, on trouva plusieurs manuscrits de sa composition sur la philosophie, l'histoire et les antiquités. Aimant l'art sous toutes ses manifestations, il s'était en outre formé un cabinet de tableaux et de curiosités, dans lequel figuraient quelques toiles des meilleurs maîtres.
Catalogue des livres de la Bibliothèque de feu M. de Bourlamaque. — Paris, Praultfih, 1770, in-8».
Catalogue raisonné du cabinet des objets curieux de feu M. de Bourlamaque, ancien capitaine de cavalerie, composé de tableaux, dessins, estampes, peintures à la gouache, miniatures et peintures chinoises, bronzes, ivoires; terres cuites et plâtres; coquilles; pierres fines, pierres gravées, et autres objets. Par Pierre Remy...
Paris, Vente, 1770, în-18.
BOURNONVILLE (Alexandre-Albert-François-Barthélemy, duc et prince de), né à Bruxelles le 1 6 avril 1662, mort le 3 septembre 1705.
De sable, au lion d'argent armé, lampassé et couronné d'or, la queue fourchue, nouée et passée en sautoir.
Ce prince fut un grand amateur de livres, et, selon le P. Anselme,* il était savant dans la connaissance des médailles et très-curieux des antiquités. >
Sa Bibliothèque , indépendamment des imprimés , renfermait aussi un grand nombre de manuscrits.dont 34, les plus beaux, furentacquis à sa vente par le célèbre amateur Gaignières.
Fato functi Bournonvillii bibliographia... Catalogue des livres de feu M. le prince de Bournonville, sur toutes sortes de sujets d'histoire et de littérature, et des meilleures éditions.
Parisiis, Giffart, 1706, in-ia.
t RM OUI AL DU BIBLIOPHILE.
BOUTAULT (Gilles), évéque d'É- I BOUTHILLIER(Léonde),comtede
>>n :- 1- . . ce. • V«i : !:-• J<£.. ti /...
vreux, mort â Paris le 1 1 mars 1661 dans la 66* année de son âge.
D'azur, à trots chevrons d'or accompagnés de trois triangles de même renversés.
Ce prélat avait réuni de bons livres en tout genre, et une collection de curiosités et objets d'art fort estimée. Il avait aussi un grand nombre de médailles.
BOUTHIER DE ROCHEFORT (Jean-Baptiste), né le 22 juillet 1737. Il fut reçu conseiller au Parlement de Bourgogne, le 23 juillet
De gueules, au lion d'argent, au chef d'azur, chargé d'un croissant d'argent et soutenu d'une devise d'or.
Chavigny, ministre d'État. Il fut reçu conseiller au Parlement de Paris a 19 ans, conseiller du roi à zi, et secrétaire d'État à 24. Mort dans la 44* année de son âge, le 1 1 octobre 165?..
D'azur, à trois fusées d'or rangées en fasce.
Léon de Boutbillier avait hérité de son père , Claude , aussi ministre d'État, mort le i3 mars i65a, d'une belle collection riche surtout en -manuscrits. Elle renfermait, entre autres, 270 volumes in-folio de pièces inédites concernant tout ce qui s'était passé depuis 1628 jusqu'en i652, époque de la mort de Léon. Ces volumes furent inventoriés par François de Boutbillier, évéque de Troyes, qui suit.
BOUTHILLIER DE CHAVIGNY (François de), fils du précédent, évéque de Troyes en 1 678, mort le 1 5 septembre [731, âgé de 90 ans. Il s'était démis de son siège épiscopa] vers 1 697, en faveur de son neveu Denis François de Bouthillikr. L'évéque de Troyes fut un grand amateur de livres. Il avait conservé la Bibliothèque formée par son ateul et continuée par son père. liât lui-même de sa propre main l'inventaire des
pièces recueillies par eux, et contenues dans les 270 volumes cités plus haut.
AMIORIAL DU BIBLIOPHILE.
brésis. Sa collection était remarquable, surtout par les manuscrits qu'elle recelait. La Bibliothèque Impériale en conserve quelques-uns.
Comme ci-dessus.
La plupart des manuscrits que renfermait la Bibliothèque des Bouthillîer sont aujourd'hui disséminés.
On en trouve dans les Bibliothèques publiques de Troyes et de Montpellier, et dans la Bibliothèque Impériale.
Inventaire des manuscrits de Claude Bouthillier , ministre et secrétaire d'État, et de Léon Bouthillier, comte de Chavigny, aussi secrétaire, dressé par François Bouthillier, fils de Léon, ancien évéque de Troyes, conseiller d'État au conseil de la Régence. — 2 vol. in-fol.
BOUTHILLIER(Louisde), marquis de Villesavin , 3» fils d'Armand- Léon de Bouthillier et d'Elisabeth Bossuet. Il fut institué par la maréchale de Clérembault, sa tante, morte en 172a, comme son légataire universel. Il épousa, le 9 juillet. 1700, Antoinette le Gouz, fille de Benoît le Gouz-Maillard, second président du Parlement de Dijon, et d'Anne Berthier. Il fut d'abord colonel du régiment de Quercy, puis, en mai 1732, colonel du régiment de Cam-
Devise: Si Fortuna deest, probitas virtusque rependit.
BOUTIN DE LA BOISSIÊRE (Denis), enseigne des Cent-Suisses.
D'azur, à deux épées d'argent passéesen sautoir, la garde d'or, accompagnées de quatre étoiles de même, disposées en orle.
Boutin de la Boissière, dans les quelques loisirs que lui laissait sa position active, avait su réunir des ouvrages de choix et des manuscrits précieux.
BOUTRY (l'abbé Jean-Baptiste de), prieur de Saint-Sauveur d'Évreux.
D'azur, à la croix d'argent accompagnée à chaque canton de trois étoiles du même.
L'abbé Boutry était un amateur ardent et éclairé. Sa Bibliothèque renfermait des raretés, tant imprimées que manuscrites, dont on retrouve les exemplaires dans quelques Bibliothèques publiques et particulières de la Normandie.
BOUVARD DE FOURQUEUX (Michel), procureur général de la Chambre des Comptes, et conseiller en la Grand' Chambre du Parlement de Paris, mort en son château de Fourt] lieux, près Saint-Germainen-Laye, le 18 juillet 1754, dans sa 68* année.
ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE. I IQ
montées d'un croissant montant d'or en chef, et accompagnées de trois étoiles du même en pointe.
Cet amateur avait une magnifique collection dont la plus grande partie des volumes étaient habilement et richement reliés. Il laissa sa Bibliothèque à son fils, qui suit.
BOUVARD DE FOURQUEUX (Michel), 1 1* du nom, fils du précédent, fut reçu conseiller au Parlc-
- ment de Paris le 22 août 1738, ensuite procureur général en la Chambre des Comptes, et conseiller d'État en 1769. Il mourut vers 1776.
Tfa\ur , à trois fasces d'or .
Comme ci-dessus.
La Bibliothèque du fils ne fut, à proprement parler, que la continuation de celle du père, qu'il augmenta d'un grand nombre de manuscrits fort estimés. De plus, il forma un cabinet d'objets d'art et d'antiquités, dans lequel on remarquait des bronzes de la meilleure école et des tableaux de grands maîtres. A sa mort, Bibliothèque et Cabinet furent vendus et dissipés. On distingue les livres du père de ceux du fils par la différence dans les ornements de l'écu.
BOVET (Jean-François de), conseiller au Parlement de Grenoble, 1 684.
Parlement de Metz en 1674. Il mourut vers 1680, âgé d'environ 66 a
D'azur, au taureau passant d'or.
BOYLESVE (Gabriel). Il fut d'abord conseiller au Parlement de Bourgogne , puis reçu conseiller au Parlement de Paris le 19 décembre 1645; enfin évêque d'Avranches en i65i.
Mort le 3 décembre 1667.
D'a\ur, à trois sautoirs d'or, deux en chef et un en pointe.
BRAGELONGNE (Thomas), chevalier seigneur d'inginville , Issy , Pourpry et autres lieux, fut conseiller, puis président à la deuxième Chambre des enquêtes au Parlement de Paris, ensuite président au
De gueules, à la fasce d'or chargée dune coquille de sable et accompagnée de trois molettes déperon, deux en chef, une en pointe.
Dans les Portraits des membres du Parlement de Paris, on lit : « De « Bragelongne. — De médiocre suffic sance , a bonne opinion de luy- «mesme; grand parleur, cherchant a tousioursdes nouveautez; amateur
■ de louanges; sans pouvoir , sans « suite... Donne tout-à-fait à la faveur « et aux ministres, déferre à Colbert.
■ N'est point seur, et est en quelque « manière intéressé... »
BRANCAS, II* du nom (Louis de), duc de Lauraguais et pair de France, né le S mai 1714. Il avait épousé en secondes noces Diane- Adélaïde de Mailly, fille de Louis de Mailly, marquis de Nesles, morte le 3o novembre 1769.
Les meilleurs ouvrages de ce bibliophile passèrent dans la Bibliothèque de La Vallière.
D'azur, au pal d'argent chargé de trois tours de gueules, accompagnées de quatre pattes de lion affrontées d'or
mouvantes des deux flancs de Fécu, gui est de Brancas; accolé d'or, à
3 maillets de gueules, qui est de
■ Maii.ly.
BRANCAS (Louis de), des comtes de Forcalquier , marquis de Cereste, dit le Marquis de Brancas, né le 20 janvier i672,mortleQaoût 1750.
Il servit honorablement surjterre et sur mer, sous Louis XIV et sous Louis XV, et fut employé dans
. diverses ambassades. Il avait été nommé grand d'Espagne de première classe en 1750, et fait maréchal de France le 1 1 février 1 74 1 .
Écartelè : au 1 et 4 , comme le précédent; au 2 et 3 , de gueules, à la croix vidée, pommelée et recercelée d'or, qui est de Forcalquiek-
Cet amateur eut deux marques bibliographiques : la première {n° 1), qu'il adopte à partir du moment ou il fonde sa collection, et dont il se sert jusqu'en 1741. Alors, maréchal de France, il prend la seconde (n<> 2), dans laquelle il fait entrer les insignes
de sa nouvelle dignité. Du reste, sa Bibliothèque était riche et assez bien choisie.
BRANCAS (Jean Baptiste Antoine de), docteur en théologie, agent général du clergé en 1722, aumônier du roi le 2 3 septembre 1 7 1 7,abbé de Saint- Père de Melun le 6 novembre de la même année. Il avait été archevêque d'Aîz, puis nommé à l'abbaye de Montmorel, dans le diocèse d'Avranches. Mort en 1770.
133 ARMOBIAL DU BIBLIOPHILE.
BRANCION (Jacques, comte de). Le dernier rejeton mâle de cette maison, mort en septembre 1761, à Lons-le- Saulnier, âgé de 63 ans.
D'azur, à trois bandes ondées d'argent
1 Cette Bibliothèque était assez remarquable. On y comptait quelques livres rares et de belles éditions. Mais ce qui la rendait précieuse au point de vue local, c'est qu'elle renfermait la plupart des ouvrages concernant l'ancien duché de Bourgogne.
BREBAN (Corrard de), ancien président honoraire à Troyes, vers 1730.
D'argent , à trois merlettes de gueules et en cœur , une étoile de même.
BREHAN (Jean de), seigneur de Gallinée , conseiller d'État et doyen du Parlement de Bretagne , vers 1671.
De gueules, au léopard d'argent surmonté d'un lambel de même.
BRETAGNE (Claude), conseiller laïc au Parlementde Bourgogne. Ilmourut doyen de la Cour, le 16 août
D'azur, à unefasce ondée d'or, accompagnée de trois grelots de même en chef et d'un croissant montant fargentenpointe.
Devise : Ne quid nimis.
BRETEL, seigneur d'Auberbosc (Louis de) , archevêque d'Aix en 1 63o. Il naquit à Rouen et mourut à Aix, le 27 mars [€44.
D'or, au chevron de gueules chargé d'une fleur de lys d'or, et accompagné de trois molettes d'éperon de sable, au chef d'azur chargé d'un poisson d'argent.
BRIANÇON (Laurent de), recteur de l'université de Valence en 1 56o, natif de Grenoble et l'un des plus célèbres avocats du Parlementde Dauphiné. Il est l'auteur des spirituels poèmes en langage du pays, intitulés:
Le batifel de la gisen, le banquet de le faye et la vieutenanci du courtisan.
D'aïur, à la
BRICHANTEAU (Louis Armand), marquis de Nangis, chevalier des Ordres du Roi , maréchal de France, gouverneur deSalucesenRoussillon, et chevalier d'honneur de la Reine.
11 naquit le 27 septembre 1682, et mourut à Versailles, le 8oct. 1742.
D'azur, à 6 besants d'argent posés
BRIÇONNET (GuiUaume), d'abord évéque de Lodève, puis président en la Chambre des Comptes le i4août 1495, abbé de St-Germain^des-Prés en 1 507, enfin évéque de M eaux en i5i8. II mourut le 24 janvier i533.
D'azur, à la bande componnée d'or et de gueules, le 2" compon chargé d'une étoile d'or accostée d'une étoile de même.
La collection de ce bibliophile forma le premier fonds de la fameuse Bibliothèque de l'abbaye de Saint-Germaindes-Prés.
BRIÇONNET (François), seigneur de Millemont, conseiller au Parlement de Paris, reçu le ta août i63o.
Mourtle a5 décembre 1698.
ARHORIAL DU BIBLIOPHILE.
Comme ci-dessus.
BRILHAC (Pierre de), conseiller au
Parlement de Paris le 18 août 1634, en la quatrième Chambre des enquêtes.
Ecartelë : au 1 et 4 d'azur, à 3 fleurs de lys d'argent; au 2 et 'i d'azur, au chevron d'or chargé de cinq roses de gueules, accompagné de trois étoiles d'or.
■ De BaiLHAC— Très homme d'hon- ■ neur, très particulier , confident de
* M. le président. Parent et familier
■ de M. le chancelier {Seguier)...
« A crédit dans sa compagnie... n'est
■ suject à aucuns intérests. L'on peut « seurement se confier à luy... » [Du- LEAU, Portraits des membres du Parlement de Paris.]
BRINON DE CALIGNY, l'un des syndics de la Compagnie des Indes
D'azur, au chevron d'argent, au chef endenché d" or.
Catalogue des livres de la Bibliothèque de feu M. Brinon de Caligny, l'un des syndics de la Compagnie des Indes.— Paris, J. Guérin, 1739, in-8.
BRISARD-TIVILLE (Charles), conseiller au Parlement de Paris le 2 1 juin 1623 ; mort le 16 mai i656.
Fascé d'a\ur et a argent de six
AMfORIAL DU BIBLIOPHILE.
pièces, les fasces d'azur chargées chacune d'une aigle éployée accostée de deux lions affrontés d'or, enfermés dans des annelets enchaînés de même; celles d'argent chargées de neuf mouchetures d'hermines de sable, 4, 3, a.
c Brisard.— Homme obscur, froid, « sans communication, bon d'ailleurs; m de qualité fort médiocres [Duleau, Portraits des membres du Parlement de Paris.]
Malgré ce portrait peu flatteur , Brisard n'en était pas moins un excellent bibliophile. Il avait amassé une collection riche et nombreuse. Les volumes qu'il avait fait relier lui-même portaient sur l'un des plats ses armes, et sur l'autre un semé d'aigles, d'hermines et de lions, comme ci-dessous.
BRISSAC (Jean-Paul-Timoléon de Cossé, duc de), maréchal de France, né le 12 octobre 1698, mort le 17 décembre 1780.
C'est par erreur que la Biographie universelle le fait mourir en 1784.
(V. la Galette de France, année 1780, p. 476, 2' col.) Il avait été grand paoetier. C'est ce qui explique les pièces mises de chaque côté au-dessous de
l'écu, qui sont les insignes de cette dignité.
De sable, à trois feuilles de scie d 'or enfasce, les dents vers la pointe.
BRISSART,secrétaireduroieni733, fermier général en 1737, mort vers
D'argent, à l'arbre destnople terrassé de même, au cerf passant d'or brochant sur le fût de l'arbre.
Catalogue des livres et estampes de ieu M. Brissart, secrétaire du rôi, fermier général.... — Parts, G. F. de Bure, 1753, in-8.
BRISSON (Barnabe), chevalier seigneur de la Boissière, président à mortier au Parlement de Paris, et l'un des plus grands jurisconsultes
quela France ait eus.HenrilIIavait coutume de dire qu'il n'y avait aucun prince de la chrétienté qui pût se vanter d'avoir à son service un homme aussi savant que son Brisson.
Il naquit à Fontenay-le-Comte en i532, et mourut à Paris le i5 novembre i5gi, victime de la faction des Seize. Il fut pendu dans une des salles de ce palais même où sa voix éloquente avait si longtemps retenti .
D'azur, à trots fusées d'argent posées enfasce.
Dés son arrivée à Paris, c'est-à-dire en i559, Brisson, sans négliger les devoirs de ses fonctions, s' adonna tout entier à son goût pour les antiquités, les livres, les manuscrits, les médailles, et autres monuments de toute espèce. Il parvint à s'en former une collection qui passait pour l'une des plus remarquables du temps. Après sa fin tragique, son cabinet, au dire de M. Benjamin Fillon, passa a sa fille Marie, qui le porta en mariage à François Myron, président au Grand Conseilj et lieutenant civil de la prévôté de Paris, mort le 4 juin 1699.
Les livres à cette marque sont fort rares, et par conséquent fort recherchés. Nous n'en avons trouvé dans aucune Bibliothèque publique de Paris.
BROC (Pierre de), évéque d'Auxerre, mort le 7 juillet 1671. Il était fils de François de Broc, gentilhomme ordinaire de la Chambre du roi, et de Françoise de Montmorency, fille de Pierre de Montmorency, seigneur de Fosseux.
Ecartelé : au 1 et 4, de sabley à la bande fuselée de 9 pièces d'argent, qui est de Broc; au 2 et 3, d'or, à ta croix de gueules cantonnée de i6alérions d 'a\ur, 4 en chaque canton, 'qui est de Montmorency.
BRODEAU (Julien), avocat au Parlement de Paris, mort en cette ville le 19 avril i653, à l'âge de 70 ans.
D'azur, au chevron d'or, accompagné en chef de 2 roses tigées et feuiltées, et en pointe d'un croissant montant, le tout d'or
ARHORIAL du bibliophile.
,i Quoyque M. Julien Brodeau, dit le P. Jacob, soit en réputation pour b doctrine qu'il a fait paroistre dans les beaux arrests de la cour qui sont entre les mains de tous ceux de sa profession : toutefois l'érection qu'il a faite d'une curieuse bibliothèque ne luy cause pas une moindre gloire a la postérité. »
A la mort de l'illustre commentatateur de la Coutume de Paris, la plupart des manuscrits qu'il avait réunis, et dont quelques-uns provenaient de Grolier et de Louis Chaduc, passèrent dans le cabinet de Baluze et dans celui deBouhier. Le 29 juillet 1699, le libraire M cette abandonna pour 95 liv. , à la Bibliothèque Royale, treize manuscrits ayant appartenu à Julien et Jean Brodeau.
BRON (Jean-Baptiste-Marie), Lyonnais, chanoine de Saint-Paul de Lyon, évéque d'Egée.
De gueules-, au lion d'argent portant une gerbe d'or de ses pattes de devant, au chef cousu d'azur, à deux étoiles d'or.
BROSSES (Charles de), premier président au Parlement de Dijon, né en cette ville le 17 juin 1709, mort le 17 mars 1777.
L'auteur des Lettres historiques et
critiques était non-seulement un savant, un antiquaire et un historien, mais encore un vrai bibliophile. Sa collection se faisait remarquer parle choix des exemplaires et des éditions.
Les livres qu'il avait fait relier étaient en maroquin, dorés sur tranche. On les reconnaît par les armes ci-dessous, mais le plus souvent par ses initiales placées aux angles ou sur le dos.
D'azur, à trois trèfles d'or, 2 et 1.
Catalogue des livres de feu M. de Brosses, premier président du Parlement de Dijon. — Dijon, L. N. Frantin} 1778, in-12.
BROSSIN DE MÉRÉ, chevalier des ordres du Mont-Carmel et de Saint- Lazare,' 1672.
D'argent, au chevron à~a%ur, Pécu entouré du collier des ordres.
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D'a''fe"!' à la rose **e gueules en ça**"' b°umnn^e t*or-
gjîtJLART (Nicolas) , marquis de Sillery. seigneur de Puysieux, chancelier de France, Dé en 1 544 a Sillery, en Champagne, où il est mort le 1" octobre 1624.
De gueules, à la bande d'or chargée d'une traînée de cinq barillets de sable.
Devise : Animis illabere nostris.
Cette marque, avec la devise qui lui
sert, de légende , se trouve sur des
volumes conservés à la Bibliothèque
de Douai.
•<"""" 3RULART (Louis-Philogène) , dit le Marquis de Sillery, né te 12 mai 1702, mort le 8 décembre 1770. 11 avait été successivement capitaine de cavalerie, ambassadeur de France auprès du roi des Deux-Siciles, ministre plénipotentiaire de France aux conférences de Breda, conseiller d'État d'épée à la place du marquis de Fénelon, secrétaire d'État pour les affaires étrangères, chevalier des ordres du Roi , lieutenant-général au gouvernement de la province du Languedoc, enfin gouverneur de la ville d'Épernay en Champagne.
Comme ci-dessus.
BRULART (Charles- Alexis), comte de Genlis, né le 21 janvier 1737,
mort en octobre 1 793. Il avait épousé Stéphanie-Félicité Ducrest de Saint-
DU
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'Paris, — Imprimé che\ Jules lionaventure, 55, quai des Grands-Qtiugustins.
JOANNIS GUIGARD