‹ Armorial du BibliophileChapitre 32 sur 97 · BONVARLET · texte numérisé non relu

BONVARLET

D'argent, à la croix de sable chargée de cinq annelets d'or, 1 à chaque branche et la 5- en cœur.

D'azur, à trois

d'or.

11 y eut deux prélats de ce nom :

l'unévéque de Meaux, l'autre évoque de Troyes, et tous deux s'appelaient Jacques- Bénigne de leurs prénoms.

Le premier mourut en 1704, le second en 1743. L'évéque de Troyes, neveu de l'évéque de Meaux, hérita de la Bibliothèque de son oncle et l'augmenta considérablement.

Cependant ils n'étaient ni l'un ni l'autre ce que l'on appelle des bibliophiles. On ne trouve guère dans leur collection de ces livres que certains amateurs achètent à prix d'or; les éditions princeps, les incunables, et autres raretés bibliographiques, les touchaient fort peu. Tout entiers à la lutte qu'ils soutenaient contre l'ultramontanisme, ils ne s'étaient entourés, en grande partie, que de livres sur la théologie, le droit canonique et les conciles .

Le premier nom des Bossuet était Rouyer; de là les roues dans leurs armes.

Cataloguedes bibliothèques de messieurs Bossuet, anciens évéques de Meaux et de Troyes... — Paris, Gandoutn, 1742, in-8.

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BOUCHER D'ORSAY (Charles), maître des requêtes et intendant de la généralité de Limoges, mort le 14 août 17^0, âgé de 54 ans.

De gueules, semé de croisettes d'argent, au lion d'or brochant sur te tout.

BOUCHERAT (Louis), chevalier, comte de Compans, né à Paris, le ïo août, d'après la Biographie générale, et le 6 septembre 1616, selon Duleau ; mort le 2 septembre 1699.

D'azur, au coq d'or, crête, becqué, barbé et membre de gueules..

Devise : Sol reperit vigilem.

Boucherai succéda à Le Tellier, en 1 685 , dans la charge de chancelier de France, Son prédécesseur avait signé,

quelques jours avant sa mort, la révocation de l'édit de Nantes; Boucherai fut chargé de l'exécution de cette mal- . heureuse et cruelle mesure.

Dans les Portraits des membres du Parlement de Paris, publiés par Duleau, nous trouvons : a Boucherat.— ■ A l'expérience des affaires ; soubs a une fausse probité cache beaucoup « d'ambition, pour laquelle il s'entrea tient avec la caballe dévote, comme a un moyendeparvenirà ses affaires.!

Quoi qu'il en soit, il aimait les livres, et sa Bibliothèque. était belle.

Vers 1686, il l'augmenta d'une précieuse collection de copies que M. Loménie de Brienne fit faire sur son propre recueil, aujourd'hui conservé à la Bibliothèque Impériale.

BOUCHET, marquis de Sourcbes {Louis-François du), 1" du nom, prévôt de l'Hôtel, conseiller d'Etat, gouverneur des provinces du Maine, de Laval et du Perche, mort le 4 mars 1716.

D'argent, à deux/asces de sable.

Outre ses armes, les livres de cet amateur portaient encore aux angles et sur le dos un monogramme formé des lettres L. F. B. D. S. entrelacées, initiales de ses noms et prénoms.

ARMORUL DU BIBLIOPHILE.

BOUCOT, garde-rôle des offices de France.

D'azur, au chevron d'or, accompagné en chef de deux rbses, et en points d'une gerbe de même.

Catalogue de la Bibliothèque de défunt M. Boucot, garde-rôle des offices de France, composée de 18,000 volumes imprimés, déplus de 70,000 estampes, entre lesquelles il y a 17,000 portraits..., d'un très-grand nombre de livres d'art..., de médailles..., de planches, et autres remplis de figures, et de plusieurs manuscrits en vélin, ornés de très-belles miniatures. — Paris, 1699, in-12. A la suite se trouve le catalogue des estampes avec une pagination spéciale.

BOUFFIER (Gaspard), célèbre avocat au Parlementa Grenoble. 1629.

D'azur, au lion d argent, lampassé

et armé de gueules, tenant de sa patte dextre une fleur de lys d'or.

Devise : Dextra liiium sustinet.

Les armes ci-dessus, avec les ornements gracieux qui les entourent , montrent, â défaut de tout autre renseignement, que la Bibliothèque de cet habile avocat devait être riche et de bon goût. '

BOUFFLERS (Louis- François, duc de), maréchal de France, si connu sous le nom du Chevalier de Boufflers. Né le 1 ojanvier 1 644, mort le 22 août 171 1.

D'argent, à trois molettes d'éperon à six raies de gueules, posées 2 et 1 , accompagnées de neuf croisettes recroisettées au pied fiché de gueules, rangées 3 en chef, 'i enfasce et 3 en pointe ; ces trois dernières mises 2 et 1.

BOUFFLERS (Joseph-Marie, duc de), pair de France, né le 2 mai 1706, mort le 2 juillet 1747.

Cette illustre famille fut en quelque sorte privilégié». Elle a fourni nonseulement des hommes d'État et des

ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE.

guerriers, rflais encore, ce qui est préférable, des pottes et des bibliophiles.

Comme ci-dessus.

BOUHIER(Jean), savant et littérateur, président a mortier au Parlement de Bourgogne, membre de l'Académie française, né à Dijon, le 1 6 mars 1673, mort le ^mars 1746.

Il était fils de Bénigne Bouhier , aussi président au même Parlement.

D'azur, au bœuf passant d'or.

Le goût des lettres, l'amour du beau, les nobles jouissances intellectuelles furent en quelque sorte le trait caractéristique de cette illustre famille. Dés la (in du xv* siècle, au commencement du règne de Louis XII, l'on voit un Jean Bouhier, conseiller au Parlement de Dijon, collectionner médailles, livres et manuscrits.

Bénigne, son fils, et Jean, son petitfils, réunissent respectivement de nombreux ouvrages, que Jean couvre de notes savantes.

Etienne, le fils de celui-ci, son droit fait, parcourt toute l'Italie, d'où il rapporte une grande quantité de volumes précieux dont il forme le noyau de sa Bibliothèque, qu'il augmenta considérablement ensuite. « Par le

■ catalogue que j'ai conservé, dit le * président Bouhier , l'on voit qu'elle « était nombreuse et très-bien choisie, a Je crois même qu'il y avoit alors peu « de particuliers qui en eussent de

■ semblables. »

Etienne mort, cette Bibliothèque est démembrée et répartie entre ses enfants. L'aîné, Jean Bouhier, conseiller au Parlement de Dijon, aïeul du président, entreprend de la reconstituer, et dans ce but n'épargne ni peines ni dépenses. Aux quelques volumes, portion de son héritage, il ajoute d'abord tout ce qui restait de la célèbre collection de Ponthus de Thyard, évoque de Chalon-sur- Saône, qu'il acquît vers 1642 de Ponthus et Louis de Xhyard, héritiers et neveux du prélat.

Puis, à force de persévérance, il finit par recouvrer la plupart des livres qui avaient été disséminés chez les divers membres de la famille lors de la dispersion de la Bibliothèque de son père. Non content des imprimés, il se met avec ardeur à la recherche des manuscrits, et en rassemble un nombre considérable des plus intéressants. Ceux qu'il ne peut avoir en original, il les fait copier à ses frais, et en copie lui-même plus de cinquante volumes.

Telle fut l'origine de cette Bibliothèque fameuse qui, renfermant les principales productions de la pensée humaine, depuis l'antiquité jus-

qu'alors, devait, de père en fils, subsister près d'un siècle et demi , et pendant ce long espace de temps exciter l'admiration des amateurs contemporains. En 1 671, époque à laquelle mourut Jean Bouhier, elle passait déjà pour Tune des plus remarquables du temps.

Son fils, Bénigne Bouhier, la conserva et l'entretint avec un soin pieux, puis la transmit à Jean Bouhier, le président, celui qui devait être la gloire de sa maison par son talent, son caractère et ses vastes connaissances. Entre ses" mains la collection paternelle prit un tel développement, qu'elle dépassa bientôt tout ce qu'on avait vu en ce genre jusqu'à ce jour chez un simple individu, tant par la richesse du fond que par la splendeur de la forme. On y comptait alors plus de 35 ,000 volumes représentant les ouvrages les plus rares tt les plus habilement ornés. Là, sur des rayons en bois des îles, garnis de Crépine^ soie et or, dans leurs relku%* à larges dentelles , se pressaient» mmères , les Etienne , les Phntin, les Akle, les Sébastien Gryphc, les Michel Vasoosan, les Wechel, les Antoine Verard, toutes les gloires de la typographie d'alors» On y trouvait aussi environ 2,000 manuscrits précieux à tous égards^ et surtout pour l'histoire de la Bourgogne en général et de la ville de Dijon en particulier, et un grand nombre de cartons pleins d'estampes et de gravuresdes meilleurs maîtres.

Le président Bouhier avait encore recueilli dans la succession de son grand-père un superbe cabinet d'antiquités de toute espèce : médailles romaines, grecques, hébraïques, de tout module; monnaies anciennes, or et argent , pierres gravées , agates , onyx, et autres objets de curiosité de

tous les âges et de tous les lieux. Sans dédaigner Fart proprement dit, le président Bouhier, entraîné par sa passion dominante, la bibliophilie, se défit, en 171 9, de ce cabinet pour enrichir sa Bibliothèque.

Cette Bibliothèque jouissait d'une réputation universelle. D'un bout à l'autre du monde savant, tout ce qu'il y avait de distingué dans les lettres, les arts et les sciences , se donnait rendez-vous dans les salles magistrales du magnifique hôtel (1) qui la renfermait. On parlait de Bouhier et de ses livres à Rome, à Venise, à Naples, à Leipsick, à Amsterdam, à Saint-Pétersbourg, comme à Dijon, à Aix et à Paris. Bernard de la Monnoye, un Dijonnais et un bibliophile aussi, voulait qu'on mît à l'entrée de ce pandémonium bibliographique le distique suivant 'que, dans son enthousiasme, il avait composé :

Hase sacra qui lustras, Buhierum sedulus audi, Omnibus hic libris, plura docere potest.

Le président Bouhier était le type du bibliophile, Il ne se contentait pas d'amasser des livres, mais il les lisait et faisait sur chacun d'eux des remarques qu'il consignait soit sur les marges mêmes des volumes, soit sur des feuilles détachées (2). De plus, lorsque sa collection fut composée à peu près comme il l'entendait , quand elle répondit à son idéal, seul, de sa propre main, avec une patience surhumaine, il en dressa le catalogue.

L'imagination recule effrayée devant un pareil travail, et Ton se demande, non sans stupeur, comment au mi-

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