‹ Armorial du BibliophileChapitre 44 sur 97 · DU PL'Y · texte numérisé non relu

DU PL'Y

D'or, à la bande de sable chargée de 3 besants d'argent.

a Si les Muses doivent quelques recognoissances à ceux qui les courtisent avec un grand fruit, elles en doivent un signalé à MM. Pierre et Jacques Du Puy, frères.»

En parlant ainsi, le P. Jacob ne faisait que rendre hommage à l'immense réputation que les deux frères s'étaient légitimement acquise par leurs travaux, leur érudition et leur amour des lettres et des livres. On ne vit guère, en effet, deux hommes plus ardemment et plus sincèrement dévoués aux intérêts de la science, Tra-

vailleurs infatigables, unis par le but comme par le sang, toute leur vie fut consacrée à la recherche des documents historiques; et si nous avons des données précises sur les temps anciens de notre pays, c'est en grande partie aux frères Du* Puy que nous en sommes redevables.

Déjà leur père, Claude Du Puy (i), jurisconsultecélèbreet zélé bibliophile, avait fondé une Bibliothèque où se trouvaient les ouvrages imprimés les plus rares et les manuscrits les plus précieux. Parmi ceux-ci figuraient les Epttres de S. Paul en grec et latin, et le Tite-Live en lettres onciales. On y voyait encore « les antiques fragments de Virgile, qu'il donna à Fulvio Orsini, et sur lesquels M. Pertz a récemment appelé l'attention du monde savants.

Lorsque Claude Du Puy mourut, sa succession bibliographique fut recueillie en commun par les deux plus jeunes de ses fils, Pierre (2) et Jacques (3) Du Puy : le premier, l'aîné, conseiller d'Etat; le second, prieur de Saint-Sauveur les-Bray, et tous deux gardes de la Bibliothèque du Roi. Les deux frères travaillèrent de concert à l'augmentation etàl'améliorationde la Bibliothèque qu'ils tenaient de l'héritage paternel. Avec une persévérance que le désir d'être utile à ses concitoyens peut seuledonner, ils formèrent cette collection gigantesque dont les annales de la bibliophilie n'offrent pas d'exemple, connue à la Bibliothèque Nationale sous le nom de Collection

(1) Né à Paris, en i5^S, mort en la même ville, le i" décerpbre 1594.

(a) Pierre naquit à Dijon, le 27 novembre i58a, et mourut le 14 décembre i65i.

(3) Jacques vit le jour à Paris en i586, et décéda en Ja même ville, le 27 novembre i656.

Du Puy. Cette collection se compose de 798 volumes in-fr et de 39 volumes in-4°.ou in-8<>, de pièces détachées, imprimées ou manuscrites, sur toutes sortes de matières : mémoires historiques, traités de paix, titres généalogi?

ques, lettres autographes, etc. Du vivant même des frères Du Puy, elle jouissait d'une telle célébrité, qu'un auteur contemporain , Charles de Combault, baron d'Auteuil, dans son Histoire des Ministres d'Etat, p. 418, la cite comme un « abisme de doctrine, de curiosité et d'honneur ».

On a dit qu'ils avaient entrepris ce travail de Titans pour l'usage du président de Thou. Nous ne savons guère sur quelle preuve cette assertion repose. Quoi qu'il en soit, ce que Ton ne saurait nier, c'est que Jacques Du Puy, le dernier survivant des deux frères, en fit don, par legs testamentaire, à M. l'abbé de Thou, le descendant de l'illustre président.

En 1680, de Thou vendit la collection au président Charron de Ménars qui, aux 798 volumes ci-dessus mentionnés, en ajouta 160 autres de la même provenance. Charron de Ménars mort, ces manuscrits tombèrent entre les mains de Marie-Thérèse Charron de Ménars, et Marie- Françoise-Thérèse Charron de Nozieux , ses filles et ses héritières, qui les vendirent, le 10 avril 1720, au procureur général Joly de Fleury, au prix de 25, 000 livres.

Enfin, Louis XVI les acheta des héritiers de ce dernier pour la Bibliothèque du Roi , moyennant la somme de 60,000 livres.

Quelques mois après la mort de son frère, Jacques Du Puy, par testament en date du 25 mai i652, avait légué au Roi sa Bibliothèque , composée de 10,000 volumes, avec tous les manus-

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crits, au nombre de 360, et le catalogue de ceux-ci, qu'il exécuta de sa propre main, en deux volumes in-folio.

Aujourd'hui, catalogue, livres imprimés, livres manuscrits, toutes les richesses littéraires provenant des Du Puy, sont conservées à la Bibliothèque Nationale. On les reconnaît facilement par les armes ci-dessus frappées sur les

plats des reliures, et par le double A mis au dos de chaque volume.

Delisle, Cabinet des Manuscrits de la Bibliothèque Impériale. — Le P.

Jacob, Traité des plus belles Bibliothèques.

DURAND (Pierre-François), sieur de Montlessus, reçu conseiller au

Parlementde Paris le 22 août 17^1, en la deuxième Chambre des En-

BI-IOPHILE.

quêtes. Mort en novembre 1732.

De gueules, au lion d'or tenant un coutelas d'argent garni d'or.

DURAND (Philibert), seigneur d'Auxi, conseiller au Parlement de Bourgogne, reçu le 9 janvier 17(1.

Il résigna ses fonctions pour passer & la charge de Grand-Maître des Eaux et Forêts de cette province.

D 'or ,à la fasce de gueules, chargée de trois têtes de lion arrachées d'or .

DURAND DE SAINT-EUGÈNE (Philippe- Alexis) , chevalier, sei-

gneur de Trouhart-le-Guilloiré~, de la même famille que le précédent, mort le 4 décembre 1729, âgé de 53 ans. II avait été Maître d'Hetel

ARHOIUAL DU BIBLIOPHILE.

ordinaire du roi, conseiller d'État,

et président à la Chambre des

Comptes de Bourgogne.

D'or, à la bordure engrêlée de gueules, à lafasce de même, chargée de trois têtes de lion arrachées d'or.

DURET DE CHEVRI (Charles), présidente la Chambre des Comptes de Paris, secrétaire et commandeur des Ordres du Roi , et contrôleur général des finances. Mort en 1637.

Il était fils du célèbre Louis Duret, médecin de Charles IX et de Henri III.

D'azur, à trots diamants taillés en losanges d'argent, ckatonnés d'or, portanten cœur un souci feuille de simple.

Ce magistrat avait une fort belle bibliothèque dans l'hôtel qu'il s'était fait construire à l'angle de.la rue Richelieu et de la rue N eu ve-d es- Petits- Champs. Jacques Tubeuf, président à la même cour, acheta cet hôtel et le réunit au sien. Ce sont ces deuxhôtels que l'on a restaures pour en faire une partie des bâtiments servant aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale.

DURFORT , duc de Lorges et de Randon (Guy-Michel de), maréchal de France, né le 26 août 1704, mort à Courbevoie, près Paris, le 6 juin

Ëcartelé : au 1 et 4, d'argent, à la bande de gueules qui est de Durfort; au 2 et S, de gueules, au lion d'argent, qui est de Duras ; sur le tout, au lambel d'or à trois pendants.

DURFORT, duc de Duras (Emmanuel-Félicité de), maréchal de France. Né le 19 décembre 1715, mort à Versailles le 6 septembre

Ëcartelé : au 1 et 4, d 'argent, à la kande de gueules qui est de Durfort; au 2 et 3, de gueules, au lion d'argent, qui est de Duras.

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ÀHBORIAL DU BIBLIOPHILE.

livres et d'objets d'art. Ronsard lui adressa le sonnet suivant :

De pocher presque Kul les affairés de France, D'une main qui se fait diuineen fermant, De répondre aux paquets d'Itale et du Levant, Et v acq uer nui t et jour a ux ch oses d'im portance t)e mener le premier des neuf Muscs la danse. Compagnon d'Apollon, aller haut éleuant En faueur, en crédit, ceux qui vous ensuivant De bien loin après toy, des Muses la cadence. Parlerd'une voix graue aux princes hardiment; Saluerd'un oeil doux les petits priuément, Auoir dedans le cceur mille vertus encloses. Sans est re courtisan, mais ouuert et entier, Jamais le ciel bénin n'assembla tant de choses Pour faire un homme heureux, en autre qu'en

D'azur, à trois grîllettes d'or.

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