‹ Armorial du BibliophileChapitre 84 sur 97 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

PARIS .1BRA1RIE BACHEL1N-DEFL0RENNL

3, QUAI MALAQUA1S, 3

ARMOIUAL DU BIBLIOPHILE.

NEUFVILLE-VILLEROI {Jeanne- Louise-Constance, duchesse de), fille de Louis-Marie-Augustin., duc d'Aumont, pair de France, et de Victoire- Félicité de Durfort-Duras.

Elle naquit le n février 1731 , et mourut à Versailles le 1" octobre 1S16.

D'azur, au chevron d'or accompagné de trois croisettes ancrées du même, qui est de Neufville-Villehoi ; accolé d'AviionT, qui est d'argent, au chevron de gueules accompagné de sept merlettes du même, posées 2, 2 en chef, et ij 2 en pointe.

Elleavait épousé, le 1 3 janvier 1747, Gabriel-François de Neufville, duc de Villeroi, maréchal de camp et gouverneur du Lyonnais.

La duchesse de Villeroi, connue par l'indépendance de son caractère, femme aimante et que trop aimée, cultiva les arts et les lettres avec beaucoup d'ardeur. On lui doit quelques morceaux pleins de verve et d'originalité, insérés dans les Actes des Apôtres. De plus, elle traduisit elle-même l'Histoire de la Grèce, de l'anglais Gilltes Goldsmith et Gast Leuliette.

Plusieurs autres productions de sa main restèrent à l'état de manuscrits.

En femme de goût, comme presque toutes les femmes de cette époque, elle se forma une riche collection de livres dont la plupart étaient frappés â ses armes et tous supérieurement habillés.

On y remarquait de bons ouvrages dans presque tomes les branches des connaissances humaines, et particulièrement dans la poésie et les romans.

Beaucoup de ses volumes figurent parmi les richesses de la Bibliothèque Nationale, où nousavons relevé la marque ci-dessus sur l'un d'eux, coté :

NEUFVILLE (Charles de) de Villeroi, marquis d'Alaincourt, gouverneur du Lyonnais. Mort à Lyon le 18 janvier 1642, âgé d'environ 76 ans. Il fut inhumé dans l'église des carmélites de cette ville.

Comme ci -dessus.

Avec un chiffre composé de deux A et de deux C (collège de Lyon).

Armes et chiffre frappés sur un volume donné comme prix, en 1624, intitulé : Caroli Sigonii de Antiquo jure civiutn. — Hanovice, 1619, infol. —Coll. Morante,

AttMCHtlAl. DU BlttMOl'HiLF..

NICOLAr(Jean-Aymardde),marquî; deGoussainville, reçu premier président en la chambre des comptes de Paris, le 5 mars 1686. Né le i"avril 1 658, mort le 4 octobre 1 737.

D'a\ur, au lévrier courant d'argent, accolé de gueules, bandé d'or.

Après son mariage, il accole l'écu de sa femme Marie-Catherine le Camus, morte le 1 1 mai 1696, et sen fur devient alors

e Nicolaï, accolé de le Camus, qui est d'azur, au pélican d'argent ensanglanté de gueules dans son aire, au

chef cousu de gueules chargé d'une fleur de 1rs d'or.

NIVELLE (Pierre de), docteur en théologie de la Faculté de Paris, conseiller-né au parlement de Bourgogne, élu abbé et générai de l'ordre de Cîteaux au mois de novembre t625, puis enfin nommé évéque de Luçon en i635.

Ce prélat avait une collection de livres remarquable, dont on trouve les débris dans les bibliothèques publiques de Paris, et particulièrement .luns celle de la rue Richelieu, où nous avons relevé les deux fers suivants.

Le premier, lorsque Pierre de Nivelle n'était encore qu'abbé de Cit:aux

D'azur, au rencontre de cerf d'or, surmonté d'un christ du même.

l'écu entouré de cette légende :

PETRVS NIVELLIVS

CISTERCII RELIGIOSU3,

frappé sur un vol, coté : E Inv. 793.

ARK0KIAL DU BIBLIOPHILE

Le second, après qu'il fut élevé au siège épiscopal de Luçon

Ecartelé: au i et^,d'a\ur,semé de fleurs de lys d'or, qui est de France ancienne, et en cœur bandé d'or el d'azur de six pièces, à la bordure de gueules, qui est de Bourgogne ancienne; au 2 et 3, d'azur, au rencontre de cerf d'or surmonté d 'une croix pattée, du même, qui est de Nivelle.

sur un vol. coté : E 1609,

NOAlLLES(Louis-Antoine, duc de) cardinal et archevêque de Paris, ni

le 27 mai i65t. mort le. 1 mai ij*£.

De gueules, à ta bande d'or.

NOAILLES (Cath^rine-Francoise- Charlotte Cossé-Brissac, duchesse de). Elle avait épousé, à l'âge d* 1 3 ans, Louis, duc de Noailles, maréchal de France. Elle naquit le i3. janvier 1724 et mourut lez juillet 1793 sur l'écbafaud révolutionnaire.

De No ailles, accoté de Cossé-Brissac, qui est : de sable à trois fasces denchées d'or du côté de la pointe.

NOAILLES (Louis, duc de), maréchal de France, mari de la .précédente, né en iyi3, mort à Saint- Germain-en-I.avu le 22 août"i793.

-DeNoAiLLbs,.... me ci-dessus

h>i48 AkuouuL ;

Chose digne de remarque et qui

pourrait épouvanter les superstitieux,

entre les deux époux le nombre treize

se trouve répété cinq fois.

NOAILLES ( Anne - Alexandrine - Louise d'Arpajon, duchesse de).

Elle avait épousé, le 27 novembre 174t. Philippe de Noailles, dit le maréchal de Mouchy, frère du précédent. Us périrent tous deux sur l'échafaud révolutionnaire, le 27 juin 1794, elle âgée de 66 ans, lui de 79.

De NoAiLLiis, comme ci-dessus ; accolé ij'Arpajon, qui est : écartelé : au 1 et 4, de gueules, à ta croix de Toulouse, qui est de Lautrec moderne ; au 2, de gueules, au lion d'or armé, lampassé et couronné de même, qui est de Lautrec ancien; au 3, de gueules, à la harpe d'or, qui est à" Abpajon pur.

NOAILLES ( Marie - Françoise de Bournonville , duchesse de), fille unique d'Ambroise, duc de Bournonville, gouverneur de la ville de Paris.

i BIBLIOPHILE.

Elle naquît en i656, et mourut le 16 juillet 1743, âgée de quatrevingt - sept ans. La duchesse de Noailles avait épousé, le i5 août 1671, Anne-Jules de Noailles, né le 4 février i'65o , mort te 2 octobre 1706, pair et maréchal de France.

De Noailles, accoté de Bournon-

Cette marque figure sur les plais d'un livre intitulé : Hermanni Boerhaave libellas de .materia medica.

NODIER (Charles), né à Besançon vers 1780, mort à Paris en 1844.

Pas noble du tout, ce bon Nodier; eh bien, pas plus fier pour tout ça !

Roturier tout plein, l'auteur de Trilby, de Smarra, de la Fée aux miettes et de tant d'autres petites nouvelles étincelantes, où la richesse du style s'unit à tous les caprices de la fantaisie.

Vilain jusqu'à la moelle, ce savant et ce lettré, doux et fin, malicieux et bonhomme tout à la fois, qui lit de la bibliographie, de cette science maiis-

ARKORIAL DU

sade jusqu'alors, une des plus attrayantes formes littéraires.

Et comme il aimait les livres 1 et comme il les connaissait I et comme il en parlait 1

C'est le propre du travailleur d'aimer le travail d'autrui.

Quoiqu'il n'eût aucun de ses ancêtres, que nous sachions, ayant participé à ces carnavals armés qu'on appelle croisades, Nodier — l'outrecuidant — n'en timbrait pas moins ses livres d'un sceau, sceau d'une charmante simplicité et qui montre l'homme tout entier.

Ni or ni gueules, rien d'héraldique :

Ex musaro Caroli Nodier, c'est tout.

Mais le sceau, le vrai sceau, le sceau qui le fera éternellement vivre dans la mémoire de tous les bibliophiles, ce sont les notes dont il emplissait les livres de ses curieuses collections (i). Notes savantes, vives, alertes, courtes, substantielles pourtant, et qui, en deux mots, peignent un homme ou un ouvrage.

(i) 1) en eut trois ; la première fut vendue en 1817; la seconde en 18191 en 1844, l'année même de sa n

Consultez les deux premiers volumes de ce recueil connu de l'Europe entière sous ce titre : Bulletin du bù bliopkile-, consultez les Mélanges tirés d'une petite bibliothèque (1), la Description raisonnée d'une jolie collection de livres (2), — véritable cours de bibliographie, — et vous verrez , cher lecteur, je n'ose pas dire chère lectrice, oh non ! et vous verrez, disje, ce que peut un homme d'esprit, de talent et de cœur.

NOGARET {Louis de), évéque de Mirepoix, bâtard de Jean-Louis de Nogaret, duc d'Epernon, mort le

10 septembre 1679.

D'argent, au noyer de simple, qui est de Nogaret ; parti de gueules, à la croix vidée et pommelée d'or, qui est l'Isle-Jourdain; au chef de gueules, à la croix potencée a*ar-gent : sur le tout d'azur, à la cloche d'argent, bataitlée de sable, qui est de Lagoursan-Bkllbgardb &unr- Lart.

( :) Paris; 1829, in-8.

(1) Pari», Techener, 184+1 inS

iSo

AHHQHUL DU BIBLIOPHILE.

NOGARET DE LA VALLETTE (Louise), abbesse de Sainte-Glossme de Metz, bâtarde de Jean-Louis de Nogaret, duc d'Epernon, sœur du précédent, morte en 1647.

Comme ci-dessus.

Le livre sur lequel figurent ces armes porte en outre aux angles le chiffre suivant ■

formé de deux AA entrelacés (Louise Lavallette).

Armes et chiffre sur un volume conservé à la Bibliothèque Nationale «ousleN*/>Lb^

NOIR (Jean-Charles-Pierre le), conseiller d'État et lieutenant de police de Paris. Mort en 1807, âgé de

75 ans.

Les écussonsqui servent à marquer les livres de cet amateur offrent parfois de notables différences, soit dans les ornements extérieurs, soit dans les meubles de l'écu.

Nous avons trouvé trois de ces écus> sons:

Le premier

ligure sur un volume intitulé : Statuts et Règlements.... 1744, conservé à la Bibliothèque Nationale sous cette formule : F. Double.

C'est un exemplaire dédié à le Noir, alors lieutenant particulier.

La corporation, en lui envoyant ses statuts bien reliés en beau maroquin du Levant, aurait cru manquer à la politesse si elle n'y avait fait apposer les armes de celui auquel elle les dédiait.

A cet effet, — les choses ont dû se passer ainsi, — le dessinateur ou le graveur, peu versé dans les mystères héraldiques, consulta un armoriai qui lui répondit:

Le Noir, d'or, au chevron d'azur accompagné en chef de deux étoiles

ARMOBIJJ. DU BIBLtONIU-E ,

de même, et en pointe d'une tête de More tortillée d'argent.

Sont-ce bien là les armes de notre le Noir? Nous avons lieu d'en douter.

Mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'elles ont été incontestablement frappées pour lui et comme étant les siennes propres .

Il n'y avait d'ailleurs à l'époque, dans l'administration parisienne, qu'une seule personne du nom de le.

Noir, et cette personne était le lieutenant de police.

Le second

différant chacun du premier, et qui ne sont pas, en-outre, exactement sem-

blables entre eux deux, se blasonnent ainsi :

D'azur, au chevron d'or accompagné en chef de deux têtes de More de sable tortillées d'argent, mises de profil, et en pointe d'une grappe de raisin aussi de sable, tigée et/euillée de sinople.

Seulement, dans l'un, les têtes de Mores sont dirigées du même côté, et dans l'autre elles sont affrontées.

Le dernier, à notre sens, doit être considéré comme le seul vrai, le seul authentique, car il orne les plats du propre catalogue de la bibliothèque de le Noir, dont voici le titre :

Catalogue des livres qui composent la bibliothèque de M. le Noir, conseiller d'État, lieutenant général de police. — Paris, impr. Valade, 1782, in-4.

Ce catalogue, selon Nodîer,est unique. Il ne fut imprimé que pour le service de la bibliothèque dont il mentionne les ouvrages. — Vendu 45 fr. à la première vente de Nodier, et 41 a celle de Morante.

NOUET(Jean-Jacques),conseillerau* Parlement rie P;iri?. 1710.

D'a\ur, au chevron d'or accom-

ARKOMAL DU BIBLIOPHILE.

pagné de 3 raisins de même, a en chef, i enpointe.

Empreinte communiquée parM, Jules Cousin, de la Bibliothèque de l'Arsenal

NULLY (Estienne de), premier prési dent à la Cour des Aides, et prévôt des marchands de la ville de Paris.

De gueules, à la croix fleurdelysée d'or, cantonnée de 4 billettes de même.

Les livres de Nully se distinguaient par des ornements aux petits fers d'une telle magnificence, que sans le chiffre on les confondrait avec ceux de Grolicr, de Maioli ou de Laurîn.

La planche 59 de i' Album des reliures artistiques, publié par Bachelin- Deflorenne, nous en offre un des plus beaux modèles, tiré du cabin. Didot.

Sur les plats des volumes on trouve

tantôt les armes ci-dessus, tantôt celles de Paris.

Dans l'un et l'autre cas figure aux ingles ou sur les plats ce chiffre

formé des lettres A. B. O. li. N. , initiales des nom et prénoms du célèbre prévôt des marchands de Paris.

OFFRAN V I LLE (Jean-David Chauvin d')T né en 171 6 à Offrartville (haute Normandie), entré au service en 1735, chevalier de Saint- Louis, capitaine aux gardes françaises en 1761, maréchal des camps et armées du roi en 1780, mort au château de Cleponville en 1799.

iya\ur,àlafasce d or chargée d'un demi-cercle ou arcen-ciel a"a\ur, coupé d'argent à trois oiseaux] de sable becqués et membres de gueules.

ARMORIXL DU BIBLIOPHILE.

PAJOT (Christophe), seigneur de Laulnoy, abbé co m mandata ire des abbayesde Saint-Jacques de Provins et de Valsainte, conseiller du Roi au Parlement de Paris, mort le 24 novembre 1730, âgé de 80 ans.

D'argent, au chevron d'azur ac~ compagne de 3 têtes d'aigle arrachées de sable, allumées d'argent.

PAJOT (Louis-Léon), comte d'Onsen-Bray, membre honoraire de l'Académie des sciences, savant mécanicien, né à Paris en 1678, mort le 22 février 1753.

un siècle auparavant, par le duc de Montausier, gouverneur du Dauphin.

Elle fut acquise par M. Pajotd'Onsen-Bray, directeur général des postes, et passa ensuite entre les mains de son fils, membre honoraire de l'Académie des sciences.

Catalogue des livres de feu

M.Pajot, comte d'Ons-en-Bray, membre honoraire de l'Académie des sciences — Paris, G. Martin, 17S6, in-8,

PAPILLON DE LA FERTÉ (Denis-Pierre-Jean), intendant des Menus-plaisirs du Roi. Il naquit à Châlons-sur-Marne en 1727 et mourut le 7 juillet 1794 sur l'échafaud révolutionnaire.

Comme ci-dessus.

Cette bibliothèque avait été formée,

D'a{ur, au chevron d'argent accompagné en chef de 2 papillons d'or, et en pointe d'un coqhardi du même.

L'écusson est quelquefois remplacé par un simple papillon voltigeant.

La bibliothèque de cet amateur se composait en grande partie d'ouvrages relatifs au théâtre; mais on y voyait aussi beaucoupde ces productions que

les mœurs du temps permettaient dans les collections des grands seigneurs.

PARDAILLAN-GONDRIN (Louis- Henri de), connu sous le nom de duc d'Antin et d'Epernon, pair de France. Il naquit en 1 665, et mourut à Paris le 2 décembre 1736.

C'est le type du courtisan, le vrai courtisan, le courtisan sans honneur et sans humeur, comme le qualifiait durement le duc d'Orléans.

Selon Voltaire, il se distingua par un art singulier, non pas de dire des choses flatteuses, mais d'en faire.

a II était, dit Sainte-Beuve, le fils unique né dans le mariage, avant que Mme de Montespan entrât au lit de Jupiter, pour lui donner des demi-dieux.

Il se trouvait ainsi, simple mortel, le demi-frère du duc du Maine, du comte de Toulouse, enfin de ces sept enfants qui avaient nom Bourbon, et qui étaient traités commedela pure race de POlympe, C'était de lui, fils légitime, que sa mère rougissait, tandis que les autres, les fils adultérins, s'étalaient par elle avec gloire. » Voilà pour l'homme.

Quant au bibliophile, pendant sa longue et pénible carrière de courtisan , il sut réunir un grand nombre de livres du meilleur choix, qu'il avait fait richement relier et orner par les plus habiles artistes de son époque.

Presque tous étaient frappés à ses armes.

Nous avons trouvé de sa marque trois modèles différents en ce qui touche seulement les ornements.

Celui dont le dessin suit figure sur un exemplaire du Recueil des nouvelles ordinaires et extraordinaires, 1701, in-4, volume relié en mar. r., et conservé à la Bibliothèque Nationale, sous le N° 40 L*f.

L'écu est entouré du double collier desordres de Saint-Michel et du Saint- Esprit. Mais avant qu'il fût chevalier des ordres du Roi, à la place des colliers, on voyait deux sauvages pour tenants.

Coupé : parti en chef de 4 traits et en pointe de 3, ce qui fait g quartiers; au 1, d' Espagne- Montespan; au 2 y de Saint- Lary; au 3, de Lagorsan ; au 4, de Fumel ; au 5, de Pardaillan ; au 6 et 1 de la pointe, </'Orbessan; au 7, de la Barthe ai Thermes; au 8, <TAntin; au 9, de Rochechouart . Sur le tout9 de Castillon en Médoc.

AliUORIAL DU BIBLIOPHILE.

PARIS DE LA BROSSE (Nicolas- Joseph de), évêque d'Orléans. Mort le 14 mai 1756.

Ecartelé : au 1 et 4, d'azur, à la fasce d'or surmontée -de 3 roses de même, accompagnée en pointe d'une tour aussi d'or, qui est de Paris; au 2 et 3, de Fleuriau-d'Arkknon-

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