RAFFIN »E PER1CARD
D'a\ur, à la fasce d'argent, accompagnée en chef 4e 3 étoiles de même.
Nous n'avons rien pu découvrir sur la personnalité de ce-bibliophile, qui timbrait ses livres de ce joli fer.
ARH0R11L DU
RAGOIS DE BRETONVILLIERS (Bénigne le), reçu président en la Chambre des Comptes de Paris le 10 février 1657, mort le 25 janvier 1700.
Bretonvilliers, qui avait été receveur général des Finances, se fit dans cet honnête emploi un revenu annuel de 600,000 livres. A peu près trois millions de notre argent actuel.
Ahl l'ordre, le travail, l'économie!
Quelles qualités ! pour les financiers surtout!
Pour se donner du relief, — d'autres diraient du chic, — il voulut aussi se payer une bibliothèque tout comme un autre: c'était son droit.
A la pointe de l'île Saint-Louis, dans l'hôtel qu'il s'était fait construire et qui passait pour une merveille {1), il commença tout naturellement par se faire fabriquer un magnifique bois de bibliothèque. Le contenant avant le contenu : logiquejusqu'aux bouts des ongles, Bretonvilliers.
Le meuble, c'était déjà quelque chose.
Avec de la patience, et quelques conseils aidant, car le pauvre financier n'avait pas la réputation d'être trèsfort en bibliophilie (2), il parvint à remplir le susdit meuble.
Cependant, malgré les mauvaises langues, il eut de temps à autre la main heureuse.
Lorsqu'il mourut, c'est-à-dire en 1700,1a Bibliothèque du Roi fit acqui-
(1) Journal d'un voyagea Paris en 16S7-S publié psrTaugère, 1861, io-8, p. 111.
(2) Tout rebut chef Breton-Villière, dit Rymaille.
sttion, à sa vente, de trente-cinq manuscrits sur lesquels vingt-trois concernaient spécialement la Lorraine.
Comme tout amateur qui se respecte, la plupart de ses livres étaient frappés à ses armes.
D'azur, à l'aigle essorante d'argent tenant de la patte dextre w:
rameau d'olivier d'or ; au chef d'argent chargé de deux faucilles de gueules.
RAPINE (D. François), prieur de Saint-Pierre-Ie-Moustiers, en Nivernais, aumônier de la reine Marie de Médias, et aumônier général de l'artillerie de France. Rapine appartenait à une ancienne famille encore représentée en Nivernais.
Sa bibliothèque, très-nombreuse, s:
composait en grande partie des classiques grecs et latins. On y trouvait quelques manuscrits précieux et des livres provenant des meilleures typographies de l'Europe.
Plusieurs de ses volumes, par le goût et la richesse de l'ornementation, nous font penser qu'ils ont dû être ha- .billés par Nicolas Eve, l'artiste de l'époque.
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losange de gueules, et accosté de a molettes d'or.
RENOUARD (Claude-François), seigneur de Fleury, grand-maître des eaux et forêts de France, au comté
de Bourgogne, vers 1750.
Coupé: au 1, d'argent, au chevron engrélé de gueules accompagné de trois coquilles du même, 2 et 1 ; au a, fascé d'azur et d'argent de quatre pièces, à 3 cœurs de gueules couronnés d'or brochants, les cœurs sur les fasces d'argent, et les couronnes sur les fasces d'azur. Parti duprieuré de S.-Pierre.
Au milieu d'un semis des pièces de l'écu et de son chiffre formé des lettres D. F. R. (dom François Rapine).
Cabinet de M. Georges de Soultkait.
RAVOT D'OMBREVAL (Jean-Baptiste, avocat fï-mérnl), mort en 1699.
D'azur, au pal d'or chargé d'un
la quintefeuille de
RICHARD (Vincent), seigneur de la Barrollière, recteur - trésorier de l'Aumône générale de Lyon en 1 5g6, de l' Hôtel-Dieu en 1601, et nommé à l'échevinat lyonnais en
Son fils, Nicolas, fut aussi recteurtrésorier de l'Aumône en 1608, et de l'Hôtel Dieu en i6i5 (1).
{1} II y eut aussi un Claude Richard, seigneur de la Barrollière, reçu conseiller duRoi en son grand conseil le 4 mai i63S. C'est peut-être a celui-ci que Benoît Coral dédia une de* premières œuvres héraldiques du P. Ménestrier, intitulée : U Véritable Art dm blason ov la régla da armoiries sont traitées ttvne nouvelle méthode plut aisée que Us précédentes... Lyon , Benoist Coral, ifi59, pet. In-ia.
-1BMOBIAJ. fin BOUOKOLE.
Tous deux étaient de grands amateurs de livres et se servirentd.u mênie sceau, dont nous avons trouvé deujx modèles.
Le premier
Ecartelé : au 1 et 4, d'argent, au chevron d'azur accompagné de 3 croissants du même, 2 et 1 ; au 2 et 3, d'or, à la bande d'azur chargée en chef d'un soleil et en pointe d'une lune, le tout du premier. •
est frappé sur : la Première Partie du Nouveau Testament, 10-24, relié en maroquin rouge avec filets dorés, conervé à la Biblioth. Nat. sous le N° A. Inv. 641 1. Le titre porte cette note manuscrite : De la bibliothèque du sieur de la Bar roi Hère, 1603.
Le second
Comme ci-dessus.
Avec cette devise :
sur : FlaueVegece... Paris, impr.de Chrestien Wechel, 1 536, in-fol. Le tîtrecontient ce nom et cette date écrits à la main : La Barrollière, 1602. — Collect. Mobante.
RICHARD DE SOULTRAIT (le comte Georges)j membre de la Société des bibliophiles français, résidant à Lyon (Rhône), auteur des Nobiliaires du Nivernais et du Bourbonnais.
D'argent, à 2 palmes de sinople adossées et passées en chevron, accompagnées en pointe d'une grenade de gueules tigée et feuillée de sinople.
Ce bibliophile et ce savant a élevé une bibliothèque importante et curieuse, surtout en ce qu'elle renferme la collection presque complète des auteurs appartenant par leur naissance au Nivernais, et des ouvrages relatifs à cette province.
On y trouve en outre des livres sur l'histoire générale et sur la science
héraldique, science dont l'amateur s'est occupé d'une manière spéciale.
Ses fers sont assez variés, nous avons donné celui qui est le plus fréquemment employé.
RICHELIEU (Armand -Jean du Plessis de), évêque de Luçon, ministre d'Etat, né à Paris en i535, mort le 4 décembre 1642.
Cet homme d'Etat sembla prendre comme compensation aux terribles soucis des affaires publiques un immense amour des livres.
Malgré ces luttes violentes dans lesquelles il usait sa vie, il put se constituer une bibliothèque nombreuse et digne de sa puissante organisation intellectuelle.
Il ne se contenta pas de fouiller dans les librairies de la capitale ; son secrétaire, Michel le Masle, abbé des Roches, pénétrait dans les cabinets particuliers, et se procurait, soit par échange, soit par achat, et quelquefois par intimidation, les œuvres que Son Eminence désirait (1).
D'un autre côté, Richelieu expédia deux hommes fort connus alors par leurs connaissances, Jacques Gaffarel et Jean-Tilleman Stella, le premier en Italie et le second en Allemagne, avec la mission de recueillir tout ce qui leur paraîtrait intéressant en livres, manuscrits ou imprimés.
Déplus, après la prise de La Rochelle, en vrai politique,'il s'empara, pour son propre compte, de la bibliothèque de cette ville,
(if Voy. Loménic.
En outre, Louis XIII avait fait acheter des héritiers de M. de Biôvres environ cent dix manuscrits arabes, syriaques, turcs et persans. Richelieu, toujours politique, les considéra comme siens, et en augmenta d'autant ses richesses bibliographiques.
Enfin, comme tous les politiques, il prenait partout où il pouvait.
Avec les diplomates de haute volée, il ne faut pas être si regardant.
Si quelque chose peut excuser dans Richelieu ces sortes de rapts littéralres,c'est l'usage auquel il les destinait. Il avait eu , lui , la généreuse idée d'établir une bibliothèque publique en France (1). La mort l'empêcha de réaliser son dessein. Ce fut son successeur qui devait l'exécuter onze années plus tard.
Le cardinal, en mourant, laissa toute sa collection à son petit-neveu, Armand de Wignerot, duc de Richelieu, qui suit, à la charge par lui de la léguer à la maison de Sorbonne, où elle devait être ouverte aux travailleurs. A cet effet, il institua une rente annuelle de 2,400 liv. pour l'entretien et l'augmentation de la bibliothèque,
(1) c Mon dessein, dit-il dans son testament, est de rendre ma bibliotèque la plus parfaite et accomplie que ie pourra?, et la mettre en vn estât qu'elle puisse non-seulement seruir à ma famille, mai* encore au public... le veux et entend quelebibliotécaire soit tenu de consoruer ladite bibliotèque, la tenir en bon estât» donner rentrée à certaines heures du iour aux hommes de lettres et
' d'érudition pour voir les Hures et en prendre communication dans le lieu de ladite bibliotèque, sans transporter les liures ailleurs 1
• — Cette idée toutefois avait germé dans la tête de de Thou. Voy. ce nom.
ARMOWÀL DU BIBLIOPHILE. t^
ÏLta beSOiDS " 1C ^^ ^ aVaU UnC PrtdeUSe WHioCMqu.
™' qui passa aux Jésuites.
La plupart des livres de Richelieu portent sur les plats ses armes ornées des insignes de l'épiscopat. Il avait plusieurs fers. Celui que nous faisons figurer ici est le plus fréquemment employé. Du reste, il ne diffère des autres que par la devise que l'on voit au bas.
Comme ci-dessus.
RICHELIEU (Armand-Jean de Wignerot du Plessis, duc de), par substitution aux nom et armes du cardinal, dont il était le petit-neveu par les femmes. Né le 3 octobre 1629, mort le 3o mai 1715, dans \a.8o' année de son âge.
D'argent, à 3 chevrons de gueules.
Devise: Hisfulta manebunt.
Le P. Le Long,1 dans sa Bibliothèque historique, signale un catalogue'manuscrit de la collection de Richelieu en 2 vol. in-folio.
RICHELIEU (Alphonse-Louis du Plessis de), frère du cardinal, connu sous le nom de cardinal de Lyon, Il mourut le 23 mars i653, âgé de 71 ans. Ce prélat possédait près de Lyon, sur les bords de la Saône, le château de Royes, dans lequel il y
Ecartelé : au 1 et 4, tf or, à trois hures de sanglier de sable, qui est de Wignerot; au 2 et 'i, de Richelieu.
l8o ARHORUL DU
Comme nous l'avons dit plus haut, il hérita de la bibliothèque de son grand-oncle. A sa mort, selon le vœu du cardinal, il en fit don à la maison de Sorbonne. Seulement, la Bibliothèque du Roi fit alors revendiquer, et obtint, un grand nombre d'ouvrageSj tant manuscrits qu'imprimés, dont Richelieu s'était indûment emparé.
RICHELIEU (Louis-François- Armand du Plessis de Wignerot, duc de), pair et maréchal de France, fils du précédent. Né le 18 mars 1696, mort le 8 août 1788.
Le duc de Richelieu personnifie cette époque singulière, mélange de corruption profonde et des plus brillantes qualités.
Par ses aventures galantes, son esprit et sa bravoure chevaleresque, il eut le stérile honneur d'être pris comme type du roué.
Peu instruit, — pour ne pas dire ignorant, — quoique membre de l'Académie française, il devait tout à ce tact dont la nature l'avait si richement doté.
Soldat, diplomate, homme du monde, il sut se tenir partout avec cette suprême élégance qui caractérisait la haute société d'alors.
Malgré son dédain pour la gent lettrée en général, dans ses moments perdus, sans trop abandonner toutefois ce ton d'impertinente protection
qu'il prenait avec quiconque n'était pas homme de qualité, il daignait se trouver en compagnie des célébrités scientifiques et littéraires.
L'usageet les habitudes de son milieu lui imposèrent une bibliothèque.
Mais trop grand seigneur, il ne lisait
jamais.
Ses livres, très-beaux, comme reliure, soyons vrai, se reconnaissent à cette marque
D'urgent, à trois chevrons de gueules.
En 1748, ayant délivré Gènes du joug des Autrichiens, le Sénat de cette ville, par reconnaissance, obtint pour lui de Louis XV le bâton de maréchal, le déclara, lui et ses descendants, nobles génois, et inscrivit son nom sur le Livre d'or de l'antique patrie des Doria.
A partir de ce moment, ses volumes sont revêtus des armes suivantes.
ARMORUL OU BIBLIOPHILE.
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L'écu repose sur les bâtons de maréchal passés en sautoir, et porte :
D 'argent, à la croix de gueules, qui est de Gênes, et en cœur, de Ri-
Cataloguc des livres de la bibliothèque du feu M. le maréchal duc de Richelieu. — Paris, Pissot, 1788,
RICHELIEU {Louis-Antoine-Sophie du Plessis de), duc de Fronsac, fils du précédent, né le4février 1736, mort en 1791.
Son père, au commencement de la sanglante guerre de 1741, avait eu assez d'adresse pour déterminer les Etats du Languedoc à offrir au roi de lever, habiller, monter et entretenir à leurs frais un régiment de dragons sous le nom de Septitnanie. Le roi, en reconnaissance de ce présent, créa le duc de Fronsac colonel de ce magnifique régiment.
De là ces drapeaux, insignes de son titrc,'sur lesquels repose l'écu ci-dessus.
Armes prises sur : Hist. du Valois, par Carlier, 1764, 3 vol. in-4-
RICHELIEU (Emmanuel-Armanddu Plessis de Wignerot de) , duc d'Aiguillon, pair de France, neveu duroué, né le 3i juillet 1720, mort le 1" septembre 1778.
Comme ci-dessus.
Comme ci-dessus, < gueules.
Le favori et l'amant de la duchesse de Châteauroux, qui remplaça Choiseul au département des affaires étrangères, avait réuni quelques livres de choix. Mais ce n'était point un bibliophile dans l'acception du mot. Tout entier à de honteuses et misérables intrigues, il n'eut ni les loisirs et en-
ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE.
core moins les qualités nécessaires pour se former une véritable bibliothèque. Chacun sait qu'il faisait partie de cet immonde triumvirat (i) qui, sous l'influence de la du Barry, proclama la banqueroute et laissa faire, s'il ne l'aida pas, le sanglant démarquage de la Pologne.
Triste r
lui, qui avait tant contribué à faire exiler son prédécesseur, fut à son tour envoyé en exil, où il mourut oublié et méprisé.
ROBERT (Louis), seigneur de Saint- Victor-la-Campagne , né à Rouen en 1738, président à la Cour des - comptes, aides et finances de Normandie, mort à Saint- Victor le i5 janvier 1822.
D'azur, au lion rampant d'or.
Cet amateur amassa une bibliothèque intéressante, qui fut vendue & Paris après sa mort, et une belle collection de tableaux d'émaux et de médailles dont le catalogue fut dressé par Roux {du Cantal).
(1) Maupeou, Terrav, d'Aiguillon.'
La vente eut lieu à Paris, aux mois de novembre 1823 et janvier i8a3.
Cabin. de M. Robert d'Estaintot.
ROBERTET, seigneur d'Alluye.
D'azur, à la bande d'or chargée d'un demi-vol de sable, et accompagnée de 3 étoiles d'argent, 1 en chef, 2 en pointe.
Les Robertet, seigneurs d'Alluye, dont plusieurs furent secrétaires du Roi , ambassadeurs , trésoriers de France, depuis Charles VIII jusqu'à Henri III, étaient tous des bibliophiles, et portaient tous la même marque.
Le premier de cette illustre famille est Florimond Robertet, qui mourut surintendant des finances en i5ï2.
ROHAN (Armand de), dit le cardinal de Soubise, connu d'abord sous le nom d'abbé de Ventadour,. Né à Paris le 1* décembre 1717, mort a Saverne le 23 juillet 1756, n'ayant pas encore 33 ans. Il avait été évéque de Strasbourg, commandeur
ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE
des Ordres du roi et membre de l'Académie française.
Parti: de Rouan et de Bretagne.
Armes frappées sur : Dissertation sur le manothélisme, 1741. — Gollect.
Morante.
ROHAN-CHABOT (Emilie de Crussol-Uzès, duchesse de). Elle avait épousé, le 25 mai 1758, Louis -Marie-Bretagne Dominique, duc de Rohan-Chabot. :'
Rohan-Chabot : écarteîé : au 1 , de Navarre; au 2, d'Ecosse ; au 3, de Bretagne; au 4, de Luxembourg; et sur le tout écarteîé de Rohan et de Bretagne .
Crussol- EJzès : écarteîé : au 1 effa, de Crussol, parti de Ltvi; au 2 et 3, contre-écartelé de Gourdon, de Genouillac et de Galiot, et sur le tout rf'UzÈs.
ROHAN (Armartd-Gaston-Maximilicn de), cardinal, évéque et prince de Strasbourg, membre de l'Académie française. Il naquit à Paris en 1 674 et mourut le 1 9 juillet 1 749.
Ecarteîé : au 1 et 4, pour /'Evêché de Strasbourg ; au 2 et 3 , pour le Landgraviat d'Alsace. Sur le tout :
parti de 3 traits coupés d'un, ce Qui fait 8 quartiers : au 1, (CEvreux; au 2, de Navarre; au 3, d Aragon; au 4, a" Ecosse; au 5, de Bretagne; au 6, de Milan; au 7, de Saint-Séverin ; au 8, de Lorraine. Et sur letout du tout, parti de Rohan et de Bretagne.
Beaucoup d'esprit, du savoir, une noble figure, des formes élégantes, un caractère agréable, le goût le plus vif pour les belles choses, voilà ce que disent les contemporains du princeévéque de Strasbourg.
Ce qui semble justifier sous quelques rapports ce portrait, avantagé
peut-être, c'est d'une part l'appui généreux et intelligent que tous les travailleurs trouvaient en la personne du cardinal; et de l'autre cette superbe bibliothèque qu'il avait réunie, dont les amateurs de la vieille école se souviennent encore.
En 1706, sur les inspirations du savant abbé Oliva (1), son bibliothécaire, il acheta du président Charron de Ménars (2) la presque totalité de la célèbre collection Thuanienne moyennant la somme de 40,000 livres.
A sa mort, tous ses livres passèrent entre les mains de son neveu, le prince de Soubise, qui suit.
ROHAN, prince de Soubise (Charles de), neveu du précédent, pair et maréchal de France par la grâce de madame de Pompadour. Né le 16 juillet 171 5, mort le 4 juillet 1787.
Ce général, connu seulement par ses défaites, sans doute pour se venger des refus de Bellone, se jeta dans la bibliophilie à corps perdu.
S'il compromit sa réputation dans la néfaste journée de Rosbasch, il sut se relever aux yeux des amateurs en réunissant dans son cabinet les chefsd'oeuvre typographiques de tous les lieux et de tous les temps, les ouvrages les plus rares, les plus curieux et les plus splendidement habillés.
(1) Jean Oliva, antiquaire et bibliographe, né le n juillet 1689, à Rovigo, mort à Paris le 9 mars 1757. Il avait dressé le catalogue de la bibliothèque du cardinal. Ce travail, qui contenait de nombreuses notes littéraires sur la plupart des ouvrages, formait a 5 vol. in-fol. mss.
(2) Voy. ce nom.
Ainsi que nous venons de le voir, le prince de Soubise avait hérité de toutes les richesses littéraires de son oncle. Mais cela ne put assouvir sa passion voisine de la bibliomanie.
Comme il correspondait avec tous les savants de l'époque, il se tenait au courant des découvertes bibliographiques et des publications nouvelles.
On ne faisait pas une seule vente à Paris,en province et mêmeàl'étranger, sans qu'il y assistât, et où il épouvantait par sa ténacité et sa magnificence les plus intrépides pousseurs de livres. C'était une frénésie chez lui : rien ne lui coûtait ; et dans ses luttes ardentes mais pacifiques, qui au bout du compte tournaient au profit des lettres et des arts, il remporta bien des victoires que dut lui envier son royal vainqueur.
Souvent il acheta en bloc des monceaux de livres, opérait un triage, rejetait ce qui ne lui convenait pas, puis faisait réparer ou relier le reste.
Ses volumes se reconnaissent à leur reliure veau fauve, calme, simple et solidement établie, n'ayant seulement au dos, entre les nervures, pour toute ornementation, que des macles et des mouchetures d'hermines couronnées.
Cependant, nous avons trouvé sur an'Etat militaire de 1760 cet écusson
Mais nous avons tout lieu de croire que ce n'était qu'un exemplaire de dédicace.
Une année après la mort du prince, c'est-à-dire en 1788, cette immense collection, qui avait coûté des sommes fabuleuses, fut vendue aux enchères et complètement dispersée. Une grande partie des volumes entrèrent alors dans le cabinet du comte d'Ar- ' tois, qui les laissa à la bibliothèque de l'Arsenal. On en rencontre dans presque toutes les bibliothèques publiques ou particulières de l'Europe.
Catalogue des livres imprimés et manuscrits de la bibliothèque (1) de feu monseigneur le prince deSoubise, maréchal de France... — Paris, Le~ clerc, 1788, in-8.
(1} Cette bibliothèque occupait le rez-dechaussée du palais que le prince de Soubise avait fait construire en 1706 sur l'emplacement des hôtels de Clisson, LavaletdeGuiie, et où sont aujourd'hui conservées les Archives de la Republique.
ROHAN(Hercule-Mériadecde), prince deGuéméné, duc de Montbazon, pair de France. Né le 1 3 novembre 1688, mort le 21 décembre 1757.
Êcartelé : au 1 et 4, de Na1 au 2 et 3, de France; et sur le tout de Rohan parti de Bretagne.
ROLLAND (messire Barthélémy-Gabriel), conseiller au Parlement, président à la première des requêtes du palais. 1761.
D'azur, au chevron d'or accompagné en chef de trois étoiles d'argent et en pointe d'une levrette courante du même accolée de gueules.
ROQUELAURE. évéque de.
AliMOHIAL du bibliophile.
rocs d'échiquier d'argent, qui est de Roquelaure; au % et 3, d'argent, à l'arbre de sinopie accosté de deux lions affrontés de gueules, qui est de Bessuéjouls.
ROSSET {André-Hercule de), marquis de Rocozel, duc de Fleury. Il épousa, en 1736, Anne-Magdeleine- Françoise de Monceaux d'Ami.
Êcarteiè : au 1 et 4, d'azur, à 3 rocs d'échiquier, 2 et 1, qui est de Roquelaure ; au 2 et 3, d'argent, à 2 vaches passantes de gueules, posées tunesur Vautre, accotées, accornées et clarinées d'azur-, au chef d'azur chargé de 3 étoiles d'or, qui est de Bezolles; sur le tout, d'argent, au lion d'azur, armé et lampassé de gueules, qui est du Bouzet.
ROQUELAURE (Jean-Armand Bessuéjouls de), archevêque de Matines, né en 1721,4 Roquelaure, diocèse de Rhodez, mort le 24 avril 1818.
Il n'était pas de la famille des ducs de Roquelaure, aujourd'hui éteinte, mais d'une famille du Rouergue qui possédait une terre de ce nom.
Rcarteic : au 1 et 4, d'azur, à 3
Ecartelé : au 1, de Rosset; au 2, de Lasset; au 3', de Vissec la Tube; au 4, de Rocozel ; et sur le tout de Fleury. Accolé de Monceaux d'Adxi.
Voy. le Catal, Dinaux, 2« partie, n° 396.
ROSTAING (Charles, marquis de), comte de la Guerche et de Villemonde, baron de Brou, conseiller du roi, capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances. Ce fut en sa faveur que la baronnie de Bury fut érigée en comté sous le nom de Rostaing, par Lettres du mois de février 1634. Lemarquisde Rostaing, qui avait été nommé chevalier des Ordres du roi en iôjq,,
ARHORIAL DU
mourut à Paris, le 4 janvier 1660 sans avoir été reçu.
D'azur, à la roue d'or clouée de sable.et d'une devise haussée de même.
Cette marque est frappée sur un vol. conservé a la Bibl. Nat. sous le
ROQUETTE (Gabriel de), évéque d'Autun, né à Toulouse en rfia6, mort le 23 février 1707.
De gueules, à la montagne d'argent, au chef de ce dernierchargé de 3 étoiles du champ.
Selon Saint-Simon, Gabriel de Roquette serait le personnage qui aurait servi de type à Molière pour son Tartufe.
L'abbé de Choisy dit que l'évêque d'Autun avait tous les caractères que l'auteur du Tartufe a représentés sur le modèle de l'homme faux.
On prétend aussi que, soit insouciance ou stérilité, ce prélat empruntait la plume de quelques pauvres diables pour ses sermons, à preuve cette épigramme attribuée à Boileau :
On dit que l'abbé de la Roquette Prêche les sermons d'autrui ; Moi qui sais qu'il les achète,
ROUGÉ (Nathalie-Delphine de Rochechouart - Mortemart , marquise de). Elle avait épousé le marquis de Rougé en 1777.
Rougé : de gueules, à la croix pattée d'argent. Accolé de Rochechouart, qui est fascé, onde, enté d'argent et de gueules de 6 pièces.
ROUILLE (Antoine-Louis), comte de Jouy, oé le 7 juin 1 689, mort en
ARMORUL DU BIBLIOPHILE.
n de campagne, àNeuilly, le 20 septembre 1 761. Il fut successivement conseiller au Parlement de Paris, maître des requêtes, intendant du commerce, directeur de la librairie, puis ministre de la manne, des affaires étrangères et grandmaître des postes. L'Académie des sciences l'avait reçu comme membre honoraire.
mort à Paris le 4 septembre 1729, âgé de 77 ans.
D'azur, au chevron d'or accompagné de 2 roses de même en chef, et d'un double croissant montant d'argent en pointe.
Rouillé se fît remarquer dans ces diverses fonctions par des vues droites et élevées. Il aimait les arts et les lettres, et les protégeait généreusement. Sa bibliothèque était fort bien composée et contenait plusieurs manuscrits précieux.
Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. Rouillé, commandeur des ordres du roi, ministre et ancien secrétaire d'Etat... — Paris, Prévost, 1763, in-8.
ROUILLE DU COUDRAY {Hilaire}, parent éloigné du précédent,
Comme ci-dessus.
Rouillé du Coudray était un homme de beaucoup d'esprit, de grandes capacités etd'une vaste érudition. Mais, au dire de Saint-Simon, ces heureuses qualités furent en quelque sorte annulées par l'amour immodéré des plaisirs.
Il avait toutefois formé une belle bibliothèque, riche surtout en manuscrits, dont le plus précieux, intitulé Registre de Philippe-Auguste, fut légué par lui à la Bibliothèque Nationale.
Ce fut un des protecteurs de Jean- Baptiste Rousseau. Le poète reconnaissant lui adressa l'ode 1 1 1 du 2* livre (édit. de Soleure, 1712), qui commence ainsi :
Digne et noble héritier des premières vertus Qu'on adora jadis sou 6 l'empire de Rhéc, Voua qui. dans le palais de l'aveugle Plutut, Osâtes introduire Aatrée...
Onze années plus tard, dans l'édition de Londres, la même ode est adressée à Le Ferre de Cuumart in Saint-Ange,
ARKORIAL DU BIBLIOPHILE.
intendant des finances et bibliophile distingué. Seulement Rousseau intercala une nouvelle strophe entre la première et la seconde.
Il est vrai que dans le livre III des Epigrammes,Jean-Baptistedédia celleci à du Coudray, sans doute pour le dédommager :
Myrtes d'amour, pampres du dieu de l'Inde, Ne sont moissons dont je suis fort chargé : En qualité de citoyen du Pinde, Le laurier seul est le seul bien q ne j'ai ; Bien qu'en soyez noblement partagé, Ne dédaignez pourtant notre guirlande, Car ce laurier dont je vous fais offrande Ressemble assez aux faveurs d'une Iris.
Ce don commun devient de contrebande; Mais est-il rare} il vaut encor son pris.
ROUJAULT(Vincent-Etienne-Nîcolas). Il avait été reçu président à la quatrième chambre des enquêtes au Parlement de Paris, le 24 avril 1722.
D'or, à 3 billettes de gueules, 2 eti ; au chef d'azur chargé de 3 étoiles mises en fasce du champ.
Cette marque figure sur un exemplaire de VAImanach royal, aimée
i770j conservée tionale.
i Bibliothèque Na.
Catalogue des livres de la bibliothèque du président Roujault... — Paris, Martin, 1771 , in 8.
ROUSSEAU (Claude-Bernard), auditeur de la chambre des comptes de Paris, chevalier de l'ordre de Saint-Lazare, mort en 1720. Il avait été chargé de mettre en ordre le dé- . pôt des terriers de la couronne constitué par édit de décembre
De sable, à trois épis d'or.
Claude - Bernard Rousseau avait une fort belle collection de livres renfermant de nombreux manuscrits, qui à sa mort passèrent dans la bibliothèque de Henri-François d'Aguesseau, chancelier de France, mort en 1751.
ROUSSELET ( François - Louis) , marquis de Chateaurenaud, chevalier des Ordres du roi, vice-amiral
et maréchal Je France, né en 1637, mort te i5 novembre 1716.
ARUORIAL DU BIBLIOPHILE.
SACRATI (Jacques), évoque de Carpentras.
D or, au chêne arraché de sinople.
Marque prise sur : Gregorli Valîœ placentini de expetendis etfugiendis rébus opus — Venet., in œdil/us Aldi, i5oi, in-fol. — ^Cabin. de M. Alfhed de Terrebasse.
SABRAN DES COMTES DE FOR- CALQUIER (Louis-Honoré-Maxime de), né en 1739, aumônier du roi, vicaire général du diocèse de Chartres, nommé à l'évéché de Nancy en 1 774, puis à celui de Laon en 1777.
De gueules, au lion d'argent.
Devise : Noli irritare ieonttn.
D'azur, au lion armé et lampassé d'or, accompagné de trois étoiles du même, deux en chef, une en pointe; à la bande brochante du premier ; au chef cousu de gueules; Vécu entouré d'une bordure d'or chargée de six tourteaux du chef.
Marque prise sur : Epistolœ Pauli Sàcrati. — Ferrariœ, i58i,in-8. — Collect. Morante.
Ces lettres sont dédiées a notre bibliophile par son frère, l'auteur, qui passait pour l'un des cicéroniens de son époque.
D'après le joli modèle que nous avons eu sous les yeux, l'évêque de Carpentras devait posséder une collection bien composée et dont les volumes durent être reliés par des artistes italiens.
SAINCTOT (Nicolas-Sixte de), conseiller au Parlement de Paris et introducteur des ambassadeurs. 1736.
ARHORIAL DU BIBLIOPHN
Sainctot a laissé des Mémoires manuscrits assez curieux in-fol. (r).
D'or, à la Jasce d'a\ur chargée d'une fleur de lys d'or, accompagnée de 2 roses de gueules en chef, et d'une tête de More de sable tortillée d'argent en pointe.
Catalogue des livres de feu M. de Sainctot. — Paris, Barrais (s. d.),
SAINT-AIGNAN (Paul de Beauvilliers/ducde), pair de France, grand d'Espagne, chevalier des Ordres du roi, gouverneur du duc de Bourgogne. Il naquit le 24 octobre 1648, et mourut le 3i août 1714, en son château de Vaucresson, près de Versailles.
Paul de Beauvilliers fut un véritable bibliophile. Sa collection renfermait un recueil de pièces manuscrites et imprimées, disposées dans un ordre méthodique, sur l'état militaire de la France et des autres pays de l'Europe, avec figures coloriées et des annotations de la main du possesseur.
Cet intéressant recueil , composé
(1} V. les d" 840 et 843 du Catalogue du co m te Je l' Es p i ne. Paris, Backelin-Dtftorenne,
pourl'usagedu.hicdc Bourgogne (1), passa, dit-on, enire les mains d'un riche amateur anglais.
F ascê d'argent et ai ni.ople de six pièces; tesfasces d'à rgent chargées desix merlettes de gueules, 3, 2 et 1,
Armes relevées sur : Manière de fortifier selon la méthode de Vauban, par l'abbé du Fay. — Paris, 1693, — Collect. Longpéhier-Gri-
HOARO.
Nous avons trouvé un autre fer qui, quoique différent du premier dans les ornements et la^forme de l'écu, nous a paru appartenir au même bibliophile.
Il figure sur Vita... 1 (1) Mort le 18 février 1711
IQ2
Tolentino, i6o3, in-4, conservé à la Bibl. Nat. sous le N" 4* H. 1737.
ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE.
duc de Saint-Aignan... par J.-B.-P.
Lebrun. — Paris, Florentin, 1776,
SAINT-AIGNAN (Paul-Hippolyte de Beauvilliers, duc de), frère du précédent, pair de France et membre de l'Académie française. Il naquit a Paris le 25 novembre 1684 e! mourut te 22 janvier 1776.
C'est lui qui découvrit, au Capitole, le texte original de la cession de l'empire deConstantinopIe, faite à Charles VIII, roi de France, par André Paléologue.
Le texte, apporté à Louis XV de la part du pape, est conservé aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale.
Comme ci -dessus.
La collection du duc de Saint- Aignan était remarquable par les livres d'heures manuscrits, ornés de miniatures, qu'elle contenait.
Il s'était aussi composé un magnifique cabinet d'art et de curiosités.
Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. le duc de Saint-Aignan, l'un des quarante de l'Académie française... — Paris, Gogué, 1776, in-8.
Catalogue d'une belle collection de tableaux originaux... des trois écoles... qui composent le cabinet de feu M. le
in-8.
SAINT-ALBIN (Alexandre-Charles- Omer Rousselin de Corbeau, comte de), né en mars 1773, mort à Paris le i5 juin 1847.
Le nom de Rousselin lui venait de sa mère,qu'il avait pris et qu'il garda pendant toute la période révolutionnaire.
D'or, à trois fasces de sable.
Devise : NU nisi virtute.
Bibliophile infatigable et publîciste savant, Saint-Albin avait rassemblé environ 60,000 volumes tant imprimés que manuscrits, dont la plupart se distinguaient par la richesse de l'habillement, le choix des éditions et la rareté des exemplaires.
Le catalogue qui suit ne contient que 3,5oi articles, mais c'était ce qu'il y avait de plus précieux en sa collection.
Catalogue des livres et manuscrits composant la bibliothèque de feu M. le comte de Saint - Albin. — Parts, J.-F. Délion, i85o, in-8.
SAINT-ANDRÉ (François de), président à mortier au Parlement de Paris; mort le 6 janvier 1S71.
Ce bibliophile s'était constitué une collection de livres, imprimés et manuscrits fort remarquables, dans laquelle il fondit celle du savant Budé.
A sa mort, il légua tous ses trésors bibliographiques aux Jésuites du collège de Ctermont.
ARKORUL DU BIBLIOPHILE. I93
épître mise en tête de sa traduction du texte grec de cet ouvrage.
Cette bibliothèque fut vendue â la mort de son propriétaire, Alexandre Pétau acheta presque tous les manuscrits et un grand nom bre de volumes imprimés qui, pour le dire en passant, étaient en général habilement reliés.
D'azur, au château sommé de 3 tours d'argent, maçonné de sable-, surmonté de 3 étoiles d'or mises en fasce.
SAINT-ANDRÉ (Jean de), fils du précédent, chanoine de Notre-Dame de Paris et conseiller clerc au Parlement de Paris.
Le fils continua les traditions du père : * C'était, dit le P. Jacob, un homme bien versé dans le grec et dans les lettres sacrées. » 11 dressa une bibliothèque considérable, riche surtout en manuscrits curieux , dont quelques-uns lui provenaient du cardinal Sirlet.
On y trouvait entre autres celui de Michel Psellusj auteur byzantin, intitulé : de Operatione Dœmonium, ainsi que le dit Feu-Ardent, dans son
Comme ci dessus.
SAINT-MARTIN (De).
Ecartelé: au i et 4, de gueules, à 1 tour d'argent maçonnée de sable; au 2, d'azur, à 3 étoiles d'or; au 3, d'or, à 1 arbre de sinople.
Catalogue des livres rares et précieux du cabinet de- feu M. de Saint- Martin. — Paris, Billiard, 1806, in-8.
SAINT-SIMON (Louis de Rouvroy, duc de), pair de France, l'auteur des Mémoires. Il naquit en 1675 et mourut en 175s.
Ecartelé : au 1 et 4, échiqueté d'or et cCa\ur,au chef du second chargé de 5 fleurs de lys du premier, qui est de Saint-Simon ; au 2 et 3, de sable, à la croix d'argent chargée de 5 coquilles de gueules, qui est de Rouvroy.
Catalogue des livres de M . le duc de Saint-Simon.— Paris, Davidts, 1775, in-8.
SAINTE-MAURE (Louis- Marie- Cécile, dit le comte de), dernier rejeton mâle de la maison de Sainte-
D? 'argent, à la/asce de gueules.
Maure, décédé le 14 septembre 1763 Il avait été premier écuyer- com mandant la grande Ecurie du roi, colonel du régiment royal-étranger et maréchal de camp.
Ses livres étaient nombreux et bien choisis : il avait en outre un très-beau cabinet d'objets d'art, de tableaux et d'histoire naturelle.
Catalogue des livres du cabinet du comte de Sainte-Maure. — Parts, Bouche, 1764, in-8.
SALLO (Denis de), sieur de la Coudraye, conseiller au Parlement de Paris, né en cette ville d'une anciennefamilledu Poitou, mort d'une apoplexie foudroyante le 14 mai 1 669, âgé seulement de 43 ans.
C'est lui qui, sous le nom de Hédouville, fonda le Journal des Savants.
Il laissa plusieurs manuscrits de sa main qui, avec les livres composant sa collection, portaient ses armes
De gueules, à trois fers de lance d'argent.
accompagnées, au dos et sur les plats, de son chiffre
formé des lettres u. U. b. (Denis de Sallo).
Marque prise sur un vol. conservé à b 1. Nat. sous le N° 4* M. 3 18.
SALVAING DE BOISSIEU (Denis), premier président à la Cour des comptes de Grenoble, né à Vienne, en Dauphiné, le 21 avril 1600, mort en son château de Vourey, près de Moirans (Isère), le 10 avril i683.
Ce fut l'un des hommes les plus remarquables de son siècle.
ARMOIUAL tU BIBLIOPHILE. ig5
gueules y à la bordure d'azur semée de fleurs de lys d'or.
Cri : A Salvaing le plus Gorgias.
Charles Salvaing de Boissieu, son père, mort le 6 janvier 1618, était déjà une célébrité européenne. Il avait étudié le droit à Bourges sous Cujas et professa cette science pendant de longues années.
Presque toutes les langues anciennes et modernes, mortes ou vivantes, lui étaient familières. M. Alfred de Terrebasse, un bibliophile de première main, a eu sous les yeux un exemplaire d'Aristophane que cet érudit avait littéralement couvert de notes. Un semblable travail avait été encore exécuté par lui sur le poète Lycophron(i).
Au dire du P. Jacob, Charles Salvaing s'était composé une bibliothèque qui renfermait un grand nombre de livres grecs imprimés et manuscrits dont Denis Salvaing hérita.
Ces trésors bibliographiques ne périclitèrent pas entre les mains du fils. Celui-ci les enrichit encore de plusieurs ouvrages importants et curieux que ses grandes connaissances dans toutes les branches du savoir humain lui avaient fait découvrir.
Horreur 1 1 cet homme qui connaissait tout: histoire, politique, législation, sciences, littérature ; qui était à la fois lui-même, poëte, historien, héraldiste, mathématicien, jurisconsulte; qui jouissait à bon droit de l'estime et de la considération générale, cet homme, dis- je, était possédé d'une manie étrange 1
Il voulait être noble! Le malheureux!
D'or, à l'aigle éployée de sable, becquée, membrée et diadémée de
(1) Rochas, Biographie du Dauphiné.
,gg ÀllHORIAL DU
Mais la... noble â tout casser, noble à trente-six carats, noble à renverser de stupéfaction, par son ancienneté, la maison tout entière de Lévis, qui descend à n'en pas douter de la tribu de Lévi I
Aussi passa-t-il une grande partie de son existence à prouversa noblesse.
Du reste, cette manie n'était pas un secret pour ses contemporains, et les mémoires du temps nous apprennent qu'à ce sujet, le respect qu'il inspirait par son savoir prodigieux et ces éminentes qualités personnelles ne le garantissaient pas toujoursdes traits sarcastiques que de temps à autre on lui décochait ; témoin ce mot d'un avocat de Grenoble :
b Le commun des autres hommes devait la vie à ses ancêtres, mais M. de Boissieu l'avait donnée aux siens. >
[plus sages .
Le monde est plein de gens qui ne sont pas
SANGUIN DE L1VRY (Nicolas), évêque de Senlis. Il naquit en i58o llei5 juillet i653.
D'azur, à la bande d'argent accom-
pagnée en chef de 3 glands d'or posés 2 et i , et en pointe de 2 pattes d'aigle soutenues de trois roses disposées en orle, le tout aussi d'or.
Ce fer, qui figure sur un volume conservé à la Bibl. Nat. sous le N° A. Inv. 1S46, est accompagné de ce chiffre
formé des lettres N. S. {Nicolas Sanguin).
SANSON, conseiller au Parlement de Paris vers le milieu du xvn* siècle.
D'açur, à 3 gerbes d'or, au lion de même posé en cœur.
ARMORUL DU
SANTEUIL fJ.-B.), poète, Dé en i63o, mort en 1697. " avait été chanoine de Saint-Victor, et s'acquit au ta nt de célébrité par sa gaieté et ses bizarreries que par son talent poétique et son amour des livres.
D'azur, à 1 tête d'argus d'or; les yeux au naturel.
SARTINE (Gabriel de). llfut successivement conseiller au Châtelet, lieutenant criminel, maître des requêtes et lieutenant général de la police.
C'est dans ces dernières fonctions qu'il s'acquit une réputation universelle. 11 était né à Barcelone en 1729, et mourut le 7 septembre 1801, à Tarragone (Espagne) , ou il avait émigré lors de la .Révolution.
On lui doit la construction de la Halie-aux-Blés et la fondation d'une école gratuite de dessin pour les ouvriers.
Outre quelques ouvrages généraux, l'ancien lieutenant général de police avait réuni une collection prodigieuse de plaquettes sur l'histoire de Paris.
Faits, industrie, arts, navigation, épidémies, crimes, législation, mœurs, usages, habitudes, coutumes et costumes, instruction, universités, plana et cartes, enfin tout ce qui de près ou de loin se rattachait à la ville dont il avait l'administration fut recherché et colligé par lui avec un zélé infatigable.
Cette collection unique et dont l'importance aurait dû la préserver de toute dispersion, fut vendue sans catalogue et par lots à des libraires étrangers. Ce qui est d'autant plus regrettable, c'est que jamais on n'a pu et on ne pourra en reconstituer une pareille
D'or, à la bande d'azur chargée de 3 sardines d 'argent .
SAULX DETAVANNES (Nicolas), évéque de Langres en 171 5, archevêque de Rouen en 1733, puis cardinal. Mort le 10 mars 1759.
Le cardinal de Tavannes fut un des plus grands amateurs de livres de son époque. Sa collection déjà si riche par elle-même s'augmenta encore de toute celle de Jean le Normand, évéque
AKMORIAL DU BIBLIOPHILE.
d'Evreux , qui avait mis < années a former la sienne.
D,a^ur, au ttoncouronné d'or, armé
et lampassé de gueules .
Devise : Semper Léo.
Catalogue des livres de feu S. Em.
monseigneur le cardinal de Tavannes, archevêque de Rouen... — Paris, Coustellter, 1759, in-8.
SAULX. DE TAVANNES (Marie de Choiseul-Gouffier, duchesse de), fille du comte de Choiseul-Gouffier, ambassadeur à Constantinople, pair de France et membre de l'Académie
*. française, mort le 20 juin 1817. pi
De Saulx de Tavannes, accolé de
GBOISEUL-GourFIEB.
Elle avait épousé le 9 avril 1786 Charles - Marie-Casimir de Saulx , comte de Tavannes, puis ducde Saulx de Tavannes, né le 5 octobre 1769, moitié 16 juin 1820 à Paris.
L'exemplaire sur lequel figuraient ces armes était habillé en maroquin vert à tranche dorée. La large et belle dentelle qui régnait tout autour nous fait penser que la reliure devait être une des premières œuvres de Bozérian.
SAUMERY (Louis- Georges de Johanne de la Carre, chevalier marquis de), gouverneur du château de Chambord, mort vers 1769, âgé d'environ 90 ans.
Ecartelé : au 1 et 4, de gueules, au lion d'or; au 2 et 3,/aseé d'azur et d'or, parti de sable, à 3 coquilles d'argent.
Cet amateur devait avoir une trèsjolie bibliothèque, car les volumes frappés à ces armes que nous avons vus sortaient des mains de Padeloup.
Outre le fer que nous venons de
AHHORIAL DU BIBLIOPHILE.
décrire, il avait encore celui-là
que nous avons pris sur : Hist. de la monarchie. 1742. — Cabinet de M. Longpkrif.r-Grimoard.
SAVALETTE DE BUCHELAY ou BUCHELET (Marie-Joseph), fermier général, mort en 1 764.
Son père, Charles Savalette (1), d'abord simple commis chez Fagon, puis chez d'autres traitants, fut garde du trésor royal. Il amassa de grands biens, acheta des titres de noblesse, se rit appeler M. de Magnanville (2) et scandalisa le public par son faste et sa hauteur (3).
De mademoiselle de Noce, sa femme, il eut un fils et deux filles dont l'une avait épousé François de Broglie, comte de Revel, brigadier des armées du roi, tué à la bataille de Rosbach, le 5 novembre 1757, à l';\ge de 35 ans {4).
(i) Mort le 5 mai i756.
(1) Nom d'une terre située entre Paris et Rouen, arrondissement et canton de Mantes.
(3) Mém. du raarq. d'Argenson, t. VII, p. .26.
(4) Il était né le 4 septembre 1711. Portait tor, au sautoir ancré a'ajur.
Le fils, Marie-.Ioseph.de Buchelay, est notre bibliophile ; celui-ci consacra aux arts et aux lettres une large part de la fortune patrimoniale.
Son cabinet d'objets de curiosité était des plus importants, et sa bibliothèque, nombreuse et des mieux composées.
La plupart de ses volumes, tous supérieurement habillés, portaient tantôt cet écusson
D'azur, au sphinx d'argent, accompagné en chef d'une étoile d'or.
dontledessin charmantest deCochin '
200 ARKOBIAL DU BIBLIOPHILE.
Ces deux écussons sont lires du cabinet de M. Emile de Bond y, ministre plénipotentiaire de i™ classe.
Catalogue des livres de feu Savalette de Buchelay, gentilhomme ordinaire du roi, et l'un des fermiers généraux de Sa Majesté. — Paris, David ts, 1764, in-12.
SAVELLI (Paul, prince de), d'abord abbé de Chiaravalle, puis cardinal.
Mort le 11 septembre i685 en la 63' année de son âge.
C'était le second fils de Bernardin Savelli, prince d'Albano, qui avait épousé Marie-Félice Peretti, petitenièce du pape Sixte V,
Paul Savelli fut sans contredit l'un des plus célèbres bibliophiles de son temps.
Quoiqu'il soit peu connu, les livres de sa provenance sont très-recherches à cause du choix exquis des éditions et de la richesse de l'habillement.
d'un oiseau de même; le chef soutenu de sinople.
Bandé d'or et de gueules, au chef d'argent chargé de 2 lions affrontés de gueules tenant une rose surmontée 1
SAVOIE (François de Carignan, dit le prince Eugène de), né à Paris le 1 8 octobre i663, mort à Vienne, en Autriche', le 21 avril 1736.
Ce prince, qui signait Eugenio von Savoie, pour rappeler ses trois patries adoptives, avait rassemblé, pendant le peu de loisirs que lui laissèrent ses nombreuses expéditions militaires, un des plus riches cabinets d'objets de curiosité, de livres rares et de manuscrits précieux.
II avait adopté deux fers: le premier pour les in-folio
De Savoie moderne, qui est : écartelé; Au I, contre-écartelé : au \,de Jérusalem; au 2, de Lusignan; au 3, (■'Arménie; au 4, de Luxembourg. Ce premier quartier pour le royaume de Chypre. Au II, parti : de Hautb- Saxe, de Basse-Saxe, soutenu J'Amgrie. Au III, parti : de Chablais et d'Aosr. Au IV, des comtes de Genève, parti de Montferrat. Sur le tout, parti ; de Savoie-Carignan et de Bourbon-Soissons.
Parti : de Savoie-Carignan et de Bo ur bon - Soi u ons .
pour les formats plus petits.
L'un et l'autre sont accompagnés de ce chiffre
formé de deux E entrelacés, couronnés et entourés du collier de l'ordre de la Toison d'or comme les écus.
A la mort de ce prince, sa bibliothèque fut dispersée. On trouve assez fréquemment en France dans les ventes publiques des volumes de sa collection, qui se reconnaissent par les armes ci-dessus et par leur magnifique reliure en maroquin rouge plein.
Toutefois le plus grand nombre est conservé aujourd'hui à la bibliothèque impériale de Vienne (Autriche), où on les a dépouillés de leur premier vêtement pour les recouvrir en carton gris.
Pourquoi...? On n'a jamais pu savoir I
Ces Allemands sont d'une force... I
SCÉPEAUX (Yves de), reçu premier président au Parlement de Paris le 19 août 1457, mort le 2 novembre
Il s'était acquis une telle renommée dans l'exercice de ses fonctions présidentielles, qu'on l'appela le grand président.
Ses livres, bien entendu, tous manuscrits, portaient sur les feuillets de garde les armes ci-dessus dessinées.
On en trouve un spécimen dans la fameuse collection Peiresc, conservé à la bibliothèque de Carpentras.
Ecartelé : au 1 et 4, vairé d'argent et de gueules; au 2 et 3, paie d'or et de gueules, qui est ^'Amboise; sur le tout, d'or, àtfasces de gueules.
AKKOfUAIr.tPU .BIBLIOPHILE.
SECOUSSE {Denis- François), mort le 5 mars 17S4. C'est le savant éditeur des tomes II et VI II des ordonnances des rois de France.
D'a\ur, au chevron d'argent accompagné enpotnte d'une gerbe d'or, et en chef d'un croissant montant accosté de 2 molettes d'éperon , le tout de même.
Catalogue des livres de la bibliothèque de M. de Secousse, avocat au Parlement, de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, avec une table d'auteur. — Paris, Barrois, i755, in-8.
Ce catalogue est précieux par l'immense quantité de livres sur l'histoire qu'il mentionne. II est précédé d'un avertissemen t con tenant l'éloge de Secousse rédigé par son frère, curé de Saint-Eustache, qui suit.
SECOUSSE (François-Robert), prêtre, docteur en théologie, curé de Saint-Eustache, à Paris, frère du précédent.
Sa bibliothèque fort nombreuse, et surtout bien choisie, contenait en grande partie les ouvrages sur la théologie et le droit canonique. On y re-
marquait aussi quelques manuscrits assez curieux.
Comme ci-dessus.
SÉGUIER (Pierre), chancelier de France, petit-fils du président} né à Paris le 28 mai i588, mort le 28 janvier 1672.
s Entre les bibliothèques qui sont
0 en grande considération dans la
1 ville de Paris, celle de monseigneur « Pierre Séguier, cheualier comte de « de Gien, chancelier de France, en s est ufte , non-seulement pour la « beautji du, lieu, mais encore pour * les bdasliures en toutes les sciences a et langues qui y sont mis .contia nuellement par ce seigneur, qui « esclaire aujourd'huy l'Europe par •1 ses rares mérites et grande doctrine... a Cette bibliothèque possède encore « diuers bons et anciens manuscrits a qui luy donnent un grand lustre.
■ Le sieur Pierre Blaise a le soin de « cette bibliothèque, pour laquelle il « trauaille à son augmentation auec « un grand zèle{i). »
Quand le P. Jacob parlait ainsi, il
( 1} Traité des Bibliothèques, p. 495 .
y avait déjà onze ans que Séguier avait la garde des sceaux, et sa réputation comme magistrat et comme bibliophile était définitivement établie. Alors les auteurs lui adressent leurs livres — bien reliés sans aucun doute — accompagnés de pompeuses épîtres dédicatoires répétant haut
Ses vertus, son talent et son grand caractère.
' Le chancelier a poussait » du reste aux ex donOy par ce mot qu'on lui prête : o Si Ton veut me séduire, on « n'a qu'à me donner des livres. »
Et Ton tâchait souvent de le séduire.
Et sa collection grossissait d'autant.
Hâtons-nous d'ajouter qu'il employait des moyens autrement efficaces pour augmenter ses trésors bibliographiques. Avec le concours de quelques savants, ses familiers, entre autres Pierre Biaise, dont nous venons de parler, et Balesdens (i), son secrétaire intime et son collègue à l'Académie française, qui devint plus tard son rival en bibliophilie, il ramassa les productions les plus importantes, les plus rares et les plus précieuses que l'on rencontrait alors dans le mouvement littéraire.
D'un autre côté, Séguier avait des envoyés, Missi Dominici nouveaux, qu'il entretenait à grands frais dans les diverses contrées de l'Europe et même de l'Asie, chargés de recueillir en livres tout ce qui intéressait les lettres, les arts et les sciences.
C'est de cette façon qu'il enlève à l'Orient environ quatre mille manuscrits en toutes langues et sur toutes sortes de sujets.
Par le nombre, le choix des impres-
(i) Voy. ce nom*
sions, la rareté des exemplaires, la splendeur de l'habillement, les imprimés marchaient de pair avec les manuscrits.
Presque tous ses livres avaient été reliés par Antoine Ruktte, en basane pour les volumes ordinaires, et en maroquin rouge pour les exemplaires de choix (i).
Dans son hôtel (2) de la rue du Bouloi, décoré par Simon Vouet, Séguier choisit la plus belle salle pour sa bibliothèque. Et c'est dans cette salle, au milieu de ses collections artistiques et littéraires, que pendant trente années consécutives il réunit à des époques fixes les plus notables personnages de son temps, pour s'entretenir sur des questions de droit, de science, de littérature et de bibliographie. Ces réunions avaient une telle célébrité, que les gens les plus considérables par leur nom et leur savoir, des princes, voire des reines (3), ne dédaignaient pas d'y assister.
Si le président faisait avec tant de pompes les honneurs de sa bibliothèque aux grands du jour, disons-le à sa louange, il n'oubliait pas les travailleurs. La Ry maille (4) nous apprend à ce sujet que
La Bibliotière Royale
Pour tout le monde est doctrinale (5),
A celle Séguier chancelier
Pauvre et riche y vont travailler.
(1) Ed. Fournihr, Hist. de la rel.
(2) Séguier l'avait acheté du duc de Bellegarde en i633. Cet hôtel, qui fut plus tard l'hôtel de Fermes, existe encore en partie aujourd'hui.
(3) La reine Christine de Suède assista .à celle du 22 mars 1646.
(4) Rymaille des plus célèbres bibliotières, publ. par Albert de la Fizelière, 1869, in-8\
(5) Royale, impériale ou nationale, cette Bibliotière n'a pas trop changé depuis.
On dit -r- on dit tant de choses — que la fortune de Séguier est due moins à ses talents qu'à une conformité de goût entre lui et Richelieu.
Suivant Tallemant des Réaux, l'amour des livres aurait rapproché le ministre et le président par l'intermédiaire de Michel Le Masle, abbé Desroches, qui bouquinait pour le cardinal.
Et lorsqu'on s'avisa de placer à la chancellerie « un instrument docile », c'est Pierre Séguier qui fut proposé et agréé, « bien que l'opinion publique ne le trouvât pas trop en passe d'une si belle position ».
En tout cas, la bibliophilie a du bon.
Il est vrai que, de son temps, Séguier ne passait pas- pour un aigle, si la fameuse anecdote du Raisonnement des bêtes est vraie. Lorsque Cureau de la Chambre voulut publier cet ouvrage, le président Séguier lui demanda s'il ne le lui dédierait pas.
« J'y avais songé, répondit Cureau, mais j'hésite à le faire, parce que le public pourrait y trouver matière à raillerie. »
A la mort du chancelier, Madeleine Fabri, -sa veuve, conserva religieusement la bibliothèque de son défunt mari et l'enrichit même de quelques bons et beaux livres, quoique, au dire d'une mazarinade, elle n'eût de goût que pour ceux qui lui étaient dédiés.
Ce richissime dépôt bibliographique fut transmis par héritage dans la famille des Séguier jusqu'à Pierre Coislin du Cambout, évêque d'Or-
léans, arrière-petit-fils du chancelier par sa mère Marie Séguier.
Du vivant même de ce prélat, les imprimés avaient complètement disparu ; à sa mort, il ne restait plus que les manuscrits, et encore on ne sait pas s'ils y restèrent intégralement.
Ces manuscrits furent légués par l'évéque d'Orléans (i) à son neveu Henri-Charles du Cambout, duc de Coislin, le superbe évéque de Metz, qui, à son tour, les légua à l'abbaye *de Sain t-Germain-des- Prés.
Cet abbaye, on le sait, devint la proie des flammes, le 19 août 1794.
Tout fut consumé, à l'exception des manuscrits, que l'on transporta à la Bibliothèque Nationale.
Avant d'être chancelier, le président frappait ses volumes de cette marque
D'a\ur^ au chevron d'or accompagné de 2 étoiles d%or en chef> et d'un mouton passant d'argent en pointe.
(1) C'est là le point où, à part M. Franklin, tous ceux qui ont parlé de la Bibliothèque de Séguier ont erré : ils ont confondu l'évéque d'Orléans avec l'évéque de Metz, la collection de l'un avec la collection de l'autre.— Voj. Coislin du Cambout.
Après, de celle-ci livres dont Madeleine Fabri avaient
pendant son veuvage, enrichi la bibliothèque de son époux.
Bibliothecae Seguiriarue catalogus.
— Parisiis, apud Cramoisy, 1 685,
où figurent les insignes de la chancellerie : deux masses passées en sautoir derrière l'écu.
Les lettres P R que l'on voit ici ne figurent pas ordinairement sur ce modèle.
Pierre Rocolet, imprimeur de Paris (i), voulant à son tour séduire le chancelier, lui dédiait de temps à autre des volumes sortis de ses presses; qu'il faisait frapper de cet écusson en l'accompagnant des initiales de ses nom et prénom.
Quelques exemplaires portent aux angles ce chiffre
formé des lettres P. S. M. F. (Pierre Séguier, Madeleine Fabri). Ce sont les
lettres if. s. M. f . (Pierre ladeleine Fabri). Ce sont les
(1} Mort le 18 janvier 1661.
Catalogue de la bibliothèque de...
Séguier.— Paris, F. Le Cointe, 1 68
SÉGUIER (Dominique), frère puîné du précédent. Il fut successivement conseiller au Parlement, doyen de Notre - Dame de Paris , évêque d'Auxerre, ensuite de Meaux, premier aumônier du roi et commandeur de Tordre du Saint-Esprit. 11 mou.ut e 16 mai 1657, âgé d'environ 66 ans.
Dominique Séguier était presque en bibliophilie le rival de son frère.
Parmi les nombreux manuscrits qu'il avait amassés, on remarquait les Prières de la Messe, petit în-i 2 orné de magnifiques miniatures, relié en maroquin rouge, écrit sur vélin par Jarry.
Ce volume, le plus ancien sorti de la main du célèbre calligraphie, passa dans la bibliothèque de Chardin, puis dans celle de la duchesse de Berry.
Comme ci-dessus.
ARMORIAI. DU Br«r.IOPHlLK.
SÉGUR (Nicolas- Alexandre de), président à mortier au parlement de Bordeaux.
Êcartelé : au i et 4, d'a\ur, au lévrier rampant d'argent bouclé et accoté d'or ; au- 2 et 3, d'argent, à trois mertettes de sable. Sur le tout, êcartelé: au 1 et\, de gueules, à trois bandes d'or ; au 2 et 3 , d'hermines, à ta bordure de gueules.
C'est la première marque dont.se servit le président Ségur pour timbrer ses livres.
En jiin 1721, il épousa Charlotte- Emilie A ) le Fèvre de Caumartin, fille de Loujp-François le Fèvre de Cauroartin,|Ir du nom (2), intendant du commercé en 170a.
|l) Morte en 1729.
(1) Mort le i3 juillet 1
Alors il accole son écu de celui de a femme, et son fer devient
De Ségur, accolé de le Fèvrk de Caumartin, qui est d'azur, à cinq fasces d'argent.
SEIGLIÈRE DE SOYÉCOURT.
Désable, semé defieurs de lys d'or, à ta bande d'azur chargée de 3 épis de seigle d'or.
De Soyécourt pur porte : d'argent fretté de gueules.
ARHOHIiL mi BIBLIOPHILE.
SERVIEN (Abel), marquis de Sablé, secrétaire d'Etat et surintendant des finances, né vers 1 5g3, mort en son château de Meudon, le 12 février i65o.
D'azur, à 3 bandes d'or, au chef cousu du champ, chargé d'un lion issant d'or.
SEVE {Mathieu de), baron de Fiéchères, prévôt des marchands de la ville de Lyon*en 1694.
Fascé d'or et de sable, à la bordure componnée de même.
SÈVE (Antoine de), abbé de l'Isle-en- Barrois, conseiller et aumônïerdu
conseiller du roi en
Comme ci-dessus.
■ Ce docte abbé, dit le P. Jacob, est fort curieux en bons Hures, qu'il recherche très-soigneusement pour embellir sa bibliothèque rameuse, qui possède plus de 600 volumes en toutes sortes de sciences. >
Il possédait plusieurs manuscrits importants et rares, dont quelques-uns sont aujourd'hui conservés dans la Bibliothèque de l'Arsenal.
Ses livres sont encore très-recherchés des amateurs à cause de leurs belles reliures, ornées sur les plats des armes ci-dessus et aux angles de ce chiffre
roi, fils de Guillaume, sieur de * formé des lettres A. D. S. (Antoinede
Sève). Antoine Ruette fut son relieur.
Mais Le Gascon travailla aussi pour lui.
Ces deux marques figurent sur :
P. Pamponatii opéra... — Basilece, 1 567, in-8, conservé à la fiiblioth.
Nat. et coté 8" R.
5ILLY (Henri), seigneur de la Rocheguyon, baron de Louvois, chevalier des Ordres du roi, conseiller d'Etat, né le S septembre iS5i, mort en i586.
Ecartelé ; au 1 et 4, dhermines, à la fasce ondée de gueules, surmontée de 3 tourteaux de même, qui est de Sii.ly ; au 2 et 3, bandé d'or et d'azur, à la bordure de gueules, qui est de