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TERREBASSE

Notre livre, — nous sommes bien prétentieux— bouquin, devrions-nous dire. Quoi qu'il en soit, livre ou bouquin, notre travail offre parfois des oppositions curieuses amenées brutalement par Tordre inexorable de l'alphabet. Pas de transition possible ; on entre en matière comme un boulet Krupp. A côté d'un bandit figure un

honnête homme ; à la suite de Terray arrive Terrebasse !

Terrebasse (Pierre-Louis- Elisabeth- Alfred Jacquier de), ancien député, né à Lyon le 1 6 décembre 1 80 1 , mort en son château de Terrebasse (Isère) le 18 décembre 1871.

Il était d'une famille originaire de Fribourg établie en Bourgogne, dont un rameau se détacha pour venir faire souche à Lyon dès le commencement du siècle dernier.

Ce fut un des plus laborieux explorateurs de l'histoire du Dauphiné et en même temps l'un des bibliophiles les plus érudits de notre époque.

Dès sa jeunesse, M. de Terrebasse se consacra aux lettres. A vingt ans, il publie un opuscule dans lequel il montre ce qu'il sera un jour.

Depuis, il ne cessa de produire, et, peu à peu, « à la pointe de sa plume 0 , il conquiert sa place au milieu des célébrités contemporaines.

Aimant les. arts et les livres avec passion, l'auteur de V Histoire de Boyard se constitua une bibliothèque précieuse, qui était l'expression de ses goûts scientifiques, littéraires et même philosophiques.

Sur ses tablettes avaient pris rang tous les ouvrages anciens et modernes relatifs au Dauphiné, les œuvres des écrivains appartenant par leur naissance à cette province, et les éditions sorties des presses dauphinoises.

Patria semble avoir été sa devise intime.

• Ensuite venaient ces géants de la science historique : les dom Bouquet, les dom Calmet, les dom Morice, les dom Plancher, les dom Martène, d\Achery, Mabillon, Ruinart, Montfaucon, Ducange, Vaissette et autres bénédictins, dont les productions im-

HORUL OU BIBLIOPHILE.

posantes forment la base de nos anciennes annales.

Il recherchait aussi le côté artistique du livre, mais avec cette réserve de l'homme plus préoccupé de l'idée que du fait.

a Et si parfois quelque volume à son grc et de difficile rencontre s'offrait a lui sous un extérieur meurtri par le temps, il n'hésitait pas a le confier à des mains capables de lui rendre l'éclat mérité : Kœhler, Cape, Duru à Paris, Bruyère et Thomas à Lyon , étaient ses relieurs ordinaires (i). »

Les ouvrages reliés pour lui portaient d'un côté cet écusson

D'azur, L, uaux biilettct d'or, coupées à plomb, posées en bande.

et âz l'autre celte devl"; figurée

■j (i)HbhriBaudhiëh, président à la Cour d'appel de Lyon. Nécrol. A. àeTeriebasst. 187a,

ayant pour légende : Ruminât herbas, par allusion à son nom de fief.

Cette belle collection n'a pas été, ainsi que tant d'autres, dispersée après la mort de son fondateur. Les entants de M. de Terrebasse l'ont pieusement conservée comme un témoignage des hautes aspirations du savant et du bibliophile dont la mort laissera longtemps un vide parmi les gens de bien et les amateurs du beau.

TESTU DE BALINCOURT (Henri), baron du Bouloir, mort le 2 septembre 1710.

- D'or, à trois lions léopardés de sable, armés et lampassés de gueules, run sur l'autre, celui du milieu.contre-passant.

Les livres de cet amateur sérieux, quoique peu connu, étaient pourtant d'une belle condition. L'exemplaire sur lequel figuraient ses armes nous paraît être sorti des mains délicates de Du Seuil.

TESTUJ (Claude-Guillaume}, marquis de Balincourt, fils du précé-

dent, maréchal de France, né le 1 7

f: mars 1680, mort vers 1770.

ARHORUL DV BtBUOPHILE. ai5

Tbévenot tenait de son vivant des réunions périodiques dans sa maison d'Issy, où chaque invité apportait les découvertes qu'il avait faîtes dans les sciences.

Ce fut là, dit Ménage, l'origine de l'Académie des sciences.

On lui doit : Recueil de divers voyages curieux. Paris, 1663-73, 4 vol.

en 2tom. in-folio.

Comme ci-dessus.

[ Charmante collection , bien choisie, et dont les volumes étaient reliés avec autant d'élégance que de goût.

THEVENOT (Melchisédech), né en 1620, mort vers 1692, neveu du célèbre voyageur de ce nom. Il avait aussi parcouru la plupart des pays de l'Europe, d'où il rapporta un grand nombre délivres rares et de manuscrits précieux .

Il avait été pendant quelque temps garde de la Bibliothèque du Roi, qu'il enrichit d'ouvrages impo rtants.

A sa mort, ses livres, imprimés et ^manuscrits, furent acquis par les libraires Coustelier, Cochait et Nyon.

290 manuscrits orientaux, qui se trouvaient compris dans la vente, entrèrent & la Bibliothèque du Roi, par suite d'un échange de doubles q u'on estima 2000 francs.

D'azur, au chevron d'argent, accompagné en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'une branche dë,3 glands du même.

Bibliotheca Thevenotiana, sive catalogus impressorum et manuscriptorum librorum bi bliothecae viri clarissimi D. Melchisedecis Thevenot. — Luteciœ Parisiorum, FI, et P. Delaulne, 1694, in-12.

THOU (Anne de), abbesse de Saint- Antoîne-des-Champs, à Paris. Elle était fille d'Augustin de Thou, I" du nom, président au parlement de Paris, mort le 6 mars 1 544, et de

ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE.

Claude [de Marie, fille de Jean de " Marie, seigneur de Versigny.

Ecartelé : au 1 et 4, d'argent, au chevron de sable t accompagné de trois taons du même, 2 e 1 1 , qui est de de Thou; au 2 et 3, d'argent, à la bande de sable chargée de 3 molettes d'éperon du champ, qui est de M arle.

Armes frappées sur : Breviarium Romanum, 1573, conservé à la BibI Nat. N" Blnv. i5g8.

THOU (Jacques- Auguste de), né à a Paris le 8 octobre i553, mort le 7mai 1617. Il était fils de Christophe de Thou (1), premier président au Parlement de Paris, et de Jaqueline Tuleu de Céli,

Tous ceux que ne laissent point indifférents les hautes manifestations de

l'esprit connaissent et apprécient le savant consciencieux et profond qui écrivit, en latin, l'Histoire de son

temps avec la concision de Tacite et l'élégance de Cicéron.

(1) Mort le 1» novembre i58a, âgé de

Nous ne dirons donc rien de sa vie de ses travaux et de ses voyages; de la. considération et de l'estime dont il jouissait A juste titre parmi ses contemporains ; des hautes fonctions auxquelles il fut appelé et qu'il honorait par ses talents, par son savoir et par ses qualités.

C'est le bibliophile qui doit ici nous occuper.

Si le célèbre historien est resté dans la mémoire d u monde érudit, il occupe encore une des premières places dans le souvenir de tout amateur de livres.

La bibliothèque qu'il avait constituée, et que la tradition appelle : Bibliotheca Thuana, fut sans contredit l'une des plus importantes dont la renommée, sans s'affaiblir, soit parvenue jusqu'à nous.

Sa réputation est due moins au nombre et à l'ornementation des volumes qu'à ce choix exquis d'ouvrage* ou le savant, le lettré et le collectionneur se révélait tout entier.

En cela, de Thou est resté le type du bibliophile.

II ne s'imprimait pas un seul bon livre en France et même à l'étranger que l'ancien président n'en fit tirer deux ou trois exemplaires sur papier magnifique, fabriqué tout exprès pour lui (1).

Mais l'instinct de la possession ne l'emporta jamais chez lui sur le culte des bonnes lettres. Aussi toutes les productions qui prenaient eu quelque sorte droit de cité dans ses richesses bibliographiques se distinguaient-elles par la sévérité du sujet (2).

(i) Bonaventure d'Argonne. Mil. d'hitt. tt délia. 1699.

(s) Ibid.

Enrichie des plus célèbres cabinets de l'époque, entre autres de ceux de Pierre Pithou (i)etdeNicolas Lefebvre (a), la Bibliotheca Tkuana, puisqu'il but l'appeler par son nom, en ses beaux jours renfermait environ mille manuscrits des plus précieux et huit mille volumes imprimés, représentant ce qu'il y avait de plus rare et de plus élevé dans toute l'Europe (3).

Les personnages les plus connus par leur savoir, leur renom et leur position dans le monde, tels que Peiresc, Henri Estienne, IsaacCasaubon, le pape Léon XI, le cardinal Barberini et tant d'autres de ce siècle si fécond en grands hommes, qui la visitèrent, s'accordaient à la considérer comme la plus belle du temps (4).

Tous les livres reliés d'après les ordres de de Thou, la plupart par Le Gascon, furent habillés en maroquin plein, qui rouge, qui violet, qui vert, qui jaune citron; ou « veau dorez ce qui était encore vne grande sumptuosité de ce Pâmasse des Muses (5) 1; ou quelquefois en vélin blanc relevé par de gracieux petits fers.

De plus, ils portaient tous indistinc-

(1) Pierre Pithou, sieur de Savoy e, jurisconsulte habile et bibliophile ardent. Mort le l" novembre 1696, à Nogenl-sur Seine, âgé de 57 ans.

{s)NicolasLefebvre,précepteurdeLouiaXIII.

Citait un satant et un des plus zélés collectionneurs de livres. Le P. Jean François, dans l'éloge qu'il fit de lui, dit qu'il ■ consuma sa vie entre une quantité extrême de bons tiurea qu'il auait recueilly de toutes parts, eÇsptfcîalement d'anciens manuscrits, qu'il ramassoit par tout, auec une diligence et despence incroyable ».

(3) Le P. Jacob. Traicté des plus telles biblioth.

(4) Ibid.

(5) Ibid.

tentent ses armes sur les plats avec son chiffre au dos.

Jeune encore, de Thou fonda sa collection avec les livres que lui laissèrent un sien onde (1) d'un côté, et son père de l'autre.

Alors commence cette suite curieuse d'écussons employés successivement par deux bibliophiles, le père et le fils.

Garçon, ses volumes portent d'abord ses armes simples.

D'argent, au chevron de sable accompagné de 3 taons du même, 2 en chef, 1 en pointe.

Plus tard il ajoute son chiffre

formé des lettres I. A. D. T. (Jacq..

Aug. de Thou).

(t) Admn de Thou, conseiller clerc an Parlement de Paris, mort en 1570.

Cette marque, écusson et chiffre, va jusqu'à l'époque du mariage de de Thou avec Marie Barbancon (i), sa première femme, c'est-à-dire jusqu'en

A partir de ce moment il accole les armes de sa femme aux siennes, et son écusson devient :

ÂRKORIAL DU BIBLIOPHILE.

De de Thou, accolé de Barbahçon, qui est de gueules à 3 lions couronnés d'argent.

Par la même raison, son chiffre

se modifie et se compose des lettres I. A. M. (Jac.-Aug., Marie).

L'intersection de l'A et de l'M[constitue un thêta, traduction grecque du Tk (Thou).

Marie Barbancon meurt en 1601.

L'année suivante, de Thou épouse Gasparde delà ChastreJ(i). j

Les armes delà seconde femme remplacent alors celles de la première dans î'écu, qui prend cette forme

De de Thou, accolé de la Ch astre, qui est écartelé : au 1 , de gueules, à la croix ancrée de vair, qui est de la Chastre pur; au 2, de gueules, à la croix d'argent, qui est de Sk voie ; au 3 , écartelé d'or et d'azur, qui est de Batarnay; au 4, contre-écartelé : au t et 4, de gueules, à r aigle éplqyée d'or; au 2 et 3, de gueules, au chef d'or, quiestde Labcakis."— ""SE jBttii

f 1 ) Fîile de GaspaitTdc la Chistrc, comte

de Naiifay, capitaine des gardet-dixorpt du

AilMOBlAL SU BIBLIOPHILE.

se combine des lettres I. A. G, (Jacq.- Aug.,Gasparde), dont l'intersection avec la barre transversale de l'A reproduit le thêta.

Ce fut la dernière transformation delà marque biblîopbilique du célèbre historien.

Sa bibliothèque l'occupa jusqu'à la tombe, et lorsqu'il sentit l'heure suprême approcher, sa dernière pensée fut encore pour elle.

Pour que cette collection, à laquelle il avait consacré quarante années de sa vie ne fût point perdue après sa mort et conservée au profit des lettres, il la substitua à perpétuité dans sa famille, comme il appert de cet article de son testament :

e Bibliothecam meam XL amplius annorum spatio magnâ diligentid ac sumptu congestam (quant intégrant conservari non solum familice, sed etiam rei litterariœ interest), dividi, vendi ac dissipari veto. »

Il avait en outre amassé une grande quantité de médailles de tout âge, d'or, d'argent et de bronze; ainsi que ses livres, jl les recommande à ses enfants, qui cultiveront, il l'espère,

avec ardeur les lettres « litteris operam nauabunt. ■ Et, ce qui rendra ■on nom d'autant plus cher aux savants et aux gens de lettres, il veut de plus, l'honnête homme, que toutes ses richesses bibliographiques et nu mismatiques servent encore aux travailleurs étrangers : « lia ut etiam exteris aliisque philologis ad usum publicum pateat » (i).

Nous voici en 1617. De Thou n'est plus. A qui revint la bibliothèque ?

Il est à croire, d'après les us et coutumes du temps, que ce fut à l'aîné des enfants mâles, François-Auguste de Thou, celui qui fut décapité à Lyon avec Cinq-Mars, le 12 septembre 1642.

François-Auguste (2), d'ailleurs, était digne de ce dépôt. Sa profonde érudition lui avait fait obtenir la charge de grand-maître de la Bibliothèque du roi , et dans sa maison se réunissaient les savants, attirés qu'ils étaient et par ses grandes connaissances et par l'aménité de son caractère.

Onpeut donc inférer, sans crainte de se tromper, que François-Auguste eut nn grarld S&in du legs paternel.

Cependant, de 161 7 à 1642, on ne signale aucun livre à la marque spéciale de François-Auguste.

Dans la collection Morantb, nous avons trouvé un volume intitulé :

Henrtd Ernstii... variarum observationum libri duo.... Amstelodami, 1 63 6, petit in- 12 qui porte sur les

[1) L'idée d'établir une bibliothèque publique appartient donc â de Thou, et non pas à Richelieu. Voy. « nom.

(1) Il avait été président au Parlement de Paria, conseiller et mattre dea requête*

ARMORIAI DU

plats cette estampille remarquable par sa simplicité,

et au dos, le chiffre que nous connaissons déjà, composé des lettres I. A. G.

Il est certain que la collection était pieusement entretenue et que les productions nouvelles qui ve naient grossir les richesses littéraires du défunt pendant cette espèce d'intérim, étaient revêtues seulement des armes pures des de Thou et accompagnées du chiffre où figurait l'initiale de Gasparde de la Chastre, vivante encore à cette époque.

En 1 642 , Jacques - Auguste de Thou (1), le troisième des enfants mâles (2) de l'historien, fut substitué aux lieu et place de son frère François, et devint par là, chef des noms et armes de la famille.

Par conséquent, la bibliothèque patrimoniale dut lu! arriver en héritage : c'est ce qui eut lieu.

Par son amour des livres et son vaste savoir, Jacques-Auguste, au

(1) Il avait été président de la première chambre des enquêtes du Parlement de Paris. Mort en 1677.

(1) Le second, Achille- Auguste, conseiller «uParlenicntde Bretagne, {tait mort en i635.

moins sous le rapport bibliophilique, se montra à la hauteur de son père.

Il enrichit la bibliothèque dont il était devenu l'heureux possesseur d'un grand nombre d'ouvrages curieux et rares, et l'augmenta surtout de la belle collection de son beau-père Hugues Picardet (t).

Ses livres propres se reconnaissent au blason suivant, dans lequel entre celui de sa première femme Marie Picardet (2).

Ecartelè : au 1, d'argent, au chevron de sable accompagné de 3 taons du même, 2 en chef, 1 en pointe, qui est de aE Thou; au 2, d'a\ur,à la croix d'argent, qui est de Picardet; au 3, de gueules, à la croix ancrée de vair, qui est de la Chastre ; au 4, échiqueté doretdaçur, au franc-quartier d'or à la bordure de gueules chargée de 8 besants d'or, qui est de le Prévost.

Ces armes ont pour cimier un casque, taré de face, grillé de six pièces,

(t) Hugues Picardet, procureur général au Parlement de Bretagne, bibliophile distingué et l'un des grands jurisconsultes de l'époque. Mort le 19 avril 1641, a l'Age de 81 ans.

U) Morte en février i663.

ARMORIAI. DU

sommé d'une licorne issante. Mais quelquefois à la place du casque figure une couronne de comte surmontée d'une banderolle portant cette devise:

Mane nobiscum Domine.

Vers 1660, de Thou, qui se faisait appeler baron de Meslay, prend ces armoiries, beaucoup plus compliquées

Parti : au 1, écartelé : au i, de gueules, à la croix ancrée de vair, qui est de la Chastre ; au 2, de gueules, à la croix d'argent, qui est de Savoie; au 3, contre-écartelé d'or et d'azur, qui est de Batarnav; au 4, contre-écartelé : au 1 et 4, de gueules, à l'aigle éployée d'or; au 2 et 3, de gueules, au chef d'or, qui est de Lascaris, sur le tout de de Thou. Au 2 du parti, écartelé ; au 1 et 4, d'azur, à la croix d'argent, qui est de Picardet; au 2 et 3 , échiqueté d'or et d'azur, au franc-quartier a" or chargé d'un griffon de sable, qui est de de Prévost.

Devise : Comme ci-dessus.

Tous ces trésors littéraires, colligés avec tant de soins et de savoir, devinrent en 1677 la propriété de Jacques-

Auguste de Thou (1), abbé deSamer.

aux-Bois et de Souillac.

Trois années après, l'abbé, par suite de pertes éprouvées dans la famille, se vit obligé de se défaire de l'incomparable collection.

Le célèbre bibliophile Charron (a) de Ménars l'acquit pour ainsi dire tout entière. Une partie des manuscrits seulement passèrent à la bibliothèque du roi.

En 1706, le président Ménars revendit la collection thuanienne à l'évéque de Strasbourg pour la somme de 40,000 liv. (3) qui la légua, avec tous ses autres volumes, à son neveu, le prince de Soubise, dont l'immense bibliothèque fut dispersée en 1788.

C'est à partir de ce moment que les volumes à la noble livrée des de Thou se répandirent dans le monde savant.

On en trouve a Paris, dans toutes les bibliothèques publiques, cela va sans dire, et encore à Madrid, et à Saint-Pétersbourg, a Berlin, Vienne, Londres, New-Yorck, et même à Constant!nople, portant ainsi en tous lieux l'iui mitable goût français.

Catalogus Bibliothecx Thvanae à clariss. VV. Petro et Iacobo Pvteanis ordine alphabetico prirnum distribuais. Tvm secundum scientias et artes à clariss. vero Ismaele Bvllialdo digestus. Nvnc vero editus à Iosepho Quesnel, Parisino et bibliothecario. Cvm indice alphabetico authorum. — Partais, impensis directions; prostat in eadem bibliotkeca et apud dom. Levesque, directionis notarium, via S. Severini, 1679, in-8*.

(l) Mort à Paris, le 17 avril :74a, dans la qi' annie de ion fige.

(î) Voy. ce nom.

(3J Environ îoo.ooo fr. de notre argent actuel.

ARMORIAI. DU BIBT.IOPHIUE.

Catalogus Bibliothecœ Thvarue...

167g. Parisiis, impensis directionis.

Prostat in eadem bibliotheca, etapud dominum Levesque, directionis notarîum, via S. Severini, nunc vero Hamburgi, apud Christianum Liebezeit, bibliopol. — Lavenburgi, ad Albim.

Imprimebat Christian AlbrecktPfeiffer, 1764, in-fol.

Cette dernière édition du catalogue de Thou est excessivement rare.

THYARD (Pontus de), évêque de Châlons-sur- Saône, l'un des membres de la Pléiade, né vers i5zi.

Parti : au 1, d'or, à 3 écrevissesde gueules, 2 et i, gui est de Thyard ; au 2, d'azur, à la bande d'argent accompagnée de six coquilles du même disposées en orle.

Après vingt années d'exercice il céda l'administration de son diocèse à Cyrus de Thyard son neveu, et se retira en son château de Bragny, où il mourut le a3 septembre i6o5.

Ce prélat, remarquable par son sa-

voir et ses talents poétiques, avait, au dire de tous les auteurs bourguignons, fondé une des plus riches et des plus importantes bibliothèques de son temps (i). •

Apres sa mort elle devint le partage de ses trois neveux : Cyrus de Thyard, son successeur au siège épiscopal; Pontus de Thyard de Bissy et Louis de Thyard de Bragny.

Cyrus eut tous les livres de théologie, qui à son décès (2) revinrent entre les mains de MM. de Bissy et de Bragny.

La collection du sieur de Bragny tut réunie par lui à la bibliothèque primitive de l'évéque de Châlons, et douze ans plus tard (3) elle fut complètement brûlée par les soudards du duc de Lorraine lorsqu'ils se rendirent maîtres de la ville de Verdun-sur- Saône.

Celle du sieur de Bissy, composée en majeure partie des ouvrages de théologie de son grand oncle et de ceux que Cyrus avait ajoutés, fut déposée dans le château de Seurre (4) (C6te-d'Or),oa, parla, ils échappèrent à ces stupïdes < jeui de la force et du hazard > .

C'est ce précieux débris des bibliothèques des évéques Pontus et Cyrus de Thyard qui fut acquis par l'aïeul du président Bouhier{S)etqui forme,

(1) J bah dit. Pontu) de Thi/ard, tS6o, in-S. <*) 1614.

(4) Le P. Jacob dit : Betlegarde.

(5) Voy. ce nom.

aujourd'hui, un des principaux fonds de la bibliothèque publique de Troyes.

TOGNET (Pierre), chirurgien, mort vers 1600, mentionné par YEpitaphier de Paris.

De gueules, à 3 chèvres gissantes d'or, l'une sur l'autre en pal.

TOURNON (Françoisde),néâTournon en Vîvarais en 1489, mort à Saint-Germain-en-Laye le 22 avril

Il avait été successivement archevêque d'Embrun, d'Auch, de Bourges, de Narbonne et de Lyon ; cardinalévéque d'Ostie et doyen des cardinaux; abbé de Tournus, d'Ambournai, de la Chaise-Dieu, d'Ainai, de Saint-Germain-des-Prés et de Saint- Antoine; ambassadeur en Italie, en Espagne et en Angleterre, et gouver-

neur de Lyon, du Lyonnais, Forez, et Beaujolais.

Semé de France, parti de gueules au lion d'or.

Devise : Nonque super terrant.

François de Tournon, selon les biographes, passe pourune de nos gloires nationales.

Nous ne nous y opposons pas.

En somme, voici son bilan :

Fonde l'imprimerie royale,

Crée la chambre ardente,

Etablit un collège à Tournon,

Introduit chez nous l'engeance de Loyola,

Protège les savants et les gens de lettres,

Ordonne les plus atroces exécutions contre les calvinistes et les vaudois,

Fait vœu de pauvreté par état et meurt au milieu d'immenses richesses.

Confessons au moins sans restriction qu'il a aimé les livres.

ARMORIAI. SU BIBLIOPHILE.

La collection qu'il avait formée était nombreuse et riche surtout en ouvrages classiques, imprimés et manuscrits.

En mourant, il laissa tous ses trésors littéraires aux jésuites du collège de Tournon.

Après l'expulsion de ces religieux de France, leurs livres vinrent enrichir différents établissements publics et même les cabinets particuliers de hauts personnages.

Vers 1647, Naudé, revenant de ses excursions bibliographiques en Allemagne, passa par Lyon, où le maréchal de Villeroi (1), sans doute pour faire sa cour à Mazarin, lui fît don de ■ sept ou huict balles de liures(2) d provenant de François de Tournon.

Le fer ci-dessus, remarquable par le système d'ornementation, a été relevé sur : Herodoti libri novem quitus

musarum indita surtt (grœcè).... Basile», in officine Hervagiana, in-4 (3).

Cette édition d'Hérodote, pour le dire en passant est des plus rares. Du reste, Brunet ne la mentionne pas dans son Manuel.

Ce qui revient à dire que l'ancien cardinal d'Ostie était un bibliophile ds savoir et de goût.

(1) Nicolas de Neufville, V' du nom, né le 14 octobre 1598, mort à Pari» le 38 novembre i685.

(i) Naudé. Maseurai.

(3) Ce volume fait partie du cabinet de M. de Tournon, au château de Motiimelas, par Viltefrancne (Rhône). Ce repréienttnt de 'a famille de Tournon possède aussi V Inventaire manuscrit de la bibliothèque de ion aïeul.

TOURNON (Just-Henri de), comte de Roussillon, seigneur de Vissac, chevalier des ordres du roi, maréchal de camp de ses armées, sénéchal d'Auvergne, mort le 14 mars 1643.

Ecart elé : au 1 et 4, de Tournon; au 2 et 3, échiqueté d'argent et d'azur, à ta bordure de gueules, qui est de Roussillon ; sur le tout, de gueules, à trois pals d'hermine, qui est de Vissac.

Les livres a cette marque sont trèscommuns en Dauphinéet en Languedoc, et l'on en trouve dans presque toutes les bibliothèques publiques ou particulières de ces deux provinces.

Armes frappées sur : Isocratis orationes.... Parisiis, Cramoisy, 1621, in-8. — Collect. Morante.

TRÉMOILLE ET DE THOUARS (Jean-Bretagne-Charles- Godefroy, duc de la), comte de Laval, pair de France, premier baron et président de la noblesse de Bretagne, né le 5 février 1737, mort en émigration.

AHJIOMAL DU BIBLIOPHILE.

Il avait épousé le 24 juin 1763 Marie-Maximilienne- Louise- Françoise - Sophie, princesse de Salm-Kirbourg.

La Trémoille, accolé de Salm Kirbourg.

La Trémoille. Ecartelé : au 1 et 4, d'azur, à "h fleurs de lys d'or, qui est de France; au 2 et 3, contre-écartelé en sautoir, en chef et en pointe d'or, à 4 vergettes de gueules, et en flanc, d'argent, à Vaigle de sable, qui est à" Aragon-Naples. Sur le tout, d'or, au chevron de gueules accompagné de 3 aiglettes a"a\ur, becquées et membrées de gueules, qui est de la Trémoille.

Salm-Kirbourg. Ecartelé : au 1 et 4, de sable, au léopard d'argent ayant la queue four chée, qui est des Wildgfaves ; au 2 et 3, d'or, au lion de gueules couronné d'azur, qui est des Rheingraves. Sur le tout, parti :

au 1 , de gueules, à 3 lionceaux d'or, qui est de Kirbourg; au 2, coupé d'or, à 2 saumons adossés de gueules, qui est de Salm, coupé d'azur, à ta fasce d'argent, qui est de Vinttengeh.

Armes prîtes sur un volume conservé à la Biblioth. de l'Arsenal sous UN-i-5

TRINQUANT, ùmille de Paris.

pli

Mi

D'argent, à la croix pattée de simple, accompagnée de 2 molettes d'éperon en chef, et d'un cœur en pointe, le tout de même.

TRUDAINE (Daniel-Charles), conseiller d'Etat, intendant général des finances et membre de l'Académie des sciences. Il naquit à Paris le 3 janvier 1703, et mourut le 19 janvier 1769.

D'or, à 3 daims passants de sable.

Notice dts douze premières (et quatorze dernières) vacations des livies

ARKOBIAL DU BIBUOPHILX.

de feu M. Trudaine, conseiller d'Etat, et conseiller aux conseils royaux des finances et du commerce. — Paris, Mérigot, 1777, in-8*.

TUDERT (l'abbé Claude de), conseiller-clerc au Parlement de Paris, mort vers 1780.

)'or, à 2 losanges mises en fasce, au chef d'azur chargé de 3 besants

Notice des livres composant la bibliothèque de l'abbé Tudert. — Parts, Moutar, 1780, in-8°.

Marque frappée sur les Annales d'Aquitaine, i5 57, in-folio. Conservé àlaBîbl.Nat.N'f'Lltia5

TURENNE (Louise-Henriette Gabrielle de Lorraine, dite MIU de Marsan, duchesse de). Elle épousa, en 1743, Godetroy-Charles-Henri

de la Tour d'Auvergne, 'duc .de Bouillon, grand chambrier.

Ecarteté : au 1 et 4, de la Tour ; au 2, de Boulogne; du 3 , rfe Turekke ; et sur le tout d* Auvergne. Parti de Bouillon. Vécu accolé de Lorraine.

TURGOT DE SAINT- CLAIR (Dominique- Barnab é) , évéque de

Séez, mort le 18 décembre 1727.

D'hermines, fretté de gueules de 10 pièces.

Bibliotheca turgotiana, seucatalogus Hbrorum bibliotheœ ill. etjrev.

D. D. Doimnici-Barnabae Turgot] de

ARJIORIAL DO BIBLIOPHILE.

Saint-Clair, episcopi sagiensis, quorum fier vendîtio die veneris 17 martis 1730. — Parisiis, G. Martin,

1730, in-i %.

TURGOT (Anne- Robert- Jacques), baron de l'Aulne, né k Paris vers 1727, mort en 1781.

Comme ci-dessus.

Turgot a beaucoup écrit. Il laissa une belle bibliothèque composée de livres relatifs à sa spécialité, l'économie politique.

Catalogue des livres de la bibliothèque de feu M. Turgot, ministre d'Etat. — Paris, Barrois Taîné, 1782,

TURODIN (Joseph), chirurgien célèbre, mort le 18 juillet 1710. Il avait été chirurgien-major d'armée sous Louis XIV qui, pour le récompenser de ses* services, le créa chevalier de l'ordre de Saint-Michel, dont on voit le collier autour de l'écu servant de marque à ses livres,

-. C'était un homme très -versé en

toutes sciences, et particulièrement dans celle qu'il professait et sur laquelle il réunit une grande quantité d'ouvrages imprimés et manuscrits.

D'azur, au chevron d'or accompagné en chef de 2 étoiles de même, et en pointe d'un chêne d'argent.

TURPIN DE CRISSÉ (Christophe- Louis), évéque de Rennes, né le

■ 19 septembre 1670, mort le 29 mars 1746.

^Losange d'or et de gueules.

TURPIN DE CRISSÉ (le comte Lancelot de), célèbre tacticien, né

ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE,

dans la Beauce, d'une ancienne famille, mort vers 1799 en Allemagne, où il avait émigré.

Comme ci- dessus.

Devise : Vici, victurus viVot

URFÉ (Claude d"), ambassadeur du roi au concile de Boulogne et gouverneur des enfants de France sous Henri IL

« C'étoir, dit le P. Jacob, un homme d'un grand jugement et doctrine, car U dressa une splendide et riche bibliothèque dans le chasteau de la Bastie, en Forest, où il mit plus de 4,600 volumes entre lesquels il y auoit deux cents manuscris en velin, couuerts de velour verd. M. Honoré d'Urfé, autheurde VAstrée, composa cet ouurage en ce chasteau qui luy appartenoit. »

Les magnifiques débris de cette collection , conservés aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale, nous montrent que l'éloge du P. Jacob n'a rien d'exagéré. Nous en signalerons un, connu sous le nom de Manuscrit d'Ur/é, grand et

superbe in-folio, unique au monde, renfermant les poésies des troubadours les plus anciennes, les plus rares et les mieux choisies.

On donne encore ce nom à un autre manuscrit non moins beau et non moins précieux, ayant la même origine et figurant dans le même dépôt, qui contient toutes les pièces relatives au procès de Jeanne d'Arc.

Le noyau de ces richesses littéraires provenait de la belle-mère d'Honoré, Anne de Graville ; et c'est par une disposition testamentaire qu'il arriva entre les mains de Claude, dont pn appréciait déjà le savoir et la passion pour les livres.

A sa mort, tous ses volumes furent dispersés au grand détriment de la science historique. Après avoir enrichi divers cabinets particuliers, notamment celui du fameux bibliophile le duc de la Vallière, ils vinrent en grande partie grossir le fond de la Bibliothèque Nationale.

Quelques-uns des livres imprimés et la plupart des manuscrits portent, tantôt sur les plats, tantôt sur des moulures en cuivre, les armes de Claude

De vair, au chef de gueules.

ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE.

avec son chiffre uni à celui de sa femme Jeanne de Balzac, composé d'un I entre deux C enlacés et affrontés, initiales des prénoms des deux Époux.

Le British muséum contient quelques livres de cette collection exceptionnelle. On en trouve aussi dans la bibliothèque du Vatican.

Le P. Jacob, Traité des plus belles Bibliothèques. — Auguste Bernard, lesd'Urfé.

USSON (Jean-Louis), marquis de Bonac, célèbre diplomate, ambassadeur pour le roi Louis XIV dans les cours de Suéde, d'Allemagne, d'Angleterre, de la Porte-Ottomane et de Russie, maréchal de camp, chevalier de l'ordre de Saint-André de Russie. Mort à Paris le i" septembre 1738.

Ecartelé; au 1, de gueules, au lion d'argent, qui est <f Usson ; au 2 et 3, d'a\ur, à 1 roc d'échiquier d'or renversé de sable, qui est de Roquefort ; au 4, d'or, à 3 pals de gueules, qui est de Fotx. Vécu entouré du collier de l'ordre de Saint-André de Russie,

Cet amateur laissa une bibliothèque composée avec beaucoup de soin. II y avait joint un cabinet d'antiques trèscurieux. A sa mort, tout fut dispersé.

Beaucoup de ses livres passèrent à la Bibliothèque du Roi et dans les autres établissements analogues de Paris, lors de la confiscation des biens des émigrés, en 1792.

VALBELLE (Joseph-Alphonse* de), évéque de Saint-Omer. 1734.

Ecartelé : au 1 et 4, de gueules, à la croix vidée, ctéchée et pommetée d'or; au 2 et 3, de gueules, au lion d'or armé, lampassé et couronné de même ; sur le tout, d'azur, au lévrier d'argent.

Les bibliothèques publiques de Douai et de Saint-Omer contiennent toutes deux bon nombre de volumes provenant de la riche collection de ce prélat.

Il y avait là plusieurs incunables d'une grande fraîcheur, des manuscrits avec de belles miniatures et une suite complète de variorum reliée en vélin.

ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE.

VALETTE (Jean-Cornusson de la), abbé de Beaulieu. 1654.

Ecartelé : au 1 et 4; parti de gueules,au gerfaut d'argent, et de gueules, au lion d'or; au 2 et 3, d'azur , à trois Jasces crénelées d'or.

La plupart des livres de l'abbé de Beaulieu sont aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale.

VALLÉE (Jacques-Ollivrer), conseiller-maître à la Cour des comptes de Paris, reçu le 3o janvier 1730. Né IeJ6 mars 1708, mort en 1768.

D'azur, au pal d'argent accosté de deux aigles for.

Catalogue des livres de feu M. Vallée, conseiller-maître des comptes...

— Paris, Barrais père et fils, 1769,

VALORÏ (Pauï-Frédéric-Charlesde), né le 33 septembre 1682, prêtre, chanoine théologal de Saint- Pierre de Lille, abbé commandataire de Sauvé, ordre de Saint-Benoit, au diocèse d'Allais ; enfin prévôt de la même église en 1738. Il se démit de la prévôté en 1753 et se retira au séminaire de Saint-Sulpice, ou il mourut quelque temps après.

Ecartelé ; au 1 et 4, de sable, à l'aigle éplqyée d'argent; au 2 et 3, d'or, à V arbre arraché de simple, au chef de gueules.

Armes peintes sur un manuscrit relatif à la famille de Valorî, conservé à la Bibliothèque de l'Arsenal.

VAN DER BURCH (François), 7* archevêque de Cambrai. Né" en 1567, mort en 1644.

ARNORLtL DU BIBLIOPHILE. l3 I

VASSÉ ( Anne-Bénigne-Fare-Thérèse de Béringhen, marquise de), morte à Paris le 26 septembre 1749. âgé de 67 ans. Elle avait épousé le 1 1 juillet 1701 Emmanuel- Armand, marquis de Vassé, brigadier des armées du roi, dont elle resta veuve en 1710.

D'hermines, à 3 étoiles de gueules, surmonté, par concession, d'un chef d'or, chargé d'une aigle à 2 têtes aux ailes éployées de sable, qui est de /'Empire. — Cabinet de M. Preux, avocat général & Douai.

VARAX (le comte de), chevalier de l'ordre de Saint-Michel, lieutenantcolonel du régiment de cavalerie de Royal-Cravates, et brigadier dans le même régiment, par brevet du 20 mars 1747. Il se retira du service militaire en 1758.

Ecarteléde vatret degueules.

D'or, à trois fasces d'azur, qui est de Vassé, accolé de Béringhen J^ut est écartelé: au 1 et 4, d'argent, à 3 pals de gueules, au chef d'a\ur chargé de 2 quintefeuilles d'argent ; au 2 et 3, d'argent, au chevron de gueules à 7 merlettes de sable, 4 en chef posées 2, 2, et 3 en pointe posées, 1, 2, qui est d'Avuonj.

Armes frappées sur : Lettres de saint Ambroise, 1741, 3 vol. in-12.

Voy. le n» 145 du Catal. Soleil. — Paris, Potier, 1871, in-8.

Catalogue de la bibliothèque de Mme la marquise de Vassé. — Paris, Baucke, tjSo, in-12.

VASSÉ tLouise-MadeleineCourtarvel de Pëzé, marquise de), née le 12 février 1727, morte le i8mai 1763.

Elle avait épousé le 34 mai 1743 Armand-Mathurin, marquis de Vassé, vidame du Mans, colonel du régiment de Picardie en 1734, puis maréchal de camp en 1745, mort vers 1787,

D'or, à trois fasces d"a\ur, qui est de Vassé ; accolé d'azur, au sautoir d'or cantonné de seiqe losanges de même, disposés en double or le, qui

est de Court ah vel.

Madame la vidame de Vassé s'était formé une charmante bibliothèque que son mari conserva religieusement.

Armes prises sur : les Rêves de Vénus, in-fol. — Cabinet de M. Louis Vian, membre de la commission du sceau.

VATTEVILLE .(Marie-Louise- Rosalie Phélypeaux de Pontchar t rain), marquise de Conâans, née au mois de juin 1714. Elle avait épousé, le 12 mai 1729, Maximilien-Emmanuel de Vatte ville de Conflans, marquis de Trélon en Hainaut.

De gueules, à 3 demi-vols d'argent, quiestde Vattevillë; accolé de Pttélypeaux, qui est d'azur semé de quintefeuilles d'or au franc quartier d'hermines.

VAUBAN (Sébastien Le Prestre de), maréchal de France et célèbre ingénieur militaire. Il naquit en i633 , à Saint-Léger-de-Fourcherets (Yonne), et mourut en 1707.

Ce grand homme de guerre était en outre, ce qui vaut mieux, un savant économiste et un bibliophile érudit.

Il laissa beaucoup de livres à ses armes, et, sous ce modeste titre : Mes Oisivetés, 1 2 vol. in-fol. de manuscrits précieux.

ARMORIAI. DU BIBLIOPHILE.

Vauban avait'd'abord pour marquer ses livres ce joli fer

D'azur, au chevron dor accompagné de 3 trèfles de même, 2 en chef et 1 en pointe, et surmonté d'un croissant montant d'argent.

Puis, nommé grand' croix de l'ordre (1) de Saint- Louis et maréchal de France (2), il adopta celui-ci

ou figurent les insignes de ces deux distinctions.

(1) Le 8 nui i6g3.

(1) Le 14'ianvier 1703.

Cabin. du comte Georges de Soultrait, l'auteur de l'Armoriai du Nivernais et du Bourbonnais.

VERGENNES (Charles Gravier, comte de), ministre et secrétaire d'État au département des affaires étrangères sous Louis XVI. Né à Dijon vers 1717, mort à Versailles le i3 février 1787.

Parti: aui.de gueules, à 3 oiseaux essorants d'argent, posés 2 et 1, les deux du chef affrontés; au 2, aussi de gueules, à 1 croix d'argent chargée d'un écusson d'azur, au tournesol d'or, tige etjeuillé de simple.

VERRUE (Jeanne-Baptiste d'Albert de Luynes, comtesse de), l'une des plus ravissantes perles de ce splendide écrin du dix-huitième siècle.

Elle naquit le 18 janvier 1670 et mourutle 18 novembre 1736. C'était le sixième enfant deCharlesde Luynes, fils du connétable, et de sa seconde femme, Anne de Rohan.

Le 25 août i683, âgée de treize 3o

234 ARMORUL DU

ans et demi, Jeanne épousa Joseph- Ignace-Mainfroy-Jérôme de Scaglia, comte de Verrue (i). Deux ans après, son mari la présentait à la cour de Victor- Amédée de Savoie. Ce prince la vit et l'aima. On prétend même qu'elle devint sa maîtresse. Charmante et belle, comme dit Saint-Simon, à l'âge oti le cœur nourrit et caresse les plus douces espérances, il ne serait pas incroyable que la pauvre enfant eût faibli devant toutes les séductions dont elle fut alors entourée. Ce qu'il y a de certain, c'est que la spontanéité de sa généreuse nature ne put s'accorder avec le ;Car.actère ombrageux d'un monarque bigot. Elle quitta furtivement Turin pour venir se réfugier à Paris.

Au coin des rues du Regard et du Cherche-Midi, madame de Verrue se fit construire une magnifique demeure — aujourd'hui l'Hôtel des conseils de guerre — qui devint bientôt le rendez-vous des beaux esprits du temps.

Admirablement douée, aimant jusqu'au délire les lettres et les arts, avec ce tact féminin qui la distinguait, elle se forma une galerie de tableaux, d'estampes, de dessins, de sculptures et autres produits de l'intelligence les plus rares et les plus précieux. Là des meubles en bois de rose, de palissandre, de violette ou d'aigle ; les étoffes les plus riches, les porcelaines du Japon mêlées aux pâtes de Saxe, sous des lustres en cristal de roche, resplendissaient au milieu des merveilles de l'antiquité.

Sa bibliothèque était surtout remarquable parmi tant de remarqua-

(x) Maréchal de camp et commissaire général de l'artillerie, tué à la bataille d'Hochstett, le i3 août 1704.

bles choses : un diamant serti ^d' or.

Sous Tébène délicatement fouillée se pressaient, non sans coquetterie, dixhuit mille volumes d'un choix exquis, la plupart habillés par les meilleurs artistes de l'époque.

On les reconnaît à ses armes frappées sur les plats :

D'argent^ à la croix de sable, cantonnée de 4 losanges de même, qui est de Verrue; accolé <f Albert de Luynes, qui porte écartelé de Rohan.

Quelquefois, au-dessus de Pécusson, on lit : Meudon. C'est la marque des volumes composant une seconde bibliothèque que la comtesse avait en sa maison de campagne, qui était située dans la délicieuse vallée de ce nom.

Intelligente et lettrée, elle amassait les livres, non comme un passe-temps d'oisif, mais pour en pénétrer l'esprit. Sa main délicate feuilletait, fiévreuse, les ouvrages de sa collection, et maintes fois l'aube surprit l'aimable femme les annotant comme aurait fait le plus grave des bibliographes. La Bibliothèque du Louvre conservait un exemplaire d'un ouvrage du trop fécond Lenglet-Dufresnoy, intitulé : de V U-

sage des Romans, qu'elle avait littéralement couvert de notes.

Le Catalogue des livrés de la comtesse, rédigé par Gabriel Martin, 1737, in-8°, mentionne une suite de romans et de pièces de théâtre la plus nombreuse qu'un particulier eût constituée avant le comte de Pont-de-Veyle, de Beauchamps, et la marquise de Pompadour.

Sans souci du présent, sans crainte de l'avenir, recherchant le beau, faisant le bien, protégeant les arts, le cœur sensible et la main ouverte, Jeanne glissa dans la vie, calme, heureuse, aimée et respectée. Puis, quand sonna l'heure où les plus forts se recueillent, elle, souriante encore, laissa tomber de sa plume sceptique et railleuse cette épitaphe à son adresse :

Ci-gît, dans une paix profonde,

Celle dame de voluplé, Qui, pour plus grande sûreie", Fît son paradia dans ce monde.

Clément de Ris, art. dans le Bulletin du Bibliophile. — Edouard Fournier, Histoire de larelîure en France.

— Biographie Michaud. — La Chesnaye-des-Bois, Dictionn. de la Noblesse.

VERTHAMON ( François - Michsl de), marquis de Breau, mort le 2 janvier 1738. Il avait été conseiller du roi, premier président au Grand Conseil, puis secrétaire des ordres du roi.

Ce fut Verthamon qui commença la Bibliothèque dite du Grand Conseil, soit en donnant ses propres livres, soit en léguant un fonds à sa mort pour

bibliophile. 235

l'augmenter. Cette bibliothèque fut brûléelorsde l'incendieduPalais,vers le milieu du xvin* siècle;

Ecartelé-.au 1, de gueules, au lion passant d'or; au 2 et 3, à 5 points d'or équipolés à^d"a\ur;au 4, de gueules.

Catalogue des livres de la bibliothèque du Grand Conseil, disposé par l'abbé Boudot. — Paris, 1739,

VIC (Méryde), seigneur d'Ermenonville, garde des sceaux de France, après Guillaume du Vair. Mort le 2 septembre 1622.

Ecarteté : au 1 et 4, d'a\ur, à la

»36 ARHORIAL DU

fasce d'or, accompagnée de 3 colonnes de même, 2 et 1; au 2 et 3, de gueules, à 2 bras et 2 mains dextres joints ensemble, mouvants des deux flancs, et posés en fasce d'argent.

L'écu soutenu d'un chiffre formé des lettres M. S. D. V. (Mery sieur de Vie).

Ce chiffre est ordinairement répété aux angles des plats.

Marque frappée sur : Orlando forioso, 1584, in-fol. Coll. Didot.

Ce savant bibliophile avait amassé une splen-tide collection de livres imprimés et manuscrits dans laquelle figuraient environ 3, 000 volumes ayant appartenu à Grolier. En mourant, il la laissa  son fils, Dominique de

V1C, archevêque d'Auch, né à Paris vers 1 588, mort en 1661,

Comme ci-dessus. Les 2 et 3 portent en plus en chef un écusson d'azur

BIBLIOPHTLE.

chargé d'une fleur de lys d'or, bordé de même (i).

Le fils conserva religieusement la bibliothèque du père et l'augmenta même d'un grand nombre de volumes.

Cette collection fut vendue en 1 676, et c'est depuis que les livres de Grolier se répandirent dans le commerce.

Ajoutons qu'aujourd'hui ils sont presque tous réunis dans notre grand Dépôt National.

On trouve à la Bibliothèque de l'Arsenal des livres ayant appartenu a l'archevêque d'Auch. Us viennent de l'abbé Renaudot, qui légua tout son cabinet à l'abbaye de Saint-Gennain-des-Prés en 1720.

VIEILBOURG (Louise-Françoise de Harlay de Celi, marquise de], morte le 20 février 1735. Elle était fille de Nicolas-Auguste de Harlay, conseiller d'Etat, plénipotentiaire aux conférences de Francfort en 1681, et à la paix de Ryswick en 1697 (2), et de Françoise- Louise- Marie Boucherat.

Elle avait épousé, le 6 mai i6o3, Louis-René de Vieilbourg, seigneur de Miennes, lieutenant général pour le roi en Nivernais, colonel du régiment deBeauvaisis, chevalier de Saint- Louis, tué à la défense de Namur le 18 juillet 1695.

La marquise de Vieilbourg, remarquable par sa beauté et son esprit,

(i) Dominique de Vie, surnommé le opiuine Sarred, frère de Méry, w comporta si vaillamment à 1* bataille d'ivry que Henri IV voulut que lui, son frère, et toute leur po»tériié ajoutassent à leurs armes un écusson d'ajur chargé dune fleur de lys et or.

(») Mort le i octobre 1704.

ARMOHIAÎ. DU BIBLIOPHILE.

était, comme presque toutes les femmes de distinction à cette époque, passionnés pour les belles choses. Elle avait colligé un superbe cabinet d'objets d'art et de curiosité, et une bibliothèque du meilleur goût que l'on vendit lors de sa mort.

Presque toutes ses reliures étaient sorties des artistes les plus célèbres du temps et on les reconnaît a ces armes:

D'azur, à lafasce d'argent, chargé àdextre d'un tau, et à senestre d'une molette d'éperon, le tout de sable, qui est de Vieilbourg ; accolé de Harlai de Céli, qui est écartelé : au 1 et 4, de Harlai ; au 2 et 3, de Boucher AT.

Sur les plats et au dos ce chiffre

formé de deux L et de deux V entrelacés.

Marque frappée Bur : Anicii Manlii Severini Boetiî... consolationis phi-

losophiœ libros quinque Lutetiœ

Parisiorutn, 1695, in-4. — Collect. Mobante,

Catatogus librorum ill. Lud.- Franciscœ de HarlayiLudovici. Renati March. de Vielbourg viduœ. — Paris, 1705, in-8.

VIGNIER (Hiérôme de), bailli de Beaugency, né à Blois, en 1606, mort à Paris le ^novembre 1661.

D'ùr, bordé de France, au chef de gueules, à la bande componnée d'argent et de sable de 6 pièces brochante sur le tout..

Elevé dans le calvinisme, de Vignier abandonna la religion de ses pères pour entrer chez les Oratoriens.

Sa bibliothèque renfermait des productions importantes et rares sur les langues, les médailles, la diplomatique et les généalogies, toutes sciences qu'il connaissait particulièrement.

Fureteur adroit et tenace autant

ARlfORIAL SU BIBLIOPHILE.

qu'un moine, dans un voyage qu'il fit en Lorraine, il découvrit, dit-on, à Metz, un vieux manuscrit ou l'on démontrait, preuves à l'appui, que Jeanne d'Arc avait été mariée à un certain chevalier des Armoises,

Ce manuscrit, dont l'importance est manifeste, tomba, on ne sait comment, entre les mains des Jésuites. Qu'en firent-ils ? Nul ne l'a su, et jamais depuis on n'a pu en retrouver la trace.

Albert de la Fizf.lière. La Rymaille des Bibliotièresde Paris.

VILLARS (Pierre de), archevêque et comte de Vienne. Né â Lyon d'une ancienne famille originaire de cette ville, le 1 3 mars i543,mortàSaint- Genis-lez-Lyon, 0(1 il avait sa maison deçà mpagne, le 1 2 juillet 161 3.

On l'inhuma dans la chapelle du collège des Jésuites de Vienne, auquel il avait légué sa bibliothèque.

D'azur, à 3 molettes d éperon d'or potées 2 et 1 ; au chef d'argent chargé d'un lion rampant de gueules.

trariœ scrip tores, 1612, conservés la Bibl. Nat. sous le N» 4» S 4«

VILLEMORIEN(de), conseiller .

Parlement de Paris. 1739.

.J D'azur, au chevron d'or accompagné en chef de deux étoiles d'argent et en pointe d'une levrette courante du même colletée de gueules.

VILLENEUVE, comte de Vence (Claude-Alexandre de), lieutenant général des armées du roi. Né en 1703, mort le 6 janvier 1760.

««que frappe, sur : Rei Accipi- | De gueules, freUi de lances for et

ARMORIAI. DU BIBUOPHRE

semé décussons de même, portant en cœur un écusson d'azur à la fleur de lys d'or.

Ce bibliophile distingué s'était cornposé non-seulement une magnifique collection de livres, mais encore un riche cabinet d'objets d'art et d'antiquités, tels que tableaux, estampes, dessins, bronzes antiques, etc., etc.

Catalogue des livres, tableaux, dessins et estampes de feu M. le comte deVence, lieutenant général des armées du roy, commandant de la Rochelle, et colonel du régiment Royal- Corse. — Paris, Prautt Jils aîné, 1760, in-8*.

V I LLETT E (Charles , marquis de) ,fils d'un commissaire des guerres qui lui laissa cent cinquante mille livres de rente avec le titre de marquis dont il avait fait emplette. Né le 4 décembre 1736, mort le 9 juillet

Jeune, spirituel, bien fait de sa personne, quelque peu poète, immoral et sceptique assez pour se mettre a la mode, poussé par une mère belle encore, protégé par Voltaire, Charles de Villette ne put manquer d'avancer rapidement dans le monde.

H adopta avec ardeur les principes de notre Révolution, et se fit nommer député à la Convention nationale où, quoique malade, il prit une parttrèsactive au procès de Louis XVI.

Le marquis de Villette, puisque marquis il y a, aimait les arts, les lettres et les sciences. Il réunit une somptueuse bibliothèque dont les vo-

lûmes, habillement J ornés, portaient cet écusson

A M.DeVïiette

D'azur, à six tours d'argent posées 3, 2 et 1.

Empreinte prise sur : Recueil de pièces, 1779. —Cabinet de M. Henry Labbé, avocat à la Cour d'appel de Paris.

VINTIMILLE-DU-LUC (Charles- Gaspard de Guill. de), archevêque d'Aix, puis archevêque de Paris. Il

mourut en 1746.

Ecartelé : au 1 et 4, de gueules, au chef d'or; au 2 et 3, de gueules, au lion d'or.

Catalogue des livres de feu Monseigneur de Vintimille, archevêque de Paris... — Paris, G. Martin, 1746, in-8.

ARHORUL DU BIBLIOPHILE .

VIOLE (Jacques), seigneur d'Andrezé , conseiller au Parlement Je Paris.

VINTIMILLE ( Charles -François de), conseiller d'État d'épée, frère du précédent, connu sous le nom de comte du Luc. Il naquit en 1643 et mourut vers 1740.

Ce fut l'ami et le protecteur de Jean-Baptiste Rousseau. Le poCte reconnaissant lui dédia cette fameuse pièce de vers intitulée : Ode au comte du Luc.

Charles- François de Vintimille colligea une bibliothèque ou se voyaient les plus beaux spécimens de reliures, depuis le xvi« siècle jusqu'à lui.

Comme ci- dessus.

Cette marque figure sur les plats des Aventures du baron de Fœneste , "73i. — Cabinet de M. le baron de

La MOKJNERJF.

Desabte, à 3 chevrons rompus d'or, à la bordure de gueules.

Le volume sur lequel cette empreinte a été prise faisait punie de la collection de Pierre dû Moulinet.

VIREAU DES ESPOISSES, famille de Paris.

Degueutes.au dextrochèrenud'or, tenant un sabre d'argent garni du second, et mouvant d'une nuée d'argent.

VI RE Y (Claude, Enoch), premier secrétaire du prince de Coudé, puis conseiller, secrétaire et notaire de la maison et couronne de France, mort le 25 juillet r636.

Cet amateur peu connu, et pourtant « d'une grande doctrine «, avait réuni une bibliothèque composée de bons livres et richement ornés, qu'il laissa a son fils Jean -Christ ofle Virey, conseiller du roi et maître des comptes de la province de Bourgogne et Bresse.

Le fils conserva et augmenta avec beaucoup de soin le dépôt bibliographique du père.

La collection Virey renfermait plus de 4,000 volumes du meilleur choix.

Ceux du père se reconnaissent à la signature qu'il avait l'habitude d'apposer sur les titres, et ceux du fils par l'écusson qui suit

Ecarteté: au 1 et 4, d'azur, à ta quenouille d'argent; au 2 et 3, de gueules, semés d'abeilles et de roses, à la fleur de lys en cœur, le tout d'or.

Devise : Hinc omnes extinti ignés.

Ecusson frappé sur un volume conservéà la Bibl. Nat. sous le N° F* R. 6.

Quant a la signature, voy. le

n» 2342 du Catalogue^ Soleil, Paris, Potier, 1871,111-8.

Le P. Jacob, Traicté des plus belles bibliothèques.

VOISIN DE LA NORAYE (Daniel- François), chancelier de France.

Né à Paris en 1 654 d'une ancienne famille de robe, mort le 1" février

D'azur, à 3 étoiles d'argent, zen chef, 1 en pointe, et en cœur un croissant montant de même.

VOYER DE PAULMY (Marc-René de), marquis d'Argenson, lieutenant général de police, garde des sceaux de France, ministre d'Etat. Néjà Venise en i65z, mort en 1721.

Ecartelé : au 1 et 4, d'azur, à 2 3i

léopards d'or couronnés à l'antique, mis Fun sur l'autre; au z et 3, d'argent, à la bande de sable; et sur le tout, de Venise, gui est et a\ur, au lion ailé assis, couronné de mime, tenant à la patte dextre une épée d'argent sur un livre ouvert de même, le tout reposant sur une terrasse de sînople.

VOYER DE PAULMY (Marc-Pierre de), comte d'Argenson, fils puîné du précédent. 1,1 fut successivement chancelier, garde des sceaux, grandcroix de l'ordre de Saint- Louis, lieutenant général de police, directeur de la librairie et membre de l'Académie des Inscriptions. Nommé au ministère de la guerre, il fut disgracié en 17^7 par les intrigues > de la Pompadour, et mourut vers

A8K0RUL OC BIBLIOPHILE.

bre honoraire de celle des Sciences et des Inscriptions.

C'est le fameux bibliophile dont l'immense collection, achetée tout entière en 1781 par le comte d'Artois, forme aujourd'hui le principal fonds de la Bibliothèque de l'Arsenal.

Nous avons trouvé deux marques' servant à ses livres, La première nous

Comme ci-dessùs, moins lès armes de Venise sur le tout.

VOYER D'ARGENSON (Antoine- René), dit le marquis de Paulmy, petit-fils du chancelier. Né en 1722, mort vers 1787. Il avait été membre de l'Académie française et mem-

a été communiquée par M. Félix Grelot, avocat du Barreau de Paris; la seconde

a été relevée sur un exemplaire de YAlmanach royal, année 1760.

ARMORIAI. DU BIBLIOPHtLK.

WARENGHIEN {Louis -Philippe- François, baron de), ne à Douai, le 5 août 1771, mort le i5 août

D'or, à 3 léopards de sable en pal.

Devise: Vis unita fortior. *

La bibliothèque de cet amateur se disti nguait par une riche collection de classiques grecs et latins de tous les temps, depuis les éditions princeps du XV siècle jusqu'aux belles impressions modernes de Didot, On y voyait les chefs-d'œuvre typographiques des Aide, des Estienne, des Plantins, des Elzéviers, des Froben, des Barbou, et autres non moins célèbres.

Catalogue de la bibliothèque de feu M. le baron de Warenghien, ancien commissaire des .guerres , ancien maire de Douai. — . Paris, i855,

WATERVLIET (Marc-Laurin, seigneur de), né à Bruges vers le milieu du xvi» siècle, mort en 1610.

Ce bibliophile, dont le nom seul est un éloge, possédait une collection qui,

par le choix exquis des éditions, ta beauté des ouvrages et la splendeur de l'habillement, rivalisait avec celles de Grolier et de Maioli.

De même que ses deux illustres confrères, Laurin appelait à lui toutes les ressources de l'art décoratif : arabesques sans fin, pointillés élégants, volutes merveilleuses , dentelles aériennes, filets plus insaisissables qu'un rêve, se groupaient dans un ensemble plein d'harmonie et de bon goût, sur les plats de ses livres chéris.

Comme eux, il y faisait aussi placer des devises. Tantôt c'était :

Vita est aquafluens humana

par allusion à son nom ; tantôt *

Virtus in arduo.

Souvent à celle-ci, au milieu d'une couronne de laurier, îl joignait :

M. Laurini et amicorum,

qui établit une conformité de plus entre les trois collectionneurs brugeois, italien et lyonnais.

ARMORIAI, OU BTBUOPHILK.

Marc Laurin était encore un savant antiquaire et surtout un numismate habile. Il aida de son savoir Hubert Goltzius pour la publication de l'important ouvrage intitulé : Fasti magistratuum triumpkum Romanorum.

C'est lui-même qui disposa et expliqua la plupart des médailles concernant Jules César et la Grande-Grèce.

Les guerres civiles qui désolaient alors la Belgique le forcèrent de s'expatrier. Sur le chemin d'Ostende, il fut dévalisé par son propre domestique de tout son bagage d'antiquaire. Par ce fait, l'une des plus belles collections de médailles fut complètement perdue, au grand détriment des sciences et des arts.

Cette malheur eu se circonstance abrégea ses jours ; il mourut quelque temps après. On l'inhuma dans l'église de Watervliet, que ses ancêtres avaient fondée et richement dotée, ou lui fut élevé un tombeau sur lequel se lisait son épitaphe en langue flamande.

Foppens, Bibtiothecabelgica,ij3g.

WIGNEROT DE RICHELIEU (Emmanuel-Joseph de), abbé de Marmoutiers, de Saint-Ouen de Rouen, prieur de Saint-Martin-des- Champs. Il naquit le S mars 1639 et mourut à Venise, le 9 janvier

La collection de cet amateur émérite était composée en grande partie d'ouvrages classiques, mais d'éditions les plus rares. Presque tous les volumes avaient été richement habillés par

du Seuil en maroquin rouge, à tranche dorée, avec ornements au dos et filets sur les plats, au centre desquels figurait cet écusson

Ecartelé: au 1 et 4, d'or, à 3 hures de sanglier de sable, posées 2 et 1 , qui est deWiGNEROT; au 2 et 3, d'argent, à 3 chevrons de gueules , qui est

Richelieu.

ou bien celui-ci

différant un peu du premier par les

ornements.

L'abbé de Marmoutiers faisait en-

core placer aux angles de ses livres chiffre

Formé des lettres E.J.W. R.(Em.-Jœ Wignerot- Richelieu).

Quelquefois ce chiffre est redoublé comme il suit

santés armures, le ronflement formidable des machines cyclopéennes, où l'homme semble — nouveau centaure — rivé à la matière, est aussi la ville par excellence de la bibliophilie.

Singulier contraste I Les deux pôles de la vie humaine réunis ici : le mouvement et la contemplation; l'activité incessante, fiévreuse, et le calme solitaire de l'étude et de la rêverie.

Indépendamment de ses poètes, philosophes, artistes et savants, la vieille métropole de la Gaule celtique a eu de tous temps des amateurs ardents et éclairés.

YÉMËNIZ.

Lyon, « la ville sainte du travail et delà rébellion (i) >, où, du soir au matin, et la nuit et le jour, en haut, en bas, de tout côté, sans relâche, l'on n'entend que le choc régulier des battants, le bruit sec et sourd des pe-

(i) Proudhon.

C'est d'abord Jean Grolier, le prince des bibliophiles, celui dont les livres sont, depuis trois siècles, l'objet con- • s tant de la légitime admiration de quiconque aime le beau. Après, ses deux neveux, Antoine et François Grolier.

Puis l'aimable Pernette du Guillet, bibliophile et poète, que des liens de parenté unissaient à la famille des précédents. Ensuite, les échevins Cardon, Mazenod, Chaponnay, Dalichoux, des Vignes, Annet-Ranvîer, Boisse, Bayle, Richard de la Barrollière; les présidents en la cour des monnaies Charrier de la Roche et Cholier de Cibéins ; le prévôt des marchands Mathieu de Sève; l'abbé Antoine de Sève; le doyen Fougères; le chanoine Bron; le fougueux ligueur Espinac, archevêque de Lyon; Bollioud-Mermet, l'auteur de la Bibliomanie ; le célèbre académicien Gros de Boze; l'incomparable bibliographe Mercier de Saint-Léger, etc., etc.

A notre époque: J.-L.-A. Coste, ancien magistat (i); Alfred de Terre-

(■) Mort en 18S1. H. Coite avait forme une collection importante composée de deux

basse (1); Henri Baudrier, l'honorable président de la Cour d'appel ; Mft Pion, notaire ; l'historien héraldiste Georges de Soultrait; ledessinateur Bergeret(a); le négociant en soieries Desq (3); le teinturier Joseph Renard ; le confiseur Randin ; le boucher Morel ; Cailhava; Villard ; de la Saussaye, auteur de :

Château de Chambord, pour ne citer que les principaux.

Anciens et modernes, jeunes ou vieux, artisans ou magistrats, hommes d'action, hommes de lettres, ignorés ou connus, fîous, par leurs collections respectives et leurs tendances personnelles, ont montré que les habitants de cette laborieuse cité, malgré leur caractère mercantile, avaient néanmoins de réelles aptitudes pour les lettres, les sciences et les arts.

Nous ne pensons pas apprendre rien de nouveau à nos lecteurs en leur disant que la patrie de l'immortel Jacquard a vu naître entre autres personnages a dignes de mémoire » ; les poètes

parties, dont l'une, concernant exclusivement Lyon, fut réunie à la bibliothèque de la ville, par les soins de M. Monfalcon, bibliQthécaire actuel. Le catalogue de ces richesses parut avec cet énoncé :

Catalogue de la bibliothèque lyonnaise die M. Coste, rédigé et mis en ordre par M. Aimé Vingtrinier, son bibliothécaire.. Paris-Lyon, i853, 2 volumes in-8.

Quant à l'autre partie, celle qui né se rattachait point à l'histoire locale, on la vendit en 1854 à Paris. Le catalogue en fut dressé sous ce titre :

Catalogue des livres rares et précieux de la bibliothèque de feu M. J.-L.-A. Coste. Paris, Potier, t854, in-8.

(1) Mort le 18 décembre 1871.

(a) Catalogue des livres anciens, rares et curieux de la bibliothèque de M. Bergère t. Pariât Techener, 1859, 3 part, en 2 vol. in-8.

(3) Catalogue des livres rares et curieux de la bibliothèque de M. P. Desq. Paris, Potier, 1866, in«£.

ARMORUL DU BIBLIOPHILE.

Sidoine Apollinaire, Pernettedu Guillet, Maurice Scève, Louise Labé, dite la Belle Cordière, Laprade, Pierre Dupont, Joséphin Soulary, Depassio; les savants Symphorien Champier, Spon, le P. Ménestrier, l'abbé Terrasson, Alfred de Terrebasse, Jal, Paul Allut, J.-B. Monfalcon, Bréghot du Lut, Péricaud aîné ; les philosophes Ballanche et de1 Gér an do; les i}è Jussieu, naturalistes; l'architecte .PhVDelorme; l'économiste \Ij-*B. Sa^ ; /le) mathématicierf Montucla; les frètes Alday , musiciens j l'humoriste Ahhur de Gravillon ; les sculpteurs Coustou et Coysevox; les graveurs Girard Audran et J.-J. de Boissieu ; les peintres Stella, de Saint-Jean, Bonne fond, Flandrin, Victor Ranvier, Compte- Calix, Volon, Ch. Comte.

Et, puisque nous y sommes, n'oublions pas Barthélémy Thimonnier, le modeste inventeur de la* machine à coudre (1); et Nadar, littérateur, peintre, aéronqutjè et photografjfcê; et son frère Adrien Touftiachoh, dont le vigoureux talent n'est tin seqret pour personne; et Francisque Gonaz, ce peintre nomade qui, apf^s avoir parcouru les contrées amtes dû soleil, est aujourd'hui, depais six' longues années, par amour dé l'art éf de la science, en train' cfexplorer les régions glacées de l'Amérique du Nord. Puissent ces quelques mots, partis du cœur, franchir l'espace et aller, émus, chuchoter doucement à son oreille un souvenir de ses concitoyens !

Du groupe doré de chercheurs lyonnais aujourd'hui dans toute la ferveur des conquêtes bibliographe

(1) Cet homme, dont la féconde invention a enrichi tant de monde, et qui fait vivre aujourd'hui tant de familles, est mort de faim !

ques, se détachait au premier plan Tan* cien consul de Grèce, M. Yéméniz.

Grec d'origine, lié à Constantinople, cet intrépide collêctionneurivint s'établir à Lyon en 1799, où ilfce livra à la fabrication des étoffes des&ie, dans laquelle il sut acquérir une réputation méritée.

L'industrie ne l'empêcha pas de cultiver les lettres et de suivre son goût dominant pour la bibliophilie.

Avec cette voluptueuse délicatesse qui est chez lui comme un doux reflet de son antique berceau, il se composa une bibliothèque où il mit ses goûts, ses idées, ses aspirations les plus généreuses : sa personnalité tout entière.

Elle contenait presque tçu&les ouvrages publjés en France di) xv* au xvie siècle. Les classiques grec*, latins, français, italiens, y figuraient en grand nombre. Lyon, sa patrie adoptive, avait été, de sa part, l'objet d'une attention pour ainsi dire filiale. Les livres appartenant à la bibliographie lyonnaise s'élevaient au nombre de cinq cent cinq, dont cinquante-cinq imprimés avant le xvie siècle et quatre cent cinquante au xvi\ Quatre-vingt-seize sortaient des presses du célèbre Jean de Tournes, et treize de celles du malheureux Dolet.

Onycomptait enoutre cinquante-un manuscrits, la plupart ornés de splendides miniatures du xmeau xv« siècle, dont trente-six sur vélin, tous très-importants au double point de vue de l'art et de l'histoire.

Les reliures nombreuses, élégantes et variées, renfermaient un modèle de

tous les genres exécutés en France depuis le xv9 siècle jusqu'à nos jours :

c'était rhistoire de notre reliure par les monuments, depuis Pierre Roffet, dit Le Faucheux (1), relieur de François Ier, jusqu'aux artistes de nos jours.

Dans cette immense collection, le xvie siècle était représenté par une série de livres de la plus haute curiosité, au premier rang desquels se plaçaient dix volumes à la Grolier et plusieurs autres sortis sans aucun doute de la main des mêmes artistes.

Par exemple, la Manière de tr aider les play es f aides tât par haquebutes que par flèches... coposé par Ambroise Paré, maistre barbier et chirurgien y ' à Paris , 1 55 1 , in-8 (2), nous offre une des plus belles reliures genre Grolier.

Cette œuvre, qui fit la réputation de notre plus ancien chirurgien, est imprimée sur vélin et dédiée à Henri 1 1 et à Diane de Poitiers , dont les chiffres , enlacés comme leurs cœurs, ornent le frontispice.

Le volume : Covstvmesdu bailliage de Sens, i556, in-4(3), imprimé aussi .sur vélin, a été bien certainement exécuté par Roffet.

Les charmantes reliures en maroquin rouge couvertes de marguerites d'or, ornant :

i° Breviarium Romanum, 1598, in-i6(4);

(1) Le Faucheux, surnom de ce relieur-libraire, à cause de son enseigne. Hist. de Vlmpr., par La Caille.

(2-4) NM 802, 448, 53 du Gâtai. Yéméniz.

2* Eptcteti, Enchiridion, i585,in-

3» Les Premières Œuvres de Philippe de Desportes, 1600, pet. în-

proviennent, à n'en pas douter, de la main délicate de Clovis Eve, relieur de Marguerite de Valois, si connue par ses Mémoires.

Quant au xvn" siècle, il s'ouvre par Le Gascon, le maître des maîtres. C'est lui qui a relié la fameuse Guirlande de Julie, ce chef-d'œuvre de reliure, de calligraphie et de suprême galanterie. M. Yéméniz, avec ce bonheur qui n'arrive qu'aux initiés, mitla main sur l'une des plus gracieuses productions de cet ouvrier sans pair : le Temple de la Gloire, manuscrit sur vélin, composé de vingt feuillets encadrés d'or, dû, comme la Guirlande, . à la plume fée de Jariy. Il fut établi pour Clémence de Maillé (3), femme du grand Condé, dont on voit le chiffre sur les plats dans une couronne de chêne.

Enfin venaient les xvni1 et xix« siècles, avec les plus remarquables échantillons des Boyet, des du Seuil, des Derome et des Padeloup, pour l'un ; et ceux des Bozérîan, des Touvenin, des Trautz et Bauzonnet, des Kœhler, Cape, Simier, Duru, Niédrée, etc., pour l'autre.

Les livres habillés pour M . Yéméniz, en grande partie par les plus célèbres

[1-1} N- 1J9, 1811 du Catal. Yéméniz.

(3) Voy. ce nom, i" part., p. 45, %* col.

ARMOHIAL du bibliophile.

artistes de nos jours, se reconnaissent par ce chiffre

formé de deux Y entrelacés, frappé aux angles et au centre des plats. Dans l'intérieur figure la marque suivante

composée à la manière antique, dans laquelle on voit, d'une part, un lion avec cette légende : Lvgdvn. (Lugdunum), et, de l'autre, le monogramme de Yéméniz.

Ce qui distinguait particulièrement la collection Yéméniz, ce qui lui donnait un caractère propre, c'est la série peut-être unique d'éditions originales que, pendant près d'un demi-siècle, il rechercha avec cette persévérante ténacité du collectionneur enthousiaste.

AJtMOMAL DU BIBLIOPHILE.

Comme tous les délicats, il aimait à connaître le premier jet de l'auteur, l'éclair initial de toute œuvre de l'esprit; il voulait savoir comment procède l'intelligence humaine, par quelle suite d'idées, par quelles transformations successives, un écrivain arrive au summum de sa pensée, à Péclosion complète de son idéal, à l'expression réelle et vivante du type qu'il a rêvé.

Sous ce rapport, sa bibliothèque, dans les diverses parties qui la constituaient, offrait à l'observateur de curieux sujets d'étude et de singuliers rapprochements.

Par son amour profond du beau, M. Yéméniz était devenu sans s'en douter, tout naïvement, et d'une manière d'autant plus efficace, l'un des plus zélés et des plus magnifiques protecteurs des lettres, des sciences et des arts.

S'il fallait énumérer les services qu'il rendit aux travailleurs, quelles que fussent, du reste, leurs spécialités, ce serait raconter toute son existence.

Les œuvres dues à sa généreuse initiative sont considérables. Entre autres ouvrages d'histoire, de littérature ou d'archéologie locale qui furent publiés d'après ses soins et à ses frais, nous mentionnerons seulement :

i° Fustaillierus. De urbe et antiquitatibus Masticonensibus, liber ex codice autographo erutus à J. Baux, nunc primùm editus cura et sumptibus, N. Yéméniz. Lugduni> Perrin, 1846, in-8.

20 G. Pachymeris Declamationes XIII, quarum XII inédit» Hieroclis T. 11.

et Philagrii grammaticorum, curante Fr. Boissonade,sumptusin editionem erogante N.Yéméniz negociatore Lugdunensi. Parisiis, 1848, in-8.

3° Sensuit le devis des histoires faittes en la citte de Vienne le premier iour Décembre lan Mcccc iiiixx et Dix p. lentree et bienuenue du Roy Dauphin Charles viij* Nostre Sire. Lion sur le Rosne MDcccL, in-8.

4.0 Inventaire des titres recueillis par Samuel Guichenon, précédé de la table du Lugdunum Sacroprophanum de P. Bullioud ; publiés d'après les manuscrits de la bibliothèque de la Faculté de médecine de Montpellier et suivis de pièces inédites concernant Lyon (par Paul Allut). Louis Perrin, à Lyon, i85i, in-8, avec pi. et vign.

5° Œuvres du chanoine Loys Papon, seigneur de Marcilly, poëte forésien du xvi° siècle. Imprimées pour la première fois sur les manuscrits originaux par les soins et aux frais de N. Yéméniz, précédées d'une notice sur la vie et les œuvres de Loys Papon, par Guy de la Grie (Régis de Chantelauze). Lyons Louis Perrin, 1857, in-8.

En 1860, Yéméniz publia un supplément à ce poëte dont il retrouva un manuscrit.

6P Recherches sur le commerce, la fabrication et l'usagé des étoffes de soie d'or et d'argent et autres tissus précieux en Occident, principalement en France, pendant le moyen âge, par Francisque Michel. Paris, imprimerie de Crapelet, 1852, 2 vol. in-4.

Parlerons-nous des manuscrits qu'il

avait amassés? Il nous faudrait la palette de Rubens, * tremper notre plume dans l'arc-en-ciel » pour donner une idée exacte de ces monuments de calligraphie ; pour décrire ces miniatures, si fines, si gracieuses et si naïves; pour rendre à l'œil ces couleurs délicates et profondes à la fois, ces chatoyants effets de lumière, -et ces ornements fantastiques, capricieux, bizarres, et tous ces miracles éblouissants de patience *et d'abnégation.

Nous ne saurions cependant passer sous silence ce précieux spécimen de l'art au moyen âge , connu sous le nom de Precbs Ple, que M. Bachelin intitule le Livre d'heures de la Dame de Saluées (i).

Que de mains pleines de caresses l'ont tenu ! Et que d'ardentes convoitises, que d'implacables rivalités n'at-il pas fait naître parmi les placides amants de là bibliophilie ! • • -

Ceux qui n'ont pas vu l'auctioa des livres Yéméniz n'ont rien vu. '» -

Tout le monde des chercheurs s'était donné rendez-vous . à l'hôtel Drouot; l'Angleterre, l'Allemagne, la Russie, l'Espagne, l'Italie et la Belgique y avaient envoyé leurs plus adroits limiers, en vue d'arracher à notre pays quelques-uns des inestimables trésors dont fourmillait cette vente sans précédent.

Ils étaient là tous, le regard fixe, le

(i) Description du Livre d'heures de la Dame de Saluées, faisant partie de la bibliothèque de M. Yéméniz, par A. Bachelin.

Paris, Bachelin- Deflorenne, 1867, in-8 avec fac-similé.

calme au front, la tempête au cœur, dardant une prunelle incandescente sur l'objet de leurs désirs.

Quand vint le tour des Preces Pue, ce fut une mêlée furieuse, écheveiée, épique. Les enchères se succédaient et jse croisaient comme les fusées d'un feu d'artifice.

Emergeant du silence, la voix grave et Solennelle de M« Delbergue-Cormont, l'habile commissaire-priseur, redisait à chaque instant les mises respectives des rivaux.

A dix-huit cents francs !

Dix-neuf cents, — deux millej — deux mille cinq cents, — trois mille,1 — quatre, — cinq, — six, — dix, — • quinze, — vingt mille.

A vingt mille francs ! c'est bien vu?

Vingt et un, — vingt-deux, — vingttfote, — vingt-quatre, vingt-cinq mille.

A ce moment, l'officier ministériel, d un air olympien, fouettant l'espace dé son marteau de Damoclès, s'écria lentement avec pause calculée et cadencée :

A vingt-cinq mille francs, une fois, deux fois, je ne répéterai plus !

Silence !î une seconde, un siècle \ Adjugé I

Et en même temps le fatal marteau retomba sur la table, dont le coup remua les assistants jusqu'au fond des entrailles.

ARMORIAL DU B1BUOPHILE.

Le vainqueur fut le duc d' Aumale :

c'était encore la France l

Le Livre de Cleriaûus et Meliadtcb, ce gracieux roman qui eut si longtemps le privilège d'amuser nos pères, d'abréger les longues heures des manoirs féodaux, fut vendu dix mille francs à un bibliophile « de haulte gresse », M. Didot.

Il est vrai que c'était un exemplaire unique, imprimé sur vélin et provenant des presses du célèbre Antoine Vérard. Et puis on l'avait habillé en peau de truie à compartiments d'or, Soutenus de petits fers à froid d'une rare élégance , avec coins et fermoirs d'argent oxydé.

Le même amateur acquit encore, au prix de cinq mille francs, les Coustumes du bailliage de Sens, 1 556, in-4, imprimé comme le précédent sur vélin et relié par Roffet.

Un libraire de la vieille école, c'està-dire un savant et un lettré, M. Potier, qui vient tout récemment, après une longue carrière parcourue avec honneur et distinction, de rentrer dans le repos, se rendit adjudicataire'pour trois mille francs de ce bijou :

Rymes de gentils et vertueuse dame D. Pernette dv Gvillet, Lyonnoise.

A Lyon, par Jean de Tournes^ 1545, in-8.

Le moindre livre, la plus chétive plaquette, le plus mince opuscule fut disputé avec acharnement. Enfin l'animation fut telle, que le produit s'éleva au chiffre étourdissant de sept cent vingt-cinq mille francs!

Comment M. Yéméniz put-il se ré-

soudre à se séparer de toutes ces merveilles qui faisaient en quelque sorte partie de son être intime ?

' Le Roux de Lincy, dans sa notice mise en tête du catalogue (1), nous dit qu'un jour le bibliophile s'effaça devant l'homme, la science devant le cœur.

Une douleur qui ne se peint pas vint l'assaillir au sein de ses tranquilles' préoccupations bibliographiques : il perdit sa femme, sa femme qui l'avait aidé de ses conseils, de ses soins et de ses connaissances dans la composition d'un des plus riches dépôts littéraires qu'on ait vus depuis longues années.

A partir de cette heure néfaste, l'amateur de livres renonça à ces nobles jouissances qu'il ne pouvait plus partager avec l'objet de ses affections.

Maintenant que le sacrifice est consommé, M. Yéménîz, doublement veuf, pourra-t-il rester longtemps dans l'inactivité ?

Qui a collectionné collectionnera.

Un connaisseur de la force de M. Yéméniz ne saurait abdiquer complètement. Le souvenir des belles

(1) Catalogue de la bibliothèque de M. Yéméniz, précédé d'une notice par M. Le Roux de Lincy. Paris, Bachelin-Deflorenne, 1867, in-8. Avec une table des prix d'adjudication publiée à part chez le même éditeur et la même année.

Ce catalogue, très-bien fait du reste, a été rédigé sur celui que M. Yéméniz lui-même avait dressé et publié sous le titre suivant :

Catalogue de mes livres. .. Lyon, Pétrin, i855-66, 3 vol. in-4. Tiré à 100 exemplaires.

choses qu'il a possédées sera toujours pour lui une source de tentations dangereuses. Et nous ne serions pas étonné d'apprendre que le bibliophile octogénaire fût revenu à ses anciens amis :

Quoi, dira- t-on, bouquiner à son âgel

Eh bien! défendez-vous au sage Ds h donner des soins pour le plaisir d'au trui?

D'ailleurs, au milieu de tant de misères, de défaillances et de déceptions,

la seule manière possible de secouer

Le salissant fatras des intérêts humains,

n'est-ce pas de se réfugier tout entier dans le domaine de l'art ?

Une âme d'élite s'élève sans cesse vers des hauteurs de plus en plus sereines et plus dignes de son essence, jusqu'au moment où, dégagée des étreintes matérielles, elle s'identifie enfin avec le principe éternel du vrai.

PIN on L ARMORIAI. )

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