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Armorial du Canada français

Il nous a paru qu'un ouvrage, convenablement fait, dans lequel se trouveraient réunies les armes des Canadiens et des Français anoblis qui ont vécu en ce pays ou qui figurent dans notre histoire, devrait avoir quelque utilité.

Toutefois, c'est avec hésitation que nous avons entrepris cette tâche, car nous n'ignorions pas que la compilation des armoiries se rapportant à notre pays était une œuvre exigeant de longues recherches et une documentation considérable.

Pour la préparation de notre modeste armoriai, nous avons donc consulté les archives canadiennes, les imprimés du pays et les principaux ouvrages spéciaux publiés en France, à diverses époques.

Malgré tout le soin que nous avons pris d'éviter les erreurs, il s'en est peut-être glissé quelques-unes, mais comme nous indiquons, pour chaque famille, la source où nous avons puisé, il sera facile aux lecteurs de vérifier l'exactitude de nos informations.

Pour raison d'uniformité, nous avons choisi l'écu de France, presque carré, généralement adopté dans les armoriaux et nous nous bornons à reproduire les armes (1), sans les ornements extérieurs, tels que supports, couronnes, casques, cimiers, devises, cris, etc., parce que ces ornements manquaient dans plusieurs cas.

Quant aux couleurs, autrement dit aux émaux et aux métaux, notre artiste les a représentées par les hachures, lignes ou pointillés conventionnels dont le tableau se trouve, aujourd'hui, dans tous les dictionnaires, au mot blason.

(1) Voir, a la fin de ce volume, notre vocabulaire pour la signification des termes armes et armoiries.

VI PBEFACE

On peut n'accorder aux armoiries qu'une valeur historique restreinte, cependant comme la plupart des fonctionnaires, des seigneurs, des militaires et des bourgeois marquants, avaient de ces symboles, leur connaissance est non seulement intéressante, mais même nécessaire à ceux qui s'occupent d'histoire, d'archéologie, de numismatique, de peinture, de dessin et de sculpture.

Que de municipalités et de sociétés vont pouvoir, maintenant, se procurer, par notre armoriai, les armes des personnages dont elles perpétuent le souvenir ; pourquoi ne mettraient-elles pas ces armes dans leurs sceaux ou ne les reproduiraient-elles pas sur leurs bannières et sur leurs drapeaux ?

Au surplus, si cet ouvrage ne servait qu'à fixer des noms et des bribes de nos annales dans la mémoire du lecteur, ne seraitce pas déjà un moyen mnémotechnique agréable et digne d'encouragement ?

Nous avons groupé les armes par séries.

Dans les unes nous plaçons la succession des vice-rois, des gouverneurs généraux ou des évêques, dans d'autres sont celles des intendants, des gouverneurs particuliers, etc.

Cette division logique s'imposait; néanmoins, pour faciliter la consultation nous avons ajouté un index analytique assez complet.

Chaque page contient les armes d'un personnage ou d'une famille accompagnées d'une brève notice. Ceux qui désirent plus de détails n'auront qu'à recourir aux ouvrages que nous indiquons.

PREFACE Vil

L'art héraldique, comme les autres arts et comme toutes les sciences a son vocabulaire et nous incluons, à la fin de ce volume, une liste des principaux termes propres au blason, parce que plusieurs d'entre eux, au premier abord, semblent étranges et rebutent les lecteurs non initiés.

Quant à la phraséologie des blasons elle s'explique facilement, par un exemple. Prenons le blason de D'Aumont de Saint- Lusson : " D'argent, au chevron de gueules, accompagné de trois merlettes du même."

Cela signifie que le champ ou le fond de l'écu est d'argent, qu'il y a dessus un chevron rouge, accompagné de trois merlettes (oiseaux sans becs ni pattes) du même émail (ou couleur) que le chevron.

A remarquer que, sauf de rares exceptions, on ne met pas émail sur émail et métal sur métal.

Ajoutons que les dessins qui illustrent notre armoriai sont dus à un débutant M. Alfred Asselin qui a fait œuvre consciencieuse et élégante.

Les auteurs.

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