‹ Armorial General precede d'un Dictionnaire des Terrmes du BlasonChapitre 10 sur 157 · ESS NS · texte numérisé non relu

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Explication des Planches

12e rang : 1, flèche; — 2, flèche émoussée à tête carrée; — 3, flèche pour la chasse aux oiseaux; — 4, 5 et 6, flèches pour la chasse; — 7, masse d'armes, dans les armes de la famille van 4efferden, en Linboures — 8, masse à picotons; — 9,fer de pique, dans les armes de la famille de Gaiïfher, au Pays de Namur; — 10, falotsans manche; — 11, falot avec un manche; — 12, grenade de guerre allumée ;— 13, fanal; — 14, baliste; — 15, bélier militaire; — 16 et 17, échelles d’escalade; — 18, herse sarasine; — 19, estacade; — 20, bombe allumée; — 21, palissades; — 22, hamaide; — 23, dédale ; — 24, gourde, ou bien bouteille à double ventre; — 925, ruste ; — 26, billette vidée ou percée en carré; — 27, billette percée en rond; — 28 et 29, diamants; — 30, clou de la passion.

13e rang: 1, foudre; — 2, roue de moulin; — 3, chaudière de saline; — 4, leurre de faucon; — 5, colonne dans les armes de la famille van Zuylen, au Pays d'Utrecht; — 6, colonne dans les armes de la famille von Zuylen, en Bavière; — 1, losange pommetée; — 8, écharpe ployéeen cercle, dans les armes de la maison polonaise Nalencz Il; — 9, quintaine; — 10, lacs d'amour; — 11—16, noeuds divers, signes distinctifs de familles anglaises (11, noeud de Lacy ; 12, de Bowen; 13, de Bourchier; 14, de Wake; 15, de Séafford; 16, de Dacre); — 17, toque du

doge de Venise; — 18, chapeau ; 19, chapeau de tournoi; — 20, chapeau piramidal; — 91, chapeau de juif; — 22, écrans divers (portés en cimier et Chargés communément des armes entières ou partielles de l’écu.) à

14e rang: couronnes diverses: 1, couronne à l'antique; — 2, couronne de Fer, d'Italie; — 3, couronne de Charlemagne; — 4, couronne ordinaire, en usage sur les casques, et en même temps Couronne des comtes néerlandais ; les marquis français portent la même couronne, avec un triangle de trois perles, réunies en forme de trèfle, dans chacun des deux intervalles; — 5, couronne des nobles et chevaliers héréditaires néerlandais et belges; — 6, couronne des barons néerlandais, belges et allemands; — 7, couronne des vicomtes néerlandais; — 8, couronne des marquis néerlandais et belges et des ducs franais; — 9, couronne des ducs néerlandais et belges (les princes portent ia même couronne, avec cinq fleurons sur le cercle); — 10, couronne de baron dans les ci-devant Pays-Bas Autrichiens (actuellement le Royaume de Belgique}; — 11, couronne des barons français (les chevaliers portent la même couronne, sans chapelet de perles); — 12, Couronne des comtes (excepté en Néerlande et en Angleterre); -- 13, couronne desprinces du St.-Empire; — 14, couronne murale; — 15, couronne vallaire; — 16, couronne navale.

Planche ‘7

Cette planche a pour but de donner un léger apercu des traits caractéristiques qui distinguèrent l’art héraldique au movyen-âge. Nous n'avons pu qu’efleurer un si vaste sujet, mais nous aimons à croire que ces quelques exemples suffiront pour appeler l’attention des amateurs sur un genre d'études, à la fois artistique et archéologique, où ils trouveront autant d'agrément que d'instruction (").

Les fig. 1—8 donnent quelques beaux spécimens du diapré, que l’on rencontre surtout dans les sceaux. Les anciens artistes ne souffraient pe les espaces vides, ni dans l'écu, ni au-dehors, et s’efforçaient à les diversifier par des feuillages, des rosettes, des lijee en sens divers, dont le choix était arbitraire et

épendait du goût. Cette ornementation n'ayant aucune valeur réelle, pouvait être changée d’un moment à l'autre, et comme elle ne formait pas une partie intégrante des armes, elle pouvait être négligée toutà-fait, Dans les représentations coloriées, ce diapré était exécuté dans la même couleur que le fond sur lequel il était appliqué, mais afin de le faire ressortir les nuances différaient, le diapré était d'une teinte plus claire sur un fond plus foncé ou plus foncée sur un fond plus clair.

L’écu n° 1 contient une simple bande et le n° 2 une simple croix; le champ est diapré. Le n° 3 représente les armes de Ja famille anglaise de ere,

ui consistent en un simple écartelé, chargé d'une dtoile dans le premier quartier. Chaque quartier est diapré de la manière la plus compliquée, mais il mérite l'attention des curieux que les quartiers du même émail sont également distingués par la même sorte de diapré. L'écu est écartelé de gueules et d'or, et l'on voit que les deux quartiers de gueules diffèrent par leur diapré des deux quartiers d'or. Le

n° % est un écu coupé, dont chaque moitié nous montre un diapré en forme de branchages. On remarquera en même temps que le contour de l’écusson accuse les temps de la Renaissance. Le n° 5 offre encore un des plus beaux spécimens du diapré; c’est l'écusson échiqueté de la famille anglaise de Warren, où chaque carreau est devenu un petit chef d'oeuvre de patience de la part de l'artiste. Le n° 6 figure les armoiries de la même famille, diaprées d’une tout autre manière. Enfin, dans les nos 7 et 8 l'artiste s’est borné à la décoration de la bande et des deux fasces, sans s'occuper du champ. Cette circonstance nous donne la put que ces écus datent d'un temps rélativement moderne.

Viennent ensuite quelques échantillons de lions. Le premier et Fe ancien porte le pied dextre levé d’une manière qui semble peu naturelle, mais qui était la conséquence forcée de la forme triangulaire des écus aux temps chevaleresques, qui n'avaient à leur base pas assez d'espace pour que les pieds du lion pussent s'y trouver à leur aise. À mesure que les écus perdent cette forme et s'élargissent à leur base, ce pied va toujours s’abaissant, jusqu'à ce qu’il se trouve sur la même ligne que l’autre pied, parce que l'écu, arrondi en bas, en fournit l’occasion.

Aux premiers temps de l’art héraldique, les lions n’avaient pas de langue et le bouquet de leur queue était tourné en dedans. Plus tard, ils reçurent une langue et la queue était tournée en dehors, mais les ongles restaient toujours saillantes. ,

Le premier lion, n° 9, date de la seconde moitié du 12e siècle et se trouve sur un basrelief en pierre, provenant du ci-devant couvent de Steingaden et conservé au musée de Munich. Son corps est couvert de poils bouclés. Dans la sculpture, il est placé

(*) Jusqu'ici ce sont les auteurs allemands qui ont déployé le plus de zèle à composer des manuels qui traitent de la science du blason envisagé sous le point de vue vraiment historique et archéoiogique. A ceux de nos lecteurs auxquels la langue allemande est familière, nous recommandons :

Dr. O. T. vON HEFNER, Handbuch der theoretischen und praktischen Heraldik. Munchen, 1863. — Manuel de la science du blason et de l'art héraldique d’après la théorie ét la pratique. F: ,

Le même, Heraldisches Original-Musterbuch. Munchen, 1863. — Recueil de modèles originaux de l'art

héraldique.

A. M. HILDEBRANDT, Heraidisches Musterbuch. Berlin, 1872. — Recueil de modèles héraldiques. F. WARNECKE, Heraldisches Handbuch. Gürlitz, 1880. — Manuel de l'art héraldique.

Les Anglais peuvent citer avec satisfaction :

CH. BOUTELL, Heraldry, historical and popular. Londres, 1863. — L'art héraldique, considéré sous le point

de vue historique et populaire.

Il va sans dire que tous ces ouvrages sont ornés de figures, empruntées aux monuments publics et privés

et aux armoriaux anciens.

dans un écusson triangulaire, et la règle ancienne que le meuble doit remplir autant que possible le champ de l’écu, sans laisser d'espace de quelque imortance, y est trop bien observé, car les ongles de ha patte senestre et du Le senestre dépassent le contour de l’écu et s'étendent au-dehors. :

Le n° 10 est une représentation du lion de la maison de Hesse sur l’écu original du landgrave Henri de Thuringe (mort en 1298), suspendu dans l'église Sainte-Élisabeth, à Marburg. juag 3

Le lion du n° 11 se trouve sur un vitrail de l'hôtel de ville à Wasserburg sur l'Inn, en Bavière, dont il est le blason, et date de la première moitié du 14e siècle. Quoiqu'il porte encore le caractère du styie moyen-âge, il commence à s'approcher du type des temps modernes. R

Le quatrième lion, n° 12, est représenté sur une feuille d'un armorial hollandais portant le millésime 1542, qui, il y a peu d'années, a été sauvé de la destruction par M. J.-C. van der Muelen, à la Haye. Par ses ongles fortement accusées et sa queue tournée en dedans, il fournit la preuve que, au milieu du 16e siècle, les anciennes traditions héraldiques n'étaient

as encore tombées en oubli, mais retenaient au conraire toute leur force. \

Les aigles n'ont pas subi moins de variations de forme que les lions. Comme ceux-ci, ils étaient dans l'ori-

ine privés de langue et avaient une attitude conrainte, qui était la conséquence de la forme triangulaire des écus. Les paties se dirigeaient presque perpendiculairement en bas et les ailes étaient toujours abaissées, parceque les dimensions de lécu ne permettaient pes de les éployer.

La première aigle, n° 13, est empruntée à un sceau du comte palatin Otton de Wittelsbach, attaché à une charte de l'an 1207, conservée aux archives d'état à Munich. Par rapport à la date, la deuxième aigle, n° 14, d'un type différent pour ce qui regarde les ailes et la queue, est contemporaine, car elle se trouve sur un sceau d’un comte d'Arnsberg de l'an 1208, conservé aux mêmes archives.

L'aigle, n° 15, du commencement du 16e siècle, représentée sur le monument d'un abbé de Saint-A]ban, à Londres, offre un exemple remarquable de la liberté que les anciens artistes pratiquaient en exécutant des armoiries et du savoir-faire dont ils firent

reuve en se conformant aux exigences de lieu et ’espace. L’écu, dans lequel cette aigle se trouve placée, est trop rétréci el ne comporte pas le déployement des ailes. Eh bien, le sculpteur auquel ce travail était confié, tournait les grosses plumes des ailes en dedans el trouvait encore moyen d'y donner des contours gracieux. Les plumes, qui couvrent le corps de l'aigle, sont traitées dans le vrai style ornemental.

Nous ne donnons qu'un seul exemple d'une aigle éployée du 1%e siècle, n° 16. Il nous serait facile d y ajouter plusieurs autres, mais l'espace nous man-

ue. Un coup d'oeil suffira pour découvrir à quels gards il diffère de l'aigle éployée comme on la représente actuellement.

Les nos 17 à 20 font voir les trois grands changements de forme que les casques ont subi. Dans chacune de ces grandes divisions la mode introduisit de nombreuses subdivisions, auxquelles nous ne pouvons nous arrêter, Dans les fig. 21 et 22, on voit le plus ancien type de casque que l'on rencontre sur les armes, mais Ce type n'a guères duré.

Explication des Planches

La fig. 17 présente une des formes les plus anciennes.

Le cimier de ce casque est un vol comme il était d'usage à la même époque et qui semble formé de deux planchettes d’un que de cercle, dans le bord desquels des plumes ont été introduites.

Le casque suivant, n° 18, date d'une époque postérieure et s'appelait casque des joûtes (en allemand Stechhelm); le cimier, consistant en deux probescides, est remarquable par leur crête à angles saillants, que Ton ornait souvent de boules, de plumes, etc. Nous avons ajouté la fig. 19, représentant également un casque des joûtes, comme un nouvel exemple de la liberté intelligente avec laquelle les artistes du moyenâge traitaient les matières héraldiques. C'est le casque d'un duc de Clèves, de l'an 1511, qui portait en cimier une tête de boeuf. L'artiste s'apercut que le museau se conformait à la partie saillañte du casque; il vidait (au figuré) la tête de boeuf, la tirait sur le cage, entourait les cornes d’une couronne et laissait pendre la peau en guise de lambrequins.

Enfin, au 16e siècle on donnait une forme ronde au casque, pratiquait une ouverture sur le devant et y mit des grilles, fig. 20. C’est ce dernier type qui,

avec nombre de modifications, s'est maintenu jusqu’à.

nos jours.

Les fig. 21 et 22, représentant les armes des familles de Helfenstein et de Leiningen (Linange), sont empruntées au rouleau d'armes de Zurich, exécuté entre 1280 et 1325 en publié en chromolithographie en 1860. Dans la première de ces armes, n° 21, le meuble qui soutient l'éléphant, est un tertre à quatre coupeaux, et le cimier consiste en deux queues de paon brochantes l'une sur l'autre. Le n° 2% mérite l'attention par son cimier, l'écran, revêtu d'une étoffe qui est tirée sur le casque en forme de capuchon.

Le rouleau d'armes de Constance, commencé en 1547, continué dans les années postérieures et conservé à la bibliothèque de la ville d'Ueberlingen, située sur le lac de Constance, nous fournit dans la fig. 23 les armes de la famille de Schwartz en Souabe, remarquables à cause du cimier, que l'on prendrait pour une palette de peintre, mais qui est une des formes très-anciennes d’une aile ou demi-vol.

Tout archéologue sait qu'une veine humoristique parcourait le moyen-âge; les sculptures dans les anciennes abbayes et cathédrales en font foi. L'art héraldique n'a pas été soustrait à cette influence comme il est prouvé par nos dernières figures. Le n° 24, pris dans le rouleau d'armes de Constance, nous offre l’écu de la famille von Keutzlingen, en Souabe, avant pour cimier une tête de coq encapuchonnée, dont le bec est traité de manière à en faire une figure grotesque. Les armes de la famille de Magugg, en Souabe, fig. 25, empruntées au même rouleau, portent en cimier un homme issant, s'ébouriffant les cheveux et ay d'un air béat ou bien stupide.

Les trois dernières Fe de notre planche sont imitées de la feuille détachée de l'armorial hollandais de 1542, dont il a été question plus haut. Les cimiers des nos 26 et 27 ont ds dr ao un air grotesque ou bumoristique. Enfin, l'aigle du dernier écusson, n° 28, doit à son bec démesuré, qui semble grossi à dessein, un air narquois qui n'est pas propre à la gent volatile. Ces armes à l'aigle moqueuse portent le nom de Morchan, qui est peut-être estropié et n’ap-

artient pas à une famille des Pays-Bas. Les aures écussons sont anonymes.

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