‹ Armorial genevoisChapitre 124 sur 216 · JEAN VI · texte numérisé non relu

JEAN VI

DE COMPEYS.

75« de Swnt-Pierre. — 89« du Manuale. — 86« de Besson. — 97© de Lévrier. —

85« de Picot.

Jean de Compeys, chancelier de Savoie, abbé de Saint- Elieone, de Verceil, d'Aulps, de Chésery et Six, Filly , etc. , è^êqoe de Turin , dont il fut sacré le 10 décembre 1469, changea, comme nous venons de le voir , cet évéché contre celui de Genève, dont il prit possession le 25 mai 1483. En 1484, n'ayant siégé qu'un an et quelques mois , il fut supplanté par François de Savoie ; la même année il fut élu archevêque de Tarentaise, et mourut le 28 juin 1492. Jean était fils de noble im de Compeys, seigneur de Gruffy et d'Antoinette de Varembon; nous donnons ses armes [pi. XXXIII, fig. 1] d'après le prétendu vidimus d'une ancienne bulle impériale , acte dressé en 1483 (1) ; ce sont les armoiries de la branche Compeys de Gnifiy, dont était notre évêque. Leâ mêmes armes sont répétées 8W le magnifique sceau représenté par notre planche XXXIV, etqoise trouve appendu à un acte du 18 août 1483 (2); on les retrouve également au contrescel , où elles sont placées sur la crosse épiscopale.

Ce contrescel porte en légende , s . dni . iohanis . de . con- PB8I0 . EPI . GEBEN . ct l'iuscriplion suivante est tracée sur le contour du grand sceau , ¥ sigillvm m r m patris m domini * 10 * DE * COMPESIO EPISGOPI * ET * PRINCIPI * CIVITATIS M GEBENENCIS. M

Le sceau de Jean de Compeys est la plus belle expression du ^au en amande mystique ou sceau de la majesté; il est aussi

(1) Arch. de Genève, Pièces hist., n° 16.

(2) Ibid., no 726.

260 ARHORIAL GENEVOIS.

une des dernières (1) ; la forme circulaire du sceau armorié, dont un acf e épiscopal de 1369 oflfre déjà un exemple (2), vint remplacer la disposition ogivale, et fut désormais la seule employée.

On sait qu'anciennement les évêques scellaient par Tanneau pastoral, dont le chaton représentait tantôt leur nom ou leurs initiales (3) , tantôt un symbole ou un emblème arbitraire , ou bien encore les saints patrons des églises (4) ; mais au douzième siècle, la coutume introduite dès le dixième de mettre les images des évêques sur les sceaux se généralisa, bien que sévèrement blâmée par plusieurs prélats.

Les plus anciens sceaux épiscopaux connus portant une figure datent de la fin du dixième siècle (5) , leur forme était ronde

(1) L'évêque Antoine Champion, et peut-être quelques autres prélats de cette époque, firent encore usage de l'ancien sceau; mais les dimensions amoindries de ces monuments, Tabsence de proportions dans leurs parties, et le peu d'harmonie de l'ensemble montrent que ces imitations n'étaient que des réminiscences qui ne devaient point avoir de suite.

(2) Suspension d'excommu'hication, en date du 18 janvier, par l'évêque Guillaume de Marcossay. (Arch. de Genève, Pièces hisL, n® 296.)

(3) Dans une lettre à son frère, saint Avit, évêque de Vienne à la fin du cinquième siècle, décrit ainsi l'anneau qui doit lui servir de cachet: « Un anneau de fer de moyenne grandeur et formé de deux dauphins (a) qui se joindront l'un à l'autre, recevra le chaton du cachet. Le chaton lui-même sera double, de façon à pouvoir présenter au dehors, tantôt une pierre verte, tantôt une plaque d'or.... Si tu me demandes ce qui doit être gravé sur le sceau , je désire qu'on y voie le chiffre de mes initiales inscrit dans un cercle, autour duquel on puisse lire en légende mon nom en toutes lettres.... (^Quelques mots sur Avitus, par F. Nri» et Biblioth. Univ, de Genève, mars 1849, p. 306.)

(4) Natalis de Wailly, Eléments de paléographie, t. II, p. 215.

(5) Le sceau de Roricon, évêque de Laon, appendu k un diplôme

(a) n est possible que ces dauphins, symbole chrétien adopté par Avitns, soient l'origine des armes postérieures du Dauphiné.

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