‹ Armorial genevoisChapitre 13 sur 216 · PL. VI · texte numérisé non relu

PL. VI

Abandonnée pendant un certain lemps, la Croix reparut sur DOS drapeaux par suile de Fagrëgation de Genève comme vingtdeoiième canton de la Suisse (1). La Clef et l'Aigle fut alors placée en cœur d'une Croix blanche triomplianle, des angles de b(|iielle parient des flammes alternativement rouges et jau^ Des (2). Les drapeaux du contingent présentent la Croit blanche alétée sur un drap rouge [voy. pi. YII , (ig. 5] (3) ; sur ceux offerts en 1 839 aux milices de Yaud et de Genève par le canton de Zurich , la Croix rayonne de vingt flammes argent et gneulcs [voy. fig. 3] ; les accessoires de celui qui est à Genève sont, de même que la cravate des drapeaux du contingent, aux couleurs de la Clef et TAigle (4).

BIOIGAUT. ntË XXVI MAtI , AD VlLHEAG. DIE XXV JULT UDCCXH, et autOUr

do trophée d'armes, indulget^tu suprehis nuhiiiis.

(t) Cette agrégation eut lieu le 12 septembre 1814; ce no fut que dix ans après (13 septembre 1824), que les milices reçurent du Conseil dlllal le drapeau cantonal traversé de la Croit fédérale.

(2) Les flammes sont anciennes dans nos bannières; celle de la Remasse [voy. pi. IIl] en offre six : % 2 et % les intermédiaires sous la tra?erse de la Croix.

(3) Diverses propositions ont été faites depuis la Restauration pour changer les couleurs du drapeau et de la cocarde que Ton proposait lie faire aux couleurs fédérales ; mais des arrêtés de la Diète déterminant que les couleurs cantonales devaient être employées pour les cravates elles cocardes, aucune mesure n'a été prise en modification de Tusage adopté en 18^.

(4) Le drapeau de Zurich est orné d'une peinture placée au centre oe la Croix, et représentant la République de Zurich sous la figure <l'uQe femme tenant un bouclier aux couleurs zuricoises» et déposant ^e couronne de lauriers sur un rocher^ où sont gravés les écus de Vaud et de Genève. Sur la face opposée on lit, dans une couronne do

ier et de cbône, Tinscription suivante en lettres d*or : aux milices

CAinrONS DE GENÈVE ET DE VAUD LEURS FRÈRES D*ARIIES ZURICOIS.

U hampe se termine par une couronne civique traversée par un fnis< ceaud^armes dont la hache est ornée de la Croix d'argent; cet nmort'sserncnl, entièrement doré, porte la date, october mdcccxxxviu. —

32 ARHORIAL GENEVOIS.

L'ancien écasson de Genève est intéressant : son origine remonte peut-être h Tépoqoe des croisades (1); le champ d'argent^ symbole de l'espérance, et Tazur, image de Téternelle fé* licite, semblent rappeler les temps ou Genève envoyait ses enfants h la conquête de la Terre-sainte (2); mais qu^ndique cette filière noire, marque de deuil, qui environne l'écusson, et quel est le fait dont elle était destinée à perpétuer le souve-< nir?... Toutes les traditions sont muettes à cet égard; la Croix même , bien qu'employée jusqu'à la fin du siècle dernier, est presque entièrement oubliée aujourd'hui (S).

La remise dé ce drapeau, précienx témoignage des sympathies de nos Confédérés, eut lieu dans la plaine de Plainpalais le 13 juin 1839.

(1) Sur le Missel la Croix de Genève est placée dans une autre croix disposée comme celle que les Croisés cousaient sur leurs vêtements.

(2) Suivant une Histoire de Genève^ imprimée en 1779, cinq cents liommes de celte ville se seraient joints à la troisième croisade dirigée par Frédéric Barberousse, Philippe- Auguste et Richard Cœur-de-lion.

(3) Nous ferons^remarquer que la Croix de Genève, peinte sur le Missel, est parfaitement semblable à celle de saint Maurice, chef de la Légion thébéenne, telle qu'elle se voit soit à Lausanne, dans la cathédrale, soit sur les monnaies de Vienne. Si notre Croix se rattache au souvenir de saint Maurice, ce qui est possible, Técusson se comprendrait parfaitement, et la filière de sable, placée en souvenir de la mort du martyr^ serait assez naturelle. La fête de la Révélation du corps 'de saint Maurice, instituée par Jean 1*"^, archevêque de Vienne, vers le milieu du treizième siècle, fut célébrée dans tout le diocèse, en suite des canons du concile provincial tenu en 1§89. Il est à remarquer que celte date correspond k peu près à l'époque où se manifesta l'existence de la Commvnede Genève, et il est à présumer que par zèle pour les saints martyrs, qui avaient souffert à peu de distance do chez nous, les citoyens prirent pour armoiries la Croix qui figurait sur l'étendard de ]eur chef qui, depuis les premières années du huitième siècle, fut vénéré comme patron de tout le diocèse. Cependant nous pensons que l'adoption de la£roix blanche, par suite des relations de Genève avec la Savoie, a plus de probabilité que celle-là. (Voy. la fin de la 4°^^ note de la page 2S.)

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